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LES ÉCHANGES

(Voit- la carte n" 33.)

397. Les voies de communication. — Il s’en faut de beaucoup que l’Europe soit partout munie de bonnes routes, le plus ordinaire de tous les moyens de communication. Le nord, l’est, le sud (la Lombardie exceptée) et plusieurs régions montagneuses du centre en sont, en grande partie, dépourvus. Rien n’y supplée dans le sud, surtout dans les péninsules Hispanique et Hellénique, où l’on en est réduit, comme au temps où l’homme n’avait pas encore pris possession du soi par ses œuvres, à effectuer la plupart des transports à dos de bêle de somme. Dans le nord (Scandinavie) et surtout dans la vaste plaine de l’est, sur laquelle s’étend l’Empire Russe, le traînage en hiver sur la neige durcie, mode de transport à la fois rapide et économique, remplace les routes. C’est dans le nord-ouest de V Europe (France, Belgique, Pays-Bas, Angleterre), (pie les routes et les chemins carrossables sont le plus nombreux et le mieux entretenus , parce que c’est la région dans laquelle il y a le plus de richesse et de circulation.

Les cours d’eau, ces « chemins qui marchent » et dont la nature a fait les premiers frais, ont été, avant les routes de terre, les grandes voies du commerce : les hommes les oui perfectionnés par des travaux d’art et surtout par la construction des canaux qui font communiquer entre eux les bassins. La navigation intérieure (par fleuves, rivières et canaux) est nulle dans la Scandinavie septentrionale (1) et peu près nulle dans les péninsules

1. Il n’en est pas de même dans la Suède méridionale, où, grâce aux lacs et aux canaux, Ja navigation, même à vapeur, est active.

du midi où le terrain tourmenté ne permet généralement pas aux fleuves de porter bateau. Elle est au contraire importante :

1° Dans la Russie , immense surface plane où (sans compter les cours d’eau qui ne sont que flottables) 54,000 kilomètres d’eau courante peuvent porter bateau et sont reliés, par un système de canaux faisant communiquer sur divers points la Baltique avec la mer Blanche, la mer Noire et la Caspienne, et établissant ainsi, de Saint-Pétersbourg à Astrakhan, par la Néwa, les canaux et le Volga , une ligne de navigation intérieure d’environ 3,400 kilomètres*

2° Dans la longue vallée clu Danube qui coule de l’ouest à l’est entre l’Europe centrale et l'Europe méridionale, et qui, reliée au Rhin par un canal (peu fréquenté, il est vrai), offre, de la mer du Nord à la mer Noire, une ligne de navigation à peu près aussi étendue.

3° Dans le nord de V Allemagne, où les fleuves, coulant tous vers le nord-ouest, c’est-à-dire vers la région qui attire le commerce, sont fréquentés, surtout dans la partie orientale où ils transportent les produits agricoles, et ont pu facilement, dans la plaine, être reliés par des canaux ; l’Elbe est le plus important.

4° Elle est très-importante dans le groupe occidental où le commerce est très-actif, et où le peu de relief du sol a permis de multiplier les canaux ; tous les cours d’eau de la partie française de ce groupe sont reliés à la Seine avec Paris pour centre ; le Rhin est parcouru par des bateaux à vapeur de Mannheim à Rotterdam ; toutes les grandes villes de Belgique communiquent par des canaux qui transportent surtout la houille et les produits agricoles ; Y Angleterre centrale en est également sillonnée.

Il y a encore à citer la Hollande attenant à ce groupe et couverte d’un réseau de canaux ; puis, au midi de ce

groupe, le Pô et le canal du Languedoc avec ses prolongements qui unissent Bordeaux, Celte, Marseille et Lyon.

Les chemins de fer ont beaucoup amoindri l’impor tance des cours d’eau et des canaux ; ils ont été dès l’origine le moyen de transport le plus rapide ; et ils sont devenus, même pour les marchandises, le plus usité et souvent le plus économique. Le réseau européen, encore incomplet, s’étend de l’extrémité de deux péninsules du sud (Lisbonne et Cadix dans la péninsule Ibérique, Brindes et Lecce dans la péninsule Italique), jusqu’au delàd’Inverness dans la Grande-Bretagne, d’Upsal en Scandinavie, de Saint-Pétersbourg en Russie, vers le nord ; et, vers l’est, jusqu’à Yoronèje et Nijni-Novgorod, où ilse relie à la navigation du Yolga et du Don et aux caravanes de l’Asie. Il a une étendue totale de près de 113,000 kilomètres, nombre qui s’accroît rapidement chaque année. De Cadix à Nijni-Novgorod, on peut, dans l’espace d’une semaine, faire en wagon un trajet de plus de 6,000 kilomètres. C’est la plus longue ligne ferrée qui existe dans le monde, et, grâce à la plaine du nord de l’Allemagne et à la plaine Russe, on fait, de Cologne à Nijni-Novgorod, près des deux tiers de cette route sans passer sous un tunnel.

C’est dans l’Europe orientale et dans les péninsules du nord et du sud que les chemins de fer sont le plus rares : la Russie (13,860 kilom.) ne possède encore que 1 kilomètre de voie ferrée par 400 kil . carrés de superficie ou par 5,200 habitants ; le nord (Danemark et Scandinavie 3,150 kilom.)! kil. par 250 kil. carrés ou par 2,450 liab. ; la péninsule Ibérique (6,230 kilom.), 1 kil. par 95 kil. carrés ou par 3,300 h. ; l’Italie (6,380 kilom.), 1 k. par 45 kil. carrés ou par 4,200 h. Le centre de l’Europe est mieux doté: la Suisse avec ses 1,480 kilom., en a un par 28 kilom. carrés ou par 1,800 hab. ; l’Autriche (12,000 kil., soit un kil. par 51 kil. carrés ou par 3,000 habitants), est notablement au-dessous de l’Allemagne (21,100 kil., soit

1 kil. par 25 kil. carrés ou par 1,950 h.) ; la France, avec ses 17,700 kilomètres, possède 1 kilom. par 35 kil. carrés, ou par 2,060 hab.; la moyenne générale de V Europe est à peu près de 1 kil. par 88 kil. carrés ou par 2,650 hab.

La partie la plus riche de beaucoup en voies ferrées est le groupe occidental qui comprend la France septentrionale, la vallée du Rhin en Prusse , c’est-à-dire les portions de ces deux États où l’activité industrielle est le plus développée ; la Belgique (3,100 kil.) qui compte 1 kil. par 9 1/2 carrés ou par 1,650 hab. ; les îles Britanniques qui occupent, sous ce rapport, le premier rang, comptant près de 25,000 kil., soit un kil. par 12 1/2 kil. kil. carrés ou par 1,200 hab. environ.

Ce n’est pas tout de posséder des voies ferrées ; il faut s’en servir, et la mesure de leur utilité est dans le nombre de voyageurs et de marchandises transportés au kilomètre: à ce titre le premier rang est à la Belgique qui transporte

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