La houille & le fer. — Le nord de l'Allemagne
possède quatre grandes régions métallurgiques et toutes les quatre renferment des houillères :
1° La région Silésienne, à l’est, comprend le bassin de la Haute-Stlésie , avec les couches irrégulières et brisées mais généralement faciles à exploiter de Zabrzc , de Kœnigshutte , de Nicolaï , Petrezkowitz, etc. Le bassin est situé sur l’extrême frontière de la Prusse à la limite de l’Autriche et de la Russie, et rend environ 4 millions et demi de tonnes. Dans la même contrée se trouve celui du Riezen-gebirge oriental , près de Landshut, Waldenbourg, etc.
2° et 3° La région Saxonne , au centre, comprend : les bassins de V Erz-gebirge , (Zwickau, Chemnilz, Plauen, etc.), dépendant du royaume de Saxe et correspondant à peu près aux bassins de la Bohême situés sur le revers opposé de la chaîne ; le bassin de la Saale inférieure (Lœbejûn et Wettin), dépendant de la Prusse ; les bassins de la Thuringe (Stockheim dépendant de la Prusse et de Saxe- Meiningen, Manemach, au nord, dépendant de Saxe- Gotha et de Saxe-Wiemar) ; les deux petits bassins du Harz (Ilefeld et Meisdorf) et le petit bassin d’Ibbenburen, perdu à l’extrémité du teutoburger-wald.
4° La région du Rhin , à l’ouest, la plus riche de tout le continent européen, comprend trois bassins principaux : le grand bassin de la Ruhr, prolongement des bassins belges, renferme à une profondeur de 350 à 400 mètres plus de cinquante couches exploitables d’une houille riche en gaz et en bitume, et s’étend sur le flanc des terrains de transition dont le plateau des Ardennes fait partie ; il occupe les deux rives de la Ruhr, de Dortmund à Elberfeld, principalement par Witten, Bochum, Essen, Mulheim. Le bassin d' Eschiveiler , au sud-ouest du précédent, de l’autre côté du Rhin, près d’Aix-la-Chapelle, est, comme le précédent, la continuation du bassin belge de Sambre et Meuse ; le bassin de la Sarre, situé de
l’autre côté du plateau des Ardennes sur le versant oriental du Hundsruck, s’étend comme les deux précédents, dans la direction du nord-est au sud-ouest, par Meisenheim, Saarbruck, Sarrelouis, sur le territoire prussien, oldenbourgeois, bavarois et donne une houille fumeuse, inférieure à celle de la Ruhr.
La production de ce bassin est évaluée à un million et demi de tonnes par an ; celle du bassin de la Ruhr à plus de 9 millions, et la production totale de l’Allemagne du nord h 30 millions de tonnes de houille.
Dans des formations plus récentes, on peut citer les dépôts charbonneux du Hanovre méridional (Hanovre, Minden), les lignites de la province de Saxe (Mersebourg, Magdebourg), des bords clu Rhin , etc., du Vogelsberg, du Westerwald, de l’Eifel, etc., dont la production totale en lignite est d’environ 6 millions de tonnes ; la tourbe des environs de Potsdam , de Danzig , des bords de YEms, du Harz , de l’Egge-gebirge, du Hohen-Vecn ; V asphalte de Bentlieim ; le pétrole de Wietze, des environs de Peene, etc.
