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tonnes par kil . ; l’Angleterre en transporte plus de

5.000 ; l’Allemagne plus de 3,500 ; la France moins de 2,500 ; l’Italie n’en transporte pas 300.

La poste , qui transporte dans les divers États d’Europe plus de 2 milliards de lettres, dont près de moitié dans les îles Britanniques (où l’on ne distingue pas, il est vrai, les lettres proprement dites, les circulaires et imprimés); et le télégraphe dont les services sont, proportionnellement à la population, plus nombreux en Hollande, en Belgique et en Prusse que partout ailleurs, parce que les dépêches y étaient, jusqu’en 1869, taxées à un prix inférieur à celui des autres États, doivent être classés au nombre des plus importants moyens de communication.

398. La marine et la navigation. — La mer, quoiqu’elle donne lieu à un nombre de transports beaucoup moindre que la terre, est aussi un des plus importants

moyens de communication que possèdent les hommes ; c’est le plus économique et celui qui a le plus contribué à nouer les relations du grand commerce entre des pays éloignés les uns des autres.

L’effectif total de la marine marchande en Europe dépasse 13 millions cle tonnes et se compose, en général, de petits bâtiments affectés à la pêche, surtout en Norvège (plus de 1 million de tonnes) ; de bâtiments petits et moyens affectés au cabotage ; et de grands bâtiments affectés à la navigation au long cours. Ces bâtiments entrent dans les ports, en sortent, la plupart plusieurs fois dans l’année, plusieurs fois par semaine ou même par jour (service de Calais à Douvres, etc.); l’ensemble de ces entrées et sorties, avec ou sans chargement, constitue le mouvement général de lu navigation qui, autant qu’on peut le constater dans l’état incomplet des documents, dépasse 100 millions de tonnes (1). Les îles Britanniques à elles seules figurent pourpres de moitié (5,800,000) dans 1 effectif, et pour plus du tiers (41 millions) dans le mouvement ; mais il est bon de remarquer que les îles Britanniques ne peuvent avoir d’autre commerce extérieur que le commerce par mer. L’ Allemagne du Nord (l, 305,000), la seule portion de l’Allemagne qui ait accès sur la mer, la France (1,075,000 et 11 millions 1/2,) la Scandinavie (1,3/0,000 et 7 millions 1/2) sont au second rang et figurent à peu près pour un dixième dans l’ensemble du matériel naval et du mouvement. Assez loin derrière elles, soit pour l’effectif, soit pour le mouvement (olal des ports, sont d abord l’Italie (1 million de tonnes et 8 millions 1/2), puis l’Autriche (380,000 et 8 millions), puis la Russie qui, malgré sa vaste étendue, n’a qu’un rang inférieur (400,000 tonnes et 3 millions 1/2) et serait beaucoup plus bas encore sans la Finlande. La Grèce

l. En supposant à l’Allemagne du Nord, qui n’a pas de relevé de cc genre, un mouvement égal à celui de la France.

(335,000 tonnes et 8 millions 1/2), les Pays-Bas (500 000 tonnes et 2,700,000), le Danemarck (180,000 tonnes et 3 millions), et meme la Belgique (30,000 tonnes et 3 millions), ont, au contraire., un mouvement maritime trèsactif, relativement à l’étendue de leur territoire, quoique le total soit faible, parce que ce sont de petits pays. Enfin, le Portugal (90,000 et 2 millions 1/2), l’Espagne (390,000 et 2 millions) et la Turquie (moins de 200,000 et 3 millions 1/2), sous le rapport de l’activité maritime, occupent le dernier rang.

Les bâtiments destinés à la navigation au long cours dans les limites de l’Europe sont de deux espèces : les uns, bâtiments à voiles pour la plupart, prennent le fret là où ils le trouvent, et vont tantôt dans un port, tantôt dans un autre, sans époque précise ; les autres, bâtiments à vapeur pour la plupart, font un service régulier, à date fixe, d’un port à un autre, avec ou sans escale,, et transportent une notable partie des marchandises et presque la totalité des voyageurs.

