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Les combustibles minéraux et le fer

C’est dans les terrains anciens, roches primitives et roches paléozoïques, que l’on trouve les plus précieuses richesses minérales: c'est par conséquent dans le massif de Bohême et de Moravie, dans le massif alpestre et dans le massif transylvanien, que V Autriche exploite le plus de mines

La production de la houille est d’environ -4 millions et demi de tonnes. La Bohême occupe le premier rang avec les bassins houillers de Pilsen à l’ouest; de Schla?i, Itakonitz etlvladno au centre; de Trautenau à l’est; de Huit au sud; et les bassins de lignite d’Eger, de Komotau, Toeplitz

et Aussig, de Lukowitz au nord-ouest, de Budweis et de Wittengau au sud. La Moravie possède les bassins de Bossitz et de Mœriseh-Ostrau. Tous ces bassins sont disposés au pied des granits du quadrilatère bohémien, et l’on peut rattacher à ce groupe le bassin de Jaworzno en Galicie, et les lignites de Lundenbourg et d’Ustja. Au pied du massif alpestre sont les exploitations de Styrie, houilles de Cilli et bassins environnants, d’Eibiswalli, etc.; lignites de la Murz, de Léoben, de Fohnsdorf, de Yoitsberg; les exploitations de Garinthie (houille de Prevali, lignite de Lavant) et de Carniole (houille de Sagor); celles de l'archiduché d’Autriche (houille de Neue-Welt, Gloggritz, Lilienfeld, Waidhofen, lignite de Neufeld et du Hansruck); du duché de Salzbourg (lignite de YVildshuth), de la Hongrie (houille de Brenneberg), et du Banat (Steyerdorf, etc.). Plus à l’est, en Hongrie, au milieu de terrains d’alluvion, mais appartenant à la meme formation, sont les bassins houillers de Funfkirchen. Les autres exploitations, houille de Carpano (Istrie), du mont Promina (Dalmatie), lignite de Gran (Hongrie), de Galicie, n’ont qu’une importance tout à fait secondaire.

Le graphite se trouve en Bohême (Mu grau, etc.), en Moravie, etc.

La tourbe abonde dans Farehiduché d’Autriche, dans le duché de Salzbourg, la Styrie, la Garinthie, la Carniole, le TyroL la Bohême, la Hongrie et la Galicie.

Les gisements de pétrole se rencontrent en abondance sur le revers oriental des Carpathes, en Galicie, dans le Banat (Steyerdorf) ; l’asphalte vient du Tyrol (Siefeld) et de la Dalmatie.

On évalue à plus de 600,000 tonnes (chiffre qui parait exagéré) la production annuelle du fer et de la fonte dans l’empire d’Autriche. La Styrie et la Carinthie occupent le premier rang, l’une avec les riches minerais de fer carbonaté enfermés dans le grauwacke, qu’on exploite

L’EUROrE.

clans la vallée de la Murz, dans les environs de Léoben, dans la vallée de l’Enns, près de Cilli, etc. ; l’autre avec les minerais non moins riches de la vallée de la Lavant, des environs de Gmund, etc. Dans le même groupe alpestre sont les minerais moins importants de la Croatie, de la Carniole, du Tvrol (Kufstein, etc.) et du Vorarlberg, de Salzbourg et de la Basse-Autriche. Traités avec le bois que fournissent les forêts des Alpes, ou avec un mélange de bois et de coke fourni par les houillères, ces minerais donnent de très-bon fer et de l’acier estimé sous le nom d * acier de Styrie et de Carinthie.

La Hongrie , avec son vaste territoire et ses minerais des environs cTOravitza dans le Banat au sud, du comté d’Unghvar au nord, et surtout avec les milliers d’exploitations de fer carbonaté des comtés montagneux de Zips, de Sohl et de Gœmœr, occupe le second rang; à ce groupe important on peut rattacher les minerais exploités dans les Carpathes, en Galicie, en Bukovine et en Transylvanie.

La Bohême et la Moravie forment le troisième groupe, la première avec les minerais abondants du nord-ouest, près d’Eger, de Falkenau, ceux de l’ouest près de Pilsen, d’Horowicz, et ceux du sud près de Budweis ; la seconde avec les minerais des environs de Briinn, d’Olmutz, de Mistek, qui donnent de bon acier.

223. Les autres produits minéraux. — Les carrières fournissent des pierres de taille, surtout dans le voisinage des grandes villes, du grès, du granit, de la serpentine, du marbre (marbre de Salzbourg, etc.), des ardoises surtout dans le Tyrol, la Bohême (Rabenstein), la Silésie et la Hongrie (Marienthal) ; de la chaux , surtout dans le Tyrol (Kufstein), dans les environs de Vienne, de Sagor et de Prague ; du plâtre en Autriche, Salzbourg et Tyrol ; de l’argile plastique en Bohême, en Moravie, en Hongrie, etc. ; des opales en Hongrie.

