La formation politique. — Primitivement
habitée par des Lapons et par des tribus de race finnoise, la Scandinavie fut envahie par les Scandinaves au Nord, par les Goths au Midi. Sous le nom de Normands, ces barbares désolèrent l’Orient et l’Occident par leurs ravages vers les ixe et xe siècles ; au xic siècle, ils embrassèrent le christianisme et s'organisèrent en royaumes ; Stockholm fut fondée en 1254, et le royaume de Suède, qui s’étendait sur la Finlande, occupant les deux rives du golfe de Bothnie, fut, par Y union de Calmar , réuni pendant cinquante ans (1397-1448) au Danemark. La Suède, s’étant séparée, recouvra définitivement son indépendance avec Gustave Wasa (1523) et adopta la réforme luthérienne. Victorieuse avec Gustave-Adolphe et ses successeurs, elle chassa les Danois de la Gothie, des îles d’Aland et de Gottland, et fit en Allemagne des conquêtes qu’elle ne put garder. Au xvme siècle, les Russes lui enlevèrent les provinces de la Baltique (1703-1721) et la Finlande orientale (1739). En 1808, elle perdit aussi la Finlande occidentale ; mais, en échange de cette province et des dernières possessions allemandes, elle obtint la Norvège aux traités de 1814.
368. Les divisions politiques. — La Suède et la Norvège forment deux royaumes tout à fait distincts:
Le royaume de Suède, dont Stockholm est la capitale, est divisé en 24 lœn ou préfectures, savoir :
5 dans le Norrland ou pays du Nord : Bothnie septentrionale, Bothnie occidentale, Norrland occidental, Jemtland, Géfléborg.
7 dans la Suède propre : Kopparberg, Upsal, Stockholm, Westers ou Westmanland , Carlstad ou Vermland , Nikœping ou Sœdermanland, OErebro.
12 dans la Gothie : Gothland oriental, Skaraborg, Elfsborg, Gœteborg et Bolms, Jœnkœping, Calmar, Kronoberg, Halland, Malmœhus, Blekinge, Christianstad, île de Gottland.
Le royaume de Norvège, dont Christiania est la capitale, est divisé en 17 bailliages , à savoir :
2 dans le Nordlandens ou pays du Nord : Finmarkens et Nordlandens.
5 dans le Nordenfields ou pays au nord des montagnes : Nordre-Drontheim, Sœndre-Drontheim, Romsdal, Nordre Bergenhuus, Sœndre-Bergenhuus.
10 dans le Sœdenfields ou pays au sud des montagnes: Iledemarken, Christian, Aggerhuits, Smaalehncne, Jarlsberg et Laurwig, Buskerud, Bradsberg, Nedenaes, Mandai, Stavanger.
(Voir la carte n° 31.)
369. Les régions agricoles. — La Suède, au point de vue agricole, ]:>eut se diviser en trois régions :
1° La Gotiiie ou région méridionale, ]iar la nature du climat, se rapproche beaucoup des îles danoises ; elle a un sol en partie crayeux, en partie granitique, mais mêlé de dépôts siluriens ou d’argile détaché des roches feldspathiques et apporté autrefois par le mouvement des glaciers. Elle comprend, au centre, le plateau, à moitié stérile, t\ moitié boisé, du Smaland , d’où l’on descend dans de belles et fertiles plaines, telles que la plaine de Scanie au sud, qui, surtout dans la partie méridionale, renferme les plus riches cultures du royaume, ou les plames d’Oslrogothie et de Vestrogothie au nord, étalant des deux côtés du lac Wetter leurs champs de céréales ; ou bien sur les côtes accidentées de la Blekingie fertile et pittoresque, du IJalland couvert en partie de bruyères et en partie de cultures, du Bohuslan montagneux et entrecoupé de fiords. C’est la région des forêts de hêtres , abondantes surtout dans le Smaland et dans la Scanie septentrionale, et des céréales ; le noyer, et même la vigne et le pêcher, y poussent dans les lieux favorablement exposés.