Les principaux ports où affluent les navires des deux espèces sont : au premier rang, deux ports d’Angleterre, Ltverpool dont le mouvement de la navigation atteint un chiffre à peu près égal à celui du mouvement total de la navigation en France, et Londres dont le mouvement est d’environ 7 millions de tonnes ; au second rang, Hambourg, Hull , Glasgow , Marseille , le Havre , Southampton, Trieste , Constantinople , Anvers , Rotterdam , Saint- Pétersbourg , Brême , Newcastle \ au troisième, Bordeaux, Cardiff, Swansea, Amsterdam, Stettin, Riga, Barcelone, Gènes, Venise, Copenhague, etc. Sur les 25 ports qui sont dans les premiers rangs, 14 appartiennent aux quatre États de l’Europe occidentale, dont 8 aux îles Britanniques ; 19 à l’Atlantique, et 6 seulement à la Méditerranée.

Les services réguliers s’étendent pour ainsi dire sur

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l’Europe entière et en relient tous les grands ports. Nulle ' part, ils ne sont aussi nombreux et aussi actifs que dans la mer du Nord \ et dans la Manche , parce qu’ils font communiquer les deux parties (Grande-Bretagne et occident du continent) de la . région la plus peuplée et la plus riche de l’Europe. Ces services enveloppent la Grande- Bretagne, et la rattachent à l’Irlande par Glasgow et Belfast, par Liverpool et Dublin, etc. ; ils se prolongent au nord dans la presqu’île Scandinave, jusqu’à Iiammerfest et jusqu’à la Tornéa, en été ; ils desservent toute la côte méridionale et la côte orientale de la Baltique jusqu’à Saint-Pétersbourg ; ils contournent la péninsule Ibérique, traversent le détroit de Gibraltar, et s’étendent sur la Méditerranée, en concurrence avec d’autres services partis de Marseille, de Trieste, etc., jusqu’à Odessa et Trébizonde sur la mer Noire, et, d’autre part, par toutes les échelles du Levant, jusqu’à Alexandrie et jusqu’au canal de Suez, vers les côtes asiatique et africaine ; ils traversent la Méditerranée du nord au sud, et unissent sur divers points l’Europe méridionale à l’Afrique.

Hors d’Europe, ils poursuivent leur route, vers l’est à partir de Suez, par le golfe Arabique, et s’étalent en gerbe pour gagner les grands ports de l’océan Indien et du Pacifique. Cependant d’autres services partent, vers l’ouest, de Liverpool, de Glasgow, de Soulhampton, de Hambourg, du Havre, de Cork, de Nantes, de Bordeaux; relient l’Europe à l’Amérique, en prolongeant en quelque sorte ce pont commercial que la navigation a jeté à l’Occident de l’Europe sur les îles Britanniques ; et contournent l’Amérique ou l’Afrique, pour rentrer, comme les services partis du côté de l’est, dans le Pacifique et dans l’océan Indien.

399. Les monnaies et mesures. — Les monnaies -et mesures sont des instruments d’échange dont le bon état importe autant au commerce que le bon état des

voies de communication ; il est très-désirable qu'elles soient les mêmes pour tous les pays, ou qu’elles soient tout au moins fondées sur des rapports très-simples et très- aisément comparables (1). Sept Etats (Belgique, Suisse, Itcàlie, États de l’Église, Espagne, Grèce, Roumanie), ont adopté le système monétaire de la France. Le système métrique est aujourd’hui le système des poids et mesures de neuf États (France, Belgique, Hollande, Espagne, Portugal, Italie, États de l’Église, Grèce, Roumanie) ; l’Allemagne du Nord l’a adopte en principe ; la Suisse a un système en rapport simple avec le système métrique ; le Danemark, pour tous les échanges, et l’Autriche, pour l’administration des douanes, se servent d’une livre qui est la moitié du kilogramme ; l’Angleterre, sans changer ses anciennes mesures, a déclaré légal l’emploi du système métrique.

Les billets de banque ne servent à la circulation que

dans l’intérieur de chaque Etat ; les transactions internationales s’évaluent toutes en métaux précieux, or ou argent, et se soldent, pour la moindre partie, en lingots d’or ou d’argent, pour la majeure partie, en traites représentatives de la valeur des marchandises livrées ou à livrer.