La Hongrie donne du salpêtre et de la soude ; la Bo-

hême, la Basse-Autriche, etc., de Falun et des pyrites qui servent à la fabrication de l’acide sulfurique.

Le sel est fourni par les marais salants de ta Dalmatie , par les mines de sel gemme de Wieliczka, près de Gracovie, et par celles deBochnia, dans la Galicie orientale , du comté de Marmaros en Hongrie, de la Transylvanie, de Salzbourg, de la Styrie, de la Basse-Autriche, etc.

La Bohême , avec ses roches primitives, doit être trèsriche en eaux minérales ; en effet, elle possède un grand nombre de bains très-fréquentés, Carlsbad , Eger, Maricnbad, Pulna , Sedlitz , Tœplitz, etc. L’Autriche possède les eaux de Baden, de Gastein, etc. ; la Hongrie celles d’Ofen et Pesth, de Mehadia, etc.

L’or se trouve en général ou dans les roches volcaniques ou dans les sables fins que roulent certaines rivières, et on le recueille par des lavages et par l’amalgamation ; cette industrie est pratiquée surtout en Transylvanie et en Hongrie , sur les bords de la Maros, de l’Aranyos, du Kœrœs et du Szamos qui descendent des montagnes porphyriques, et, dans le sein de ces mêmes montagnes à Abrudbanya, etc.; elle produit près de deux tonnes de métal d’une valeur de 6 millions de francs.

Le nord de la Hongrie (mines de Schemnitz, Kremnitz, etc.), la Bohême, Salzbourg, le Tyrol, possèdent aussi quelques exploitations en roche. L 'argent, souvent uni dans les mêmes minerais à l’or, au plomb ou au cuivre, est exploité principalement en Hongrie (comtés de Gœmœr, de Nagybanya, etc.), en Transylvanie, Bukovine et dans le Banat ; en Bohême (Przibram, Joachimsthal); dans le Tyrol, le Salzbourg et la Styrie. Le plomb vient de Carinthïe (Bleiberg,etc), de Hongrie (Schemnitz, Nagybanya, etc.), de Bohême (Przibram, etc.), quelquepeu de la Transylvanie, de la Bukovine, de la Carniole, de la Styrie et du Tyrol. Le cuivre vient delà Hongrie (comté deGœmœr), du Tyrol, de Salzbourg, de la Transylvanie et de la Buko-

vine. Le zinc n’est guère exploite que dans les environs de Crcicovie et dans certaines mines de plomb de la Carin- Lhie et du Tyrol. L ’ètain vient de la Bohême et du duché de Salzbourg. Le mercure vient d’Idria, rivale d’Almaden (en Espagne), et quelque peu de la Hongrie septentrionale ; le soufre de Salzbourg, des environs de Gracovie et de la Carniole.

La Hongrie donne de l’antimoine, du cobalt, du nickel Salzbourg, de l’arsenic, du manganèse ; la Styrie, du chrome, de la magpésite (écume de mer).

La plupart de ces richesses minérales sont groupées sur un petit nombre de points: le massif du mont Bihar dont Abrudbanya, avec ses mines de plomb et de cuivre argentifères et les lavages d’or de son voisinage, peut être considéré comme le centre, et auquel on peut rattacher la bande minière située près d’Oravitza ; la ligne desCarpathes proprement dits qui s’étend sur la Bukovine, la Galicie, la Hongrie, groupe moins important que le précédent, et dont Nagybanya est un des plus riches dépôts ; le flanc oriental du massif des monts Liptau , comprenant les trois comtés de Zips, de Gœmœr et de Sohl, donnant l’or, l’argent, le cuivre, le fer, l’antimoine, etc., et formant le centre métallurgique le plus actif de toute la Hongrie : les mines de Schemnitz et de Kremnitz en sont en quelque sorte des dépendances ; le groupe clc Bohême qui, dans l’Erz-gebirge et le Bœhmer-wald, donne, indépendamment de la houille et du fer, l’or, l’argent, le plomb, etc., et dont Joachimstlial et Przibram sont les principaux lieux de production ; le vaste groupe alpestre qui embrasse tout le sud ouest de l’Empire, et dont le duché de Salzbourg est la partie dotée des richesses les plus variées, sinon les plus abondantes.