L’Allemagne du nord est riche en minerai de fer. On en trouve dans presque toutes les formations géologiques; nulle part en aussi grande abondance que dans la haute Silésie , au milieu des couches de muschelkalk et de calcaire carbonifère de Tarnowitz et de Beuthen qui donnent de bon fer oxydé hydraté ; dans des roches cristallines des Sudètes, dans Y Erz-gebirge (Schneeberg, etc.) ; dans le Thuringer-wald ; dans les plaines de Silésie et de Brandebourg (Liegnitz,Francfort-sur-l’Odcr, Potsdam), qui donnent le minerai des prairies ; dans le Harz, au milieu des terrains dévoniens, siluriens ou carbonifères de Stolberg, des environs de Klausthal, Goslar, etc. ; sur le flâne du Teutoburgenvald (Minden, Osnabrück), dans les provinces rhénanes, surtout le long de la vallée de la Ruhr (Rochum, etc.) où l’on traite le fer à la houille ; dans
la vallée de la Sieg (Siegen, etc.), où Ton traite le fer au bois; dans celle de la Lahn (Kœnigsberg, près de Giessen, Wetzlar, Limbourg) ; de l’autre côté du Rhin, au milieu du calcaire carbonifère de Saarbruck, du Hundsruck et del’Eifel, du Stolberg près d’ Aix-la-Chapelle.
La production totale de la fonte est de près de 1,000,000 de tonnes : celle de l’acier, qui depuis quelques années a fait de très-rapides progrès, dépasse 200,000 tonnes.
Les hauts fourneaux et usines sont, comme partout, groupés h proximité du combustible et du minerai : dans la haute Silésie (Kœnigshutte, Gleiwitz, Malapane), dans la Saxe et Thuringe (Bautzen, Zwickau, Saalfehl, Schmalkalden), dans le Harz et Hanovre (Werniger, Osnabrück), dans la province du Rhin , surtout dans la vallée de la Ruhr renommée pour ses aciers (Hœrde, une des plus grandes forges du continent, Iserlohn, Hagen, Wetter, Witten, Bochum, Essen où se trouve l’usine Krupp qui n’occupe pas moins de 10 000 ouvriers où se fabrique une partie des canons do la Prusse, Dusseldorf, etc.), dans le nord de cette même province du Rhin (Wesel, Aix-la-Chapelle, etc.) et dans le sud-est (Siegen, Birkenfeld. Ludwigshutte, Saarbruck, etc.), dans le Nassau dont les fontes sont très-propres à la fabrication de l’acier.
167. Les autres métaux. — Parmi les autres produits minéraux de l’Allemagne du Nord, il faut citer : l’argent en petite quantité (environ 23 tonnes), tiré principalement des mines de plomb argentifère de Freyherg , Annaberg, etc. en Saxe, d’Andreasberg, etc. dans le Harz ; le cuivre (plus de 3,000 tonnes) provenant du Mansfeld et du Harz (Goslar, Clausthal, etc.) où il se trouve sur une assez grande étendue, mais en couche très-mince, du Stadtberg en Westphalie, du Hanovre, de la Hesse et du Nassau ; le plomb (près de 10,000 tonnes), provenant on
grande partie du Harz (mines et usines d’Altenau, de Lauthenthal, d’Andreasberg, d’Ocker, etc.), et des mines de Freyberg en Saxe, en partie aussi de la Westphalie (Bleyberg près Gommera, Stolberg, Eschweiler, etc.), du Nassau (Ems), de la Silésie (Tarnowitz) ; le zinc (60,000 tonnes, production supérieure à celle de tout autre pays)? tiré de la Prusse rhénane , au Stolberg , près d’Aix-la- Chapelle, dans la vallée de la Lahn (Bensberg) et de la Ruhr ( Iserlohn , Brilon, etc.), de la haute Silésie (Beuthen^ Tarnowitz, etc.) et du Harz (Lauthenthal et Goslar) ; un peu d’étain dans l’Erzgebirge, dans le Harz, dans le pays de Siegen, dans la vallée de la Lahn, au Stolberg, etc.^ dans les districts de Mansfeld et de Musen ; du cobalt, du manganèse en assez grande quantité dans le Nassau vallée de la Lahn), etc.; de Y arsenic dans la Silésie (Reichenstein), etc. ; de l’antimoine, des pyrites de fer servant à la fabrication de l’acide sulfurique ou de l’alun dans la vallée de la Lenne, près de Bonn, etc.
La production des industries extractives de la Prusse a, grâce â l’activité du travail et à l’extension du territoire, plus que décuplé depuis quarante ans , et est aujourd’hui d’environ 250 millions de francs.
