LE G L I M A T
(Voir là carte no 1.)
1 . La situation et les dimensions . — L 'ancien continent comprend les trois parties du monde connues depuis l’antiquité : l’Asie, l’Afrique et l’Europe.
L’EUROPE, reliée, à l’est et au sud-est, h I’Asie par la vaste région de l’Oural et du Caucase, séparée, au sud, de V Afrique par Là Méditerranée, baignée, h l’ouest, par I’océan Atlantique, au nord, par I’océan Glacial, forme Y extrémité nord-ouest de ce continent; elle est située dans l’hémisphère boréal, entre le 33e et le 71* degré environ de latitude 7iord, d’une part, et, d’autre part, entre le 61e degré de longitude orientale et le 13e degré environ de longitude occidentale.
En traçant un pentagone irrégulier ayant pour sommets : au sud-ouest, le cap Saint-Vincent, au nord-ouest, le cap Nord, au nord-est, l’embouchure de la Kara, au sud-est, le cap Apcliéron, au sud, le cap Matapan, on a une idée générale de la forme du continent européen (1),
(l). Les Iles Britanniques et l’Islande restent en dehors de ce pentagone.
l’europe. »
2 l’europe;.
dont les côtes, d’ailleurs très-découpées, forment de profonds enfoncements dans les côtés de ce pentagone. La plus grande diagonale , allant de l’embouchure delaKara au cap Saint-Vincent, est de 5,500 kilomètres , la plus longue après celle-là est celle qui va du cap Nord au cap Matapan, points situés presque exactement sous le môme méridien ; elle est de 3,850 kilomètres. La superficie de l’Europe mesure un peu plus de 10 millions de kilomètres. C’est la plus petite des cinq parties du monde, mais la plus puissante parla richesse et par la civilisation (Voirie Tab. de Stat. n" 1, qui donne la superficie de chacun des Liais d’Europe par province).
2. La température. — La température d’un lieu dépend de causes diverses. On sait que les trois plus importantes sont la latitude, I’altitude et la proximité de la mer. Pour l’Europe, la proximité de l’océan Atlantique a une importance toute particulière, à cause des vents du sud-ouest et du courant dit Gulf-stream , qui amène du golfe du Mexique les eaux chaudes des tropiques.
Ces deux dernières influences, combinées avec celles des vents et de Y exposition particulière de chaque lieu, font dévier les lignes isothermes qui, si elles obéissaient seulement à la latitude, se confondraient avec les parallèles. On distingue surtout les climats marins , propres aux contrées voisines de l'Océan, et les climats continentaux, propres aux régions éloignées de l’Océan (Voir le volume intitulé la Terre).
L’Europe est comprise entre la ligne isotherme de 0 degré, qui passe à l’extrémité septentrionale de l'Islande, au cap Nord, et enveloppe la Laponie, la mer Blanche et le nord-est de la Russie, région continentale où le froid est intense, et la ligne isotherme de 20 degrés, qui, plus particulière à la côte méditerranéenne de l’Afrique, ne touche que l’extrémité sud-ouest de l’Europe, du côté du cap Saint- Vincent. La ligne isotherme qui marque la
-rfAr-
LE CLIMAT
moyenne température de l'Europe est donc celle de 10 degrés ; elle passe au sud de l’Irlande, coupe obliquement l’Angleterre de l’extrémité septentrionale du pays de Galles à l’embouchure de la Tamise, passe au nord du Zuyderzée, puis, obéissant à la loi des climats continentaux, elle se dirige au sud-est, en longeant les monts de Bohême et en traversant la Hongrie, la Valachie et la Crimée.
La température moyenne des côtes européennes de la Méditerranée varie généralement entre lo et 20 degrés ; celle des côtes des îles Britanniques, de la mer du Nord et de la Baltique, jusqu’au golfe de Finlande, entre 10 et 5 degrés. En général, on peut dire que la température moyenne s'abaisse et mesure que , sous un môme parallèle, on s'avance vers l'est dans V intérieur du continent européen , de meme qu'elle s' abêtisse, dans une proportion beaucoup plus rapide, et mesure que , sous un meme méridien , on s'avance vers le nord.
