Retour sur la géographie physique
L’Allemagne du Sud qui fait partie intégrante de l’Empire allemand, aussi bien que l’Allemagne du Nord, présente cependant avec cette dernière des différences physiques et ethnologiques tranchées. Elle est séparée d’elle par le cours du Mein , par la Kinzig , son affluent et par une ligne conventionnelle, qui suit de très -près la crête du Thuringerwald et du Frankenwald, et s’étend entre 3»40' et 11°3 0' de longitude occidentale et entre 50° 40' et 47°20' de latitude. Le Rhin, qui la traverse du sud au nord dans sa partie occidentale, la divise en deux sections d’inégale étendue. Celle de l'ouest, la moins considérable (environ 22,000 kilomètres carrés), ne renferme que le cercle bavarois du Palatinat, la province de Hesse-Rhénane et l’Alsace-Lorraine, nouvellement annexée à l’Empire d’Allemagne; elle dépend de la région climatologique des Vosges, qui comprend en outre une partie de l’est de la France. La section orientale (108,000 kilomètres carrés) occupe en grande partie un des 'principaux plateaux de l Europe , qui s’appuie au sud à la grande chaîne des Alpes, et que traversent en tous sens des chaînes de médiocre élévation. Elle appartient presque en entier ù. la région alpestre et jouit d’un climat sain, bien que vif, et généralement froid et pluvieux. La superficie générale de l’Allemagne du Sud est donc d’environ 130,000 kilomètres carrés (4,500 pour la partie méridionale du grand-duché de Hesse ; 76,000 pour la Bavière ; 19,500 pour le Wur-
temberg ; 15,500 pour Bade et 14,500 pour l’Alsace-Lorraine).
176. La formation historique. — Comme le reste de la Germanie, F Allemagne du Sud a très-peu subi l’influence romaine. Elle était habitée par les Suèves (d’où la Souabc, contrée de l’ouest) et par les Boii ou Boioarii (d’où la Bavière, contrée de l’est) ; elle suivit toutes les destinées de l’Empire germanique; le vaste duché de Souabe, qui s’étendait bien au delà du Rhin en Alsace et dans la Suisse actuelle, fut démembré au treizième siècle comme l’avait été le duché de Saxe ; la Bavière, au contraire, se maintint et s’agrandit. Quand l’ancien Empire d’Allemagne fut supprimé (1800), les trois principaux Etats du Sud furent agrandis parles traités qu’imposa Napoléon à l’Autriche et furent érigés, le margraviat de Bade en grand-duché de Bade , le Wurtemberg et la Bavière en royaumes. Les traités de 1815 donnèrent le Palatinat à la Bavière et réunirent tous les Etats du Sud et du Nord de l’Allemagne dans la Confédération germanique. Quand celle-ci fut dissoute en 1866, par suite de la guerre austro-prus-
sienne, tandis que les Etats du Nord formèrent une nouvelle Confédération, les quatre Etats du Sud, libres d’en constituer une de leur côté, restèrent néanmoins isolés entre eux, mais furent rattachés séparément à la Prusse par des traités militaires. Enfin le rétablissement de l’Empire allemand, conséquence des victoires de l’Allemagne sur la France en 1871, a étroitement uni et subordonné
les Etats du Sud à la Prusse et l’a accrue par l’annexion de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine enlevées à la France par le traité de Francfort (10 mai 1871).
177. Les États. — Le grand - duché de Hesse (823,000 hab.), capitale Darmstadt, comprend 3 provinces, dont deux seulement, liesse Rhénane et Starkenbourg, font partie de l’Allemagne du Sud, la liesse supérieure étant au nord de la ligne du Mein.
Le grand-duciié de Bade (1,450,000 hab.), capitale Carlsruue, est divisé en 4 districts subdivisés en 1 1 cercles : Constance. Garlsruhe,
Fribourg. Mannheim.
Le royaume de Wurtemberg (1,780,000 hab.), capitale Stuttgard , est divisé en 4 cercles subdivisés en bailliages :
Cercle du Necker Cercle du Danube
— de la Foret-Noire — du Jaxt.
