L’état actuel. — Get état de choses a été modifié
sur un certain nombre de points : à l’orient, par le traité d’Andrinople (1829), qui a créé le royaume de Grèce et presque entièrement affranchi les principautés danubiennes au détriment de la Turquie, et par la suppression complète du royaume de Pologne (1830-1864) ; dans l’Europe centrale et occidentale, parla formation (1830) du royaume de Belgique au détriment des Pays-Bas, par la création du royaume d’Italie (1863) et l’absorption de l’État pontifical (1870) ; enfin par la suppression de la Confédération germanique (18 66), qu’a remplacée en 1871 l’empire d’Allemagne sous la haute autorité de la Prusse. L’extension de la France jusqu’aux Alpes en 1860 a malheureusement été plus que compensée par les pertes qu’elle a faites en 1871.
Aujourd’hui l’Europe comprend vingt États souverains (1), qui sont :
1° Dans le nord-ouest de l’Europe :
Le royaume— uni de Grande-Bretagne et d’Irlande, capitale Londres ;
Le royaume des Pays-Bas., capitale la Haye ;
La Belgique, capitale Bruxelles ;
La France, capitale Paris.
2° Dans l’Europe centrale :
L’empire Allemand, dont l’Etat prépondérant est la Prusse, capitale Berlin, et qui comprend en outre :
Le royaume de Saxe , capitale Dresde ;
Le grand-duché de Hesse , capitale Darmstadt ;
Le grand-duché de Badey capitale Carlsruhe ;
Le royaume de Wurtemberg , capitale Stuttgart ;
Le royaume de Bavière , capitale Munich ,
1 . Sans compter la république d’Andorre, la principauté de Monaco, la république de Saint-Marin, le grand duché de Luxembourg , la principauté de Lichtenstein, les petites principautés de la Thuringe, ies villes libres Je Lubeclc, Hambourg , Brème , et en faisant figurer la Suède et la Norvège comme un meme btat, bien que ce soient deux nations tout-à-fait distinctes.
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Les quatre derniers Etats étant situés dans la partie désignée sous le nom d’Allemagne clu Sud ;
L’Empire Austro-Hongrois, capitale Tienne ;
La Suissnî, capitale fédérale Berne.
3° Dans l’Europe méridionale ;
Le Portugal, capitale Lisbonne,
L’Espagne, capitale Madrid ;
Ces deux Etats occupant la péninsule Ibérique ;
Le royaume d’Italie, capitale Rome, occupant la péninsule italique.
La Turquie, capitale Constantinople, avec les États rattachés à elle par un lien de vassalité, savoir : la Servie, le Monténégro et la Roumanie, capitale Bukharest ;
La Grèce, capitale Athènes.
Ces cinq Etats occupant la péninsule hellénique.
4° Dans l’Europe septentrionale :
La Suède et la Norvège, capitales Stockholm et Christio/nia ; deux Etats gouvernés par le même roi.
Le Danemark, capitale Copenhague,
Ces trois Etats composant les Etats Scandinaves.
3° Dans l’Europe orientale :
La Russie, capitale Saint-Pétersbourg.
Si. Les races d’iiommes. — Les races qui ont successivement envahi et peuplé l’Europe sont venues de l’Orient par les monts Durais, par le Caucase, par les côtes de la Méditerranée, une peut-être par le détroit de Gibraltar. Les Pélasges, qui ont couvert à une certaine époque deux des grandes péninsules du midi de l’Europe, paraissent avoir été la plus ancienne de ces races. Les Ibères, venus peut-être d'Afrique, occupèrent l’autre grande péninsule et les contrées du sud-ouest ; au centre, s’établirent les Celtes et les Ivymris compris sous la dénomination de Gaulois, et, derrière eux, les tribus germaines, Scandinaves et slaves. Les nombreuses migrations, déterminées, par l’invasion des Huns, au quatrième siècle,
et par la chute de l’Empire romain, ébranlèrent les populations européennes, qui ne furent fixées dans l’occident de l’Europe qu’à l’époque de Charlemagne, dans l’orient qu’après les grandes invasions de Gengiskhan et de Tamerlan.