Les exploitations sont concentrées pour la plupart dans quatre régions : la haute Silésie, la Saxe et Tiiuringe, le Harz et environs, la Prusse rhénane et surtout le bassin de la Ruhr.
(Voir la carte n° 15.)
168. JL.es industries préparatoires. — Avec les matériaux que fournissent l’industrie agricole et l’industrie extractive, l’homme crée tous les produits qui sont à son usage ; cette création ou, pour mieux dire, cette transformation, cette adaptation à nos besoins est le propre des industries manufacturières. Mais, avant d’obtenir le produit définitif qui est destiné il procurer une
jouissance personnelle au consommateur, il faut se munir
d’outils et de substances propres à manier ces matériaux et leur faire subir à eux-mêmes certaines mains-d’œuvre préalables ; c’est l’objet des industries préparatoires, qui se divisent en industries mécaniques et en industries chimiques.
Les industries mécaniques, dans tous les pays, sont généralement exercées là on la nature a placé les métaux et le combustible, et là où l’homme a concentré sa plus grande activité manufacturière. Dans l’Allemagne du Nord, on fait du fil de fer, de la tôle, du fer-blanc, de l’acier, principalement dans la province du Rhin à Essen, Remschied, etc.; dans la Westphalie à Kronenberg, etc.;
dans la Silésie, dans la Saxe où l’Erz-gebirge a la spécialité de la tôle vernie. Les machines , machines à vapeur, locomotives, machines-outils, etc., sont fabriquées dans le Brandebourg à Berlin , Spandau, F rancfo rt-sur-l’O der ; dans les provinces baltiques, à Stettin, Elbing, Kœnigsberg, etc., principalement en vue des constructions
Fig’. 12. — La forge dans une grande usine à fer.
navales ; en Silésie, à Breslau et clans toute la haute Silé sie (usine royale de Malapane, Glciwitz, Beuthen, Pless^ Ratibor, Rybnik, etc.); en Saxe à Chemnitz-Dresde , Leipsiz, Zwickau , Zschopau ; clans la province de Saxe à. Magdebourg , Buckau, Halle, Erfurth, Suhl, Halberstadt, Buïg, Sœmercla ; dans le Hanovre à Hanovre, Hameln; clans la Westphalic îi Jserlohn , Dortmund , Bochum , Altena, Hagen, Siegen, Bielefield ; clans la province du Rhin à Essen (Voir la figure n° 12), Wesel, Werden, Mulheim, Duisbourg, Aix-la-Chapelle, Bielefield, Solingen, Neuss, Dusseldorf, Cologne, Rcmschied renommé pour ses scies, etc. Les mécaniques destinées h l’outillage des filatures et des tissages viennent particulièrement de Bielefield, Bochum, Aix-la-Chapelle, Chemnitz ; les armes blanches de Solingen, Rcmschied, Suhl, Berlin, etc.; les aiguilles et épingles d’ Aix-la-Chapelle, d’Atena, d’ïserlohn, etc. C’est dans les provinces de WcsTruALiE et nu Rhin, et surtout dans le district du bassin houiller do la Ruhr, entre Dortmund et Tserlohn à l’est, Crefeld et Neuss à l’ouest, que I’industrie métallurgique a le plus d’importance dans l’Allemagne du Nord et du Sud ; sur environ 200,000 chevaux-vapeur qu’elle emploie, ces deux provinces, à elles seules, en possèdent 1 10,000.
L 'industrie du bois, scierie, etc., a au contraire la plus grande importance clans le centre et l’est, Thuringe, Prusse, Silésie et surtout clans le royaume de Saxe et le Brandebourg .