Le royaume de Bavière (4,800,000 liab.), capitale Munich, est divisé en 8 cercles subdivisés en districts :
Souabe et Neubourg Haut-Palatinat et Ratisbonne
Haute-Bavière Haute-Franconie.
Basse-Bavière Moyenne-Franconie
Basse-Franconie et As- Palatinat ou Bavière Rhénane, chaffenbourg.
' Le Pays D’Empire, Alsace - Lorraine (1,600,000 hab. en 1866), capitale Strasbourg, est divisé en 3 départements, Bas-Rhin, Haut-Rhin et Lorraine, subdivisés en 22 cercles.
(Voir les cartes n0s 13, 14 et 15.)
C’est aussi dans l’Allemagne du Sud que sont situées la principauté de Hohenzollern (65,000 liab.), possession prussienne enclavée entre le Wurtemberg et Bade ; et plus au sud, entre la Suisse et l’Autriche, la principauté indépendante de Liechtenstein (8,500 hab.), capitale Vaduz.
178. Les régions agricoles. — L’Allemagne du Sud n’offre pas, entre ses parties basses et ses parties montagneuses, une ligne de démarcation aussi tranchée que celle qui se présente dans l’Allemagne du Nord. Mais chacune de ses régions participe à la fois du régime des plaines et de celui des montagnes. Ces régions peuvent être ramenées à 4 principales :
1° A l’ouest, la région Vosgienne, sur la rive gauche du Rhin. Elle est partagée en deux versants par la chaîne des Vosges, dont le prolongement septentrional porte le nom de Hardt et a pour point culminant le mont Tonnerre. Le versant du Rhin comprend Y Alsace et la partie orientale de la Bavière Rhénane ou Palatinat. Il présente lui-même trois zones parallèles, distinctes par leur configuration, la nature de leur sol, leurs produits et leur climat : la Plaine est une contrée basse, plate et uniforme, dépassant de quelques mètres à peine le niveau du Rhin et formée tantôt de limon, tantôt de sables et de graviers, roulés par les torrents des Vosges. La partie où domine le limon ou « lœhm » rhénan est très-favorable à la culture des céréales et des autres plantes alimentaires et industrielles, et fournit jusqu’à deux ou trois récoltes dans l’année ; la partie graveleuse et sablonneuse présente de vastes forêts. La zone des Collines n’a guère que 2 à 4 kilomètres de largeur moyenne. Cette largeur n’est dépassée qu’au sud de l’Alsace dans l’ancien Sundgau. bassin supérieur de Bill, et au nord du bassin de cette rivière dans le W as g au. Plus au nord, au contraire, cette zone se discontinue et ne présente plus que des segments isolés. Elle est en général formée de terrains tertiaires, couverte de vignobles renommés, de riants vergers, de nombreux établissements d’exploitation industrielle et agricole, et présente l’aspect le plus riche et le plus pittoresque. La zone des Montagnes est elle-même accessible à la végétation jusque sur les sommets les plus élevés ou ballons , qui dépassent rarement 43 à 1400 mètres : les pâturages y alternent avec des forêts de hêtres et -de conifères et des massifs de châtaigniers et de mérisiers, dont le fruit sert à la fabrication du kirchwasser. Le versant occidental, ou de la Moselle , moins bien partagé que le précédent, comprend la Lorraine , dont la plus grande partie appartient à la France, et le reste du Palatinat. Il
est formé dans quelques vallées, comme celles de la Seille et de la Moselle (plaine de Thionville) de terrains fertiles argilo-siliceux où prospèrent, selon les altitudes et l’exposition, la vigne, le blé et l’avoine. Mais dans le bassin de la Sarre et dans le voisinage des Vosges, le sol pierreux et maigre ne fournit que du seigle et de la pomme de terre, avec la même alternative de forets et de pâturages que sur le versant oriental.