224. Les industries mécaniques et chimiques. — Les grandes industries mécaniques et chimiques sont relativement récentes en Autriche, et n’ont pris jusqu’ici

de développements sérieux que dans quelques provinces. L’Autriclie, la Styrie et la Garinthie, la Moravie, la Bohême possèdent des hauts fourneaux et des forges et fabriquent des machines-outils; Vienne et ses environs, Prague, Briinn, Léoben, Grætz, Elberwald, Gilli sont les principaux centres de cette industrie; la Styrie, la Carinthie et la Basse-Autriche sont depuis des siècles renommées pour leurs faux et faucilles et pour certains articles de coutellerie. Les ustensiles de ménage en fonte émaillée viennent de Moravie, de Bohême et de Hongrie ; la quincaillerie et chaudronnerie, du Tyrol (Innsbruck, etc.), de la Bohême (Platten, Prague, etc.), de Vienne, de Mariazell (Styrie) ; les outils, limes, etc., de la Haute- Autriche (S teyer, etc.) ; la coutellerie de la vallée de Bips et de l’Enns (Waidhofcn, Scheibbs, S teyer, Losenstein), de Vienne, de Prague ; les armes, de Garinthie (Klagenfurt, Ferlach), de Stcyer, de Vienne, de Prague.

Les 'produits chimiques sont fabriqués à Vienne où presque toutes les industries chimiques sont représentées, et où les allumettes en particulier forment une branche importante ; dans la Bohême (Prague, Aussig, Ghlumetz, Krumau, etc.), où l’emploi des pyrites a donné naissance à un certain nombre de fabriques d’acides sulfurique et autres ; en Garinthie où la présence du plomb a conduit à la fabrication de la céruse ; à Trieste; etc. Vienne et ses environs et Trieste font des bougies. Les forêts de pins donnent diverses résines. Les cuirs sont préparés dans les districts ruraux, où les troupeaux sont nombreux, surtout en Hongrie (Brzeczowa, Deutsch-Praden, Debreczin), et en Galicie (Bolechow et Brody, etc.).

225. Les industries alimentaires. — Après la meunerie qui compte peu de grandes usines, sinon à Prague, à Lowositz et à Vienne, et la boulangerie pour laquelle Vienne est particulièrement renommée, les principaux produits des industries alimentaires sont le sucre de bet-

terave (env. 90,000 tonnes), fabriqué principalement en

Bohême , en Moravie, en Galicien n Hongrie ; X alcool qu’on obtient par la distillation des mélasses, de la pomme de terre ou des grains, surtout dans les provinces agricoles du nord et de Vest; la bière de Bohême, de Vienne et des environs (Klein- Schwechat, etc.) ; les fromages de vache de la région alpestre et les fromages de brebis de la région des Garpathes, estimés surtout en Moravie, sous le nom de brimsen-kase. Zara fabrique une liqueur estimée, le maraschin.

234 Les industries textiles. — En Autriche, comme dans tous les pays, l’industrie du tissage est la première des industries manufacturières.

Le coton est filé par plus de 1 million et demi de broches dans les filatures de la Basse- Autriche (Pottendorf, Trumau, Schwadorf, etc.), de la Bohême ( Iteichenberg ,

1 riedland, Warnsdorf, Smichow, Krumau, etc.), du Vorarlberg, delà Moravie septentrionale (Sternberg, Zwittau, Mistek, etc.), de la Haute-Autriche (Klein-Munchen) ; il t-*l tissé dans les manufactures ou dans les campagnes des mêmes contrées. Vienne, Prague, Cosmanos, Pesth, Iteichenberg impriment des cotonnades.

Le Un, dans toute la région du nord-est, et le chanvre, dans la région du sud-est, sont mis en œuvre par les paysans pour leur usage personnel, et ne donnent lieu à aucune industrie importante. Dans le nord-ouest , au contraire, le lin a donné naissance à plusieurs grandes filatures mécaniques, qui travaillent en concurrence avec la filature à la main, et alimentent le tissage des toiles fines et du linge damassé de la Bohême (Rumbourg, Marsdendorf, Starkenbacli, Iteichenberg, les vallées des Sudètes, etc..), de la Moravie (Sternberg, Brünn, etc.) et de la Silésie (Troppau, etc.). La Dalmatie et l’Istrie font, avec le chanvre, des cordages et des toiles pour la marine, en est de la laine comme du lin et du chanvre. Dans

toute la partie orientale de l’Empire, le tissage est tout rural, exercé par les femmes et fournissant un drap grossier «lialinatuch », presque exclusivement réservé à l’usage de la famille : le comté d’OEdenbourg et les vallées voisines jusqu’à Grætz, Gacs, Kaschau, Brody, sont les principaux lieux de cette fabrication. De ce cô té, la Transylvanie seule, dans les districts saxons de Kronstadt et Her manstadt, donne pour le commerce des draps de moyenne qualité et des cou^ei tuies. La véritable industrie lainière est concentrée au nord-ouest dans les environs de Brünn et de Reiclienberg qui fabriquent des draps fins et des étoffes de fantaisie, mérinos, Orléans, etc., dTglau, de Bielitz et Troppau, qui font les draps ordinaires ; on y compte environ 400,000 broches de filature mécanique.