La population de l’Europe est blanche et appartient en grande majorité à la race indo-européenne, dont le berceau paraît avoir été dans le voisinage de FHimalaya et qui parle des langues dérivées du sanscrit. Elle forme en Europe cinq grandes familles :
1° Les Hellènes, restes des anciens Pélasges et des Grecs, dont le type le plus pur s’est conservé parmi les Skypetars ou Albanais ; ils occupent aujourd’hui la Grèce, les îles de l’Archipel, la Thessalie, l’Albanie, une grande partie de la Roumélie ; on n’en compte que 4 millions. Ils parlent le grec moderne ou des langues dérivées du grec et mêlées de mots slaves ;
2° Les Celtes et les Kymiiis ; refoulés par les invasions successives, occupent encore la Bretagne, le Gornwall, le pays de Galles, où l’on parle l’ancienne langue kymrique, la plus grande partie de l'Irlande et la haute Écosse où l’on parle la langue gaélique, dialecte celtique.
3° Les Latins, c’est-à-dire l’ensemble des nations qui furent longtemps soumises à Rome, dont elles adoptèrent les institutions, les mœurs et la langue. Ils sont au nombre d’environ 80 millions, et occupent le Sud-Ouest du continent européen, où ils se divisent en Espagnols et Portugais , en Français , en Rhètes (dans les montagnes des Grisons), en Italiens ; les éléments celto-kymrique, germanique et ibérique sont entrés pour une grande part dans la formation du. peuple français. Les Roumains , qui habitent au nord du Bas-Danube (Valachie, Moldavie, Transylvanie, Bessarabie) appartiennent à la même famille. Leurs langues sont dérivées du latin, qu’elles ont généralement contracté et revêtu de formes plus analytiques ;
LES RÉVOLUTIONS DE L’EUROPE
le portugais et l’italien sont celles qui se sont le moins éloignées du type primitif; l’espagnol est mêlé d’arabe; le français, qui a longtemps formé deux idiomes, langue d’oc et langue d’oil, est sorti de la langue d’oil, sur laquelle les Francs, parlant la langue teutonique, ont exercé une assez grande influence. La langue romanche, parlée dans les montagnes des Alpes, est plus mêlée qu’aucune autre de mots iudesques ; la langue des Roumains est altérée par le slave;
4° Les Germains, au nombre d’environ 70 millions, comprennent: 1° les Teutons, établis des bouches de l’Escaut et des bords de la Meuse jusqu’au delà de l’Oder, dont ils occupent toute la vallée, et divisés eux-mêmes en Flamands et Hollandais au nord-ouest, en Souabes et Bavarois dans la Haute- Allemagne, en Saxons dans la Basse-Allemagne. Depuis que les populations germaniques sont fixées sur le sol européen, elles se sont étendues peu à peu vers l’est, aux dépens des slaves, et elles occupent aujourd’hui, au delà de la Yistule, la Prusse ducale ; on les trouve aussi
Ien Transylvanie et à l’embouchure du Dniester ; 2° les Scandinaves , qui occupent le Danemark, la Suède et la Norvège et qui ont successivement peuplé les îles jusqu’à
! l’Islande ; 3° les Ayiglo-Saxons , établis en Angleterre, ont peu à peu poussé leurs colonisations dans le sud et l est de l’Écosse et sur la côte orientale de l’Irlande. Le flamand, le hollandais, l’allemand, dont Te dialecte deutsch est devenu, depuis le seizième siècle, la langue littéraire, le danois, l’islandais, le suédois, le norvégien, l’anglais sont les principales langues de ces peuples et dérivent du tudesque, allemand primitif ;
o° Les Slaves, au nombre d’environ 80 millions, occupent l’orient de l’Europe, derrière le bassin de l’Oder ; une partie d’entre eux se sont même avancés en deçà, au milieu du pays allemand : les Lusaciens entre l’Elbe et l’Oder, les Tchèques en Bohême, les Moraves et les N loivaque
au sud des Sudètes et des Carpathes ; il sont désignés sous le nom générique de Slowaques. Derrière l'Oder, jusqu’au Dnieper et à laDwina, sont les Lcckes , comprenant les Polonais et Lithuaniens, puis les Russes: Gr cincls Russes ou Moscovites mélangés de sang finnois et mongol dans la vallée du Volga et jusqu’à la mer Blanche, Bielo-Russes ou Russes Blancs dans les vallées supérieures de la Dwina et du Dnieper, Malo-Russes ou Petits Russes à l’est des Carpathes, Ruthènes ou Russes Rouges entre les Garpathes et le Don, dans la Russie méridionale ; les Cosaques se rattachent à ces derniers. Les Slaves ont pénétré au sud du Danube, et le rameau illyrien s’étend des frontières de l’Italie à la mer Noire, sous les noms de Wendes, Croates , D aima tes, Serbes, Monténégrins, Bulgares ; ces derniers, d’origine scythique, se sont tellement mêlés avec les Slaves, dont ils ont adopté la langue et les mœurs, qu’on les classe généralement parmi les peuples de la famille slave. Les principales langues de cette famille sont : d’une part, le tchèque, le sorabe (cnLusace), le polonais, le ruthène ; d’autre part, le russe, le bulgare, langue presque morte aujourd’hui, les dialectes illyriens, enfin les langues lettiques (lithuanien, etc.). Les langues slaves ont des flexions très-nombreuses et une grammaire riche ; celles des deux premiers groupes ont entre elles d’étroites ressemblances.