2° La région Bado-IIessoise est séparée de la précédente par le cours du Rhin et comprend le versant oriental de la vallée du fleuve. Elle offre également une succession de trois zones. Mais celle de la Plaine , formée d’alluvions et fertile en céréales, là où le gravier et le sable ne dominent pas, est moins étendue qu’en Alsace, et n’acquiert une certaine largeur que dans le nord du grand-duché de Bade et dans la Hesse. La région des collines comprend un grand nombre de vallées recouvertes par le « lœss » ou limon argilo-ealcaire très-fertile, propre aux céréales, aux prairies artificielles, à la vigne, au noyer, au châtaignier. Les pentes élevées de la zone montagneuse sont couvertes par les massifs épais et giboyeux de la Forêt- Noire (Schwartz-wald), qui donne son nom à presque toute la contrée. Mais les plateaux formés tantôt de grès et tantôt de granit ne permettent à côté des pâturages que la culture du sarrazin et des pommes de terre.
3° La région Wurtembergeoise, aux sources du Danube et du Neeker, présente deux aspects différents :
La partie montagneuse comprend, au sud du Danube, l’Allgau avec ses pâturages alpestres et la Souabe wurtembergeoise, plateau de molasse, médiocrement cultivé ; au nord du Danube, la Rauhe Alp , autre plateau de formation jurassique, en partie boisé, en grande partie stérile et uniquement peuplé de troupeaux de moutons ; le revers septentrional, qui est le plus rapide, est entrecoupé de vallons fertiles ; à l’est du Rauhe Alp, est le Schwartz-
walcl qui a le môme caractère que le Schwartz-wâld badois, et, au nord, s'étendent les cantons boisés du Jura franconien, La région des plaines comprend l’étroite plaine du Danube, entre les hauteurs de la Souabe et la Rauhe Alp, et la fertile plaine du Ne cher dont le Strohgau est le canton le jilus productif en céréales, et dont la plaine d’Hohenlohe est une dépendance.
La région Bavaroise proprement dite fait partie d’un des hauts plateaux de l’Europe et a la forme d’un quadrilatère irrégulier, enveloppé de toutes parts par des chaînes de montagnes : les Alpes au sud, les Alpes de Souabe à l’ouest, le Rhœn au nord, le Bœlimer-wald à l’est, et toute son économie agricole se ressent de ce caractère montagneux. On peut néanmoins la diviser, comme le reste de la Haute-Allémagne, en deux zones distinctes jiarleur culture : 1° la zone des montagnes comprend trois parties : au sud, la partie alpestre s’étendant sur le sud de la Haute-Bavière et de la Souabe; elle est froide, couverte de pâturages sur les hauteurs, de forêts de sapins sur les pentes ; la partie centrale comprend le Jura franconien et les Alpes de Souabe, c’est-à-dire une portion du Haut-Palatinat et delà Moyenne-Franconie ; la partie du nord-est s’étend du Spessart au Bayer-wald (forêt de Bavière) et présente une longue suite de forêts de pins sur le versant du Fichtel-gebirge, de forêts de hêtres et de chênes sur le Spessart, le Rhœn et le Bœlimer-w ald , avec des pâturages où paissent de nombreux troupeaux de vaches.
2° La zone des plaines comprend deux parties : la plaine du Mein qui s’é tend sur les trois provinces de Franconie, plaine fertile en céréales et bien cultivée, quoique sablonneuse dans quelques parties, comme aux environs
à Passau et de Munich à la forêt de Bavière et se compose
de terrains crétacés dans le sud-ouest, de terrains tertiaires dans l’est; c’est le « grenier de la Bavière ». En raison de l’altitude du plateau, le froment n’y vient que dans les meilleures expositions, mais le seigle, l’avoine, la pomme de terre y poussent en abondance.
179. Les produits agricoles. — La récolte des céréales dans l’Allemagne du Sud s’élève au tiers environ de celle de l’Allemagne du Nord, soit 60 à 65 millions d'hectolitres , dont moitié pour la Bavière. Le seigle vient en première ligne : la culture du froment ne domine que dans l’Alsace, le Palatinat et la plaine du Danube ; l'orge dans la Hesse ; Yépeautre en Souabe ; le maïs ne vient qu’en petite quantité dans la Bavière.