Vienne fabrique des châles ; Linz et le Tyrol (vallée de Puster), des tapis ; la Bohême, la haute et la basse Autriche, des fez.

Le tissage de la soie , soieries, rubans et velours, n’a d’importance qu’à Vienne et aux environs ; dans la Bohême et le Tyrol, ce n’est qu’une industrie toute secondaire.

En Bohême, dans V Erz-gebirge, les femmes font des imitations de dentelle de tsaxe a bon marché ; et, dans le Vorarlberg , l’exemple de la Suisse a développé l’industrie de la broderie.

227. Les autres industries . — Le vêtement emploie encore d autres industries, telles que la préparation des peaux de 7 nouions que portent les paysans de Hongrie et de Transylvanie et qui a lieu dans ces pays ; la chape llerie, exercée hVicnne, h Prague, à Pesth, etc.; la lingerie à Vienne, à Pilsen, etc.; la ganterie à Vienne, à Prague, etc.; la cordonnci'ie a Vienne, à Pesth, à Prague, etc.

Parmi les industries de l’ameublement, la plus importante en Autriche est la verrerie, dont la fortune date, en Boiième, des privilèges accordés par Marie-Thérèse aux verriers. Les grandes forêts du Bœhmer-wald et du Rie-

L'EUUOrE.

sen-gebirge et le sol éminemment siliceux fournissent le combustible et Ici matière première. Les principaux centres de production sont : d’une part, le Bœhmer-wald et le Fichtelgebirge (districts de Budweis, de Pilsen, d'Eger) ; d’autre part, le Riesen-gebirge (districts de Haida, de Josefstadt, de Reicrhenberg). Dans rarchiduché d’Autriche, la Styrie(Grætz fait des verres de lunettes) etla Hongrie, cette industrie n’a qu’une importance médiocre. On peut citer aussi la vannerie de Bohême.

La briqueterie a pour centre principal la banlieue de \ ienne. La poterie commune et la faïence, comprenant entre autres articles les poêles et les pipes, est fabriquée dans un grand nombre de lieux : Bohême, Basse-Autriche, Salzbourg, Hongrie, etc.; la porcelaine, en Bohême (Carisbad où se trouve le kaolin, Prague, Tannowa), à Tienne, et en Hongrie (Hérend et Telekibanya).

La tabletterie, les ouvrages en cuir , X ébènisterie constituent des industries notables à Vienne ; Prague et Pesth sont au second rang pour l’ébénisterie. U horlogerie, amoindrie par la concurrence de la Suisse, est pratiquée néanmoins avec succès à Vienne, à Prague , à Grætz.

Vienne et Neustadt fabriquent des locomotives. Vienne, Prague, Pesth possèdent les principaux ateliers d ecarrosserie. La Bohême (Ilohenelbe, Trautenau, etc.), la Basse- Autriche (Neusiedl etc.), la Styrie, la Hongrie fabriquent du papier ; les grandes villes et surtout Vienne, Prague et Pesth ont des imprimeries et des librairies importantes. Les instruments de musique , objet important de I industrie autrichienne, proviennent en grande partie de Vienne, de la Bohême (Eger, Kœniggrætz, Pardubitz), de Brünn, etc.

228. Les voies de communication. — L’Autriche n’est pas riche en routes : environ 21,000 kilomètres, dont plus des deux tiers dans les pays cisleithans, c’est-à-dire dans les provinces manufacturières. Elle possède environ

10,200 kilomètres de chemins de fer exploités : 1° les chemins de Bohême qui de Prague , comme centre, rayonnent au N. sur Dresde par la vallée de l’Elbe et par la percée des monts de Lusace sur Zittau; à l’O. par Eger (chemin inachevé) et par Pilsen sur la Bavière; à l’E. sur la Moravie; les chemins de Moravie qui desservent Olmutz , Brünn, et se prolongent, au N., par Cracovie , à travers la Gaticie jusqu’à Lemberg , en se reliant aux chemins de Pologne et de Silésie, et au S. jusqu’à Vienne ; 2° les chemins du Danube , qui de Passau gagnent Vienne par Linz et rejoignent, par deux branches, O /'en et Pesth; 3° les chemins de Hongrie , dont la ligne principale fait suite aux précédents, et par Szegedin et Terne svar gagne Bazias sur le Danube, point ou s’embarquent les voyageurs pour le bas Danube, tandis que d’autres lignes s’avancent, vers l’E., jusqu’à A rad, Grosswardein , Debrcczin , Tokay , Kaschau , et à l’O. relient Pesth au chemin de Trieste; 4° les chemins des Alpes , qui, sur deux points, franchissent la chaîne de Linz à Vérone par Salzbourg , Innsbruck et le Brenner ; et de Vienne à Trieste par le Sommering Grætz et Laibach : ils ont divers embranchements, celui de Garinthie au delà de Klagenfurth , celui de Croatie au delà d’Agram, celui êVOEdenbourg qui parcourt le sud-ouest de la Hongrie.

