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Les terrains primitifs et de transition. — Les

terrains primitifs, composés de roches ignées et éruptives, granit, gneiss ou micaschiste, constituent en quelque sorte les fondements solides du globe terrestre. Ce sont les plus anciennement formés ; mais ils avaient été presque partout recouverts de couches sédimentaires, c’est-à-dire de couches déposées en lits horizontaux par les eaux de l’Océan auquel ces roches primitives servaient de fond ; en général, c’est postérieurement, à des époques . géologiques diverses, et par suite de soulèvements, qu’ils ont déchiré et percé toute l’épaisseur des terrains qui s’étaient durcis au-dessus d’eux, et qu’ils ont apparu de nouveau à la surface, couvrant quelquefois de très-vastes espaces. Sur les bords de la déchirure, les couches de dépôts sédimentaires, auparavant horizontales, ont été courbées et inclinées. Le soulèvement terminé, de nouveaux dépôts horizontaux se sont formés au pied de ces couches obliques; la différence des inclinaisons sert au géologue à assigner une date relative à chacun des soulèvements. Ainsi il peut dire que le soulèvement des Pyrénées a eu lieu immédiatement avant l’époque tertiaire, puisque, sur le bord delà déchirure (Voirie carton 2 de la carte 2), le terrain crétacé est relevé, et que les couches inférieures et supérieures du terrain tertiaire sont horizontales ; il peut dire aussi que le soulèvement du mont Blanc est

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postérieur, puisque les couches inférieures et supérieures du terrain tertiaire sont relevées, tandis que le terrain moderne est horizontal (Voir le même carton). C’est donc à des époques différentes que se sont élevées au-dessus des eaux les masses granitiques qui forment les arêtes de la plupart de nos chaînes de montagnes , Caucase, Carpathes et steppes de Russie, Balkans, Pinde, Alpes, Sicile, Corse, Sardaigne, quadrilatère de Bohême, Plateau central de France et Bretagne, massifs ibériques, Grampians. Dans le nord-est de l'Europe, la Scandinavie et la Finlande paraissent avoir émergé dès les temps les plus reculés et avoir formé, avec l’Oural, les premières îles marquant remplacement de l’Europe future.

Les terrains de transition (dépôts siluriens et dévoniens), souvent désignés sous le nom de terrains paléozoïques, parce qu’ils renferment les plus antiques fossiles, se formèrent ensuite, se superposèrent aux roches primitives ou se soudèrent à leurs flancs, et, soulevés à leur tour par divers mouvements, lents ou subits, de la croûte terrestre (soulèvement du Hundsruck, des Ballons, etc.), agrandirent la surface des îles qui se trouvaient alors sur l’emplacement de l’Europe actuelle. Le massif principal de la presqu’île Scandinave s’étendit sur toute la portion nord-ouest de la Russie jusqu’à Moscou et Charkow; la chaîne de V Oural , une longue bande dans les steppes de Russie , presque toute la Macédoine et la Thessalie, plusieurs îlots des Carpathes , la plus grande partie des monts qui entourent la. Bohême , et certaines portions du massif alpestre (Voir le carton n° i), les plateaux des Ardennes, de Y Auvergne, de la Bretagne , la ligne des Pyrénées , presque toute la portion occidentale de la péninsule Ibérique , des parties de la Corse , de la Sardaigne , de la Sicile , V Irlande, la moitié septentrionale de la Grande Bretagne, le pays de Galles et le Cornouailles se dressèrent au-dessus des mers, présentant des surfaces de terrains grani-

tiques, siluriens ou dévoniens. La forme de l’Europe ne se dessinait pas encore. A l’exception du grand massif de Scandinavie et Finlande, et de la longue bande de l’Oural, elle n’offrait encore que quelques îles rocheuses éparses sur l’Océan; mais ces îles indiquaient déjà les principales chaînes de montagnes de notre continent actuel.

Car la plupart de ces massifs étaient orientés du sudouest au nord-est; or, c’est précisément la direction des montagnes de l’Europe et de l’Asie. C’est sur ces terrains, près des grandes forêts de cette période, dans les baies ou les lacs vers lesquels les fleuves charriaient et . amoncelaient les débris des végétaux, fougères, palmiers et conifères, que sc sont formées les premières et les plus puissantes couches de houille, et c’est là que l’ingénieur perce aujourd’hui ses puits à la recherche de cette substance, le meilleur des combustibles minéraux.

9. Les terrains secondaires. — Durant la période secondaire, les animaux semblent s’être multipliés sur la terre et dans les profondeurs de l’Océan, où d'immenses dépôts de coquilles accumulées ont formé nos terrains calcaires.

Les couches inférieures, couches du terrain permien et du trias , dominent surtout dans le nord-est de la Russie, au pied de l’Oural, dans les Vosges et la Thuringe, dans l’ouest de l’Angleterre.

Les couches du terrain jurassique complétèrent la chaîne de l'Oural et celle des Alpes, et formèrent le Jura et une notable portion de l’Apennin.

Les couches du terrain crétacé s’étendirent principalement sur les steppes de la Russie méridionale, dans les Garpathes, les Apennins du centre et du sud, sur presque toute la péninsule hellénique, sur les rivages du golfe de la Seine et du golfe Aquitanique.

A la fin de cette longue période, l’Europe, par suite de

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mouvements divers qui avaient abaissé ou soulevé ces terrains de formation nouvelle, avait pris un aspect tout autre qu’elle ne l’avait eu au début, lorsque l'Europe septentrionale seule était représentée par deux massifs, que l’Europe centrale n’offrait que quelques îlots disséminés, et que des trois péninsules méditerranéennes, deux seulement étaient à peu près indiquées. Le massif Scandinave s’était légèrement étendu au sud par la formation de la Goihic et d’une portion du Jutland avec les îles ; le massif ouralien s’était également étendu au sud sur une partie des steppes ; l’arête du Caucase était formée ; les ilcs Britanniques existaient presque entières ; b péninsules du sud apparaissaient, la presque dans sa forme actuelle avec la ligne des.Baîkar^, péninsule italique figurée par l’étroite bande dé VApçjuiin V-- \ et de la Sicile , la péninsule ibérique par îlot é" rid ' IfE \ <£' massifs profondément découpés, dont le! ^principal éTàîTcelui des Pyrénées , récemment soulevées WjrV dans toute leur longueur et prolongées par les Céven Alpes ; l’Europe centrale, non moins profondément coupée, se rattachait aux péninsules du midi et pr< ment aux îles Britanniques par les massifs nouveaux du Jura , des Alpes juliennes, de la haute Allemagne et des Carpathes . Telles sont les portions du continent actuel formées par les terrains secondaires, et qui, émergées définitivement, s’ajoutaient aux portions probablement émergées déjà à la fin de la période dévonienne.

10. Les terrains tertiaires et quaternaires. — A partir de cette époque, les terres d'Europe, en grande partie sorties des eaux, ne présentent plus à l’Océan d’aussi vastes surfaces maritimes pour la formation de couches nouvelles. Ce sont, en général, des dépôts moins étendus, tantôt marins, tantôt lacustres, la plupart du temps isolés, qui garnissent le fond des mers secondaires, des golfes ou des lacs, qui l’exhaussent, et que les

oc;

derniers soulèvements amènent au-dessus du niveau de l’Océan.

On désigne quelquefois cette période sous le nom d’époque continentale, parce qu’en effet les continents, à cette époque, occupent sur le globe une place importante. Dans la période précédente, il y avait eu, à côté des innombrables mollusques qui peuplaient les mersetdont les coquilles ont constitué nos calcaires, certains animaux d’ordre supérieur; mais c’étaient presque tous, comme nos crocodiles actuels, des animaux amphibies, vivant sur le bord des eaux. Dans l’époque continentale, les animaux terrestres se multiplient, de grands mammifères herbivores peuplent les prairies et les forêts, et chaque continent commence à avoir sa faune et sa llore caractérisées.