Bade, le Wurtemberg et la Basse-Bavière produisent des betteraves ; l’Alsace et le Palatinat du ctlza ; le houblon, réputé le meilleur de l'Europe , vient surtout des environs de Gmuncl en Wurtemberg, de Spalt , de J Jolieban, de Krembacher en Bavière, etc.; celui d’Alsace est aussi très-renommé. On estime les tabacs de la Hesse et ceux du Palatinat , dont le nom s’étend môme à ceux du grand-duché de Bade (Mulheim, Zell, Offenbourg). La culture du Un et du chanvre fleurit dans la Bavière haute et basse, la Souabe, le Haut-Palatinat et la Ilaute-Franconie.
Les meilleurs vignobles sont en Alsace (5 à 600,000 hectolitres), ceux de Colmar, de Riquewihr, de Kaysersberg, qui donne le fameux vin de paille égal aux meilleurs vins de liqueur du Midi; dans la Hesse (150,000 hectolitres), les vins du Rhin (Nierstein, Ingelheim, Bingen, de la Bergstrasse, etc.) ; dans le pays de Bade (450,000 hectolitres), les vins de la vallée du Necker (Weinheim, etc.) et du Margraviat (Mulheinat, Zell, Offenbourg, etc.) ; dans le Wurtemberg ( 500,000 hectolitres ), ceux du Necker, du Tauber et du lac de Constance ; en Bavière (500,000 hectolitres), ceux du Palatinat (Deidesheim,
Wackenheim, Durckheim, etc.) ; ceux de Wurzbourg et de Lindau.
Parmi les arbres fruitiers, il faut citer les noyers, les châtaigniers, les cerisiers et les mérisiers de la Forêt -Noire, les pruniers de la Bavière, et parmi les cultures diverses, les topinambours et les choux d’Alsace, les lentilles de Franconie, les légumes de Bamberg, Y ail de Nuremberg, etc.
Les forêts couvrent un tiers au moins de la superficie de la haute Allemagne ; aussi le mot tcalcl , forêt, entre dans la composition de presque toutes les chaînes de montagnes dont les pentes sont généralement fort boisées, comme le Schwartz-wald , YOden-icald , le Dayertvald , le Bœhmer-ivald , etc.
180. Les animaux. — Le gros bétail est très-nombreux dans l’Allemagne du Sud. La race bovine (race du Schwartz-wald) compte plus de \ millions de têtes, dont 3 millions pour la Bavière seule, surtout dans les pâturages du nord, du Yoigtland, d’Anspach, etc. Les meilleurs chevaux sont les chevaux de trait de la Basse-Bavière. Les moutons , peu nombreux et peu remarquables, sont élevés plutôt pour la chair que pour la laine ; cependant depuis quelque temps on a introduit des mérinos dans le district du Jaxt. Grâce aux chênes des forêts, les porcs trouvent une nourriture abondante ; aussi sont-ils au nombre de plus de 1,600,000, dont un million pour la Bavière et 300,000 pour Bade. Les chèvres sont rares, sauf en Franconie ; les abeilles partout nombreuses, surtout dans Bade et dans le Wurtemberg (district du Danube).
Les rivières et les forêts offrent un aliment inépuisable à la pêche et à la chasse.
181. Les substances minérales. — Les richesses minérales de l’Allemagne du Sud sont peu abondantes, surtout au delà du Rhin. On ne peut citer dans la Hesse que la saline de Wimpffen ; dans le pays de Bade, quel-
ques gisements de fer, des carrières de pierre, 2 salines exploitées par le gouvernement ; dans le Wurtemberg, les mines de fer d’Aalen et et de Wasseralfingen ; les salines de Hall , de Sulz, etc. ; en Bavière propre, les marbres de Berchtesgaden, les -pierres lithographiques de Solenhofen, les plus renommées de V Europe , le kaolin, le sel de Berchtesgaden, de Reichenhall, de Rosenheim, etc.