2° La Suède propre, ou région centrale, avec un sol rie granit ou de feldspath recouvert sur divers points, surton t dans la vallée du lac Mœlarn, par des argiles de la période glaciaire, est plus froide et moins fertile que la précédente: elle renferme cependant, précisément dans la vallée du lac Mœlarn, la riche province de Suder manie et la plaine d’Upsal (Upland), une des plus productives en céréales, surtout en seigle. Le sol, beaucoup plus élevé qu’en Gothie, est couvert de forets dans la partie occidentale : le hêtre n’y pousse plus, mais le chêne le remplace et se mêle au x' conifères ; l’extrémité nord-ouest est formée par la Dalècctrlie dont les vastes forêts, les montagnes et la pauvreté annoncent déjà la région du Nord.
3° Le Norrland ou région septentrionale occupe à lui seul les deux tiers de la superficie du royaume : c’est une région granitique, froide, et dont la température qui est de 4° en moyenne à l’embouchure du Dal, s’abaisse rapidement jusqu’à 1°, à l’embouchure de la Tornéa ; et plus rapidement encore, quand on monte de la côte la succession de terrasses conduisant au sommet des Alpes Scandinaves. La partie méridionale j usqu’à l’An germa nie, et même au delà, près de la côte, donne encore quelques céréales, surtout l’orge et l’avoine ; mais la partie nord et nord-ouest, depuis le 6o« degré, n’est plus qu’un haut plateau tourbeux, rebelle à la culture, et s’étendant à la fois sur la Suède, la Norvège et la Russie, et qu’on nomme Laponie. Le pays en général présente un vaste massif de forêts de pins et de sapins , d’aunes blancs et de bouleaux, à travers lesquelles courent, de cascade en cascade, les <c elfs » ou fleuves qui, dans la partie supérieure de leur cours, s’épandent en lacs oblongs entre leurs rives de granit. Nulle part, sinon dans les Alpes de Suisse, on ne voit aussi bien les limites successives des cultures arborescentes, tracées par l’altitude et par la lati-
tude : parvenues à une hauteur de 250 mètres, les forêts s’éclaircissent ; elles cessent à 350 mètres, pour laisser la place à quelques rares et chétifs bouleaux ; le tilleul, qui pousse sur la côte jusque vers G4°, s’arrête avant 61° dans la montagne (1).
La Norvège peut se diviser en 2 régions :
1° La région septentrionale (Norrland) est la continuation de la Laponie suédoise, plus montagneuse au sud, plus aride au nord ; la terre n’y donne plus que des mousses, nourriture ordinaire des rennes.
2° La région méridionale, ou région des fiords, a un climat, tempéré par le Gulf-Stream, moins rigoureux, à latitude égale, que celui de la Suède. Mais la terre végétale y manque ; la roche granitique y descend presque partout à pic dans les innombrables fiords du rivage. Cependant, comme en Suède, on trouve dans le sud quelques terrains siluriens; l’orge et la pomme de terre sont les principales cultures ; les prairies donnent le foin nécessaire au bétail pendant la saison d’hiver ; le reste du territoire est occupé par les forêts ou par les rochers nus.
370. Les produits agricoles. — Les céréales cl substances alimentaires , telles que pois et pommes de terre, fournissent de 50 à 55 millions cV hectolitres : 11 pour Y avoine, surtout dans la Scanie, le Smaland, le Wermland ; G pour l’orge dans la Scanie, l’Upland, Gélléborg, le Norrland occidental, etc.; 5 pour le seigle dans la Scanie, l’Ostrogothie, Calmar, etc.; 20 pour les pommes de terre , que l’on cultive partout, surtout dans la Scanie, la Yestrogothie, la Bothnie, etc.
Les raves, les choux, les navets sont récoltés en grande quantité.