Ainsi ont été ajoutés au continent européen les terrains tertiaires ; ils on L formé les contre- forts septentrionaux et méridionaux du Caucase avec la Crimée, la majeure partie des steppes , la Roumélie, une longue bande de Genève à la Hongrie et par delà (voir le carton n° 1), laquelle paraît avoir été un grand lac intérieur dont le lac actuel de Constance ne serait qu’un faible reste; ils ont comblé les bassins des golfes de la Seine et d' Aquitaine , les baies de la partie orientale de V Espagne, la Belgique occidentale, la Toscane , y compris l’Apennin, et créé une étroite bande traversant obliquement T Angleterre méridionale et presque toute VIrlande.

Les terrains quaternaires ont été formés parles dépôts marins les plus récents et par les alluvions des grands fleuves. C’est à cette formation qu’appartiennent les steppes orientales de la Russie, région généralement basse, encore marécageuse, située entre cette mer d’Azow que les anciens, à cause de son peu de profondeur, nommaient un marais (Palus Méotides) et qui n’a guère aujourd’hui plus de 3 à 15 mètres de fond, et la mer Caspienne, toute semée, de ce côté, d'iles innombrables qui paraissent être

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des terres en voie de formation, créées parles alluvions du Volga, le bassin de la Neva , conquis probablement aux dépens du golfe de Finlande, la fertile plaine de la Hongriej la vallée du Pô conquise par le fleuve sur l’Adriatique qu’il continue à ensabler, le delta du Rhône , la plaine du Rhin (Alsace et duché de Bade), apportée des flancs des Alpes par les eaux du Rhin, toute la basse Allemagne , vaste plaine unie, émergée du fond de la mer du Nord et de la mer Baltique, qui ne formaient probablement qu’une même mer (Voir la carte n° 4).

L’Europe avait alors sa forme actuelle. Les derniers grands soulèvements qui en ont modelé le relief paraissent avoir eu pour centre les A Ipes ; ils ont déchiré et courbé les couches des dépôts tertiaires, étendu les surfaces granitiques et projeté à une grande hauteur les pitons déchiquetés du mont Blanc (Voir le carton n° 2) et du mont Rose et les hautes murailles des Bernoises ; ils ont fait sentir leur influence sur la majeure partie de l’Europe dont ils ont déterminé les pentes générales, brusques au sud, douces et prolongées au nord, et les Alpes sont demeurées le nœud orographique de l’Europe centrale.

(Pour se rendre bien compte decette disposition générale, examiner sur la carte n° 4, Europe centrale, le relief du sol et le régime des eaux).

Quelques autres soulèvements partiel ont eu lieu au milieu des terrains modernes ; les volcans les ont produits et ils ont eux-mêmes, parleurs éruptions, recouvert de longues coulées de lave, de porphyre et de basalte des couches plus anciennes; les îles de l’Archipel, les environs de l’Etna, les îles Stromboli, la campagne du Vésuve, les puits d’Auvergne, l’Hécla sont au nombre de ces terrains volcaniques (voir les cartes nos 3 et 4) .

11. La direction générale des pentes. — Les divers soulèvements de la croûte terrestre, ainsi qu’on vient de le voir, n’ont pas relevé les montagnes en manière de murailles abruptes sur un sol uni. A côté des formes ca-

pricieases qu’affectent les sommets montagneux, sommets généralement déchiquetés et aigus dans les soulèvements granitiques, coupés eu hautes et longues murailles dans les soulèvements calcaires, les hauteurs se prolongent presque toujours sur une grande étendue; elles formentquelquefois des plateaux, quelquefois s’abaissent, elles se prolongent en pente douce et forment des plaines enveloppées de collines ou d’ondulations légères qui descendent jusqu’au niveau de la mer. Les chaînes de montagnes sont les points culminants de cette série de hauteurs étagées les unes au dessus des autres; le massif alpestre, théâtre des derniers grands soulèvements du vieux continent, est lui-même le point culminant de tout le système orographique de l’Europe.

Si l’on pouvait observer du haut des airs la configuration générale de l’Europe, on remarquerait :

1° Que le relief du sol apparaît comme une série de plans inclinés atteignant clans le massif alpestre leur plus grande élévation , que ces plans ont une très- faible inclinaison dans les plaines, une inclinaison plus marquée sur les plateaux, une inclinaison très -prononcée clans les régions montagneuses avec des accidents de terrain très-multipliés, vallées profondes, escarpements, pitons; que ces plans inclinés sont creusés de nombreux sillons dans lesquels se rassemblent et coulent les eaux, sillons étroits et profonds dans les régions montagneuses , c’est-à-dire vers le sommet du plan où les vallées sont très-encaissées, quelquefois aussi sur les plateaux, trèsrarement, au contraire, clans les plaines, où ils deviennent ordinairement des vallées spacieuses , larges et unies , de sorte qu’en suivant tel de ces sillons, on peut parvenir jusque dans le voisinage de l’arête du plan, sans être monté à une altitude supérieure à celle des plaines ou des plateaux (Pour comprendre cette ordonnance générale, examiner attentivement la carte n° 4) ;

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2° Que l’idée de montagne , qui désigne un sol faisant relief sur la contrée circumjacente , n’est pas nécessairement liée à l'idée de grande altitude, et que des plateaux, des plaines ou des vallées peuvent être plus élevés au-dessus du niveau de la mer que certaines chaînes de montagnes, mais qu’ils sont désignés comme plateaux, plaines ou vallées, parce qu’ils ne sont pas plus élevés ou le sont moins que la contrée circumjacente. Exemples : Le plateau de Bavière et la chaîne de la Côte-d’Or, la plaine de Suisse et le Westerwald, la vallée supérieure de l’Inn et le mont Hœllenberg en Poméranie (Voir la carie n° 4).

3° Que la majeure partie des grandes chaînes de montagnes est orientée de V ouest co l'est , comme le sont les A Ipes (Pyrénées et chaînes ibériques, Cévennes méridionales, Balkans, partie des Carpathes, Caucase) ; ce qui rappelle la structure géologique de l’Europe (moins la partie nord-est) après la formation des terrains paléozoïques ;

4° Que ces mêmes chaînes bordent de près la Méditerranée et laissent , au contraire , place pour des plateaux et pour de longues plaines entre leurs sommets et les mers du nord ;

5° Que, si l’on fait abstraction des îles Britanniques et de la presqu’île Scandinave, qui sont comme les digues avancées du continent contre l’effort de l’océan Atlantique, et aussi de la Russie, dont la vaste plaine est pour ainsi dire une dépendance de l’Asie, le relief de l’Europe présente un dessin assez régulier : deux hauts plateaux montagneux aux extrémités sud-est et sud-ouest , la péninsule ibérique et la péninsule hellénique : au centre , le grand massif ALrESTRE, principal relief de toute l'Europe, que flanquent , à l'ouest les Vosges , le massif central de la France et les Cévennes, rattachant les Alpes au plateau ibérique , à l’est , le quadrilatère de Bohême et les Carpathes , rattachant les Alpes au plateau hellénique ;

au nord , une longue plaine qui borde la mer du Nord et la Baltique , permettant de remonter jusqu'aux Alpes par une série de chaînes basses et par le grand plateau de Bavière (Voir figure n° 1).

0° Que Y Europe septentrionale (moins la Scandinavie et orientale est beaucoup au dessous du niveau général de l Europe centrale et méridionale , et présente, pour ainsi dire, une plaine continue, comme on le voit par les deux coupes ci-jointes de l’Europe (1), suivant des lignes allant l’une de Padoue h Dantzig, l’autre de Venise à Amsterdam, et indiquant toutes deux les rapports d’altitude des parties nord et sud de l’Europe centrale (Voir la fig. n° i.

A oii aussi la coupe de 1 Europe sur le côté de la carte u°4j.

En effet, si l’on trace sur la carte la ligne au-delà de laquelle le terrain dépasse une hauteur de 200 mètres, on trouve que :

Dans 1 Europe méridionale, l 'Espagne presque tout entière (moins la côte du Portugal, les vallées inférieures

1. Dans ces coupes (tirées de The carth andifs M. Guyot ; les hauteurs, pour être rendues sensibles relativement aux longueurs, très-exagérées.

inhabitanls, par à l’œil, ont été.