La fabrication de I’alcool (env. 2 millions d’hectolitres) par la distillation de la pomme de terre, des grains et quelque peu de la betterave, est la principale industrie agricole de l’Allemagne du Nord ; elle est pratiquée clans toutes les provinces, surtout dans la Silésie (Breslau, etc,); le Brandebourg (Francfort, Landsbcrg, Zullichau); la Posnanie (Bromberg, Lissa); la province de Saxe (Magdebourg, Halle, Nordhausen) ; clans le royaume de Saxe (Chemnitz,
Leipzig, etc.), et la Westphalie. Les 'produits chimiques proprement dits, acides, alcalis, etc., ont leurs plus nombreuses fabriques dans le voisinage des grandes manufactures ou des minéraux qui leur servent de matière première, à Berlin , Francfort , Breslau, Gœrlitz , dans la haute Silésie (potasse), à Dresde, Leipzig , à Erfurth, à Halle et dans toute la haute vallée de la Saale, à Nordhausen (acide sulfurique), et dansleHarz à Osterode, Lunebourg, Schenœbeck près de Magdebourg, à Rammelsberg près de Gosïar, à Dortmund , dans la province du Rhin à Wesel, Cologne , Aix-la-Chapelle , Duisbourg , Crefeld . La plupart des provinces et, en première ligne, les provinces du Rhin , de Saxe et de Silésie fournissent des huiles de graines ; Iserlohn , Hagen, Dortmund, Crefeld , Gladbach, Elberfeld, Barmen, Osnabrück, etc., des couleurs', Berlin , Potsdam, Dortmund , etc., préparent la stéarine. Le pays de Siegen , Bielefeld, Altena, Bochurn, Trêves, Mayence, Francfort- sur-le-Mein, la Hesse et généralement toute la contrée du Rhin, Osnabrück et Hameln en Hanovre, Pegau, Leipsig en Saxe, Anhalt, laTliuringe, Berlin, Breslau, etc., apprêtent les cuirs ; Cologne, etc., la colle forte ; Berlin , Ilarbourg, etc., le caoutchouc ; l’Allemagne prépare pour la chapellerie beaucoup ‘de poil, surtout de poil de lapin : les principales couperies sont à Francfortsur-le-Mein.
169. Les industries alimentaires. — La préparation des aliments exige partout des travaux particuliers et emploie une notable partie de l’activité laborieuse des hommes ; mais très-souvent elle ne donne lieu qu’à un travail purement domestique , comme la cuisson des légumes et de la viande, ou à de petites industries qui n ont de débouchés que dans le voisinage immédiat, comme la fabrication du pain. La meunerie cependant compte de grands établissements dans les provinces où les céréales abondent, principalement dans la Silésie ;
dans les provinces de Saxe, du Rhin, de Prusse, dans les villes de Hanau , Potsdam, Danzig, etc. I
Kœnigsberg est renommé pour ses massepains ; Thom pour son pain d’épices. On fait des fromages façon de Hollande dans YOst-Frise et dans la vallée de l’Ems ; des fromages de lait de vache dans le Slesvig-Holstein et dans la Saxe ; des fromages de lait de chèvre dans la Saxe- Altenbourg. L’Allemagne consomme beaucoup de charcuterie ; les gros jambons fortement fumés de Westphalie et les petits jambons frais de Mayence, les saucisses de Francfort elles saucissons du Brunswick sont renommés, ainsi que les langues de Breslau et les foies gras de Poméranie.
Le sucre est fabriqué dans les provinces qui cultivent la betterave, en premier dans la province de Saxe , en second lieu dans la Silésie, Anhall, le Brunswick, le Brandebourg, la province du Rhin. C’est pour la môme raison que le Bnmsivick et la province de Saxe sont au premier rang pour la fabrication du chocolat ; le Hanovre, la Hesse ducale, la province du Rhin, le Brandebourg viennent au second .
La confiserie a pour centre principal la Saxe (Halle, Eilenbourg, etc), puis la Prusse, etc. C’est aussi en Saxe (Ma gdebourg, Halle, Erfurth) et dans le Brunswick qu’on prépare le plus de chicorée. Les ports de la Baltique, Stcltin, Stralsund, Greifswald, etc., font des conserves de poissons salés.