1. Sur la carte, les lignes de limite des cultures arborescentes sont empruntées pour la Suède au travail très-exact de M. Anderson, et sont seulement approximatives pour la Norvège.
Les forets couvrent à peu près le tiers de la presqu’île Scandinave , c’est-à-dire plus de 20 millions d’hectares situés surtout dans le centre et le nord de la Suède, dans le sud-est de la Norvège (forets du Glommen, etc.). En Europe, la Russie seule possède une étendue forestière plus grande ; et aucun pays n’en possède, relativement à l’étendue de son territoire, une proportion aussi forte. Ces forets sont formées de hêtres et de sapins dans le midi ; de chênes et de sapins dans le centre ; de sapins, pins et bouleaux dans le nord. Elles constituent la principale richesse agricole de la péninsule, et ont amené l’établissement de plus de 3,000 scieries ; sur quelques points elles commencent à être trop éclaircies par les coupes.
Les prairies et pâturages occupent aussi une grande étendue et nourrissent un nombreux bétail : environ 500,000 chevaux parmi lesquels les petits chevaux norvégiens, vigoureux et rapides ; près de 3 millions de hôtes à cornes , principalement dans la Gothie et la Dalécarlie ; à peu près autant de moutons, à laine commune, principalement dans la Scanie et l’Ostrogothie ; 1 million de porcs ; 1/2 million de chèvres , surtout dans le Norrland et la Dalécarlie; et 150,000 rennes environ dans la Laponie.
371. La pêche. — En Suède, la péciie, quoiqu’elle ait beaucoup diminué depuis un siècle, est encore la ressource principale des habitants du Norrland. Les fleuves, les lacs et les fiords de toute la péninsule fournissent une grande abondance de saumons et de truites, et l’on s’occupe à développer cette pêche, que le gaspillage avait notablement réduite. En Norvège, la pêche maritime est une des sources de richesse du pays ; elle a pour objets principaux les morues et les harengs : des bateaux venus de toutes parts pêchent la morue durant les mois d’hiver près des îles Lofoden et sur les bords du Westfîord, et
vont la chercher au printemps, au nord du Finmarken, ou durant l'été, mais en moindre quantité, sur toutes les côtes. Quant aux harengs , celui d’hiver monte à cette époque des profondeurs do la mer du Nord vers les côtes pour frayer, et se pôche du cap Lindesness au cap Stat et meme au Molde-liord, surtout aux environs de Bergen et de Stavangcr ; celui d’été, plus estimé dans la bonne saison, mais moins abondant, se rencontre sur presque toutes les côtes. Des bateaux non pontés, semblables aux barques que montaient au moyen-âge les pirates normands, affrontent par milliers une mer presque toujours orageuse, et rapportent du poisson frais que l’on exporte quelquefois dans la glace; des harengs salés avec le sel de Portugal ou de Sicile ; des morues (environ 600,000 barils) de provision (Stockfisch) préparées avec le sel de Portugal ou quelquefois de France; des morues salées (Klipfisch) ; do V huile de foie de morue ; des rognes (œufs de poisson) que l’on vend aux pécheurs de sardines ; du guano de poisson. En ajoutant la pêche de l’esprot, du maquereau, du homard, pratiquée principalement entre Bergen et le cap Lindesness, celle des squales pratiquée dans l’océan Glacial, et la chasse aux phoques qui a lieu surtout dans l’île Jean Mayen, on a une production totale d’environ 50 millions de francs.
372. Les mines. — La presqu’île Scandinave tout entière est pour ainsi dire une carrière inépuisable de granit ; on exploite le porphyre d’Elfdalen, le marbre de Claestorp, etc. On exploite un peu de lignite à Ilœgannaes, et on en a découvert un autre gisement, assez important, en Scanie.