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du Guadalquivir et de l’Èbre), V Italie (moins la vallée du Pô, de l’Arno, la campagne de Rome, etc..), la péninsule Hellénique (moins la Thessalie et quelques vallées étroites) sont au dessus de cette limite de 200 mètres ;

Dans l’Europe centrale, les trois quarts cle la France , tout le massif Alpestre, d’Aix jusqu’à Vienne et au-delà, toute la Suisse, toute la haute Allemagne et meme une partie de l’Allemagne centrale jusqu’à Cologne, Hanovre et Dresde, presque toute la Bohême , la Moravie et la majeure partie de la Silésie, toute la région des Cafpathes avec la Transylvanie , la Gallicie, etc., sont également au dessus de cette limite ;

Dans le centre de l’Europe il n’y a guère qu’une petite portion de la vallée du Rhin et la grande plaine quaternaire de la Hongrie, et, dans l’Europe méridionale, que quelques côtes et vallées (vallée du Pô, etc.) qui soient à un niveau inférieur à 200 mètres.

On trouve, au contraire, que les basses plaines dominent dans le nord de l'Europe centrale; car, de Calais à Saint-Pétersbourg, le terrain à travers lequel coulent le Rhin inférieur, l’Elbe depuis Dresde, l'Oder depuis Breslau, la Vistule et le Niémen, terrain de formation moderne, est, en général, bien inférieur ci 200 mètres : il comprend la Belgique occidentale depuis les collines de Sambre-et-Meuse, la Hollande dont certains villages, dans les polders, sont situés à 4 ou o mètres au dessous du niveau de la pleine mer, une partie de la vallée du Rhin, la majeure partie du royaume de Prusse, le Danemark, une notable partie de la Pologne ;

Que les basses plaines dominent aussi dans l’Europe orientale, où toute la région du golfe de Finlande, au sud-ouest comme au nord-ouest de Saint-Pétersbourg, toute la région de l’océan Glacial jusque vers les sources de la Dwina du Nord, les grandes vallées, presque tout entières, du Volga , de l’Oural , du Don, du Dniéper et la

vallée clu bas Danube depuis les portes de fer, sont également inférieures à 200 mètres.

Dans l’Europe septentrionale et occidentale, la presqu’île Scandinave a toute sa partie occidentale fort élevée, son rivage de la Baltique et sa pointe méridionale étant seuls au dessous de la ligne de 200 mètres ; l'Islande, soulevée par l’Hécla, est presque tout entière au dessus de ce niveau.

L’Ecosse le dépasse également, excepté dans la plaine qui s’étend de Glasgow à Edimbourg et sur la côle occidentale; en Angleterre, le pays de Galles et une étroite bande de terrain qui, des hauteurs de lÉcosse, rejoint la ligne transversale des hauteurs de la cote méridionale, le dépassent aussi.

La différence entre le relief de l'Europe centrale et méridionale et l’Europe septentrionale et orientale devient bien plus sensible encore, si l'on observe la ligne des hauteurs supérieures à GdO mètres , où commence la région montagneuse. Dans l’intérieur de cette ligne, on trouve, au nord, le long massif occidental de la presqu île Scandinave, et des points isoles de la Grande-Bretagne Écosse et Galles) ; absolument rien dans l’Europe orientale jusqu’à l’Oural; dans la partie septentrionale de l’Europe centrale, quelques hauteurs figurant le sommet des chaînes (Harz, Thuringerwald, Vosges, etc. ; dans la partie méridionale, au contraire, de nombreux et larges massifs : le Jura , le gigantesque massif des Alpes, la chaîne des Carpathes et le quadrilatère clc Bohème , le vaste plateau de VEsj agnc avec la sierra Nevada , Y arête des Apennins , le large massif de la péninsule Hellénique.

12. Les profondeurs de la mer. — Entre le continent et la mer, la séparation n’est pas nécessairement formée par une pente abrupte comme une digue ; quelquefois la roche plonge tout à coup assez profondément, quel-

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quefois, au contraire, le rivage s’incline en pente insensible. En général, la profondeur s’accroît d’autant plus rapidement que la côte est bordée de plus près par de hautes montagnes.

C’est pourquoi, dans la Méditerranée , on atteint promptement une profondeur de près de 500 mètres, la Méditerranée étant bordée par les plus hautes montagnes de l’Europe. Il n’y a guère d’exception que dans les baies que les fleuves remplissent de leurs alluvions, les embouchures de l’Èbre, le golfe du Lion bordé par les lagunes du Languedoc, la mer Adriatique ensablée par le Pô. Le fond de l’Archipel, soulevé par les éruptions volcaniques, n’atteint pas (sinon au nord de Candie) 500 mètres. C’est aussi le chiffre le plus élevé que donne la sonde dans la "mer de Sicile; trace évidente de la continuation, à d’autres époques géologiques, de la péninsule Italique, par la Sicile, jusqu’à l’Afrique. La plus grande profondeur de la Méditerranée ne dépasse pas 2,800 mètres du côté européen; cette profondeur se rencontre vers les points centraux, entre les Baléares et la Sardaigne, entre la Sardaigne et l’Italie, entre la Sicile et Candie, au sud-est de Candie (1).

La mer Noire, mer à peu près fermée, ensablée par les alluvions de plusieurs grands fleuves d’Europe, ne dépasse pas en profondeur 1,800 mètres, et est beaucoup moins profonde au nord-ouest, où elle reçoit le Danube, le Dniester, le Dniéper, que dans les autres parties. La mer d’Azow est un bassin sans profondeur (3 à 15 mètres).

La mer Caspienne, que borde une vaste région (entre le Volga et les steppes asiatiques) située au dessous du niveau de la mer (de 15 mètres et plus sur certains points), est elle -meme de 27 mètres au dessous du niveau de VO -

1. Elle atteint 4,000 mètres au nord du golfe de la Sidre, dans le voisinage de la côte d’Afrique.

i/europe.

céan cl de la mer Noire, sa voisine ; ce qui indique qu'il existait là autrefois une mer plus vaste qui s’est desséchée en partie. Aussi n’a-t-ellc qu’une très-médiocre profondeur (à peine 7 à 10 mètres dans sa partie septentrionale jusqu’aux bouches du Terek), et n’atteint-elle 200 mètres en aucun point de toute sa moitié septentrionale.

Dans l’océan Atlantique , la mer atteint promptemeni une 'profondeur de 180 à 900 mètres et plus, sur les côtes montagneuses de la péninsule Ibérique , et même , quoique moins promptement, sur les côtes de l’Irlande, des Hébrides et de la Norwége . Les autres côtes, attenantes en général à des pays de plaines, ont une pente bien moins rapide. En réalité, V Europe repose sur un large piédestal qui réunit les îles Britanniques et le continent sur la même base; de sorte que, dans la Baltique (excepté sur quelques points), dans la mer du Nord (excepté sur la côte de Norvège, au pied des montagnes), dans la Manche , dans la mer cV Irlande , on n atteint pas à une profondeur de 180 mètres.

Le fond de l’Océan s’abaisse vers l’ouest et plonge à des profondeurs plus considérables que celui de la Méditerranée ; à l’extrémité du golfe de Gascogne, la sonde descend à plus de 1,500 mètres, c’est-à-dire à une 'profondeur qui égale à peu près la hauteur du mont Blanc.

Si l’on envisage la pente du terrain au dessous aussi bien qu’au dessus du niveau de la mer, la loi de la déclivité plus rapide vers le sud et l’ouest que vers le nord et l’est apparaît plus manifestement ; car, du sommet du mont Blanc (4,810 mètres au-dessus du niveau de la mer), on est séparé, en allant droit au sud, par 370 kilomètres, d’une profondeur de plus de 450 mètres au dessous du niveau de la Méditerranée ; en allant vers l’ouest, par 640 kilomètres, d’une profondeur de plus de 750 mètres dans le golfe de Gascogne, tandis que, dans la direction

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du nord, plus de 1,500 kilomètres séparent d’une profondeur supérieure à 150 mètres et dans la direction du nordest, près de 3,000 kilomètres séparent d’une profondeur supérieure à 30 mètres dans l’océan Glacial.