Les seuls canaux de l’Empire sont le canal François entre le Danube et la Tîieiss, et le canal de Vienne à Neustadt ; mais le Danube est une grande ligne de navigation fluviale , sillonnée par de nombreux bateaux à vapeur, et servant, concurremment avec les chemins de fer, aux relations de la Haute-Allemagne avec la Turquie.

229. Les monnaies & mesures. — L’unité monétaire est le guklen ou florin , ayant une valeur intrinsèque de 2 fr. 47 ; la couronne (monnaie d’or) vaut 34 fr. 44, et le kreutzer est la centième partie du florin ; mais la circulation se fait, pour la plus grande partie, en monnaie de l’europe.

papier dépréciée. L’unité de poids est la livre (pfund), qui vaut 500 grammes ; mais l’administration des douanes se sert de la livre du Zollverein qui est de 500 grammes ; l’unité de longueur est le pied (fuss) de 31 centimètres ; l’unité de surface, le joch de 57 ares ; l’unité de volume, le metzen , ou minot, pour les solides, valant environ 61 litres, Yirmer , pour les liquides, valant 56 litres.

230. La marine. — L’Empire d’Autriche n’a de côtes que sur la mer Adriatique : aussi sa marine marchande (indépendamment de la Hotte du Danube) se réduit-elle à environ 8.000 bâtiments ou barques, jaugeant 380,000 tonneaux ; cependant le mouvement de la navigation est évalué à 8 millions de tonneaux. Il possède un grand port : Trieste, d’où partent les bateaux du Lloyd autrichien, desservant toutes les places du bassin postérieur de la Méditerranée ; il possède aussi quelques ports secondaires, Fiume, Pirano, Gravosa , S-palatro , Zara-,e t l’arsenal maritime de Pola.

231. Le commerce. — Le commerce extérieur est d’environ deux milliards de francs, et consiste principalement :

A l’importation 1,060 millions : en matières textiles , coton, chanvre, lin, laine commune et soie brute d’Angleterre, d'Italie, d’Allemagne, de Russie, etc. ; en files, et surtout filés de coton, d’Angleterre et d’Allemagne ; en tissus, et surtout soieries, de Saxe, d’Angleterre, etc. : ces trois catégories forment presque la moitié de l’importation totale ; en denrées coloniales et en tabac, importés par Trieste ou par la Saxe, etc. ; en houille de Prusse et de Saxe.

A 1 exportation (940 millions) : en céréales , fruits et vins, expédiés par Trieste, la Bavière et la Saxe ; en bois, par Trieste, Fiume, l’Elbe, l’Oder, la Yistule, le Dniester; en bétail, surtout en bœufs, pour l’Italie et l’Allemagne;

en laine fine pour l’Allemagne ; en fers ouvrés et articles de quincaillerie ; en papier.

La petite principauté de Liechtenstein forme une union douanière avec l’Autriche. Brody, Trieste, Fiume constituent des marchés ou des ports francs en dehors de la ligne des douanes, et la Dalmatie, à cause de sa situation excentrique, est soumise à un régime de douanes particulier.

L’empire d’Autriche fait un grand transit par le Danube, et le commerce par terre y est plus important que le commerce par mer. Les principaux marchés et entrepôts du commerce par terre sont Vienne , Salzbourg, Prague, Rcichenberg, Pilsen, Troppau, Gracovie, Brody, Pesth, dont les foires sont trôs-fréquentées, Raab, Semlin et Gronstadt.

232. Le commerce avec la France. — Les pays qui ont le plus de relations avec l’Autriche sont ses voisins : la Saxe , la Bavière , la Prusse , la Turquie et la Russie. Le commerce direct de la France est de peu F importance , environ 560 millions d’après les déclarations de la douane française (1867) ; il consiste en importations pour la France de bois communs, de laines , de cendres et regrets d’orfèvre , de peaux brutes, et en exportations en Autriche de sucres, tissus et vins, et a surtout lieu entre Marseille et Trieste. Mais le commerce indirect de tissus et d’objets de luxe, qui a lieu par l’intermédiaire de l’Allemagne, est très-probablement plus considérable.