La région Vosgienne est plus riche : le bassin houiller de la Sarre , situé pour la plus grande partie dans la Prusse rhénane, a des ramifications assez importantes dans le Palatinat et en Lorraine (ancien bassin français de la Moselle produisant 2 millions de tonnes). On peut citer encore le petit bassin alsacien de Bouxwiller, ainsi que les mines de lignite de Bouxwiller et Lobsann, et les tourbières du Palatinat. Le fer est abondant dans le bassin de la Moselle (Hayange, Ottange, Moyeuvre, Creutznach, Styring, Ars-sur-Moselle, etc.; les salines de la vallée de la Seille (Yic, Dieuze, Château -Salins) sont les plus importantes de l’Europe occidentale et produisent près de 400,000 quintaux. Les Vosges offrent quelques gisements de mercure, de plomb et d’argent, mais ils paraissent être abandonnés, même ceux de Sainte-Marieaux-Mines, longtemps assez célèbres.
Les principales sources d’eaux minérales de l’Allemagne du Sud sont celles de JS iederbronn , Soultz, Wasselonne et Soultzmatt en Alsace ; de Baden-Baden, de Badenweiler , Rippoldsau et Pcterstlial dans le grand-duché de Bade ; de Kissingen et de Hardecker en Bavière.
182. L'industrie. — On ne trouve pas dans l’Allemagne du Sud de ces vastes centres industriels comme l’Allemagne du Nord en offre dans les Provinces rhénanes, dans le bassin de la Ruhr, dans le Harz, en Saxe et en Silésie. Les régions du Sud, plus agricoles qu’industrielles,
n’ont en général que des industries localisées dans un rayon restreint. Cependant les hasards de la guerre viennent d’enlever à la France et de rattacher au moins physiquement^ l’Allemagne méridionale une province industrielle,qui peut lutter avec les plus florissantes de l’Europe centrale.
L’Alsace-Lorraine tient, en effet, un rang éminent dans l’industrie mécanique, par l’extraction et le travail préparatoire du fer dans le bassin de la Moselle (forges d’Arssur-Moselle,de IIayange,d’Ottange,de Styring-Wendel,etc.) par la fabrication des machines à vapeur ( Mulhouse et Graffenstaden) et des machines pour métiers et outils (Thann et Guebwiller) ; dans l’industrie textile ji>ar le filage du coton (2,150,000 broches, nombre presque égal a celui de rAUemagne du Nord tout entière (centres principaux Mulhouse, Thann, Guebiciller, Massevaux, etc.), par le filage et le tissage des laines (Bitschwiller, Guebwiller, Mulhouse , Sainte-Marie-aux-Mines), par le filage de la soie (15,000 métiers à Thann , Guebwiller, Soultz). Elle offre, en outre, des fabriques de produits chimiques (Bouxwiller et surtout Mulhouse) ; la fabrique de glaces de Saint-Quirin, la cristallerie de Saint-Louis, la verrerie de Forbach, la fabrique de porcelaine opaque et la tabletterie de Sarreguemines ; et enfin, dans l’industrie alimentaire, les brasseries (bière de Strasbourg), les distilleries (liqueurs de Phalsbourg, kirchwasser des Yosges), les pâtés de foie gras de Strasbourg, les fromages de Munster, etc.
L’industrie de la Hesse consiste dans les ateliers de construction de Darmstadt et O ffenbacli ; les corroieries d’Offenbach, Worms et Mayence ; la bijouterie et les articles de mercerie, maroquinerie, tabletterie, petite quincaillerie d ’ 0 (fenhach , la fabrication de creusets renommés.
