La verrerie et la céramique. — Verrerie
et céramique sont deux industries qui, ayant besoin
de beaucoup de chaleur, se placent, en Angleterre comme en France, près des lieux où est le combustible.
Les principales verreries et cristalleries sont celles de Saint- Helens (Laneashire), de Birmingham, de Sunderland (Durham), de Newcastle , de Londres , de Stourbridge (Worcestershire), etc. ; le district de Sunderland et de Newcastle produit à lui seul environ 50 millions de bouteilles par an.
Les poteries fines et faïences comptent un trèsgrand nombre de petites fabriques et quelques trèsgrandes manufactures dans le district des Poteries, situé au nord du Staffordshire , où la nature a réuni la houille et Fargile plastique (1). Ce district, de 5 ou 6 lieues carrées, ne comptait guère que 6,000 habitants au siècle dernier; il en compte aujourd’hui 125,000 dont cette industrie fait la principale occupation, et qui sont groupés ou dans l’intérieur ou autour de six ou huit villes (Burslem, Longton, Newcastle- under-Lyne, etc.), dont Sioke-upon- Trent est en quelque sorte le chef-lieu. Wedgwood fut, au xvme siècle, un des manufacturiers du Staffordshire, et c’est en partie à ses découvertes que la contrée a dû le développement de cette riche industrie.
Hors de ce groupe, W oroester fait des faïences et des porcelaines fines, Newcastle-upon- Tgne, des poteries communes, Lambeth, faubourg de Londres, des grès communs, Stourbridge ( Worcestershire ), des articles en argile réfractaire.
89. La carrosserie et la sellerie. — L’Angleterre a joui longtemps d’une renommée sans rivale pour la sellerie et la carrosserie ; aujourd’hui on fait aussi bien qu’elle sur le continent. Londres est le centre principal de l’industrie du carrossier qui est d’ailleurs pratiquée dans presque toutes les grandes villes (Edimbourg, Du-
1. Cependant une grande partie des plus belles matières premières vient aujourd’hui des comtés du sud-ouest (voir g 71).
blin, Liverpool, Derby, Manchester, Nottingham, Glasgow, etc.); celle du bourrelier et sellier l’est surtout à Walsall , Birmingham , Londres et Glasgow.
90. Le matériel des chemins de fer. — Le matériel des chemins de fer provient surtout des centres métallurgiques : Newcastle , Birmingham , etc. On estime à plus de 400 millions de francs la valeur du matériel roulant des chemins de fer dans le Royaume-Uni.
91 . Les constructions navales. — La nation britannique, étant la première nation maritime du monde, excelle dans la construction des navires. Les chantiers sont naturellement, comme en France, situés dans le voisinage des principaux ports : sur les bords de la Tamise (Londres, etc.), de l’Humber ( Hall ), de la Tyne et de la Wear (Newcastle Sunderland, etc.), delaSevern (Bristol), de la Mersey (Liverpool), de la Clyde (Glasgow et Greenock, etc).
92. La papeterie et l’imprimerie. — Les industries destinées à satisfaire les besoins intellectuels sont en général très -développées en Angleterre. On y fabrique beaucoup de papier, plus que dans aucun État de l’Europe, dans le Kent ( Maidstone , etc.), aux environs de Londres, à Newcastle , à Bath, aux environs d’Edimbourg etc.; les 'plumes métalliques , à Birmingham ; Y imprimerie , la reliure, la librairie dans toutes les grandes villes, mais nulle part avec autant de variété qu’à Londres et à Édimbourg, villes après lesquelles il faut placer Oxford, Cambridge, Glascow. C’est aussi Londres qui fabrique le plus d'instruments de musique, surtout de pianos ; les orgues viennent généralement de France.
93. Le résumé de la production industrielle. — La production industrielle du Royaume-Uni est énorme et s’est accrue considérablement depuis un demi-siècle ; mais, faute de documents précis, il serait impossible d’en dire la valeur d’une manière suffisamment approximative. On peut seulement établir quelques points de comparaison avec la France :
Elle produit environ 105 millions de tonnes de houille; la France. 12 millions ; elle en consomme 90 millions, la France 21.
Elle produit 5 millions de tonnes de fonte ; la France, un peu plus de 1 million.
Elle consomme 400,000 tonnes de coton brut ; la France, 100,000 ; elle possède 41 millions de broches de filature dont 32 millions pour le coton, environ G millions et demi pour la laine, 1,600,000 pour le lin, et plus d’un million pour la soie; la France moins de 10 millions dont plus de 6 millions pour le coton, 630,000 pour le chanvre et le lin.
Les industries y sont, plus qu’en France, fortement concentrées sur quelques points. Comme en France, elles obéissent aux attractions naturelles en s’établissant aux lieux où elles trouvent leurs matières premières ou aux attractions sociales en s’établissant aux lieux où sont les débouchés et les consommateurs; mais ces lieux sont souvent les mêmes. C’est ainsi qu’on peut, sous le rapport industriel, partager l’Angleterre en huit régions :
1° Londres, qui a, comme Paris, le privilège de réunir dans ses murs ou dans sa banlieue presque tous les genres de production, et qui est le centre de population industrielle le plus actif ;
2'1 Le Làncashire (et une partie du Cheshire), avec ses houilles, ses forges, ses tissages de coton, de soie, ses grandes villes telles que Manchester et le port de Liverpool ;
3 1 Le West-Riding, avec ses tissages de laine (Leeds, Bradford, etc.), au premier rang, et ses ateliers métallurgiques (Sheffield) au second rang.
4° La. vxllée de l\ Tyne et de la. Wexr (Durham et Northumberland) avec le bassin houiller de Newcastle, le fer de Cheveland, et les usines à feu, forges, verreries, etc.;
5° Le StA-ffordsiiire (et une partie des comtés de
Warwick et de Worcester), avec ses bassins houillers, ses poteries dans le nord, ses hauts-fourneaux dans le sud, et la grande cité métallurgique de Birmingham (Warwickshire) ;
6° Les environs de Glasgow, la principale ville industrielle de l’Ecosse, possédant la houille e t le fer, pratiquant les industries textiles et les constructions navales.
7° Dans le pays de Galles, il n’y a véritablement d’activité industrielle que dans le comté de Glamorgan où la nature a placé la houille et le fer.
8° En Irlande, l’activité industrielle est concentrée dans deux ou trois comtés du nord-ouest oîi l’on cultive le lin.
En mettant à part, d’abord Londres, l’Irlande et le pays de Galles puis les groupes excentriques de Newcastle et de Glasgow, l’industrie est ramassée dans la partie centrale de la Grande-Bretagne en deux vastes groupes ayant pour principaux foyers : celui du sud, Birmingham, celui du nord, le plus important de tous, Manchester, et, tout autour de Manchester, un cercle dont le rayon est d’environ 80 kilomètres.
5e section.