400. Le commerce. — L’addition du commerce général de tous les États d’Europe donne plus de 41 milliards de francs. Ce nombre est loin de représenter une somme égale de valeurs créées ou échangées, ou même déplacées, la plupart des marchandises figurant au moins deux fois, une première fois comme exportation hors d’un État, une seconde fois comme importation dans un autre, souvent même trois, quatre fois et plus, soit parce qu’elles ont traversé plusieurs entrepôts, soit parce qu’après avoir passé dans un

l. Cette uniformité ne peut tarder longtemps, depuis la convention internationale du mètre, tenue à Paris en 1872.

ou deux pays comme matière première, elles en sont sorties après une première main-d’œuvre, pour figurer ensuite à l’exploitation d’un autre pays, comme produit tout à fait manufacturé.

De ces 41 milliards, le tiers (13 milliards 1/2) appartient aux Iles britanniques qui, sous ce rapport, comme sous celui des moyens de communication et de la production industrielle, occupent incontestablement le premier rang. Le second est à la France (8 milliards) qui serre d’assez près sa voisine ; le troisième à I’Allemagne (5 milliards) ; assez loin derrière ces trois États viennent la Belgique (2 milliards) et la Hollande (2 milliards), qui ont, relativement à leur petite étendue, un commerce considérable et qui occuperaient le premier rang , si on classait les États d'après le rapport du commerce avec la population (570 fr. par tête en Hollande et 500 en Belgique, tandis que l’Angleterre n’a guère que 420, la France 180 et l’Allemagne 130); gxxisY Italie (2 milliards 1/2 et 100 fr. par tête), la Russie (2,700 millions) qui atteint à peine 37 fr. par tête, l’ Autriche (1,600 millions) qui ne dépasse pas 44 fr. par tête, et la Suisse (1 milliard) qui arrive, quoique privée de toute relation directe avec la mer, au chiffre de 400 fr. par tête. En dernière ligne viennent les États qui n’atteignent pas un milliard, et qui sont tous situés dans les péninsules du sud, moins l’Italie, et dans celles du nord : l’Espagne (850 millions), et le Portugal (300) ; la Turquie (env. 500 millions), la Roumanie (200), et la Grèce (140) ; la Scandinavie (700 millions), et le Danemark (160).

Les États de cette catégorie viennent à tous égards bien après les trois grandes puissances commerciales (Angleterre, France, Allemagne) et les trois petits états voisins (Belgique, Hollande et Suisse), qui constituent ensemble le grand groupe occidental ; mais, presque enveloppé par la mer qui sollicite le commerce, le groupe

péninsulaire s’élève à un rapport par tête (100 pour la Grèce, 93 pour le Danemark, 86 pour la Scandinavie, 83 pour l'Italie qui reprendrait ici sa place parmi les péninsules ; 73 pour le Portugal, 54 pour l’Espagne, 50 pour la Turquie, 44 pour la Roumanie) beaucoup plus avantageux que l’Autriche et la Russie qui, dans cette manière d’envisager le commerce, forment un groupe essentiellement continental et agricole, placé au troisième et dernier rang.

Du reste, la quotité du commerce par tête est un indice, mais non une mesure certaine de la consommation individuelle dans un pays : la facilité des communications et la division du travail, qui sont le propre de l’Europe occidentale, accroissent en général les échanges dans une progression plus rapide que la production.

Le mouvement général des importations et des exportations peut se résumer de la manière suivante :

1° C'est la région de l’Europe occidentale , prépondérante par sa richesse et par son activité , qui commande ce mouvement , attire ci elle de toutes parts les matières premières et les subsistances , envoie de toutes parts en échange ses produits et entretient entre les Etats qui la composent , un trafic considérable , dans lequel matières premières et produits manufacturés s’ échangent sans cesse de part et d’autre .

