RETOUR SUR LA GÉOGRAPHIE PHYSIQUE
(Voip la carte n° 7.)
52. La situation. — On désigne sous le nom cl Tl es Britanniques les deux grandes îles de la. Grande-Bretagne comprenant Y Angleterre et Y Écosse et ^Irlande, avec leurs dépendances, à savoir: l’île de Wight au sud, les îles Sorlingues ou Scilly au sud-ouest, les îles d ’Anglesey et de Man dans la mer d’Irlande, les îles de l’embouchure de la Clyde (A rran, etc.), les -îles Hébrides au nord-ouest, les îles Or cacl es ou Orkney et les îles Shetland au nord, les îles Anglo- Normandes (Jersey, Guernesey, Aurigny, etc.), près de la côte de France.
Les îles Britanniques sont situées au nord-ouest du continent européen, entre le 50e et le 59° degrés de latitude nord d’une part et, d’autre part, environ entre le 1er et le 13e degrés de longitude occidentale (1). Elles ont une superficie de 317,000 kilomètres carrés , dont environ 132, uOO pour l’Angleterre, 19,000 pour le pays de Galles, 81,000 pour l’Écosse et 84,000 pour l'Irlande. Les côtes,
L Les Anglais comptent autrement que nous leur longitude, qu’ils ont partir du méridien de Greenwich, pris comme 0.; de sorte qu’ils se disent situés entre le 10° degré env. de long, occident., et le 2e degré long. est. Il serait utile pour la géographie, et plus encore pour la navigation, que les grandes nations se concertassent afin d’avoir toutes le même méridien.
très-découpées, de la Grande-Bretagne ont un développement de 7,200 kil., celles de l’Irlande, un développement de 3,200 kilom. Elles sont baignées par la mer du Nord h l’est, par le Pas-de-Calais , qui sépare la Grande-Bretagne de la France, et par la Manche au sud (1), par l’o céan Atlantique à l'ouest et au nord, par le canal Saint- Georges , la mer d' Irlande et le canal du Nord au centre, entre la Grande-Bretagne et l'Irlande (Voir g 40).
53. Le climat. — Enveloppées de tous côtés par la mer, elles jouissent d’un climat tempéré , humide , plus chaud et plus égal que celui des contrées du continent placées sous la même latitude ; la température est plus froide dans la partie orientale de la Grande-Bretagne, surtout dans la région montagneuse du nord de l’Ecosse ; plus douce durant l'hiver et plus humide sur la cote occidentale de la Grande-Bretagne et de l’Irlande. Les Hébrides sont de toutes les parties de l’archipel la plus hu-
lllide (Voir g 2 cl suivants).
54. Le relief du sol. — Le sol de Y Irlande appartient presque tout entier aux terrains de transit io'n ; toute la partie centrale est composée de couches de calcaire
carbonifère entourées de roches granitiques et paléo-
zoïques sur les côtes, principalement sur les côtes du sud,
et de roches volcaniques au nord-est : c’est de ce côté qu’est la célèbre chaussée basaltique des Géants.
La Grande-Bretagne paraît avoir été reliée au continent européen durant les premières époques géologiques du globe; la partie nord-ouest de son territoire bordait la mer intérieure que l’on désigne sous le nom de bassin anglo-parisien. C’est pourquoi les terrains les plus anciens de la Grande-Bretagne sont situés au nord et à Voue si, en Écosse , dont le sol, dans les Highlands, est
1. Les Anglais nonmienL le Pas de-Calais détroit de Douvres, ella Manche le Canal.
presque partout granitique ; il appartient dans les vallées (Glenmore, Strathmore, Clydesdale, etc.), à la formation silurienne et dévonienne, dans les comtés du nord de l’Angleterre où domine le calcaire carbonifère , dans le pays de Galles tout forme de terrains siluriens au nordouest et dévoniens (nom tiré du comté de Devon) au sudest, avec des grès houillers ‘au sud, dans le Cornwall , dont la formation est à peu près la même que celle du pays de Galles. La limite méridionale de ces formations géologiques serait marquée à peu près par une ligne orientée dans la direction du nord-est au sud-ouest, allant de L’embouchure de la Tees au port d’Exmouth.
Entre cette ligne et une autre ligne un peu plus inclinée vers l’est et allant de l’embouchure de l’IIumber à Bristol, sont des terrains moins anciens, appartenant en majeure partie au nouveau grès rouge de la période permienne et triasique et constituant la grande plaine d’York et la vallée de la Sevcrn.
Entre la ligne allant de l’Humber à Bristol et une ligne qui irait du golfe du Wash à Portland, s’étendent les couches parallèles des terrains jurassiques, dont les noms scientifiques sont même empruntés en partie à l’Angleterre (groupe oxfordien ou argile bleue d’Oxford, groupe portlandien comprenant l’argile de Kummeridge et le calcaire de Portland). La côte du Wash (comtés de Lincoln et de Cambridge) fait seule exception : elle est formée par des allumons récentes et basses.
Au sud-est de la ligne allant du Wash à Portland, commencent les terrains crétacés , qui occupent une notable ; portion du territoire britannique, et dont les couches les plus anciennes, formées par des dépôts lacustres (terrains wealdiens et néocomiens), sont situées entre le cap Beachy et Douvres, dans le Kent elle Sussex. Les roches crayeuses se déploient en falaises sur toute la côte sudest de l’Angleterre et correspondent , par leurs di-
verses couches, aux falaises et aux côtes de France, dont elles devaient être autrefois la continuation.
Dans l’angle qui s’ouvre entre Yarmouth et Douvres et dont le sommet s’appuie, dans le Surrey, sur les terrains néocomiens, s’étendent les terrains tertiaires , appartenant presque tous à la formation éocène, c’est-à-dire à la formation la plus ancienne de la période tertiaire ; Londres est situé dans cette zone.
Les chaînes de montagnes de la Grande-Bretagne, généralement peu élevées, et se dirigeant du nord-est au sudouest, comme les couches géologiques, sont :
1° En Écosse, région véritablement montagneuse, le plateau du nord , les Grampians et les Cheviots ;
2° Les montagnes de Galles ;
3° En Angleterre, pays de plaines et de collines, les monts de Cumberland , situés au nord-ouest, et la chaîne Pennine , allant du nord au sud, et, au sud, la chaîne Dévonienne dirigée de l’est à l’ouest.
L’Irlande est une plaine basse dans sa partie centrale. Les massifs montagneux les plus élevés de l’île ne se montrent que dans le voisinage des côtes, aux extrémités septentrionales ( monts Mourne , monts Doneg al), occidentales (monts de Connemara), et méridionales (monts de Wieklow, monts de Kerry).
55. Les eaux. Les îles Britanniques iront pas d’assez hautes montagnes ni une assez vaste superficie pour donner naissance à de très-grands fleuves. Les principaux fleuves et rivières de la Grande-Bretagne ont, par suite de la direction générale des pentes, leur cours vers l’est , et, par conséquent, leur embouchure dans la mer du Nord ; ce sont :
1° La Tay , le Forth , la Tweed , la Tyne, la Tees, YHumber, la Tamise (Thames) sur la côte orientale (mer du Nord) ;
2° La Severn , la Mers* y et la Clyde , sur la côte occidentale (mer d’Irlande et ses détroits).
3° Le principal fleuve de l’Irlande est le Shannon (Voir § 29 et 30).
Les lacs sont rares en Angleterre et nombreux en Écosse, qui leur doit un grand charme pittoresque. On en compte aussi plusieurs en Irlande.
2mo section.