13. Les chaînes de montagnes. — Des profondeurs de l’Océan et de la Méditerranée jusqu’aux hauteurs supérieures à 630 mètres, la série d’assises superposées présente dans son ensemble une surface très-large avec de légères inclinaisons. Les hauteurs formant les lignes de faîte sont les chaînes de montagnes qui constituent les arêtes du continent européen ; elles peuvent se diviser en sept groupes principaux :

1° Le groupe des chaînes Ibériques, avec les Pyrénées ;

2° Le groupe Alpestre, auquel, outre les Alpes proprement dites, se rattachent le Massif central de la France, le Jura, les Vosges et leurs ramifications, composant le système français ; les monts de Corse et de Sardaigne, et I’Apennin, composant le système italique ; les Balkans, le Pinde et leurs nombreuses ramifications, composant le système hellénique : c’est de beaucoup le groupe le plus important.

Ces deux groupes enveloppent la Méditerranée (moins la mer Noire), lui envoient les eaux qui descendent de leurs versants méridionaux (excepté dans certaines chaînes ibériques qui ont l’Océan pour débouché), et dessinent les trois péninsules du sud de l’Europe.

3° Le groupe des Carpathes avec le quadrilatère des monts de Bohême et les monts de l’Allemagne centrale : c’est le système allemand, lequel sépare, dans l’Europe centrale, le bassin de la mer Noire du bassin de la Baltique et de la mer du Nord.

Ces trois premiers groupes communiquent entre eux et forment comme une série non interrompue de hauteurs dans l’Europe méridionale et centrale. Les quatre groupes suivants sont isolés.

4° Le groupe des îles Britanniques, dont le système embrasse la Grande-Bretagne et l'Irlande ;

5° Le groupe des Alpes Scandinaves avec les collines de Finlande.

Ces deux derniers forment la digue occidentale de l'Europe contre l'Océan, et ramènent presque toutes les eaux qu’ils reçoivent vers les bassins intérieurs de l’Europe ;

6° L’Oural avec les plateaux qui se prolongent vers l’ouest ;

7° Le Caucase.

Ces deux derniers sont situés à la limite extrême de l’Europe orientale, qu’ils séparent de l’Asie.

14. Le groupe clés chaînes Ibériques. — La péninsule Ibérique est généralement élevée ; de la sierra Morena, qui se dresse au dessus de la vallée du Cuadalquivir, jusqu’à la chaîne ibérique, et particulièrement à la sierra de Moncayo, qui domine la plaine d’Aragon, s’étend le vaste plateau de Castille, le plus élevé de toute l’Europe (plus de G30 mètres en moyenne). Il forme comme un plan légèrement incliné vers le nord, coupé en deux par la sierra de Guadarrama, qui sépare le plateau de la Nouvelle-Castille, dont la hauteur moyenne n’est que de G00 mètres, du plateau de la "Vieille-Castille, dont la hauteur moyenne est de près de 700 mètres ; dans les nombreux massifs de ce plateau, tous les fleuves de la Péninsule prennent leurs sources et les chaînes viennent en quelque sorte s’y confondre (Voir la carte physique d’Espagne). Le réseau complexe de ces massifs a été divisé par les géographes en Irois groupes.

I. Le groupe du sud comprend trois chaînes orientées de l’ouest à l’est :

1° La sierra Nevada, c’est-à-dire la chaîne neigeuse, qui s’étend avec diverses dénominations (1), sur une longueur

(1) Sierra de Ronda, Sierra Nevada, Sierra des Alpujarras, Sierra de Gador, etc. En général, les chaînes espagnoles n’ont pas dans le

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d’environ 300 kilomètres, du cap Tarifa au cap Gata, haute chaîne formée de vastes plateaux nus et de sommets qui atteignent 3,500 mètres (le Mulahacen, 3,554 mètres), tombant en pentes rapides sur le versant méridional du côté de la mer, et se continuant au nord par la terrasse d’Andalousie jusqu’au Guadalquivir ;

2° La sierra Morena, c’est-à-dire la montagne noire, ainsi nommée à cause des arbustes à feuillage sombre qui la tapissent ; c’est la muraille méridionale du plateau central, et, par conséquent, elle présente, du côté du nord, à peine quelques monticules, tandis qu’elle descend, du côté du sud, en longues pentes inclinées ; ses sommets ne dépassent guère 1,000 à 1,500 mètres; elle est riche en mines ;

3° Les monts de Tolède , aux flancs décharnés, la sierra de Montanclies et les montagnes qui lui font suite en s’inclinant au sud-ouest vers la sierra de Monchique et l’Algarve, plateau détaché, rocheux et volcanique : le cap Espichel est la pointe extrême d’un rameau, à l’aspect volcanique et désolé, de celte chaîne tortueuse. Son plus haut sommet est la pointe de la sierra de Guadalupe, qui dépasse l-,500 mètres ; les autres mesurent seulement de 5 à 700 mètres.

II. Le groupe du centre comprend deux chaînes disposées en forme de T :

1° La sierra Guadarrama , que traverse le chemin de fer de Madrid, la sierra de Gredos , et les montagnes qui lui font, suite (Gata, Estella, Junto) jusqu’au cap Roca, là pointe la plus occidentale du continent européen ; plus élevée que les deux précédentes (la sierra de Gredos atteint 3,000 mètres), celle chaîne est également orientée de l’est à l’ouest; étroite, escarpée, granitique et coupée de rares cols (Somo-Sierra 1,500 mètres) à l’est, elle se

pays de dénomination générale; ce sont les géographes qui les groupent sous les noms principaux.

L’EÜROL'E.

développe en larges plateaux dans la partie occidentale et se termine par un massif calcaire ;

2° Les monts Ibériques , dont la direction est du nordouest au sud-est, et qui se rattachent à la précédente, sont moins une chaîne qu’un vaste plateau calcaire et généralement aride, élevé de 7 à 90Ü mètres, semé çà et là de massifs montagneux (sierra de Oca, sierra de Moncayo, sierra d’Albarracin, etc.), reliant entre elles la plupart des chaînes transversales de la péninsule, depuis les sources de l’Èbre, où il se détache des Pyrénées, jusqu’au cap Saint-Martin, au delà duquel les îles Baléares le continuent en quelque sorte à travers la Méditerranée. Comme ce plateau forme la muraille orientale du plateau central, il a des pentes beaucoup plus prononcées à l’est qu’à l’ouest; ses sommets, en grande partie calcaires, sont élevés et plusieurs conservent leur neige toute l’année ; il projette plusieurs rameaux.

III. La chaîne des Pyrénées s’étend de l’est à l’ouest, sur une longueur de plus de 1,100 kilomètres, depuis le cap Creux jusqu’aux caps Estelas et Finisterre, comme une haute muraille étayée par de puissants contre-forts qui en sont les rameaux transversaux, presque tous parallèles à la chaîne principale ; les pentes méridionales sont en général plus escarpées que les pentes septentrionales. On les divise en deux parties :

1° Les Pyrénées hispano- françaises (360 kilomètres) qui séparent la France de l’Espagne, se subdivisent elles mêmes en trois sections (Voir la Finance et ses colonies § 20) et projettent, au sud, de nombreux et longs rameaux jusqu’au bord de l’Ebre ;

2° Les Pyrénées espagnoles (770 kilomètres) qui se subdivisent en monts Can labres, monts des Asturies , monts de Galice , selon les provinces qu’elles traversent, qui, médiocrement hautes et percées de nombreux cols dans leur partie orientale, se relèvent dans leur partie centrale (As-

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turies) jusqu’à plus de 3,000 mètres et présentent une suite de pics neigeux, aigus, aux pentes boisées, avec un seul passage, la route de Gijon à Léon, puis s’épanouissent en nombreux rameaux qui couvrent toute la Galice et le nord du Portugal et forment le flanc septentrional du plateau Castillan. L’arôte des monts de Galice présente au début une courbe très-arquée vers le nord, puis se replie au sud-ouest pour se terminer près de l’embouclmre du Minho.Les Pyrénées sont, sur plusieurs points, traversées par des chemins de fer.

La péninsule Ibérique a peu de plaines et rien que des plaines élevées et étroites, nivelées par le cours inférieur de ses fleuves ; la plaine cl’ Andalousie est la plus importante.

Fig. 2. — Coupe des Alpes du lit de la Tauber au lit du Pô (hauteurs très-exagérées relativement aux longueurs).