Les montagnes exercent sur la température moyenne, comme sur toute la météorologie, une grande influence, et donnent naissance à une foule de lignes secondaires. Par exemple, la région centrale des Alpes est enveloppée par une ligne isotherme de 5 degrés (Voir le carton de la carte n° i) qu’enveloppent d’autres lignes concentriques, marquant des températures plus élevées à mesure qu’on descend vers la plaine.
C’est principalement sur les lignes isochimènes ou de température égale durant l’hiver, et sur les lignes isothères ou de température égale durant l’été, que se fait sentir l’influence de l’Océan, puisqu’elle a pour principaux effets d’adoucir la froidure des hivers et la chaleur des étés ; elle relève considérablement les premières vers le nord, et abaisse les secondes vers le sud, produisant ainsi, àl 'occident de V Europe , des climats tempérés, tandis que les climats continentaux qui se trouvent à Y orient
de V Europe sont des climats excessifs. Ainsi, l’on voit sur la carte que Dublin, ayant pour température hibernale -j- 5 degrés, et pour température estivale -f- 15 degrés, .n’est soumis qu’à un écart moyen de 10 degrés, tandis que les rives de l’Oural, ayant pour température hibernale — 10 degrés, et pour température estivale -f- 20 degrés, sont soumises à un écart de 30 degrés.
L’Europe est comprise entre la ligne isochimene de — 20 degrés , qui est celle des bords de la Kara, et la ligne de -f- 15 degrés , qui est celle du cap Saint-Vincent. La moyenne hibernale, entre O cl — 5 degrés , est celle de la région située entre la mer du Nord, le Jutland, la Silésie, les Carpathes, la mer Noire et le Caucase, d’une part, et, d’autre part, le cap Nord, les Alpes Scandinaves, les îles d Al and, le golle.de Riga et les bouches du Volga.
L’Europe est comprise à peu près entre la ligne isothère de — [- 10 degrés , qui est celle de la cote méridionale de 1 Islande, de la Laponie et des eûtes de la mer Blanche,
et la ligne t/e -J- 25 degrés, qui passe au sud de l'Espagne, de la Sicile et du Péloponèse. La moyenne estivale est entre 15 et 20 degrés : c’est la température de la France centrale et septentrionale, de l’Angleterre, de l’Allemagne du Nord, du midi de la presqu’île Scandinave et du centre de la Russie. Cette ligne moyenne des étés égaux n’est pas très-diüe rente du 52« parallèle, tandis que la ligne moyenne des hivers égaux s’en écarte beaucoup, et coupe obliquement ce parallèle* dans la direction du nord-ouest au sud-est, relevée par la température de l’Océan qui baigne tout le nord-ouest de l’Europe.
3. Les vents. — Les vents sont dus à une inégalité de température sur deux points du globe (Voir la Terre).
Les vents alizés, qui n existent que dans la zone tropi- < ale, sont un des principaux clleLs de cette inégalité; ils produisent eux-mêmes un contre-courant qui, près des tropiques, règne dans les régions supérieures de l’atmos-
LE CLIMAT
phère, puis vers le 30e degré de latitude s’abaisse à la surface du sol, et souffle, dans notre hémisphère, du sudouest au nord-est : de là, en Europe, la fréquence du vent de sud-ouest, vent tiède et chargé de vapeurs. Nulle part, il n’est plus fréquent qu’en Angleterre et en Suède, et, en général, près des rivages de l’Atlantique; nulle part, moins fréquent que dans l’Europe orientale.
Le vent de nord-est , qui est produit par le grand mouvement de l’air attiré des régions polaires vers la zone torride, souffle fréquemment aussi ; il domine, en général, dans l'Europe orientale, en Russie et en Hongrie. Venant de l’océan Glacial ou des vastes plaines de la Sibérie, il est froid.
Le vent d’est, selon la saison, est froid ou brûlant, parce qu’il traverse des plaines où la chaleur en été et le froid en hiver sont extrêmes ; mais il est toujours sec, parce qu’il ne parcourt que des terres.
Ces deux vents principaux, vent de sud-ouest et vent de nord-est, peuvent, en se choquant l’un l’autre ou en se heurtant contre des chaînes de montagnes, dévier et par suite souffler à peu près vers tous les points de l’horizon.
