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Le commerce intérieur et les foires. — Le

commerce intérieur de la Russie a pour centre Dloscou, qui est aussi le centre de la région manufacturière : de cette région partent de nombreux colporteurs qui vont dans les campagnes et dans les villes des gouvernements voisins vendre les produits des fabriques, tissus, 111s, articles de quincaillerie, etc. Autour de Moscou, dans la région manufacturière et dans la région agricole qui la borde au sud, il existe de nombreuses et importantes foires , qui, dans les pays où les communications ne sont ni faciles ni fréquentes, réunissent à certaines époques fixes marchands et acheteurs. Les principales foires de cette région centrale sont celles de l'Ukraine , dans le gouvernement de Kharkoff (foires de l’Epiphanie, de la Protection de la sainte Vierge, etc., à Kharkoff, foire de Soumy, etc.) ; dans le gouvernement d e Poltawa (foire de Saint-Élie, etc., h Poltawa, foires de Romny, etc.); et dans celui de Koursk. Le trafic total des 11 grandes foires de l’Ukraine est évalué à plus de 300 millions de francs et consiste surtout en cotonnades de Moscou et de Vladimir ; en soieries, draps, lainages de Moscou ou de l’étranger; en fer et thé de Nijni-Novgorod ; en laine des gouvernements du sud ; en chevaux, cuirs, suif, miel, peaux de mouton, vins de Grimée, sucre deKieff, poissons de la mer d’Azoff, drogueries d’Odessa. Il faut citer encore les foires de Tchernigoff, de Kieff, des gouvernements d’Iekaterinoslaff, deTamboff, de Voronège, de Tver, d’Jaroslaff, Vladimir, la foire de Nijni-Novgorod, ou foire de Makarieff dont le trafic dépasse aujourd’hui 300 millions de francs.

Cette foire de Nijni-Novgorod, la plus célèbre de l’Olient, date à peine d’un demi-siècle. Elle se tenait auparavant à 100 kilomètres de là, vers le nord, loin du Volga

et clans une position beaucoup moins favorable. C’est Alexandre Ier qui, en 1817, la transporta au confluent de rOka et du Volga, dans la plaine de la Strelka, et qui fit construire le bazar qui, à l’époque de la foire, de la fin de juillet à la fin d’août, devient trop étroit pour conte-’ nir les marchandises. Les bords du canal se couvrent de plusieurs milliers de boutiques, et Nijni-Novgorod qui, le reste de l’année, n’a pas plus de 25,000 habitants, compte1 alors une population flottante de 200,000 voyageurs. Les ! fêtes, les spectacles se mêlent aux affaires, comme dans 1 les grandes foires de l’Europe occidentale au moyen âge. Plus des trois quarts des marchandises sont des produits 1 russes, cotonnades (dont la vente en 1869 a dépassé 80 ! millions cle francs), lainages, métaux (surtout fer, acier,; cuivre), soieries, pelleteries, toiles, cuirs, poteries, céréales, poissons, vins, bétail, etc. Cependant l’Europe occidentale fournit aussi son contingent (30 millions de francs en 1869) : vins de France et d’Espagne, soieries, cotonnades, draps de France, d’Allemagne ou d’Angleterre, ainsi que la bijouterie, l’horlogerie, la droguerie et ; les denrées coloniales. L’Asie, dont cette foire est le plus ! important point de communication par terre avec l’Eu rope, y est représentée (70 millions de francs en 1869) par les thés de Chine, par la garance, les peaux et les soieries venus du Turkestan, par les soieries, les tapis, le coton, etc. de Perse.

En dehors de ce vaste groupe central, il faut citer les trois groupes maritimes et les deux groupes asiatiques qui constituent les courants commerciaux allant du centre aux extrémités de la Russie et aboutissant aux ports et marchés d’exportation et d’importation :

Le groupe du nord comprend tout le bassin de la Dwina (gouvernement d’Arkhangel et de Vologda) et aboutit à Arkhangel (foire de Sainte-Marguerite, etc.); le bois, la potasse, le goudron, les fourrures, sont les prin-

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cipaux objets d’échange, on y exporte aussi des céréales, du lin et du suif.