233. Le résumé des forces productives. — Sous le rapport économique, l’Empire d’Autriche comprend trois régions distinctes :

1° La Région du nord-ouest, riche par son agriculture, par ses mines et son industrie, comprend les trois provinces de Bohême , de Moravie et de Silésie , avec Yarchiduché d ’ Autriche jusqu’au Danube. Les montagnes qui

l’entourent au N. et à FO. Sudètes, Erz-gebirge, Bœhmer-wald, garnies sur leurs pentes de forêts et de pâturages ^ hantées par un nombreux bétail , fournissent à l’industrie, surtout dans la partie occidentale, d’une part, la houille et les métaux, fer, argent, plomb, étain, qui ont fait donner à une des chaînes le nom de chaîne des monts métalliques (Erz-gebirge) ; et, d’autre part, de nombreux torrents qui font mouvoir les roues hydrauliques des usines. Elle présente au centre les vastes plaines de l’Elbe, de la Moravie, du Danube, fertiles en céréales et en plantes industrielles , et propices par suite aux industries agricoles : fabriques de sucre de betterave, distilleries d’alcool et brasseries. La manufacture la plus considérable est celle du tissage (toile de lin , étoffes de laine cl cotonnades), exercé surtout dans les vallées des Sudètes et dépendances ([{ ei chenberg , etc.), et sur la terrasse de Moravie, entre Prague et Brünn ; une des manufactures les plus renommées est celle de la verrerie et de la céramique, exercée surtout dans le Bœlimer-wahl et dans les montagnes du nord ( Ileida , etc.'. Prague et Brünn sont les centres de celte région ; Pilsen, Eger, Reichenberg, Troppau, en sont les débouchés.

2° La Région du sud-ouest, ou région alpestre, s’étendant du Danube a. l’Adriatique , a le caractère agricole de toutes les régions montagneuses, forêts , pâturages, bestiaux. Elle possède en outre quelques mines de houille, d’abondantes mines de fer , des mines de plomb de zinc, etc., et par suite, une industrie métallurgique développée. Vienne, grande capitale, est la ville la plus manufacturière et la plus commerçante de tout l’empire; Trente, Trieste, Salzbourg, Linz, sont les principaux débouchés de celle région.

3° La Région orientale, embrasse la Dalmatie, les Contins militaires, la Croatie, l’Esclavonie, la Hongrie , la

Transylvanie et la Galicie. C’est un vaste territoire presque exclusivement agricole, riche en céréales, en vins (Hongrie) et en troupeaux , bœufs, chevaux et moutons ; pratiquant toutefois les industries rurales, telles que la fabrication du sucre et de V alcool ; et possédant deux riches régions métallurgiques, l’une en Transylvanie, l’autre dans le massif des monts Liptau. Pcsth peut être considérée comme le centre de cette région, dont Cracovie, Brody, Kronstadt, Bazias, Semlin sont les principaux débouchés.

(Voiries plans des cartes, n° 17, 18 et 19.)

234. Les grandes villes. — L'Empire d’Autriche compte quatorze grandes villes de 30 à 100,000 âmes, et quatre villes au-dessus de 100,000 âmes, à savoir :

Trieste (105,000 hab. avec les faubourgs), comprenant la vieille ville bâtie en amphithéâtre sur la pente d’une montagne, et la ville neuve étalant sur le bord de la mer ses riches quartiers, avec un port peu vaste, mais sûr, profond et d’un abord facile. Depuis le dix-huitième siècle, Trieste est devenu le principal entrepôt du commerce autrichien : la création du Lloyd, ou entreprise de services réguliers à vapeur pour toute la partie orientale de la Méditerranée, en fit, durant vingt ans â partir de 1837, la place de commerce la plus florissante de cette mer ; mais la concurrence de Marseille et d’Odessa et rinstabilité des affaires en Autriche lui ont nui depuis quinze ans.

Prague (157,000 hab.) , ancienne capitale de la Bohême, place forte, dans une belle situation, sur les deux rives de la Moldau, au centre de la région la plus manufacturière de l’Empire, est elle-même une grande ville d'industrie, surtout dans les quartiers neufs construits au S. Ses fabriques impriment et tissent le coton, travaillent les métaux et les produits chimiques, font des meubles, de l’horlogerie, etc. Elle a de belles imprimeries. C’est, en

outre, l’entrepôt principal de la Bohême, faisant par la Moldau et par ses quatre lignes de chemins de fer, un grand commerce avec l’Allemagne du Nord et du Sud et avec les autres provinces de la monarchie autrichienne.