2» L' Europe occidentale reçoit des autres parties du monde le coton d’Amérique, d’Asie et quelque peu d’Afrique ; de la laine d’Océanie, d’Amérique, et d’Afrique ; du sucre d’Amérique, d’Asie et d’Océanie ; des métaux précieux d’Amérique et d’Océanie ; de la soie d’Asie ; certains métaux usuels , cuivre, étain etc., d’Amérique, d’Océanie, etc.; des bois de construction et des bois d’ébénisterie d’Amérique, etc. ; des graines oléagineuses et des huiles d’Amérique et d’Afrique ; des cuirs et dépouilles d’animaux d’Amérique et d’Afrique ; le thé

d’Asie; le café d’Amérique, d'Océanie, d’Asie et d’Afrique ; le cacao d’Amérique ; les drogues tinctoriales d’Amérique, d’Asie, etc. ; des farines et autres substances alimentaires d’Amérique, etc. Elle reçoit ces produits en majeure partie par V Angleterre, qui en réexpédie une notable partie sur le continent ; en partie aussi par les ports de la région occidentale du continent (Hambourg, le Havre, Anvers, Brême), qui les font passer, par terre ou par mer, dans l’Europe centrale, orientale et méridionale. Une très-petite partie est envoyée directement des pays de production aux ports des péninsules méditerranéennes ; et une partie moindre encore par les frontières de terre de la Russie.

3° L'Europe occidentale reçoit de V Europe orientale , centrale et méridionale des céréales et farines de Russie, des régions du Danube et de la Baltique ; des bestiaux (chevaux, bœufs, moutons, porcs, etc.), d’Allemagne, d’Autriche (indirectement), et de Suisse; du lin et du chanvre de Russie, de Hollande, etc. ; de la laine d’Allemagne, d’Autriche, de Russie, de Turquie, de lTtalie méridionale, etc.; des bois de contraction de Scandinavie, de Russie, de l’ Allemagne du Nord ; des graines oléagineuses et des huiles de l’Allemagne du Nord, de Russie des cuirs d’Allemagne, de Russie, de Turquie, etc.; des fruits , des vms, des huiles d'olives et de la soie des péninsules du Midi ; de Yalcool de l’Europe orientale ; certains métaux, fer, zinc, etc., de Suède, de Prusse, etc.

4° L Europe occidentale exporte un certain nombre de matières premières et de denrées alimentaires : en premier lieu, toute la portion des produits des quatre autres parties du monde qu’elle ne consomme pas elle-même ; en second lieu la houille d’Angleterre qu’on brûle dans le monde entier ; le vin de France qui va surtout dans l’Europe centrale et orientale; la bière d’Angleterre qui se dirige surtout vers les colonies ; les métaux d’Angleterre,

y compris le fer, qui se rendent sur le continent ; le sucre raffiné de France et de Belgique. Mais elle exporte surtout les produits de ses manufactures : tissus de coton qui se vendent dans toutes les contrées de la terre ; fils de coton , surtout pour l’Europe centrale et orientale ; tissus de laine , de lin et de soie , pour toutes parties du monde ; machines , métaux ouvrés et quincaillerie , armes , mercerie , vêtements confectionnés , pour l’Europe orientale, centrale, etc.

Dans l’Europe méridionale, l’Italie fait quelques exportations de tissus ; et, à l’orient, la Russie exporte des draps en Asie.

o° Dans l’Europe occidentale, c’est Y Angleterre qui, étant placée à l’extrémité de l’Europe et ayant T industrie la plus avancée, x3°ssède au pains haut degré le pouvoir d’attirer à elle les subsistances, d’entr exposer les matières premières et les denrées coloniales et de fournir aux marchés étrangers les produits fabriqués.

6° Quoique la somme des échanges qui se font par terre, de voisin à voisin, de ville à ville, soit beaucoup plus considérable que la somme des échanges par mer dans les relations internationales , les seules que la statistique enregistre, le commerce par mer est de beaucoup au premier rang, et peut être évalué à environ 30 milliards.

Dans les relevés du commerce, comme dans toutes les statistiques précédentes, il y a une double remarque générale, qu’il ne faut jamais perdre de vue : c’est d’abord que tous les nombres sont des évaluations ax>£>roximatives, assez voisines de la réalité dans les pays dont la statistique est faite avec soin, comme la plupart des pays germaniques ; mais s’en éloignant beaucoup et exxDosées surtout à des exagérations dans l’Europe orientale et dans l’Europe méridionale, et rex^osant sur de simples suppositions de statisticiens pour la Turquie. C’est, en

second lieu, que ces nombres changent d’année en année : la plupart augmentent dans l’état actuel de notre civilisation économique, lentement pour ceux qui regardent l’agriculture; plus vite pour ceux de l’industrie ; rapidement pour ceux des voies de communication et du commerce.

3e Section

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