Le groupe de la Baltique attire vers Saint-Pétersbourg et Riga une grande quantité de matières premières du centre : lin, chanvre, bois, céréales, mais comme il est en communication plus régulière avec le reste de l’Europe, il a moins de foires importantes ;

Le groupe de la mer Noire possède les foires du Don (foire d’Ourioupinsk, etc.), en communication avec le Volga et Astrakhan par le chemin de fer du Don-Volga, et les foires de Kherson. Les principales marchandises sont les céréales, le bétail, le sucre, l’huile, le caviar ;

Odessa et Taganrog sont ses débouchés ;

Le groupe du sud-est , a les foires des gouvernements de Simbirsk (foire du grand Carême) et de Saratoff sur la rive droite du Volga, en communication avec les foires du centre ; et, sur la rive gauche, les foires des gouvernements de Samara (foire de Bougoulma, etc.) et d’ Or enbourg (foire de Menselinsk, etc.) en communication avec les steppes des Kirgliiz-: ceux-ci y viennent échanger leur bétail contre des céréales, du sucre, des draps, des cotonnades, pendant que des caravanes de Ivhiva et de Boukhara étalent leur coton brut, leurs châles et leurs fourrures ; le grand débouché de cette région est Astrakhan à l’embouchure du Volga, en communication avec la Perse et la région caucasienne, et où arrivent, en partie parterre, les soies et les fruits du sud.

Le groupe de l’Oural comprend le gouvernement de Viatka et surtout celui de Perm, où sont les nombreuses foires (foire de Massliansk, etc.) qui approvisionnent les districts métallurgiques, et qui, en communication avec Nijni-Novgorod, servent d’étapes au commerce de la Russie centrale avec la Sibérie et la Chine (principalement la foire d’irbitt , sur le revers oriental de l’Oural, faisant environ 150 millions d’affaires) . Les fourrures de la Sibé-

rie, le thé de la Chine, les métaux de l’Oural s’y échangent contre les bestiaux et le poisson du sud, les tissus du centre, les céréales et le sucre du sud-ouest.

346. La navigation maritime. — La Russie n’a qu’une très-faible marine marchande , environ 500,000 tonneaux , dont plus de la moitié appartient à la Finlande. Le mouvement total de la navigation maritime entrée' et sortie réunies, sous pavillon russe et sous pavillon étçRnger, est d’environ 4 millions et demi cle tonnes. Dans ce mouvement, la mer Baltique occupe le premier rang -, ses principaux ports sont : Saint-Pétersbourg-, qui a deux avant-ports, Gronstadt, et, en quelque sorte à l’entrée du golfe de Finlande, Port-Baltique où les navires, ù l’époque des glaces, débarqueut leurs marchandises que des traîneaux transportent ensuite à Saint- Pétersbourg ; Riga , Libau dont les abords sont trèsrarement gelés, Perna, Wiborg. Les ports du sud sont au second rang : Odessa, sur la mer Noire, débouché des céréales de la région agricole, et centre du commerce extérieur dans ces parages, en communication fréquente par le cabotage avec les ports secondaires de Ivherson, de Nikolaieff et d’Akermann ; Taganrog et Rostofj-sur-le- Don, aujourd’hui les principaux ports de la mer d’Azoff, en relation de cabotage avec les ports secondaires de Mariopol, de Berdiansk, etc. Au troisième et au quatrième rang, sont la mer Caspienne avec les ports d’Astrakhan. de Bakou ; et la mer Blanche avec le port d’Arkhangel , où les glaces ne permettent la navigation que durant les mois de juillet et d’aoùt.

347. La frontière de terre.-— C’est par mer que se fait la majeure partie du commerce extérieur de la Russie. Cependant, à cause de la grande étendue de ses frontières terrestres, le commerce par terre ne saurait être négligé. 11 a lieu, à l’ouest, surtout par la Vistule, par le chemin de fer de Kovvno en Prusse (douane de Verjbolovo) et par

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les deux chemins de fer de Pologne et Radziviloff ; au sud par Tiflis qui communique avec la Perse (Tauris) et la steppe russe (par le défilé de Dariel), et qui fait un certain transit entre la Caspienne (port de Bakou) et la mer Noire (port de Soukhoum-Kalé). ; à l’E., par Orenbourg qui est en communication avec la steppe des Kirghiz (possession russe) et le Turkestan et par Ekatérinenbourg , où passe la route de Sibérie conduisant à la frontière chinoise.

348. Le commerce extérieur. — Le chiffre du commerce extérieur est loin de répondre à l’étendue de ce vaste empire : il est d’environ 2 milliards 800 millions de

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