Derrière les cinq grandes familles de la race Indo-européenne, viennent celles que l’on réunit sous la dénomination assez vague de scythes et qui ont envahi l’Europe à plusieurs reprises, poussant ou foulant Slaves et Germains ; les Huns et les Avares appartenaient à un des rameaux de cette race. Aujourd’hui les plus avancés, vers l’occident de l’Europe sont les Magyars qui, depuis le neuvième siècle, occupent la plus grande partie de la Hongrie (1), et
1. On rattache les Magyars tantôt à la famille mongole, tantôt à la famille ougrienne.
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en Transylvanie^ les Szeklers qui paraissent dater d’Attila; puis, les Turcs , qui dominent sur presque toute la péninsule Hellénique, mais ne forment une population compacte que dans la Roumélie orientale, derrière la Maritza. Les Tartarcs , No gaïs et Kirghis, qui paraissent appartenir à la meme famille, occupent la Crimée, le rivage de la mer Noire, du Boug au Don, les bords de la Caspienne et la vallée de l’Oural jusqu’au Volga. Près d’eux, du Kouban au Volga, habitent les Kalmouks , rameau de la famille mongole.
Au nord-est de l’Europe, jusque sur les bords de la mer Glaciale, sont des tribus diverses qui appartiennent à la famille ougrienne , et dont plusieurs ont, dans des proportions plus ou moins fortes, du sang mongol ; citons entre autres les Ouraliens sur les versants de l’Oural, les Permiens depuis l’Oural jusqu’à la Dwina du nord et au Volga, les Samoïèdes dans les toundras du nord ; puis, de l’autre côté de la mer Blanche, différents rameaux de la famille Finnoise , qui couvrit jadis de vastes contrées et dont il ne reste plus aujôurdhui que les Finlandais, les Lapons , et au midi du golfe de Finlande, les Eslhes et les Lines . Il est pourtant assez probable qu’à cette famille appartiennent aussi les Magyars .
Les langues de ces peuples, quoique ayant une origine commune, sont assez diverses, surtout le turc, qui d'ailleurs a fait de nombreux emprunts à l’arabe et au persan; le lapon, le finlandais et l’esthonien ont entre eux des rapports étroits ; il en ont aussi de très-remarquables avec le Magyare.
Deux races doivent encore être signalées en Europe : la race ibérique, qui, autrefois dominante dans le sud-ouest, n’est plus représentée maintenant que par 650,000 Basques , qui se sont maintenus dans les Pyrénées contre toutes les invasions ; ils se nomment eux-mêmes Escuaklunacs, et leur langue est complètement différente de tousles autres
idiomes européens ; les Juifs , qui appartiennent à la famille sémitique, et sont, au nombre d’environ quatre millions et demi, répandus dans presque toute l’Europe.
Toutes ces races diffèrent non-seulement par la langue, mais par les mœurs, par le degré d’avancement, par les institutions politiques, et, jusqu’à un certain point, par l’aptitude plus ou moins grande à adopter telles ou telles formes de la civilisation.