Mais la grande richesse minéralogique du pays est le fer que contiennent en quantités considérables les roches cristallines, et qu’on exploite, soit dans les liions mêmes, soit dans les lacs et les marais où les révolutions géologiques l’ont roulé en grains de minerai oxydé. Le minerai
est généralement manganésifère et rend jusqu’à 50 p. 100. Les mines exploitées sont au nombre d,e plus de 500, situées pour la plupart dans la Suède proprement dite et près du littoral du Sœdenfields (Drammen, Laurwig, Christiania, Arçndal), etc.
Les quatre provinces qui en possèdent le plus et qui font le plus de fonte et de fer, sont celles de Kopparberg dans sa partie méridionale, d ’OErebro, de Carlstad, de 1 Vesterœs, auxquelles il faut ajouter Géfléborg, de manière que le groupe principal des usines à fer forme un massif continu du lac Wener au port de Gèfle, sur la Baltique. C’est dans ce massif que sont les mines de Bipsberg, Grœngcsberg, Norberg, Nora, Philipstad, Persberg, et les usines de Nyhammar, Ludvika, Korsa, Hagge, Hellefors, Borgvik, Undeholm , Storfors, Surahammar, Ferna, Holbrs, Orkelbo, etc. Sur la limite de ce groupe sont les célèbres gisements de minerai magnétique de Danemora qui donnent 20,000 tonnes par an et qui alimentent presque toutes les usines des provinces d’Upsal et de Stockholm; et, dans l’Ostrogothie, les grandes usines de Motala et de Finspong. Dans le Norrland, il y a des mines comme celle de Gcllivara, qui pourraient rivaliser avec les plus riches de la Suède : la difficulté des transports en restreint l’exploitation. Les fers de Suède sont très-renommés, et comme le minerai est très-pur, on commence à l’employer beaucoup pour la fabrication de Y acier par le procédé Bessemcr (acier de Fagersia, Danemora, Carlstad, etc.). La production annuelle de la fonte en Scandinavie est d’environ 240,000 tonnes.
Les usines de Motala, Nyby, Surahammar, Nikœping, etc., font de la tôle ; celles de Carlstad, de l’Ostrogothie et du Kopparberg, etc., font des clous ; celles de Jader, Bofors, Cari, Gustaf, près d’Elkestuna, etc., de la taillanderie et de la quincaillerie.
Grâce à sa constitution géologique, la Scandinavie pos-
44 ï L’EUROPE.
sôde encore d’autres exploitations minérales : des mines à.’ argent (galène argentifère) à Sala , à Kongsberg, mine autrefois célèbre, aujourd’hui presque épuisée ; des mines de cuivre à Atvidaberg, à Fahlun, riches filons, en partie épuisés aujourd’hui, dans le Jemtland, à Roraas, à Thydal, à Yetteroën, etc. ; des mines de nickel, à'Sœgmyra, Klefva, Espedals ; de zinc à Ammeberg, près du lac Wetter, etc. ; on trouve aussi du cobalt, de l’arsenic, etc.
373. L’industrie. — Le travail des manufactures est très-médiocrement développé. Les tanneries ont, comme en Danemark, une assez grande importance, surtout dans la Scanie , à Christiania, etc.; et l’on fabrique pour plusieurs millions de machines.
Au nombre des industries les plus prospères, sont la fabrication de V eau-de-vie, pratiquée surtout dans le sud de la Scandinavie ; la raffinerie de sucre, pratiquée dans les ports, à Stockholm , Gèlle, Calmar, Malmoë, Gœteborg, Bergen, etc. ; et la manufacture du tabac.
Les j^aysans tissent eux-mêmes la plupart des étoffes qu’ils consomment : cependant on fait des cotonnades à Fahlun et dans quelques ports, Stockholm , Calmar , Gœteborg ; des draps à Norrkœping, Stockholm ; quelques toiles et cordages dans le Géfléborg, à Nydalen, dans les environs de Stockholm, de Carlskrona, de Gœteborg, de Christiania et Bergen ; des soieries à Stockholm et ü. Upsal.
