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Les divisions politiques. — Le Monténégro

principauté indépendante depuis le xive siècle, assujettie par les Turcs à un tribut et à une vassalité dont il s’étail longtemps affranchi et qu’il a reconnus de nouveau après la guerre de 1862, a été gouverné du xvie siècle jusqu’au milieu du xixe par des vladikas, ayant la double autorité spirituelle et temporelle ; il est régi aujourd’hui par un hospodar, et a pour capitale Cétinjé.

La Servie, partie de la Mésie des anciens, et habitée par les Serbes , peuplade slave, depuis le vn° siècle de Père chrétienne, fut soumise par les Turcs au xve siècle, se souleva contre eux en 1800 et fut reconnue comme principauté libre en 1829. Elle a pour capitale Belgrade et est divisée en 47 districts.

La Roumanie, habitée d’abord par des peuples de race celtique, forma en partie sous les Romains la Dacie Trajane, fut occupée ensuite par les Gûths, et subit tour à tour les diverses invasions barbares (Tartares, Huns, Bulgares, Avares, etc.). Au xm« siècle, les Roumains descendirent des montagnes où ils s’étaient réfugiés et recouvrèrent le pays. Le royaume de Bogdanie (1352-1538) fut fondé en Moldavie. Les Turcs conquirent la contrée (1460-1489) et, dès lors, nommèrent et déposèrent à leur gré les hospodars. Les traités d’Iassi (1792) et d’Andrinople (1829) placèrent les deux principautés de Moldavie (cap. Iassi) et de Valachie (cap. Bukliarest) sous le protectorat de la Russie ; celui de Paris (1856), sous le protectorat des sept puissances signataires. Les principautés, d’abord séparées, se sont unies sous le nom de Roumanie (1861) et leur union a été définitivement reconnue (1866) par les puissances et par la Turquie à laquelle la Roumanie paie un tribut d’environ 1 million.

La capitale est Bukiiarest (142,000 hab.) et le pays est divisé en 33 districts.

316. Le Monténégro. — Le Monténégro est une suite de montagnes et de plateaux calcaires, généralement nus et stériles, produisant dans les vallées quelques céréales, nourrissant des troupeaux, n’ayant aucune industrie, et presque aucun commerce extérieur.

La population, qui mène une vie toute pastorale, est d’environ 100,000 âmes. Elle est gouvernée par un prince (hospodar) héréditaire et un Sénat.

317. La Servie. — La Servie qui appartient, par sa partie méridionale, au plateau central de la Turquie et, par sa partie septentrionale, à la région du Danube, en a les productions : forêts au sud, céréales , tabac , un peu de vin et de soie au nord. Elle possède une houillère (Dobra), des mines de fer et de cuivre surtout dans la partie nord-est (Maïdanpek, etc.), des mines de plomb et de zinc (Koutchaïna, etc.) ; elle compte une ville de commerce importante, Belgrade , qui est un des grands entrepôts du Danube et la principale étape entre Vienne et Constantinople. Son commerce est d’environ 40 millions de francs dont les trois quarts avec l’Autriche : elle vend du bétail et surtout des porcs, et achète des tissus, de la quincaillerie, des denrées coloniales, du sel (de Valachie), etc.

La Servie est gouvernée par un prince (Knias) héréditaire et par une assemblée nationale (Skoupchtina) ; sa population, presque exclusivement agricole, et professant la religion grecque orthodoxe (archevêché Belgrade), est d’environ 1,300,000 individus, ou 1/3 d'habitant par hectare.

318. L'agriculture roumaine. — La Roumanie , comme toute la vallée inférieure du Danube, a des étés très-chauds et des hivers rudes. Bornée d’une part par les Carpathes, d’autre part par le Danube, elle présente une inclinaison générale vers le sud et se divise en trois zones agricoles : 1° la zone des Carpathes , zone toute

montagneuse, couverte de forêts et de pâturages alpestres, et comprenant le nord de la Yalachie et le nord-ouest de la Moldavie ; 2° la zone des collines , dans laquelle dominent les pâturages secs, et qui comprend la majeure partie de la Moldavie et la Yalachie intermédiaire ; 3° la zone du Danube , vaste plaine, généralement argilo-silieeuse, riche en humus, rappelant sur divers points par ses qualités la « terre noire » de Russie et fertile en céréales.

La céréale par excellence est le maïs qui occupe à peu près la moitié des terres arables, donne environ 18 millions d’hectolitres et passe pour être le meilleur d’Europe; la mamaliga, bouillie de maïs, est le principal aliment des paysans .qui consomment très-peu de viande. Le froment vient au second rang et alterne ordinairement avec le maïs sur les mêmes terres qu’on laisse ensuite se reposer pendant un an ; on fait aussi une assez grande quantité d’orge, et un peu d’avoine pour la nourriture des animaux, du seigle pour la distillation. Le millet, les haricots, les lentilles, les fèves, les pommes de terre (ces dernières pour la consommation des villes), les pastèques, contribuent aussi à l’alimentation des habitants.

Les principales plantes industrielles sont le chanvre qu’on cultive un peu partout, le tabac qu’on cultive surtout dans les environs de Bukharest (Gaieski, Bila, etc.) et au sud de Iassy (Houchi, etc.); le colza de la basse Yalachie.