\j eau-de-vie provient des memes provinces que l’alcool; Danzig est particulièrement réputé pour son eau-de-vie que les Allemands nomment « goldwasser » à cause des paillettes dont elle est semée. Grefeld, Bempen, Selden, Rhikbcrg, pour leurs liqueurs. La bière, boisson ordinaire des habitants dans un pays qui ne donne de vin que sur un très-petit nombre de coteaux, est fabriquée par toute l’Allemagne, surtout dans le Brande -
bourg (Berlin, etc.), dans le royaume et la province de Saxe (Leipzig, Dresde, etc.), dans la Thuringe et la province du Rhin .
170. Les industries textiles. — Dans l’état de la civilisation, se vêtir est un besoin presque aussi impérieux que se nourrir. Les industries textiles, qui servent aussi en partie à l’ameublement, sont surtout destinées h satisfaire ce besoin de vêtements ; elles se subdivisent, suivant les matières qu’elles emploient, en industries du coton, du lin et du chanvre, de la laine, de la soie, avec
quelques industries annexes, comme la dentelle et la bonneterie.
L empire d Allemagne tout entier (nord, sud et Alsace- Lorraine) compte environ 4,900,000 broches dans ses filatures de coton; dans ce nombre, le royame de SAXE,a^ec Ciiemnitz pour centre, figure pour plus de 700,000 , et la province du Rhin avec Cologne Glcvdbach , etc., pour 240,000 ; viennent ensuite la Silésie, le Hanovre, la Westphalie, Oldenbourg. Relativement au tissage, ces centres occupent h peu près le même rang ; au premier la Saxe ( Plauen , Ciiemnitz, Ziuickau , etc., et la montagne) qui en possède 18,000, mais qui, sous le rapport de l’importance du tissage mécanique , cède le pas à la province du Rhin; celleci renferme les grandes manufactures de cotonnades d’ELberfeld qui fait des tissus, des rubans, des lacets, de Barmen, de Gladbach , renommé pour ses impressions, de Cologne, Dusseldorf, Neuss, Mulheim, etc. Les principales manufactures de Silésie sont à Schweidnitz, Gœrlitz, logau, etc.; celles de Westphalie, à Dortmund , Siegen etc.; celles de Thuringe à Greiz, Géra; celles de la province de Saxe à Mulhausen, Nordhausen, Erfurth, Eilen-
^ourg ; celles de Brandebourg à Berlin , Potsdam, Francfort, Kottbus, etc.
L industrie du lin et du chanvre , surtout celle du lin,
est très-ancienne en Allemagne ; mais la filature mécanique y est peu développée et ne compte guère plus de 150,000 broches dont près des deux tiers dans la Silésie (Oels, Reichenbach, Gœrlitz, Ratibor, Waldenbourg, Landshut) ; la Wcstp/ialie ( Bielefelcl , Herford, Lubbeck) et la province du Rhin (Durcn, Kempen, Gladbach), C’est aussi la Silésie qui tisse le plus; ses principales fabriques surtout pour la batiste sont à Hirschberg , Schœnau, Landshut, Gœrlitz, Greifenberg, Lauban, etc.; beaucoup d’ouvriers tissent tantôt le coton, tantôt le lin, selon que les produits de l’un ou de l’autre sont plus demandés. Le royaume de Saxe vient au second rang, avec ses belles toiles fines et son linge damassé dont il a, au xvi° siècle, enrprunté le secret à Gourtrai et qu’il fabrique à Bautzen , dans le cercle de Dresde et surtout dans la haute Lusace (Zittau, etc.); avec la toile à voile du Voigtland et surtout de Plauen et Reichenbach. En Westphalie Bielefeld, Minden, Lubbeck et le canton de Ravcnsberg ; dans la province de Saxe Nordhausen, Mulhausen et tout l’Eichsfeld; en Hanovre Osnabrück , Lunebourg; dans la Hesse, Fulde; dans le Brandebourg, Berlin, Sorau, Kottbus tissent aussi des toiles fines ou toiles communes.