Il y a encore beaucoup d’autres causes secondaires qui jusqu’ici ne sont pas toutes suffisamment étudiées ; l’une des plus importantes est le Sahara africain qui, par les appels d’air de sa vaste surface brûlante et sèche, donne naissance, dans la région méditerranéenne, à des vents violents du nord et du nord-ouest (mistral), ou, en contrecourant du sud-est, au printemps (solano, sirocco ou fohn). Le massif élevé et neigeux des Alpes est aussi une cause importante de production de vents.
4. Les pluies. — Le vent apporte la pluie en charriant les nuées formées par les vapeurs de la mer ; quand ces tièdes vapeurs rencontrent un milieu plus froid, elles se condensent en gouttes d’eau : c’est jmurquoi les vents pluvieux, en Europe , sont les vents d’ouest qui viennent de
l’Atlantique, et surtout le vent du sud-ouest, qui amène en général des pluies fines et continues. Les vents d’est sont secs ; cependant celui du nord-est donne assez souvent de la pluie en abaissant tout à coup la température des vapeurs contenues dans l’air, mais c’est le plus souvent une pluie d'orage, abondante et de courte durée.
Quand les nuages ne se sont pas résous en pluie sur les premiers rivages où le vent les a poussés, ils sont arrêtés par les chaînes de montagnes et s’y condensent en brouillards ou en larges ondées. C’est pourquoi la pluie n’est nulle part aussi abondante que sur les rivages de l’Atlantique et dans les montagnes. A Lisbonne , dans le Leinster (Irlande), le Cornouailles et les Hébrides (Grande-Bretagne), dans les environs de Bergen (Norwége), la quantité de pluie qui tombe annuellement mesure 9o centimètres et plus au pluviomètre ; dans toute la chaîne des grandes Alpes , elle atteint et dépasse 1 mètre et même 2 mètres (1).
Elle est de G7 centimètres : 1° dans le reste de l’Irlande, dans les Pays-Bas, dans les provinces de France, d’Espagne et de Portugal, voisines de l’Atlantique ; 2° dans toute la région qui enveloppe les Alpes, depuis le plateau central de la France jusqu’au sud de 1 Italie et aux Balkans ; 3° dans les régions montagneuses du Harz, de la Bohême, de la Silésie.
Dans la vaste plaine de la Russie orientale et méridionale , la pluie est rare et ne dépasse pas 10 centimètres. 11 en est de même sur quelques points particuliers, comme le plateau central de V Espagne, les bords du Raab et les environs de Tokaï (Hongrie).
(i) Bergen, sur la côte, et le mont Ortler, dans les Alpes, sont les lieux d’Europe où il pleut le plus ; on évalue à plus de 2 mètres la quantité annuelle de pluie à Bergen et à près de 3 mètres au mont Ortler; la quantité décroît rapidement à mesure qu’on s’éloigne du faite des Alpes ; im50 à Brescia, 0m93 à. Milan, 0m63 à Parme, i mètre à Augsbourg, 0m38 à Wurtzbourg (Voir le carton de la carte n° 1).
LE CLIMAT
En général, dans une contrée traversée par une chaîne de montagnes, le versant occidental, qui reçoit directement les nuées de l’Océan, est plus arrosé que le versant oriental.
Le gigantesque massif neigeux des Alpes a un effet tout particulier ; non-seulement il retient, comme un immense réservoir, les vapeurs qu’il absorbe en partie ; mais, plus froid que les régions circonvoisines, il est comme Loutre des vents : de ses flancs partent dans la direction du sud pour l’Italie et la vallée du Rhône, du nord pour l’Allemagne, des souffles qui entraînent les nuées amassées autour de ses pitons et qui portent avec elles la pluie.