Parmi les cultures arborescentes, la plus importante est celle delà vigne, qui donne par an 3 il 400,000 hectolitres, surtout en vins blancs, et que l’on cultive sur les terres siliceuses et calcaires de la zone des collines. Les quatre crus les plus renommés sont ceux de Cotnar, de Dragachani (vins blancs), de Dcalo-Mare (vins rouges et blancs), d’Odobesti (vins rouges). Il faut citer aussi les

pruniers avec le fruit desquels on fait une eau-de-vie estimée dans le pays et généralement les arbres à fruits qu’on emploie en grande quantité pour faire des confitures.

Les forêts occupent 2 millions d’hectares et se trouvent pour la plupart dans la zone 'montagneuse : le sapin, le mélèze, le pin, le genévrier et le bouleau dominent dans les parties les iffus élevées ; le hêtre , le frêne, le chêne rouvre , l’érable dans les parties inférieures, etc.; dans les îles du Danube, on trouve le saule, le peuplier et l’aune.

Les prairies naturelles ou pâturages, que l’on trouve en abondance dans les trois zones, n’occupent pas moins de 3 millions d’hectares : dans ce chiffre est compris la

vaste steppe du Baragan.

Les prairies et l’orge nourrissent un bétail assez nombreux, mais qui pourrait l’être beaucoup- plus : on compte environ un demi-million de chevaux , de race moldave et d’origine orientale, petits, vifs, capables de soutenir une longue fatigue, mais incapables de traîner un poids trèslourd. Plus de 2 millions et demi de hôtes à cornes (parmi lesquelles sont quelques buffles) font les charrois et les travaux des champs : petites et robustes dans la montagne, elles sont plus développées dans la plaine et ont les grandes cornes des bœufs de Podolie. Près de 3 millions de moutons et de brebis donnent de la viande, de la laine de qualité médiocre et du lait converti pour la plus grande partie en fromage (cachecaval du mont Penteleu, etc.) ; environ un demi-million de chèvres vivent surtout dans lep districts montagneux du nord-ouest. La Roumanie possède 1 million de porcs , surtout dans la Yalachie occidentalç, de la volaille partout, des vers à soie surtout dans la Valachie centrale.

Le gibier (cailles, perdrix, outardes, etc.) est très-abondant, et on pèche beaucoup de poissons , surtout d’estur-

ogons, à F embouchure du fleuve, dans les baltas ou lacs qu’il forme sur sa rive et dans les torrents.

319. Les mines et l’industrie. — La Roumanie qui, depuis les roches primaires des Carpathes jusqu’aux allumions du Danube, a une grande variété de terrains, est riche en substances minérales, pierres meulières (Merleu, près de Iassy, etc.), gypse, albâtre, pierre à chaux, argile plastique, or dans les sables de l'Aluta, etc., plomb, mercure, sel gemme des mines d’Ücna, de Slanic, de Telega et d’Ocnelé-Mari, pétrole et même houille (à Laïnitchi).

A part les meuneries et les distilleries d' eau-de-vie qui ont les campagnes pour sièges, les soieries des forêts, les industries alimentaires dans les villes, il n’y a pour ainsi dire aucun établissement industriel en Roumanie. Les paysans font eux-mêmes leurs briques et leurs gros draps qu’ils portent ensuite au fouloir; les femmes tissent elles-mêmes leurs tapis de tenture avec la laine de leurs moutons, fabriquent les lainages légers et le linge de la maison : ce sont les habitudes de la vie purement agricole. Dans quelques villages cependant (Statiore, etc.), on fait, pour la vente dans les foires, des couvertures en poils de chèvre, dites « prêche » . La boissellerie pratiquée à certaines époques dans les forêts par des bandes de tziganes nomades, la céramique qui consiste surtout dans la fabrication des poêles en terre et des poteries communes (Pukeni, etc.), sont, avec la faïence de Bacau et la verrerie commune de Grozesti et Rucar, les seules industries à citer.

320. Le commerce. — La Roumanie vient d’adopter le système des monnaies et des mesures françaises.

Le pays a un assez grand nombre de foires : celle de Faltitcheni est la plus importante. Il a très-peu de routes ; sept cols, dont les trois plus fréquentés sont ceux du Jiu, de l’Aluta et de la Prahowa, l’unissent à la Transylvanie ;

le Danube est la grande voie du commerce. On y compte enron 900 kilom. de chemins de fer.

Le commerce est d’environ 220 millions de francs: il consiste à V importation en toiles , machines et objets' de fer, coton, métaux, fruits, bestiaux, etc. ; et à Yexportation en cé) cales (maïs, froment, etc.), en animaux ou produits d’animaux, etc. Dans ce commerce, la France vient au cinquième rang après l'Autriche, la Russie, la Turquie et lTtalie.

321. Le gouvernement et la population de la Roumanie. La Roumanie est gouvernée par un Hos- ' podar, prince héréditaire et constitutionnel (de la famille royale prussienne de Hohenzollern), gouvernant de concert avec la représentation nationale composée d’un sénat électif et de 1 assemblée des députés. Le budget est d’environ 75 millions ; l’armée est de 50,000 hommes.

La population dépasse 4 millions 1/2 d’individus, soit environ 1/3 d' habitant par hectare. Les 4/5 habitent les campagnes ; l’instruction primaire y est très -peu répandue ; la plupart des Roumains professent le culte grec {Buhhai est et Iassy sont les deux archevêchés), et parlent la langue roumaine , dérivée du latin. Il y a dans le pays beaucoup de juifs, exerçant en général le commerce, et de tziganes ou bohémiens, exerçant un certain nombre de petites industries. En général, la Roumanie, qui est dotée d’un sol fertile et d’un beau fleuve, pourra, quand sa population se sera améliorée par le travail et l’instruction, tirer bien meilleur parti de ses richesses naturelles.

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