La filature de la laine emploie environ 1,400,000 broches dont un cinquième environ pour la laine peignée et quatre cinquièmes pour la laine cardée. Dans ce genre de travail, la primauté est au royaume de Saxe qui possède plus de 400,000 broches, dont un quart pour la laine peignée, et, dans le royaume de Saxe, à la ville de Cuemnitz. La province du Rhin avec Aix-la-Chapelle , Eupen, Gladbach, Stolberg ; le Brandebourg avec Berlin, Potsdam, Luchcnwalde sont au second rang et filent surtout la laine cardée. En Saxe les principales manufactures de draps sont à Grossenhain, Bischofswerda, Rosswein ; les manufactures de mérinos et tissus mélangés qui produisent une valeur de près de 100 millions de francs, sont
à Cliemnitz qui fait des étoffes de qualité ordinaire pour robes, châles, cravates et pour tentures ; à Glochau et Meerane sa « sœur jumelle » qui font des articles mi-laine pour robes ; â Zittau et à Reichenbach ; dans la province du Rhin à Aix-la-Chapelle , Bursch'ied, Eupen, Duren pour les draps ; il Cologne, Barmen pour la laine peignée et les articles de fantaisie, ainsi qu’à Elberfeld en Westphalie ; dans le Brandebourg à Kottbus, Sorau, Guben pour les draps, à Berlin et à Francfort pour les draps et tissus ras; à Gœrlitz, Sagan, Glogau, Hanau, Marklissa en Silésie ; à Géra en Thuringe ; à Osterode et Gœttingue en Hanovre ; à Langensalza dans la province de Saxe.
Le tissage de la laine emploie environ 500,000 métiers en Allemagne. Celui de la soie n’en emploie guère que 34,000 ; 27,000 existent dans la seule province du Rhin, qui doit cette industrie aux Français émigrés après la révocation de l’édit de Nantes et qui possède les grandes manufactures de Crefeld, Vierzen, Gladbach, Elberfed, Aixla-Chapelle, Barmen ; dans le môme rayon sont comprises les manufactures de Westphalie, Langenberg, Bochum, et plus loiu celles de Bielefeld ; on y fait en général des soieries légères à bon marché, des taffetas, des velours et beaucoup de rubans et de lacets, principalement à Elberfeld , Barmen et Cologne. Berlin, Potsdam, Brandenbourg en Brandebourg, Annaberg, Buckholz, Géra, Zerbst en Saxe et Thuringe font aussi des tissus de soie, des soieries et de la passementerie.
Les châles , tartans et autres, viennent surtout de Berlin et d’Elbcrfeld ; les tapis de Berlin et Kottbus en Brandebourg, de Lahn et de Schmiedeberg en Silésie, d’Erfurtli dans la province de Saxe, de Hanau et de Duren en Westphalie.
Le tissage appelle auprès de lui beaucoup d’industries annexes, blanchisseries , teintureries , etc.; la province du Rhin ( Crefeld , etc.), le Brandebourg ( Berlin , etc.), le
l’europe. 13
royaume de Saxe et la Silésie occupent sous ce rapport les premiers rangs.
La dentelle et la broderie se font principalement en Saxe dans l’Erz-gebirge ( Annaberg , Schneeberg, Buckholz) dont les paysannes, depuis des siècles, fabriquent des blondes et les dentelles de Saxe, dentelles noires de soie, et dentelles blanches de fil, toutes dentelles communes d’un prix généralement peu élevé. Dans le voisinage d’Hirscbberg (Silésie), on fait de la Valencienne.