Réserve faite jDour toutes les perturbations de ce genre dues à des causes accidentelles, on constate, à mesure quon s’avance des côtes occidentales de V océan Atlantique vers V Oural :
1° Que la quantité de pluie qui tombe annuellement diminue : c’est ce que nous venons de voir ;
2° Que le nombre de jours pendant lesquels la pluie tombe diminue également : 208 jours sur la côte orientale d’Irlande, 141 dans les plaines de l’Allemagne, 90 à Kazan ;
3° Que la distribution de la pluie suivant les saisons se fait différemment, et que la saison pluvieuse par excellence est r/iiver dans le sucl de la péninsule ibérique, la Sicile, le sud de l’Italie et le Péloponèse ; l'automne dans le sud-ouest de l’ Europe et sur la côte de l’Atlantique , c’est-à-dire dans la plus grande partie de la péninsule ibérique et de la France, dans la région alpestre et dans presque toute l’Italie, dans les îles Britanniques et la majeure partie de la presqu’île Scandinave ; l’été dans le centre et l’est de l’Europe , c’est-à-dire dans le nord-est de la France, dans l’Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark, le sud-est de la presqu’île Scandinave, le nord de l’Autriche et la Russie. C’est ce que marquent les deux lignes
teintées en rouge sur la carte : à l’est de la première est la région dite des pluies d’été, parce que la pluie qui y tombe en été dépasse 30 of° du total des pluies annuelles; entre la première et la seconde, est la région des pluies d’automne ; au sud de la seconde, qui marque les points où les pluies d’été ne forment plus que 5 o/° du total, commence la région des pluies d’hiver.
Les rivages de la Méditerranée, protégés contre l’effet des vents d’ouest par les chaînes ibériques, les Pyrénées et les Cévennes, et des vents de sud-ouest par le désert africain, obéissent à d’autres lois pluviales. Les pluies d’été y sont généralement rares. Dans le voisinage des Alpes, c’est le vent du nord qui amène la pluie ; dans l’Italie méridionale, tantôt le vent du nord et tantôt le vent du sud ; mais, à mesure qu'on s’avance vers le midi, la quantité annuelle de pluie diminue (1). Dans là Sicile, le sud de l’Italie et la Grèce, l’hiver est la saison pluvieuse, comme en Afrique.
5. Les climats. — Ces influences météorologiques, combinées avec le relief du sol, la constitution géologique des terrains, la direction des vallées, la distribution des eaux, donnent naissance à des climats nombreux et divers. On peut les grouper en quatre grandes catégories :
1° Le climat îiYPERBORÉEN, voisin de l’océan Glacial, où les longues nuits d’hiver durent 24 heures et plus, où la température moyenne, extrêmement rigoureuse pendant les 2/3 de l’année et inférieure en moyenne à 0, ne permet presque aucune culture.
2° Les climats continentaux, climats dans lesquels il y a entre l’hiver et l é te une grande différence de température, et où la transition de l’un à l’autre est ordinairement
(1) Elle est de 0m63 au sud du Pô, de 0“54 dans l’Italie méridionale et la Sicile Les pluies sont particulièrement abondantes dans l’IsUie, espèce d’impasse montagneuse qui arrête les nuées.
LE CLIMAT
brusque ; c’est ainsi qu’à Moscou, la moyenne du mois le plus froid est de — 10% et celle du mois le plus chaud de -j-17% en sorte que la différence est de 27- ; à Kazan, elle est de 341 (— 46°,-f-18°). Ces climats occupent presque toute la région orientale et centrale de l’Europe, et renferment des régions très- diverses, à savoir :
La région cle la Baltique septentrionale , comprenant, d’une part, la .Suède septentrionale, beaucoup plus froide et moins humide que la Norwége, à laquelle elle est adossée, parce que la barrière des Alpes Scandinaves arrête les nuages, et, d’autre part, la Finlande, couverte de lacs et d’étangs, et où le thermomètre descend en hiver à 2o° et 30° au-dessous de zéro ;
La région de la grande plaine moscovite , sèche et froide, balayée par les vents du nord-ouest et du nord-est, sans abri de montagnes, recevant peu de pluie, et presque uniquement la pluie d’été par le vent nord-est; Kazan et Moscou peuvent être pris comme types de cette région ;
La région des steppes , plaines généralement basses et dépourvues d’arbres, très-exposées aux vents glacés et secs de sud-est et aux épouvantables tempêtes dites métels, bouranns ou chasse-neige, et produites par le vent du nord ;
La région polonaise, qui s’étend sur les trois grands bassins du Dniéper, de la Dwina et de la Vistule, et qui participe du caractère météorologique du plateau moscovite, mais où le climat, dans des plaines moins élevées audessus du niveau de la mer, est plus humide et moins rigoureux. Varsovie a une température moyenne de — 4° dans le mois le plus froid et de -j- 18'1 dans le mois le plus chaud ;
La région de la basse Allemagne , qui s’étend du Brandebourg jusque dans la Flandre, en y comprenant le Jutland et même la Suède méridionale, et qui présente
une vaste plaine dans laquelle dominent les pluies d’été,
mais où la différence entre la rigueur de l’hiver et la chaleur de l’été est moins accusée que dans l’Europe orientale ; à Berlin, la différence de la température du mois le plus froid au mois le plus chaud est de 21° ( — 3°, -f- 18°); à Dresde, de 20° ( — 2°, 18°) ;
La région des Carpatlics et de la Bohême , montagneuse, partant plus arrosée par les pluies que les régions précédentes, et mieux abritée contre les vents d’est; la température moyenne de Prague est de 0° en hiver et de 18° en été ;
La région danubienne , tempérée, conservant certains caractères alpestres dans le bassin moyen, marécageuse sur le bas Danube et froide en hiver à cause du vent des steppes, très-chaude en été dans les plaines delà Hongrie, et très-exposée par sa direction au souffle des vents d’est; cependant, les vents d’ouest dominent dans l’Autriche, la Bohème et la Hongrie.
