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FRANCS

Il consiste : A Y importation en fibres textiles , coton brut ou filé (pour environ 100 millions de fr.), venant d’Angleterre, de Prusse, de Boukhara et de Perse ; en laine venant d’Angleterre et d’Allemagne ; en soie de Prusse et de Perse ; en métaux bruts ou ouvrés et machines d’Angleterre, de Prusse, d’Autriche ; en thé, venant par mer d’Angleterre ou directement par terre de Chine (par Kiakhta) ; en couleurs , drogueries, produits chimiques, venant d’Angleterre, de Hollande et de France ; en vins de France et d’Espagne ; en denrées coloniales, sucre et café venant par l’Angleterre, la Hollande et les villes anséatiques ; en tabac de Turquie, de Prusse, etc. ; en tissus (tissus de laine d’Allemagne, tissus de soie d’Allemagne,de France, etc., cotonnades de Perse, d’Allemagne et d’Angleterre, toiles d’Allemagne).

A Y exportation, en grains et farines (plus de 260 millions de francs), expédiés surtout par les ports du sud en Angleterre, en Prusse, en France, en Italie, en Turquie ; en lin et chanvre de la Baltique, expédiés par les ports pour l’Angleterre, la Prusse, la France, la Belgique, etc.; en graines oléagineuses pour l’Angleterre, la France, la

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Prusse, les Pays-Bas ; en laines (1), expédiées surtout par le sud pour l’Angleterre, la Prusse, l’Autriche, la France, la Turquie, la Perse; en suifs pour l’Angleterre, etc. ; en cuirs pour la Prusse, l’Angleterre, la Turquie, l’Asie ; en crins et poils pour l’ Angleterre et la Prusse ; en bois pour l’Angleterre, la Prusse, la France, etc.; en cotonnades pour l’Asie centrale et la Chine ; en draps pour la Chine; en potasse pour l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Angleterre ; en métaux pour l’Angleterre et la Prusse ; en peaux et fourrures pour la Prusse et l’Autriche ; en toiles et cordages pour l’Angleterre, l’Amérique, les principautés danubiennes.

On peut y joindre (quoiqu’il s’agisse de l’Asie) l’exportation des soies de la Transcaucasie par le port de Poti.

349. Le commerce avec la France. — Dans les relations commerciales avec la Russie, le premier rang est à l’ Angleterre (environ 1100 millions de francs), le second à la Prusse et à la Confédération du Nord (environ 800 millions) ; la France n'occupe que le troisième rang avec un commerce d’environ 200 millions, laissant après elle l’Autriche (100 millions), les Pays-Bas (40 millions), la Turquie, l’Italie, la Suède et la Norvège, etc.

Avec Y Europe la Russie fait un commerce d’environ 2 milliards 600 millions ; avec Y Asie, un commerce de moins de 200 millions.

La France tire de la Russie surtout des grains , des bois, de la laine, du lin, des graines oléagineuses, des graisses, des poils, etc.; elle y porte des vins, du sucre raffiné, des soieries, (le l’huile, des fruits, du papier, des modes, des livres, de la lingerie, des poteries, etc.

350. Le résumé des forces productives. — Au point de vue économique, la Russie peut se diviser en 0 grandes régions :

(I) La Russie exporte (rois fois plus de laine qu’elle n’en importe.

LA. RUSSIE

lo La région forestière, au nord : son agriculture est médiocre ; son industrie presque nulle ; le bois avec ses divers produits, la chasse (fourrures) et la pêche dans l’Océan et dans les lacs constituent sa principale richesse. On n’y trouve des fabriques qu’aux environs de Saint- Pétersbourg , qui sert, ainsi qu’ Arkhangel, Tver et Rybinsk, de débouché à cette région.

2° La région de l’ouest est éminemment agricole , et fournit du bois, du lin, des céréales et du bétail ; mais elle possède aussi des fabriques (tissages, distilleries, sucreries, faïenceries) en Livonie et en Pologne ; et son commerce se fait par Saint-Pétersbourg et Riga , par les chemins de fer de l’ouest et par la frontière de Galicie.

3° La région manufacturière du centre, dont Moscou est pour ainsi dire le foyer principal, s’étend de Tver et de Rybinsk au nord, à Orel au sud ; et du Dnieper à l’ouest jusqu’à Nij ni -Novgorod à l’est. C’est une région assez active, tissant la laine , le coton , le Un et la soie ; fabriquant des poteries et des verres , préparant les cuirs, les peaux, les produits chimiques, etc., dans les ateliers de Moscou, de Vladimir, de N ij ni -Novgorod, d’Iaroslaff, de Toula; ayant des foires importantes, N ij ni- Novgorod surtout, pour débouchés ; une navigation très-suivie sur l’Oka et le Volga, et des communications fréquentes avec Saint-Pétersbourg par Rybinsk, grâce aux canaux et au chemin de fer ; avec l’Oural et l’Asie, par Nijni-Novgorod ; avec le sud, par les foires de l’Ukraine.