En somme, les industries textiles, qui sont dans tous les pays une des principales branches de l’activité manufacturière, forment dans l’Allemagne du Nord deux grands groupes distincts : 1° le groupe de Saxe et de Silésie qui s’appuie sur le Riesen-gebirge et l’Erz-gebirge et, profitant des chutes d’eau des montagnes, file et tisse le coton, le lin, la laine, la soie. Il s’étend le long de la vallée de l’Elbe et dans le Brandebourg jusqu’à Berlin où la population d’une capitale sollicite toutes les grandes industries et où l’élevage des moutons facilite la fabrication des tissus de laine. 2° Le groupe du Rhin et de la Ruhr où la houille a donné naissance à tant de grandes manufactures, où l’on file et tisse le coton et la soie et qui s’étend, au N.-E., jusqu à Bielefeld et Minden, région de la toile, au S. -O., jusqu’à Aix-la-Chapelle et Eupen, région des lainages.
La bonneterie a pour centre principal la Saxe où l’on fabrique à très-bon marché (Ghemnitz, etc.) ; hors de la Saxe il faut citer Stolbcrg, Apolda, Berlin, Liegnitz, Erfurth, Cologne, Hanau.
171. Les autres industries du vêtement et de la toilette. — Parmi les autres industries relatives au vêtement et à la toilette, il faut nommer la cordonnerie que l'on exerce à Mayence, dans la liesse, etc.; la ganterie à Berlin, Potsdam, Magdebourg, etc.; la chapellerie hBevlin, Mayence, etc.; la confection qui est le privilège de quelques
grandes villes, comme Berlin et Dresde ; la parfumerie à Berlin, Francfort, Cologne, Saarbruck (savons) ; la bijouterie et l’orfèvrerie à Berlin , Breslau, Hanau , dans le cercle d’Altena, etc.
172. L'ameublement. — La construction des maisons est une industrie d’un genre tout particulier, qui s’exerce sur place et qui emploie d’autant plus de bras, que les agglomérations cVhommes sont plus considérables. Mais l’ameublement donne naissance à de nombreuses industries qui transportent et exportent leurs produits, h’ ébéniste rie de luxe est exercée à Berlin , Breslau, etc. ; l’industrie du bronze h Berlin , Iserlohn , Altena, Hanau, etc.; la tabletterie et bimbeloterie dans la Thuringe (Sonneberg, etc.), dans la haute Silésie, le Iiarz et à Berlin ; le cartonnage et la fabrication des porte-monnaie, tabatières de papier mâché , etc., à Berlin , Brunswick , Francfort-sur-le- Mein .
La verrerie et la céramique , liées nécessairement à la présence du combustible, sont les deux industries de l’ameublement qui donnent les groupes de fabriques les plus importants. Elles sont exercées principalement dans la Silésie qui possède la houille et le bois, à Breslau, Buntzlau qui font de la faïence, près de Waldenbourg où l’on fait de la porcelaine et de la verrerie, ainsi qu’à Gœrlitz ; dans la Saxe et la Thuringe où l’on fait peu de verre, mais beaucoup de porcelaines de faïence et de poteries de grès, à Dresde, à Pirna, à Zwickau, à Plauen, à la manufacture royale de porcelaines de Meissen ; dans la Saxe-Meiningen et dans la principauté de Sch wartzbourg ; dans le Brandebourg qui possède la manufacture royale de porcelaines de Berlin , les fabriques de porcelaine, de faïence et de grès de Gharlottenbourg, de Francfort, de Berlin ; dans la Westphalie et la province du Rhin , où se trouve la houille, à Neuss, à Witten près de Dortmund, à Duisbourgqui fabrique des creusets renommés, à Salzbach,
Mettlach, etc., sur la Sarre ; au Stolberg est une manufacture de glaces exploitée par la Compagnie française de Saint-Gobain. A la fabrication de la porcelaine se rattache celle des pipes , qui a une grande importance en Allemagne.
L’ horlogeries ses plus nombreux ouvriers en Saxe , dans l'Erz-gebirge, à Berlin et à Francfort, à Lahn et dans la montagne, en Silésie. La coutellerie a pour centres principaux les villes où le bon acier abonde, Soliisgen, Ilemschied, etc.