3° Les climats océaniques, ou climats marins, caractérisés par la douceur relative des étés et des hivers, par la fréquence des vents d’ouest et par l’abondance des pluies automnales ; ils comprennent :
La région norvégienne (Norvège et Suède méridionale), favorisée, malgré sa latitude élevée, d’un climat relativement doux, cause de la proximité de l’Océan et du Gulfstream ; la pluie y est très-fréquente et contribue à radoucissement de la température d’hiver; l’été est même chaud dans certaines portions du Sud ;
La région britannique , qui a elle-même des caractères distincts sur les côtes orientales et sur les côtes occidentales, les premières ayant un climat plus humide et plus doux ; mais, même sur la côte occidentale, les écarts de température de l’hiver à l’été sont assez faibles ; ils sont à Édimbourg de + 3' à + 14°; à Londres, de -j- 4° à -j- 15°; dans les îles Hébrides, sous un ciel très-pluvieux, les hivers sont moins rudes qu’à Londres ;
LE CLIMAT
La région des Pays-Bas et de la Manche, dans laquelle est compris le climat séquanien (voir la France et ses colonies ); la température de l’hiver et celle de l’été sont de -f- 2° et -f- 18J à Bruxelles, de 0° et -f- 17° à Hambourg ;
La région pyrénéenne , à laquelle se rattachent le climat girondin (v oir la France et ses colonies) et toute la côte nord-ouest de la péninsule Ibérique ;
La région alpestre, composée de montagnes, d’étroites vallées et de plateaux élevés, particulièrement pluvieuse, avec de rapides variations de température selon l’altitude (Voir le carton de la carte n° i), des hivers très-froids sur les versants septentrionaux et des étés très-chauds sur les versants méridionaux, réchauffée et quelquefois desséchée par le souftle du fohn : à Berne, la moyenne de l’hiver est de 0°, et celle de l’été de -J- 15°, tandis qu’à Milan, l’une est de -f- 2° et l’autre de -f- 22° (le climat rhodanien en France en dépend).
4° Les climats méditerranéens, plus chauds en général que les précédents, placés hors de l’influence des vents pluvieux de l’Atlantique, mais soumis aux vents qui, par suite de la raréfaction de l’air dans le Sahara, soufflent vers F Afrique ou partent, par un contre-courant, de l’Afrique vers l’Europe; ils comprennent trois régions correspondant aux trois péninsules :
La région ibérique, très-chaude et presque africaine, dans l’Andalousie, Valence, Murcie et même le sud du Portugal, où les pluies d’hiver sont très-abondantes, et où souffle le solano pareil au simoun, plus sèche qu’aucune autre contrée d’Europe, sur le plateau central, où alternent, à cause de l’élévation du sol, des hivers froids et des étés brûlants ; à Madrid, par exemple, la différence entre l’été et l’hiver est de 18°, tandis qu’elle n’est guère que de 10° à Lisbonne, où la température hibernale ne descend guère au-dessous de -f- 10° ;
La région italique (à laquelle se rattache notre climat
méditerranéen), présentant dans la vallée du Pô, surtout au pied des Alpes, un hiver froid, un été chaud et des alternatives de vents très-divers, surtout du sirocco, étouffant et pluvieux, du grécale (vent du N.-O.), sec et froid, du vent d’est, presque toujours pluvieux; mais jouissant d’une température plus également chaude, l’hiver comme l’été, au sud-ouest des Apennins, et surtout dans la Sicile ^1), oh poussent le coton et la canne à sucre et où le ciel est d’une remarquable pureté pendant presque toute l’année ;
La région hellénique où l’on trouve, à cause des montagnes qui coupent le pays, des climats très-divers, un ciel pur, mais une chaleur généralement moindre que dans l’Italie occidentale et méridionale; la région du Tchar- Dagh reste sept mois couverte de neige et est toute l’année exposée à de violents ouragans, tandis que les vallées de l’Archipel ont un hiver très-doux et un été très-chaud ; des pluies presque continuelles et le vent du nord régnent durant l’hiver.