On fabrique de la verrerie et de la faïence à Stockholm (Gustafberg , à Christiania et dans les environs ; du papier à Gœteborg, Nikœping, Christiania, Bergen ; des bougies à Stockholm, Gœteborg, etc. Bergen, Duammen, Carlskrona, Christiania, etc. s’occupent de constructions navales.
374. Les voies de communication. — La presqu’île Scandinave a peu de routes (environ 30,000 kilom. de routes de poste) : d’où la difficulté d’exploiter d’une ma-
nière complète et rationnelle les forets et les mines. Cependant les fiords qui pénètrent profondément dans le pays, les remplacent en Norvège, dans la Suède proprement dite et dans la Gothie septentrionale ; les communications intérieures ont lieu assez facilement par les lacs que parcourent de légers bateaux à vapeur et que font communiquer des canaux : le canal de Gœta unit Goeteborg et le Kattégat à Suderkœping et à la Baltique (1) ; large et profond, il compte 486 kilom. de long avec les lacs ; mais il est moins fréquenté depuis la construction des chemins de fer et la suppression du péage du Sund. Les canaux d’Hielmar, de Strœmsholm, de Sœdertelje facilitent les débouchés vers Stockholm.
Les chemins de fer qui ont une longueur de 2,200 kilom., partent d’ Helsingborg, en face d’Elseneur et de Malmoë , en face de Copenhague. Ils desservent la Scanie et se dirigent, en projetant plusieurs embranchements, sur Stockholm qu’ils atteignent aj^rès avoir relié entre les lacs la ligne de Gœteborg ; de Stockholm la ligne gagne Upsal et Westerœs. Gèfle et Fahlun , Christiania et Charlottenberg sont réunis par des voies ferrées, et un certain nombre de petites lignes particulières conduisent des mines ou des usines au cours d’eau voisin.
375. Les monnaies et mesures. — En Suède, Vunité monétaire est le riksdaler riksmynt , valant 1 fr. 42 et divisé en 100 ores ; l’unité de longueur est le pied (fot) de 0m,29 ; l’unité de poids, la livre (skalpund) de 4o3 grammes. En Norvège, le pied est de 31 centimètres, et la livre de 498 grammes ; le pot est presque le même qu’en Danemark.
376. La marine. — La marine marchande est d’environ 2 millions de tonneaux , dont 220,000 pour la Suède et 1,760,000 pour la Norvège ; le mouvement de la
1. De Gœta au lac Wener, la comiiiun ica lion est complétée par le canal de Trollhæta, remarquable chef-d’œuvre de l’art hydraulique.
navigation est de près de 7 millions 1/2 de tonneaux ; mais les entrées et sorties des bateaux de pêche y figurent pour une très-grande part. Les principaux ports sont Stockholm , Gœtcborg , Malmoë , lîùlsingborg , Wisby, Calmar, Garlskrona pour la Suède ; Bergen , Christiania, Drammen, Drontheim pour la Norvège. Des services à vapeur pénètrent en été jusqu’au fond du golfe de Bothnie ; et, sur la côte de Norvège, jusqu’à Hammerfest, la ville la plus septentrionale du globe.
377. Le commerce. — Le commerce est médiocre, parce que le pays n’est pas, somme toute, un pays riche ; il ne dépasse guère 500 millions de trancs, et il consiste :
A Y importation, en sucre , café , coton, laine, tabac, houille , cuirs, vins et eaux-de-vie ;
A l’ exportai ion , en bois (madriers, planches, poutres), en céréales (avoine, orge et seigle), en fer (fonte, fer forgé, acier, etc.), en initierais divers, en papier, en allumettes, en goudron, etc.
378. Le commerce avec la France. — Plus du tiers de tout le commerce Scandinave est aux mains de V Angleterre. L’ Allemagne du Nord et le Danemark viennent en second ; au troisième rang, la France , qui vend du vin , de V eau-de-vie, du sucre, de la mélasse , du café , et achète en échange du bois et du fer .