4° La région des céréales s’étend au sud de la précédente, de Kamieniec jusqu’au delà de Samara sur le Volga ; c’est la région de Terre- Noire, fertile en blé , en maïs, en plantes industrieles et surtout en betteraves, mais n’ayant guère que des industries agricoles, distilleries et sucreries, et s’approvisionnant d’objets manufacturés dans ses nombreuses foires, surtout dans les grandes foires de VUkraine.

5° La région des steppes au sud s’étend des bords du Dniester à l’Oural. Dans quelques districts, elle produit des vignes , du maïs, avec un peu de soie, mais en général elle est impropre à l’agriculture et sans aucune industrie, comme sans une seule forêt : les troupeaux de moutons et de chevaux font toute sa richesse ; mais elle a, sur la mer Noire, des ports très-fréquentés, parce qu’ils servent de débouchés aux produits de la région des céréales.

C° La région métallurgique ourégionde l’Oural, s’étend d’Orenbourg jusque vers la source de la Kama, sur les deux versants de la chaîne (en Europe et en Asie) dans les gouvernements de la Russie d’Europe. C’est une région mal partagée sous le rapport des produitsagricoles, parce que le climat y est rigoureux, mais elle possède de belles forêts y des mines abondantes de fer , de cuivre , etc., et de grandes foires pour approvisionner la contrée et servir d’étapes à la route qui relie l’Europe à l’Asie.

351. Les grandes villes. — La Russie compte 28 villes ayant de 30 à 100,000 habitants (Saratoff, Vilna, Kasan, Kieff, Nicolaieff, en ont plus de 60,000) et 6 villes ayant plus de 100,000 habitants :

(Voir les plans des cartes 27 et 2S.)

Riga (102,000 hab.), ancienne capitale de la Livonie, place forte et second port de commerce de la Russie, sur la Baltique, a l’embouchure de la Dwina du sud, sur laquelle est établi un pont de bateaux de 870 mètres de longueur. Centre principal de l’industrie et du commerce d’exportation de la région manufacturière et agricole de 1 Ouest, pour les céréales, le lin, le chanvre, les bois, les toiles et autres tissus, les cuirs, les tabacs, etc.

Kicuenieff (104,000 hab.), capitale de la Bessarabie, centre d’un commerce actif avec les princq:>autés danubiennes.

LA RUSSIE

Odessa (121,000 hab.), ville fondée par Catherine II à la fin du xvme siècle, à l’époque où l'impératrice prit possession des bords de la mer Noire, est située sur la côte occidentale d’une assez vaste baie. Son port, quoique mal abrité contre les vents, est le seul port commode de la mer Noire, et tout le commerce des céréales, du suif, de la graine de lin et de la laine de la Russie méridionale y est concentré. Un chemin de fer facilite le transport, n aguère très-difficile, de ces produits ù travers la steppe.

Varsovie (181,000 hab.), capitale de la Pologne, grande et belle ville, située sur la rive gauche de la Yistule, avec le faubourg de Praga sur la rive droite ; le fleuve et les chemins de fer lui servent de débouchés.

Moscou (400,000 bah.) est située sur la Moscowa, au bord de laquelle est le Kremlin, que la ville avec ses faubourgs enveloppe comme d’un triple cercle. Capitale de l’empire moscovite jusqu’au temps de Pi erre-1 e - Gr an d , brûlée presque entièrement en 1812, mais relevée avec plus de splendeur, elle est encore aujourd’hui le séjour d’une partie de l’aristocratie russe et de la jeunesse studieuse qui fréquente l’Université ; c’est aussi le centre du grand district manufacturier de la Russie, et un des plus importants entrepôts de son commerce.

Saint-Pétersbourg (668,000 hab.) est situé à l’embouchure de la Newa, sur un territoire marécageux enlevé aux Suédois par Pierre-le- Grand, qui voulait placer sa capitale près de la mer, en communication avec les ports de l’Europe. Le fleuve, que des canaux relient à tout le système de navigation intérieure de la Russie, se jette à la mer au milieu de bas-fonds, par plusieurs bouches dont une seule, la grande New a, est accessible aux bâtiments ; mais la plupart d’entre -eux doivent décharger à Kronstad ou à Peterhof. La forteresse Saint- Pierre-et-Saint-Paul, placée à la bifurcation des deux Newa, défend le port. C’est une ville grande, riche, ornée

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commerce important (Voir la figure no 21).

352. Le gouvernement. — Les paysans russes, récemment émancipés, sont groupés en communes ; les communes en volostes ou cantons. Ils élisent leurs magistrats ; mais ils sont liés étroitement à la commune, qu’ils ne peuvent quitter que dans certaines circonstances déterminées et à condition d’être agréés par une autre commune et d’y posséder un champ.