Dans le grand-duché de Bade, Çarlsrvhe fabrique des machines et des produits chimiques; plusieurs villes
(Fribourg, etc.) préparent des cuirs et surtout des cuirs vernis . Le Palatinat fabrique du sucre de betterave, lequel est, avec le kirsch, l’industrie alimentaire caractéristique de la contrée. Le tissage de la soie , de la laine , du chanvre , occupe un grand nombre de bras dans les campagnes et surtout dans les vallées (draps de Pforzheim, cotonnades d’Ettlingen, de Lœrracli dont les tissus imprimés commencent à jouir d’une certaine renommée, de Constance, de Fribourg) ; les paysannes de Furtwangen, etc., tressent des chapeaux de paille. Dans la Foret- Noire (Willcngen. Eisenbach, Fribourg, Furtwangen, Saint-Georgen, etc.), on fabrique des horloges communes dites à coucou, des boîtes à musique, et divers objets en paille ; à Mannheim, et surtout à Pforzheim , importante fabrique, on fait de la bijouterie ; aux environs de Mannheim (Waldhof) est une manufacture de glaces, une verrerie à Gaggenau, près de liastatt, une fabrique de faïence (boutons, etc.) à Fribourg. L’industrie, encore peu développée, a fait des progrès sensibles depuis la suppression des maîtrises.
Dans le Wurtemberg, les industries mécaniques sont exercées à Gmund, Esslingen, Stuttgard, etc.; la préparation des cuirs il Calw, Tubingen, Reutlingen, Heiibronn, Ulm ; les brasseries sont nombreuses ; le tissage du coton est florissant (275,000 broches de filature), à Calw, Esslingen, Itavensbourg, Ludwigsbourg ; la toile (linge damassé, etc.) et la dentelle se font entre Ulm et Tubingen et dans le ftauhe Alp (Reutlingen, etc.) ; le tissage de la laine à Reutlingen, etc.; la bijouterie, la bimbeloterie, à Stuttgard, etc.; la fabrication du papier à Heiibronn, Reutlingen, Ulm, etc.; dans la Foret-Noire, on fait des joujoux et des horloges en bois. Stuttgard exerce la carrosserie, publie des livres et fabrique des instruments de musique.
L’industrie bavaroise présente une assez grande variété.
Aux environs de Munich , Nuremberg, Sclrwabaeh, Erlangen, Augsbourg, Wurtzbourg, etc., on trouve des scieries mécaniques, plus nombreuses que dans toute autre partie de l’Allemagne. A Nuremberg, Kaiserslautern, Schweinfurth, etc., les industries chimiques (couleurs, etc.) sont en activité; Munich, Pirmasens, etc., préparent des cuirs en grande quantité.
Nuremberg fait du chocolat et possède, ainsi que Munich, de nombreux moulins à farine. Munich, Nuremberg, Bamberg , etc., possèdent de nombreuses brasseries qui produisent la bière renommée de Bavière. La fabrication de cette bière, qui occupe près de 5,000 brasseries et dont le prix de vente est fixé par les administrations municipales, est de près de 6 millions et demi d’hectolitres, employant environ 190,000 hectolitres d’orge germé et 3,200 tonnes de houblon ; elle se divise cil bière d’hiver peu forte en houblon, bière d’été plus forte, bière double (bock hier) très-forte et destinée surtout à l’exportation. On compte aussi beaucoup de fabriques ù’ huiles ûe graines.
Les industries textiles ont une certaine importance ; Augsbourg, Hof, Kempten, Kaiserslautern filent et tissent le coton ; Ivempten, Memmingen, Bayreuth, Bamberg, le lin ; Munich, Augsbourg, Hof, Nordlingen, Nuremberg, la laine pour draps, tapis, couvertures ; Munich, Augsbourg et environs, Deux-Ponts, etc., la soie. Nurembergfait de la passementerie ; Pirmasens, de la cordonnerie.
Theresienthal, Furth, Bayreuth, Passau, renommé pour ses creusets, fabriquent de la verrerie, des glaces ou de la céramique , industrie florissante en Bavière : Nymphembourg possède une manufacture royale ; Nuremberg produit de la coutellerie, de la quincaillerie, de l’horlogerie, de la bijouterie. Munich et la montagne (Reichenhall, Oberammergau, Mittenwald, etc.) fabriquent des instruments de musique en bois et des pianos ; Nuremberg , des joujoux en bois, en fer-blanc et en plomb, des porte -mon-
naie ; Munich, etc., des instruments de précision , etc. ; Augsbourg, Nuremberg, Aschaffenbourg, F urth, du papier ; Munich imprime et édite beaucoup d’ouvrages.
3e Section.