379. Le résumé des forces productives. — Au point de vue économique, la presqu’île Scandinave, trèspeu manufacturière, peut être divisée entrois régions :
1° La région alpestre, ou région des Alpes Scandinaves, comprend le Norrland , presque toute la Norvège et la Laponie. Région de bois, de rochers et de pâtis, pauvre, cultivant trop peu de Céréales pour nourrir sa rare population, elle subsiste en partie avec les produits de la pêche ou du bétail ;
2° La RÉGION métallurgique s’étend sur la Suède proprement dite et sur la côte norvégienne, depuis le Skager-
Rack, Gèfle et Suderkœping à l’est, jusqu'à Amendai à l’ouest. Elle renferme les mines de fer mêlées aux forêts et contient les deux capitales : Stockholm et
Christiania ;
3° La région agricole comprend presque toute la Gothiè et produit assez de céréales pour nourrir ses habitants, et même pour en exporter dans les régions voisines et à l’étranger.
380. Les grandes villes. — La presqu’île Scandinave compte trois villes de 30 à 100,000 âmes et 1 ville de plus de 100,000 âmes :
(Voir le Carton de la carte n° 30.)
Stockholm (135,000 hab.), capitale de la Suède, est bâtie au débouché du lac Mœlarn sur huit îles et coupée de canaux en tous sens, ce qui l’a fait surnommer la Venise du Nord. Son port est excellent; mais l’entrée en est dangereuse ; l’aspect de la ville, ornée de beaux édifices, est pittoresque.
381. Le gouvernement. — Les commîmes s’administrent elles-mêmes très-librement. Les deux royaumes ont un même roi , mais chacun d’eux a une organisation politique tout à fait indépendante de l’autre. En Suède, deux chambres , l’une, le Landsting, élu par les conseils provinciaux et parmi ies membres de ces conseils ; Ÿ autre, le Volksting, élu pour un laps de temps moins long, par les habitants des villes et par les habitants des campagnes, partagent le pouvoir législatif avec le roi. En Norvège, un parlement, Storthing , élu au moyen d’une élection à deux degrés par les habitants, et nommant lui-même dans son sein une partie de ses membres pour former une chambre haute, exerce le pouvoir législatif, sans que le roi puisse interposer son véto.
Le budget de l’État est d’environ 75 millions de francs
en Suède , et 28 millions en Norvège ; l’armée est d’environ 24,000 hommes d’effectif réel.
L’instruction primaire est gratuite et obligatoire. L’instruction supérieure compte 3 universités, Upsal, Lund et Christiania. Les habitants professent la religion luthérienne qui compte 1 archevêché (Upsal) et 16 évêchés.
382. La population. — La population est de 3,900,000 habitants (dont 4,200,000 pour la Suède et 1,700,000 pour la Norvège), c’est-à-dire un quinzième d’habitant par hectare, ou plus exactement 7 habitants par kilomètre carré. C’est dans le sud, sur les côtes de la Gotliie, que cette population est le plus dense, et dans le nord, en Laponie, qu’elle est le plus rare. La population urbaine n’y est guère que le dixième de la population rurale et agricole. L’instruction primaire est générale; les langues parlées sont le suédoise t le norvégien , deux langues Scandinaves parlées par les deux tribus de la race du même nom, qui dominent aujourd’hui sur la presqu’île ; dans le nord, et dans le nord-ouest le finnois , souvenir des premières populations qui habitaient la presqu’île avant l’invasion des Scandinaves, et dont les Lapons (1) sont les derniers restes. Les Scandinaves de la presqu’île du nord, comme ceux des îles et du Jutland, doivent à leurs solides qualités de travail et d’économie d’avoir, autant que le permettaient leur climat froid et leur sol granitique, défendu leur existence et développé leur civilisation dans le sud et dans le centre de la Scandinavie.
1. Le nom de Lapon signifie sorcier-, ce nom leur a été donné comme une dénomination injurieuse par les Scandinaves; eux-mêmes s’appellent « Same ».