Pesth (202,000 hab.), capitale de la Hongrie et des pays transleithans, sur la rive gauche du Danube, à un endroit où le fleuve se rétrécit, en face de Bude (dit aussi Ofen), qui peut être considéré comme un faubourg de la capitale. Cette ville ornée de belles promenades, est le centre politique de la Hongrie, et, grâce à la navigation du Danube et à quatre chemins de fer, le principal marché des produits agricoles de ce pays ; ses quatre grandes foires sont au nombre des plus importantes de l’Europe centrale et orientale.

Vienne (008,000 hab.), capitale de l’Empire, la ville la

plus peuplée de l'Europe continentale , après Paris et Constantinople y est située au pied du Wiener-wald, sur la rive droite d’un des bras du Danube et sur la petite ri-

— Vue do Vienne.

L’EUROPE CENTRALE. t95

vière de Wien. C’est une belle cité {Voir la fig. 14) agrandie aujourd’hui des faubourgs (Landstrasse, Neubau, etc.) qui l’enveloppaient de leur enceinte semi-circulaire, et du riche faubourg de Leopoldstadt situé sur la rive gauche du bras du Danube; entre le petit et le grand bras sont des prairies et des promenades; à FO., au pied du Wiener-wald, sont les fabriques et la résidence royale de Scliœnbrunn. L’activité commerciale se concentre surtout dans la ville intérieure, où sont les plus riches magasins. Le bras du Danube sur le bord duquel est bâtie la ville n’est pas celui de la navigation; aussi les bateaux à vapeur ont-ils leur station un peu en amont, à Neusdorf ; quatre lignes de chemins de fer relient Vienne, par TE. a l’Allemagne du Sud, à la France, à l’Italie ; par le N. à la région du nord-ouest et à l’Allemagne du N.; par l’O.à la Hongrie occidentale (la ligne de Pesth s’embranchant sur le chemin du nord); par le S. à la Styrie et à Trieste. Vienne a toutes les industries qui animent une grande et luxueuse cité ; elle possède de plus, dans ses anciens faubourgs ou dans sa banlieue, des manufactures et des usines de presque tous les genres. Placée sur le fleuve qui est la route naturelle du transit intérieur entre l’orient et l’occident, au point de contact en quelque sorte des trois régions autrichiennes, la région agricole de l’est, la région manufacturière du nord-ouest et la région métallurgique des Alpes, cette ville était destinée à être un des grands marchés de l’Europe centrale.

235. Le gouvernement. — Les diverses provinces qui composent l’empire d’Autriche présentent, sous plusieurs rapports, des différences dans leur organisation administrative. En général, les communes sont administrées par un bourgmestre à la nomination de l’Empereur et par un comité directeur permanent, désigné sous le nom de magistrat et élu par le conseil municipal , qui est lui-même élu par les bourgeois. Les communes sont groupées dans

IclriltXr A,'emandS 6,1 districts> *• districts en neur ou président non,, né par l'Empereur, et une diète

povmciale composée des grands dignitaires, des princi-

poIatioroC,Ur.S °* d6S membres P« los villes, les col-

Zntés J, Z 2CrP^neS- La Hon§rie divisée en conservent eux-mêmes en cercles ; les Confins, qui

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P0litiquede J867> t’emPÎre d’Autriche le. /L presque entièrement distincts : Dans

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Sn r°‘ i,Emp“> p- *c co^u^t

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tesdém^t ma°nfS’0a Chambre haute; et de la table 6 d')mtcs clus par les villes, les comtés et les sièges • et c P--uy,,,r exécutif est exercé par l ‘Empereur, assisté d’un n mistcre parl'culier. La Croatie et V Esclavonie ont une

dlith! ’m a C-; I’administrali°n de la Transylvanie est d y mue du ministère transleithan. Les deux parties de

é ;.®Pr T un mini^re commun pour les affaires eu angères, la guerre et les finances.

ho budget total est d’environ t,300 millions: la dette de

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l’Fmn^'fl0” cal,,oli«ue 'I«ï compte H archevêchés dans lEnqureCAgrain, Erlau, Gœritz, Cran, Kolocza,Lemherg,

la§ue> ba,zbourg, Vienne, Zara) est la religion

de la majorité des habitants. Les autres cultes reconnus sont: YÉglise grecque non unie qui a pour siège patriarcal Carlo wi U, Y Église protestante des deux confessions (luthérienne et réformée), YÉglise grecque unie , Y Eglise arménienne , YEglise unitaire qui a son siège en Transylvanie, YÉglise juive.