G. Les cultures. — Dans les climats hyperboréens, la culture n’existe pas ; l’orge et l’avoine seules parviennent à pousser dans quelques rares terrains très -bien exposés, parce que deux ou trois mois de chaleur leur suffisent pour mûrir, quel qu’ait été le froid de l'hiver. Les sapins cl (es pins y gèlent ; les premiers ne se hasardent guère au delà du G8e degré , et les seconds au delà du 70e; dans la presqu’île Scandinave, le peuplier, le hêtre et le chêne, au delà de GO et 62 degrés ; dans l’est de l’Europe, près de l’Oural, ils atteignent à peine le 55e degré.
La vigne a à peu près pour limite le 49® degré , qu’elle n’atteint ni sur la côte de l Océan, où le soleil d'été n’est pas assez ardent, ni dans la région des steppes, où le froid
1. Lu moyenne de l’été est de 21° et celle de l’hiver de -j- 3° à Turin; à Païenne, la moyenne de l’été est de ~|- 25°, celle de l’hiver de -f 1 2°.
LE CLIMAT. 13
est trop vif, mais qu’elle dépasse dans quelques cantons privilégiés de l’Allemagne.
Au nord de la latitude de Saint-Pétersbourg, les céréales cultivées sont l’orge, qui peut mûrir en Norvège jusque sous le 69e degré, l’avoine et le seigle ; au sud de la ligne de Saint-Pétersbourg, le seigle devient plus abondant, et, mêlé au froment, il est la principale céréale dans la région qui s’étend jusqu’à la latitude de York en Angleterre et de Berlin sur le continent. Au sud de la ligne passant par York et Berlin, commence la région dans laquelle domine le froment et surtout le blé tendre et qui s’étend à peu près jusqu’àla zone des climats méditerranéens ; dans cette dernière zone (à laquelle il faut ajouter les régions girondine, rhodanienne et portugaise), la culture du maïs se mêle à celle du blé, surtout du blé dur, et, sur certains points, à celle du riz.
Dans toute la région des climats méditerranéens, on pratique la culture du mûrier et l’élevage du ver à soie ; dans les parties favorisées du soleil, poussent l’amandier, l’olivier, l’oranger, le citronnier, et, sur quelques points, le palmier, comme dans la plaine d’Alicante, le cotonnier, comme en Sicile et dans la campagne de Salonique.
2me section.
LE RELIEF DU SOL
(Voir la carie n° 2.)
7. Le soi. — Après l’étude de l’atmosphère, au sein de j laquelle nous vivons, il convient de placer l’étude de la i terre, que nous habitons. Cette dernière étude comprend i: deux parties : i° étude du relief du sol ; 2° étude des eaux ; douces, dont le cours est déterminé par la pente générale et par les accidents particuliers du terrain.
Le relief du sol n’est lui-même qu’une conséquence de la formation géologique. La disposition des roches primi-
tives qui composent les premières assises de la croûte solide du globe, le dépôt successif des nombreuses couches de terrains qui se sont lentement formées au fond des eaux, les soulèvements qui, à diverses reprises, ont déchiré et plissé de mille manières ces couches, qui les ont portées au-dessus du niveau des mers ou replongées sous les flots, ont donné aux continents et aux îles leur forme actuelle, et expliquent, non-seulement le système des montagnes, mais le caractère agricole et minéralogique de chaque contrée.