15. Les Alpes. — Le groupe alpestre a pour centre la grande chaîne des Alpes proprement dites qui se développe au nord de la péninsule Italique sous la forme d’un arc- de cercle cl’environ 1,500 kilomètres . Parvenue aux deux tiers environ de sa longueur, elle se divise, dans sa partie orientale, en deux branches dont l’une se courbe pour continuer l’arc de cercle et dont l’autre se prolonge en ligne droite vers l’est comme une tangente à l’arc. Entre ces deux branches, sont de nombreux rameaux qui

forment de toute la partie orientale comme un seul et large massif montagneux.

Les Alpes, dont le nom, d’origine celtique, signifie hauteur, et est encore employé par les montagnards suisses pour désigner les pâturages élevés, sont le 'plus puissant massif montagneux de V Europe. Ce massif présente une surface d’une largeur de 120 à 240 kilomètres, plus éten-

Fig. 3. — Coupe des Alpes, du lac de Genève au Sœrnmering (hauteurs très-exagérées relativement aux longueurs).

due à l’est qu'à l’ouest, brusquement coupée, du côté de l’Italie, par les pentes escarpées qui enceignent la péninsule et descendent aux bords du Pô presque jusqu’au niveau de la mer, prolongée, au nord, par une suite de montagnes moins hautes qui, sur une ligne à peu près droite passant dans le voisinage de Berne, de Munich et de Tienne,

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descendent dans la haute plaine de la Suisse et sur le plateau de la Haute-Allemagne (Voir la figure 2, représentant la coupe des Alpes et de la Haute-Allemagne, de la vallée du Pô au lit de la 1 au ber, et la carte n° 4). Dans la direction de l’ouest à l’est, la chaîne centrale va se dégradant doucement vers l’est, jusqu’au bord du Danube (Voir la figures, représentant la coupe des Alpes du lac. de Genève au Sœmmering). Son arête principale est formée de granit ; ses chaînes secondaires, au nord et au sud, de calcaires et de schistes. Elle présente plusieurs importantes vallées transversales, étroites et pittoresques, comme celles du Tessin, de l’Adige, delà Reuss ; mais ses plus longues vallées sont, comme celles du Rhône, de 1 Inn, de la Drave, dirigées dans le même sens que laicle centrale, et, par conséquent, le massif tout entier se compose de diverses branches parallèles : ce qui donne aux Alpes un caractère distinct de celui des Pyrénées et beaucoup plus varié. Les Alpes renferment les plus hautes montagnes cle V Europe-, nulle part, les neiges éternelles ne sont aussi abondantes, les glaciers aussi nombreux : aussi les Alpes sont-elles, en Europe, le réservoir le plus considérable d’eau douce. On les divise en trois sections, Alpes occidentales, Alpes centrales, Alpes orientales (Suivre attentivement le détail des Alpes sur le carton de la carte n° 3 et sur la carte n° 4).

I. Les Alpes occidentales, s’étendent dans la direction du nord-ouest, du nord et du nord-est sur une longueur de 460 kilomètres, du col de Cadibone, au-dessus du golfe de Gênes, jusqu au mont Saint-Gotliard ; elles deviennent plus hautes à mesure qu’on s’avance vers le nord ; elles Comprennent quatre chaînes (Voir pour les détails la France et ses colonies), qui se terminent en muraille abrupte sur le versant oriental et se développent par de longs rameaux jusqu’au bord du Rhône, sur le versant occidental :

1° Les Alpes maritimes, du col de Cadibone au mont Viso (480 lui.);

2° Les Alpes Cottienncs, du mont Yiso au mont Cenis (110 kil.), à travers lesquelles a été pratiqué le grand tunnel de Modane à Bardonnèche ;

3° Les Alpes Grées , du mont Cenis au mont Blanc (33 kil.) ;

4° Les Alpes Pennines , du mont Blanc au mont Saint- Gothard (environ 160 kilomètres), comprenant les trois plus hautes montagnes d'Europe : le mont Blanc (4,810 mètres), immense muraille de granit, entre le col du Bonhomme et le col de Balme, inclinée au nord-est, tombant à pic sur le versant oriental, dans le val Ferret et l’Allée Blanche, présentant, sur sa face occidentale, d’innombrables pics noirâtreset déchiquetés qui se dressent au milieu des dômes et des nappes de neige et entre lesquels descendent, jusque dans la vallée de Chamonix, quelques-uns des glaciers ; le mont Cervin qui s’élève audessus des glaciers de sa base, comme une gigantesque pyramide de granit, si abrupte que la neige ne saurait y tenir et que nul n’a pu en tenter impunément l’escalade ; le mont Bosa (4,638 m.), séparé du précédent par le col Saint-Théodule, mais présentant aux regards un tout autre aspect, des glaciers et des plaines de neige sans fin sur le flanc de ses pitons aigus ; c’est, sinon le sommet le plus élevé (le mont Blanc le dépasse), du moins, dans son en- ■scmble, la masse de granit et de neige la plus considérable de l’Europe. Au delà du mont Rosa, sont le S impion '.3,710 m.) et le mont Griès. A l’est du mont Blanc, et séparé de lui par le col Ferret , est le grand Saint- Bernard.

Les principales routes carrossables à travers les Alpes occidentales sont celle du col de Tende , celle du mont Gcnèvrc, celle du mont Cenis , celle du petit Saint-Bernard ; enfin la magnifique route du S impion, construite durant le premier Empire français, qui conduit d’Italie dans le Valais, descend vers l’ouest la vallée du Rhône jusqu’au

LE RELIEF DU SOL. 35

lac de Genève, sans franchir la muraille des Bernoises, et de là, donne accès en France.

II. Les Alpes centrales, s’étendent dans la direction est-nord-est, sur une longueur de 300 kilomètres, depuis le Saint-Gothard jusqu’au pic des Trois-Seigneurs ( Drei - Hcrrn-Spüz). C’est principalement dans cette partie, correspondant à la Suisse et au Tyrol, que sont les grandes masses de neige, la source des grands cours d’eau et les

Idg'. 4. Paysage alpestre (la chaîne des Bernoises, Yung-frau, etc. h vue de la petite Scheideck). Hauteur : environ 2,000 mètres, le sol de la petite Scheideck étant déjà à 2,000 mètres au-dessus du niveau de la mer.

sites pittoresques les plus visités par les touristes (Voir la ligure n° 4, représentant un paysage alpestre). Elles comprennent sept chaînes, dont les deux premières continuent l’arête centrale, et dont les autres sont les principales branches du tronc :

1° Les Alpes Lépontiennes se dirigeant à très-peu-près vers l’est et s’étendant sur 130 kilomètres, de Saint - Golhard à la Maloïa.

L’EUROrE.

Le Saint-Gotu.vad est, pour ainsi dire, le centre de tout le massif alpestre, bien qu’il n’en soit pas la partie culminante ; de là partent des ramifications divergeant dans tous les sens et des eaux qui s’écoulent vers les mers les plus opposées, par le Rhône, le Tessin, la Reuss, le Rhin, et, un peu plus loin, par FInn (1).

2° Les Alpes Rhéiiques se dirigeant vers l’est-nord-est, du Bernardino au pic des Trois- Seigneurs (Drei-Herrn- Spitz), lequel est une des moindres élévations du massif désigné sous le nom de Grand Taucrn. C'est une partie très-pittoresque, très-accidentée, dans laquelle se trouvent le mont Démina , avec ses glaciers, plus loin F OEtzthal , et dont les ramifications se développent au nord et au sud, encaissant les vallées de FInn, de l’Adda et de l’Adige ;

31' Les Alpes Bernoises , la plus importante des chaînes secondaires du groupe Alpestre, prennent naissance dans le massif du Saint-Gotliard et courent de l’est à l’ouest, en formant avec les Alpes Lépontiennes et Pennines un angle aigu dans lequel coule le Rhône. Comme l’arète centrale, les Bernoises présentent du côté sud une muraille escarpée de granit, et du côté nord des pentes plus allongées ; elles renferment de nombreux glaciers, entre autres, le glacier d’Aletscli, le plus grand des glaciers des Alpes (24 kilomètres), de hautes montagnes, le Finsteraar-horn (4,300 mètres), la Yung-frau (4,180 mètres), couronnée de neiges (Voir la figure n° 4\ les sites pittoresques de l'Oberland et les plus célèbres cascades de la Suisse.