Les -provinces et gouvernements sont, pour la plupart, divisés en districts , que préside un maréchal de la noblesse, et sont administrés par un gouverneur civil, quel-

Fig. 21. — Vue de Saint-Pétersbourg.

quefois par un gouverneur militaire. Les territoires n’ont qu’une administration militaire. L ’ Empereur exerce le pouvoir absolu ; son autorité est sans limites légales comme sans contrôle. Il expédie par l’entremise de la chancellerie privée les affaires qu’il traite directement, les autres affaires par ses ministres. Il est assisté d’un cou-

LA RUSSIE

seil de l’Empire, qu’il consulte sur les questions d’Etat ; d’un sénat, qui promulgue les lois et juge en dernier ressort ; et d’un saint synode qui délibère sur les questions religieuses.

Le budget est d’un peu moins de 2 'milliards de francs ,* les droits sur les boissons sont malheureusement la source la plus importante du revenu. L’armée régulière, sur le pied de paix, est évaluée à près de 770,000 hommes, mais il n’y a guère que 500,000 hommes qui puissent être mis en campagne. Le personnel de la flotte est d’environ 30,000 hommes.

La religion grecque, ou, plus exactement, gréco-russe, dont l’empereur est le chef suprême, est la religion de

l’Etat. L’empire russe comprend 55 éparchies ou diocèses grecs dont trois sièges métropolitains de premier ordre : Saint-Pétersbourg (avec Novgorod), Moscou , Kieff ; et 4 éparchies ou diocèses catholiques dont un archevêché (Mohileff).

353. La population. — La population est de 82 millions d’habitants dont 72 millions 1/2 en Europe (à savoir 63 millions 1/2 dans la Russie proprement dite ; près de 2 millions en Finlande, 5 millions 1/2 en Pologne, 1 million 1/2 dans la partie européenne des provinces caucasiennes), c’est-à-dire pour la Russie européenne 1/10 d’habitant par hectare ou 12 habitants par kilomètre carré ; c’est dans la Pologne/ dans l’Ukraine et la Podolie que la population est le plus dense ; on y compte presque 40 habitants par kilomètre carré (1), tandis qu’on en compte seulement 5 en Finlande, et à peine 2, dans les trois gouvernements du nord (Arkhangel, Olonetz, Yologda), et dans les provinces de l’Oural et d’Astrakhan.

1. Le gouvernement de Moscou, celui de tous dont la population est le plus dense, a 50 habitants par kilomètre carré.

La population de la Russie, en Europe, appartient à plusieurs races très- distinctes : S amoïèdes et Finnois (Finlandais, Caré liens, Lapons, Permiens, Tscheremisses), au nord jusqu'à la Néwa et sur le flanc de l’Oural jusqu’au Volga; T ar tares et Mongols (Tartares proprement dits, Nogaïs, Bachkirs, Kirgliizes, Cosaques), à l’est jusqu’à Nijni-Novgorod et la Crimée ; Tcherkesses au pied du Caucase; Roumains dans le sud-ouest; Allemands dans les provinces bal tiques et dans certaines colonies du sud-est ; Juifs en Pologne, Lithuanie et Ukraine. Mais les Slaves, purs ou croisés, forment la grande majorité des habitants de la Russie d’Europe (58 millions) et comprennent les Moscovites mêlés de sang touranien (environ 40 millions) dans la Grande Russie, etc., les Ruthènes, etc. (environ 8 millions) dans la Russie Blanche et la Petite Russie, les Polonais (environ 7 millions) dans la Pologne, etc., les Lithuaniens (3 millions) entre la Duna et le Niémen, etc.

Le culte gréco-russe compte 52 millions 1/2 de fidèles, groupés surtout dans la Russie d' Europe proprement dite; le culte catholique (7 millions) domine dans la Pologne; le culte protestant (4 millions) dans la Finlande; V islamisme (2 millions 1/2) dans les provinces du sud-est ; le judaïsme (2 millions) est pratiqué surtout dans les provinces de Y ouest.

Les naissances sont très-nombreuses (environ 4 à 5 naissances annuelles par 100 habitants) ; mais les décès, surtout parmi les enfants, y sont aussi beaucoup plus nombreux qu’ailleurs, surtout dans les gouvernements du sud-est; ce qui est en général l’indice d’une population privée de bien-être et d'instruction.

On calcule qu’un million à peine d’enfants fréquentent les écoles primaires.

Les diverses races, en effet, qui composent en Europe l’empire russe, sont loin d’être au même niveau de civili-

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sation. Les populations du nord, paralysées par le climat, et presque totalement dépourvues d’instruction (excepté en Finlande), sont très-clairsemées sur le sol et très-arriérées ; celles du sud-est ne sont pas moins ignorantes et mènent, excepté dans les villes, la vie à demi nomade des peuples pasteurs, vie dans laquelle l’homme subsiste des biens de la terre, sans pour ainsi dire y rien ajouter par sa propre industrie et sans marquer le sol de l’empreinte de son travail et de sa personnalité. Le centre et l’occident sont dans une situation morale un peu meilleure; mais la vie y est presque exclusivement agricole; l’activité y est en général sans stimulant ; la grande propriété y domine ; l’ignorance et l’incurie du lendemain sont les deux grands défauts des paysans. Cependant la construction des chemins de fer et l’émancipation des serfs viennent d’ouvrir une nouvelle ère qui dévelopj3era, à n’en pas douter, la situation morale de la Russie.

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