L’administration de la justice a une organisation distincte pour les diverses parties de la monarchie : les Pays cislcithans ont une cour suprême siégeant à Vienne; audessous d’elle des cours d’appel ; et, au-dessous de ces dernières, des cours ou tribunaux de première instance. La curie royale, composée de la table des septemvirs et de la table royale, est le tribunal suprême de la Hongrie. La Transylvanie, ainsi que la Croatie et Esclavonie, ont une organisation analogue à celle de la Hongrie.

L’instruction est donnée, au premier degré, dans les écoles primaires, inférieures ou supérieures ; au second degré, dans les gymnases pour renseignement classique et dans les « realschulc » (écoles des sciences exactes), pour l’enseignement industriel ; au degré supérieur, dans les sept universités de l’Empire (Vienne, Prague, Pestli, Cracovie, Lemberg, Grætz et Innsbruck), dans les écoles techniques et dans les écoles spéciales.

236. La population. — La population est d’environ 36 millions d’habitants, c’est - à - dire d’un peu plus de 1/2 habitant par hectare ou, plus exactement, 57 habitants par kilomètre carré. G est dans la région industrielle du nord-ouest, et surtout dans la partie avoisinant le Riesen-gebirge, que la population est le plus dense ; et dans la région montagneuse des Alpes et des Garpath.es orientales, qu’elle est le plus rare.

La population appartient à des races distinctes, parlant chacune une langue particulière et ayant des traditions et des mœurs qui leur sont propres : de là, le défaut d’unité de la constitution politique.

Les Allemands (env. 9 millions) occupent toutes les provinces de la région alpestre (moins le Tyrol italien), les montagnes de la Bohème , de la Silésie et de la Moravie , dont ils peuplent les manufactures ; ils forment, en outre, dans le reste de l’Empire, quelques 3olonies isolées, dont les plus importantes sont dans le sud-est de la Transylvanie. Les Slaves (16 millions) forment deux grands groupes : celui du nord, comprenant: les Tchèques , en Bohême, les Moraves , en Moravie, et les Slovaques dans la région montagneuse du nord-ouest de la Hongrie (env. 7 millions d’individus) ; 2° les Polonais dans la Galicie occidentale et les Ruthènes dans la Galicie orientale (env. o millions) ; celui du sud comprenant les Slovènes en Carinthie et en Larniole, les Croates et les Serbes dans l’Esclavonie, les Confins et le Banat (env. 4 millions). Les Magyares ou Hongrois (5 millions 1/2) occupent toute la plaine de la Hongrie, mêlés sur quelques points à des colonies allemandes ou slaves, et une partie de la Transylvanie orientale. Les Roumains (3 millions) occupent presque toute la 1 ransylvanie et s’étendent même au delà, particulièrement en Bukovine. Les Italiens (1/2 million) occupent le Tyrol italien et une partie de l’Istrie. On trouve en outre disséminées sur divers points d’autres races ( env. 2 millions) : Juifs, Bohémiens, Arméniens, Grecs, etc.

Les catholiques (24 millions) composent à peu près exclusivement la population de la région alpestre ; ils dominent aussi dans la Bohême, la Moravie et la Galicie. Les protestants et les unitaires (plus de 3 millions) sont nombreux dans la Hongrie et dans la Transylvanie. Les Grecs ( 1 millions) dominent dans la Bukovine, dans la Transylvanie occidentale et s’étendent sur toute la région du sud. Les Juifs (plus d’un million) sont nombreux dans la Galicie, la Bukovine et la Hongrie orientale.

L’instruction primaire, quoique obligatoire, est très-

peu répandue dans la région orientale, surtout dans la Dalmatie et la Galicie ; elle est, au contraire, généralement florissante dans la région occidentale, surtout dans la Silésie, la Moravie, P Autriche et la Bohême.

Cet ensemble dépopulations diverses d’origine, delangue, de mœurs, de religion, est loin d’avoir partout la même aptitude au travail et d’être parvenu à un même degré de civilisation. Les montagnards des Alpes vivent encore, pour la plupart, de la vie purement agricole et pastorale, excepté sur quelques points, où le commerce a tracé ses routes et où la présence des minéraux a nécessairement créé les industries métallurgiques. Les Slaves du nord et du nord-est vivent essentiellement de la vie agricole, ainsi que les Magyares de la Hongrie; et, faute des stimulants que fournissent au travail l’existence de fabriques, la division de la propriété, la diffusion de l’instruction, ils sont loin de tirer de la nature toutes les richesses qu’elle pourrait fournir; la Bohême, avec quelques cantons de la Moravie et de l’Archiduché, sont les parties où la race allemande, plus instruite, plus ingénieuse, a le plus développé la richesse, spécialement dans les plaines (Bohême, Autriche, etc.).

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