4° Les A Ipcs centrales envoient vers le sud de nombreux contre forts qui viennent s’effacer dans les plaines de la

1. Quelques géographes terminent les Alpes pennines au mont Rosa et font commencer à cette montagne les Alpes Lépontiennes, qu’ils conduisent, les uns jusqu’au Bernardino, les autres jusqu’à la Maloïa. Le reste jusqu’au Drei-llerrn-Spitz forme les Alpes Rhêtiques.

LE RELIEF DU SOL

liante Italie ; mais un seul de ces contre-forts forme une véritable chaîne, c’est le massif du mont Orller (3,900 mètres), dont les rameaux, Alpes du Tyrol (mont Redorta, etc., etc.), s’étendent au loin entre FAdda (Valteline) et l'Adige.

De nombreux cols et quelques grandes routes percent ces massifs et mettent en communication l’Europe centrale et l’Europe méridionale. Les grandes routes sont, indépendamment de celle du S lmp Ion , que nous avons mentionnée à propos des Alpes pennines :

La route du Saint-Gothard , qui, du lac Majeur et du lac Lugano, remonte la vallée du Tessin, franchit la montagne en se repliant en forme de lacet autour de ses flancs et descend la vallée de la Reuss jusqu’au lac des Quatre- Cantons ;

La route du Bernardine, qui, du lac Majeur, près duquel elle rejoint la route du Saint-Gothard, gagne la vallée du Rhin, qu’elle suit jusqu’au lac de Constance, et la route du Splugen qui, de Milan, par le lac de Corne, va rejoindre la précédente au-delà du col du Splugen ;

La route de la Maloïa , qui se détache de la précédente à Ghiavenna, se rend par le col de la Maloïa dans la vallée supérieure de l’Inn et suit le cours de cette rivière jusqu’au Tyrol et à l’Allemagne, en traversant un second col (Finstermunz-pass) et après avoir envoyé vers le nord une double route sur Goire, par le mont Septimer et par le mont Julier ;

La route de la Valteline , la plus haute route carrossable de l’Europe (2,814 mètres), qui, par le col de Stelvio, situé dans la chaîne de l’Ortler, rejoint le Tyrol italien (vallée de l’Adige), et, plus loin, par le col de Reschen (Alpes Rhé tiques), le Tyrol allemand (vallée de l’Inn) ;

La route du Tyrol, qui franchit le col du Brenner (Alpes Rhétiques) , pour réunir directement le Tyrol italien

LEUROPE.

(Trente) au Tyrol allemand (Innspruck), et qui est desservie par un chemin de fer.

III. Les Alpes orientales, qui commencent au pic des Trois-Seigneurs, se composent de deux grandes chaînes, avec leurs prolongements et leurs rameaux : la chaîne des Alpes Noriques et Styriennes qui mesure plus de 200 kilomètres et don t les dernières hauteurs cessent au delà de Grætz, d’une part, et près de Tienne, d’autre part ; la chaîne des Alpes Carniques et Juliennes , qui mesure environ 250 kilomètres et qui enveloppe, à l’orient, l’Italie et l'Istrie, et se relie au système des chaînes de la péninsule Hellénique. Les Alpes orientales comprennent sept chaînes :

1° Les Alpes de Salzbourg , rameau latéral qui, du pic des Trois-Seigneurs, prend sa direction vers le nord-est, et auquel on peut rattacher les importants massifs situés entre la Salza etl’Enns (Tannenberg, etc.);

2° Les Alpes Noriques , qui commencent au pic des Trois-Seigneurs et dont la principale élévation est le grand- Glockner (3,890 mètres), le plus élevé des sommets du grand lauern ; la chaîne court entre la Muhr et la Drave et sc prolonge au delà de la Muhr ; on peut y rattacher le Bakony-wald, dernières pentes nord-ouest des Alpes au coude du Danube ;

3° Du point où la Muhr et 1 Enns prennent leur source, se détache le massif des Alpes deStyrie , qui courent entre ces deux rivières et comprennent les Alpes de Radstadt ; au delà du Schneeberg (la montagne de neige) et du Sœmmering, par lequel passe le chemin de fer de Vienne à Tiiestc, ce ne sont plus que des collines désignées sous le nom de Wiener-wald ;

4° Les Alpes Carniques, qui s’étendent du pic des Trois- Seigneurs au col de Tarvis, et dont les sommets, bien moins élevés que ceux des grandes Alpes et même des Alpes Toriques, n’atteignent pas 3,000 mètres ; le granit

LE RELIEF DU SOL. 39

y -est remplacé par des schistes et des calcaires, et, sur certains points, par des roches volcaniques ;

5° Les Alpes Juliennes , du col de Tarvis aux environs de Fiume, plus basses que les précédentes, toutes calcaires, et percées, comme la plupart des chaînes calcaires, de nombreuses grottes parcourues par des rivières souterraines ;

6° Les Alpes Cadoriques sont le principal rameau italien des Alpes Carniques; elles séparent la vallée de l’Adige des vallées de la Piave et de la Brenta ;

7° Les Alpes de Croatie , doubles hauteurs se continuent, entre la Braye et la Save, jusqu’au-dessus delà plaine marécageuse du Danube, sont le principal rameau autrichien des Alpes Carniques.

Les grandes vallées longitudinales des Alpes Styriennes, Noriques et Carniques sont parcourues par des routes qui, des bords du Danube, donnent accès jusqu’aux hautes montagnes que ces routes traversent ensuite par divers cols ; les principaux sont : celui de Inniclien, entre la vallée de l’Adige et celle de la Drave; le col de Tarvis , de l’Italie dans la vallée de la Drave (Viilach) ; le col de Laybach , de Trieste et de l’Italie dans la vallée de la Save, et de là jusqu’à Tienne : c’est par là que passe aujourd’hui la voie ferrée orientale qui réunit Tienne et l’Italie.

Au sud du vaste amphithéâtre des Alpes, s’étend la belle et riche plaine du Pô et de la Ténétie.

16. Le système Italique. — Les Apennins, qui, sur une longueur de plus de 1,000 kilomètres, parcourent, du nord au sud, toute la péninsule Italique et en sont en quelque sorte l’épine dorsale, paraissent être la continuation des Alpes, et leur nom a la même étymologie. Ils en diffèrent pourtant beaucoup par leur structure générale ; ils sont Beaucoup moins élevés, ne mesurant en moyenne que 1,000 à 1,100 mètres ; ils n’ont pas de neiges éternelles, peu de pitons granitiques et aigus ; c’est le calcaire qui domine,

mêlé sur divers points à des roches volcaniques; les parois sont généralement grises, sombres, dénudées ; les gorges, étroites, rocheuses. Les Apennins se divisent en trois parties :

1« L * Apennin septentrional , qui s’étend du col de Cadibone, près de Savone, jusqu’à la source du Tibre, sur une longueur de 300 kilomètres, en formant vers le sudest une vaste courbe qui enveloppe le golfe de Gênes et la Toscane, chaîne étroite, médiocrement élevée , à pentes rapides sur le versant méridional. Les principaux cols sont ceux : de Cadibone, de la Bocclietta , par où passe le chemin de fer de Gênes, de Pontremoli, par où Tannée française déboucha avant de livrer la bataille de Fornoue, en 1495, de Poretta , par où passe, à l’aide d’une longue suite de souterrains, le chemin de fer de Bologne à Florence, celui de Pietra-Mala .

2° L * Apennin central , qui s'étend de la source du Tibre (mont Cornaro) jusqu’au mont Yellino près du lac Celano, sur une longueur de 280 kilomètres. Il est bas à sa naissance, mais il se relève ensuite et renferme la montagne la plus élevée de la chaîne entière, le Grand- Sasso d’Italie (2,900 mètres). Dans cette partie, la chaîne se déploie sur une plus grande largeur (près de 200 kilomètres) et envoie à l’ouest plusieurs grands rameaux désignés sous le nom de chaînes Sub-A pennines , appartenant en général aux formations tertiaires ou volcaniques et présentant une série de mamelons cultivés : le Sub- Apcnnin Toscan , qui part du mont Cornaro et s’étend entre les vallées étroites de l’Arno et du Tibre; le Sub- Apennin romain, qui part du mont Yellino et couvre de ses innombrables collines le terrain compris entre le Tibre et le Yulturne.

Le seul passage est celui que suivait la voie Flaminienne des anciens et qui, de Rome, conduit* par Foligno, à Ancône et à Fano.

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3° L’ Apennin méridional , qui, du mont Vellino au cap deir Armi, s’étend sur une longueur de 500 kilomètres, dans la direction du sud-est. Le Sub-Apennin vésuvien entoure le Vésuve, qui se dresse, isolé, au dessus de Naples, et qui, seul des anciens volcans de la péninsule, est encore en activité (Voir la figure n° 5). Au mont Acuto, près de Venouse, l’Apennin méridional se partage en deux branches, dont l’une va se terminer en pente douce au cap Leuea, et l’autre, plus abrupte, formée en partie de roches primitives, se courbe au sud-ouest, constitue le sol de la Calabre, forme le haut et vaste plateau de la Sila (4,400 mètres) et finit aux caps Spartivento et delf Armi. Le principal col est celui d’Ariano, entre Avellina et Foggia.

Fig. 5. — Le Vésuve vu de la mer. Hauteur : 1,198 mètres.

Les Apennins ne laissent de place à de grandes plaines que sur leur versant occidental, plaine de Toscane, campagne de Rome, terre de Labour, et au sud de la péninsule.

Les montagnes de Sicile sont en quelque sorte la continuation de l’Apennin. Elles se composent de deux chaînes granitiques et calcaires avec de nombreux contreforts : l’une traverse l’île dans sa partie septentrionale de l’est à l’ouest, et l’autre se détache de la précédente vers le centre de l’île pour courir h la pointe sud-est ; à la jonction des deux chaînes, les sommets atteignent 1,900 mètres. Beaucoup plus élevé est le volcan de I’Etna (3,310 mètres), qui, comme le Vésuve, se dresse isolé sur la côte, au milieu des terrains qu’il a formés lui-même par ses

éruptions. Durant les vingt derniers siècles, l’histoire a enregistré 75 éruptions de l'Etna; la dernière, qui a eu lieu cette année même (1872), a été désastreuse. La précédente (1865) avait ouvert au monte-Frumento un nouveau cratère.

La principale plaine est dans la partie méridionale de l'ile.

La Corse et la Sardaigne, que la mer a séparées, sont en réalité une môme chaîne de montagnes, granitique en Corse, où les sommets sont plus élevés, granitique et calcaire en Sardaigne, où les hauteurs s’abaissent très-sensiblement à mesure qu’on s’avance vers le sud.

17. Le système français. — Le système français est adossé au nord-ouest du massif alpestre, dont il est séparé par les vallées du Rhône et de l’Aar. Il présente une pente générale vers le nord-ouest et comprend plusieurs chaînes qui appartiennent, en totalité ou en majeure partie, au sol français (Voir pour plus de détails la France et ses colonies).

1° Le Jura, qui est relié aux Alpes par le Jorat et qui dresse entre la Suisse et la France sa grande muraille calcaire. La ligne de faîte, située à l’orient des divers étages composant la chaîne, est presque tout entière sur le territoire suisse, avec les monts Noiremont, Tendre (1,690 mètres), Suchet, Weissenstein, etc., et se prolonge jusqu’au conlluent de l’Aar et du Rhin.

2" Les Cévennes, avec leurs prolongements de la Côted'Or, du plateau de Langres , des Faucilles et les rameaux qui continuent la pente nord-ouest; avec le massif central, le prolongement qui sépare la Loire et la Seine elles prolongements de YArgonne et des Ardennes.

Les Ardennes, dont la France ne possède que l’extrémité méridionale, se prolongent entre la Meuse et la Moselle jusqu’aux bords du Rhin et forment les plateaux sauvages et ondulés de YEifel , élevés en moyenne de 500 mètres.

3° Les Vosges, dont le centre de soulèvement est au

LE RELIEF DU SOL

grand Honcck et qui s’abaissent vers le nord, ont leurs plus hauts sommets au delà de la frontière, où on les désigne sous le nom de Hardt , partie dans laquelle se trouve le mont Tonnerre (680 mètres), la dernière éminence importante de la chaîne; elles envoient à l’ouest, entre la Nahe et la Moselle, un rameau de collines boisées, qu’on nomme le Hundsruck >

Entre les Alpes et le Jura, est la haute plaine de la Suisse ; entre les Alpes et les Gévennes, l’étroite vallée du Rhône, qui s’élargit pour former la plaine du Languedoc ; à l’ouest des Gévennes s’étendent deux grandes plaines : la plaine d’Aquitaine, au sud du massif central, et la plaine du nord-ouest de la France au nord du massif.

18. Le système hélléniqrio — Près de Fiume, où se terminent les Alpes Juliennes, commence la chaîne des Alpes Dinariques, qui est, sur une longueur de 600 kilomètres, la continuation de la précédente ; même direction sud-est, même formation calcaire, quelquefois granitique; élévation médiocre. Elles forment un système complexe de chaînons parallèles, qui enferme plusieurs vallées sans issue, dont les îles lllyriennes elles-mêmes font partie, et qui s’étend, en couvrant une grande étendue de pays, jusque vers la source du Drin blanc et celle de l’ïbar, affluent de la Morava.

Aux sources de l’ïbar, du Brin et du Vardar, trois chaînes se réunissent : les Alpes Dinariques, e t deux autres chaînes, savoir :

La chaîne des monts Balkans (le mont Hémus des anciens), qui prend différents noms (Tchar-Dagh, 3,080 mètres, etc.), et qui court pendant environ 600 kilomètres dans la direction de l’est jusqu’au cap Eminehsur la mer Noire, séparant le bassin du Danube des bassins de T Archipel et de la mer de Marmara. Son rameau le plus important est le Despolo- Dagh (le Rhodope des anciens), qui ferme à l’ouest la vallée de laMaritza;

La chaîne du Pinde, qui, sous divers noms aussi (mont Mezzoyo, 2,720 mètres, etc.), continue vers le sud-sud-est les Alpes Dinariques, et dont les nombreux rameaux enserrent les étroites vallées de la Grèce; elle se continue dans la Morée, dont le plateau d’Arcadie forme la partie centrale, et elle se termine au cap Matapan. Les îles Cérigo et Candie en sont le prolongement.

Toute la péninsule Hellénique est très-accidentée et n’a que des plaines peu étendues sur les côtes; plusieurs sommets y atteignent la limite des neiges éternelles et, dans la partie centrale, entre le Danube et le golfe de Salonique, la largeur du massif de montagnes n’est pas de moins de 400 kilomètres : c’est le haut plateau hellénique.

A ce système on peut rattacher le groupe des Cycladcs ,

LE RELIEF DU SOL

tout formé d’anciens volcans; récemment (1866) une éruption nouvelle a bouleversé une partie du groupe de Santorin. C’est au milieu de ces îles, dans un terrain de formation calcaire, qu’est la grotte, d’Antiparos, vaste caverne dans l’intérieur de laquelle on descend par une étroite ouverture, et qu’ont rendue célèbre ses belles stalactites (Voir la fïg. n° G).

19. Le s Carpathes. — Les Garpathes continuent en réalité les massifs helléniques au nord -est, mais elles sont généralement moins élevées. C’est la meme formation géologique; le Danube, dont elle barrait le cours, Fa minée et s’est frayé un étroit passage désigné sous le nom de Portes de fer , à l’endroit où est aujourd’hui la ville d’Orsova. Au nord du fleuve, commence la chaîne des Carpathes, composée de terrains divers dans lesquels dominent le granit et les roches volcaniques ; elle se divise en deux parties :

1° Les Carpathes orientales , qui s’étendent de la rive du Danube à la source de la Theiss, en formant, sur une longueur d’environ 700 kilomètres, une courbe dirigée d’abord de l’ouest à l'est et désignée sous le nom d ’A Ipes de Transylvanie , puis au nord-nord-ouest ; les pentes extérieures sont rapides; toute la partie intérieure de la courbe, sur une profondeur de près de 400 kilomètres, n’est que montagnes et collines s’abaissant doucement vers l’ouest, mais gardant dans tout le massif, à l’exception des profondes vallées, une hauteur de 350 à 630 mètres et présentant à son extrémité, à l’ouest de Klausenbourg, un massif d’une élévation de 12 à 1,500 mètres, dont le principal sommet est le mont Bihar;

2° Les Carpathes occidentales, orientées au nord-ouest, lesquelles comprennent les Carpathes proprement dites, du mont Pietros, où naissent la Theiss et lePrath, jusqu’à la source de la Poprad, affluent de la Vistule, chaîne d’une élévation et d’une épaisseur médiocres, et le mont Tatra ,

l’eürope. 3.

massif considérable composé de plusieurs lignes de hauteurs parallèles (Babia-Gora, Taira, Liptauer, etc.), et à 1* extrémité occidentale duquel sont les hautes vallées de l’Oder et de la Waag et plusieurs massifs ou chaînes secondaires, entre autres le Beskiden et le petit Carpathe, dont les collines descendent jusqu’à la rive du Danube.

Du nord-est des Garpathes occidentales part une série de petites collines basses qui forment le dos d’où les eaux coulent, au nord, vers la Vistule, au sud-est, vers le Dniester, et qui bientôt s’abaissent en une haute plate-forme couverte d’un immense marais, le marais de Pinsk , où les rivières naissantes qui vont couler, les unes vers la Baltique, les autres vers la mer Noire, confondent souvent leurs eaux. Au nord-ouest, sur la rive gauche de la Vistule, est un plateau montueux et boisé, dit chaîne Sainte- Croix, dont le principal sommet est le Lyssagora, au nord duquel la plaine de la Basse-Allemagne se confond avec celle de l’Europe orientale.

Les principales routes qui traversent les Carpathes sont : celle de Temeswar à Orsova (passe de Teregova), celle dTIermanstadt à la vallée de l’Aluta (passe de la tour Bouge), celle de Kronstadt, et celle de la Moravie à Cracovie sur le flanc occidental du mont Tatra, par où passent les chemins de fer de Vienne et de Prague à Gracovie.

Entre les Carpathes et les Alpes s’étend la plaine de Hongrie , présentant, surtout à l’est et à l’ouest, des coteaux et des champs fertiles séparés au centre par une longue ligne de steppes et de marécages ; entre les Garpathes et les Balkans, la plaine da bas Danube, plaine d’alluvion, basse et fertile, mais marécageuse dans le voisinage de la mer.

20. Le quadrilatère de Bohême. — Au centre de l’Europe, il existait deux massifs granitiques et siluriens qui dessinaient à peu près un quadrilatère. Ils ont formé les quatre chaînes qui enveloppent d'une ceinture de plus

■LE RELIEF DU SOL. 47

de 900 kilomètres la Bohême et qu’on peut désigner sous le nom de quadrilatère des monts de la Bohème :

1° Les Sudètes , qui s’étendent sous divers noms dans la direction nord-ouest, des sources de l'Oder jusqu’au défilé par lequel l’Elbe s’échappe de la Bohême ; très-déprimées au point où elles se relient aux Garpathes, elles se relèvent vers le nord, atteignent leur plus grande hauteur dans les monts des Géants (Riesen-gebirge), dont le sommet le plus élevé, Riesenkoppe ou Schneekoppe, ne mesure cependant que 1 ,650 mètres, mais qui doivent leur nom à leurs masses arides, escarpées et souvent noyées dans le brouillard ; c’est dans cette chaîne que sont les monts de Lusace , compris entre la grande Neisse et l’Elbe, et dont le revers septentrional, peu élevé, mais très-pittoresque, a été surnommé « la Suisse saxonne » ;

2° Les monts Métalliques (Erz-gebirge), dont les croupes, peu élevées, sont arrondies, couvertes de verts pâturages et de forêts, et qui doivent leur nom à leurs nombreuses mines. Elles projettent, sur leur flanc nord-ouest, de nombreux monticules qui forment le Voigtland ;

3° Les monts de la forêt de Bohême (Bœhmer-wald), orientés du nord-ouest au sud-est, formant le côté sudouest du quadrilatère depuis les sources de l’Eger et du Naab jusqu’à la pointe méridionale, presque aussi élevés dans le sud que le Riesen-gebirge ; des forêts de hêtres et de chênes couvrent leurs pentes inférieures, des forets de pins et de sapins, leurs pentes supérieures ; la plupart des sommets sont nus ;

4° Le 'plateau de Moravie (Zdarsky-Hory), s’étendant de la pointe méridionale du quadrilatère aux Sudètes ; ce sont moins des montagnes qu’une triple terrasse dont la plus élevée, celle du sud, mesure environ 600 mètres.

L’intérieur du quadrilatère est presque entièrement couvert par les rameaux de ces deux dernières chaînes, qui descendent presque jusqu’aux bords de l’Eger et de

i’Elbe, et ne laissent qu’une plaine cîc peu d’étendue, mais d’une grande fertilité. De nombreux cols donnent accès dans cette fortification naturelle de la Bohème. Des chemins de fer la traversent, dans la gorge de l’Elbe, entre les monts Métalliques, entre les monts do Lusace et les Sudètes, sur les terrasses orientales des monts de Moravie, pour déboucher sur Olmütz et Brunn, au sud des monts de Bohème, entre Budweis et Linz, à l’est, entre Pilsen et Amberg, au nord, à Eger, près du nœud même qui unit le quadrilatère aux chaînes allemandes.

21. Le système Allemand. — Le système montagneux de l’Allemagne, généralement moins élevé que les précédents, prend naissance à la pointe orientale du quadrilatère bohémien, au Fichtel-gebirge (à peine 1,000 mètres), « la Montagne des Pins », ainsi nommée à cause des forêts qui la couvrent : c’est le nœud du système allemand, d’où les eaux coulent vers les quatre points cardinaux (Eger, Saale, Naab et Mein), et le lieu où ce système se divise en deux grandes branches, l’une au sud, l’autre au nord, séparées par la vallée du Mein.

I. La branche du sud court dans la direction du sudouest, jusqu’à la foret Noire, sur une longueur d’environ 230 kilomètres, et comprend :

1° Le Jura allemand ou franconien , qui s’étend entre les vallées du Neeker, du Mein et du Danube, et qui présente, au nord, des ondulations peu sensibles, au sud, dans la vallée du Neeker, des murailles abruptes semblables à celles du Jura du côté de la Suisse : on nomme cette dernière partie Alpes de Souabe ou Alpes rudes (Rauhealp) à cause de la sauvage nudité de ses sommets ; le Jura franconien en est un rameau détaché (entre la Regnitz et le Yaxt).

C’est entre le Jura allemand, le Bœhmer-wald et les Alpes qu’est compris le plateau de la Bavière.

2° Les montagnes de la forêt Noire (Schwarz -wald)

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vers l’extrémité desquelles aboutissent les Alpes de Souabe ; elles ont, sur une longueur de 200 kilomètres et une largeur d’environ 60 kilomètres, la même direction nordnord-ouest que les Vosges, auxquelles elles ressemblent de tout point et dont elles ne sont séparées que par l’espace dans lequel le Rhin a nivelé sa vallée ; les sommets de la forêt Noire sont nus, un peu plus élevés que ceux des Vosges, s’abaissant également vers le nord, et ses lianes sont revêtus de forêts.

Au delà, du Necker, cette chaîne se continue jusqu’au Mein sous le nom d'Oden-wald.

II. La branche du nord court dans la direction du nordouest et projette vers le nord divers rameaux ; elle comprend :

1° La chaîne de la forêt de Franconie (Franken-wald), s’étendant du Fichtel-gebirge à la source de la Werra, chaîne aux formes arrondies, surtout sur le versant sudouest, et aux sommets peu élevés ;

2° La chaîne de la forêt de Thuringe (Thuringer-wald), plus abrupte, quoique les plus hauts sommets n’atteignent pas 1,000 mètres, formée en majeure partie de porphyre, couverte de pins et de sapins, et longée par la Werra jusqu’à Eisenach ;

3° A une centaine de kilomètres au nord de la forêt de Thuringe, et relié à elle par de simples collines, est le massif du Harz, s’étendant entre la Saale et la Leine, orienté du nord-ouest au sud-est, sur une longueur de 80 kilomètres et une largeur de 25 kilomètres en moyenne; c’est une contrée très-riche en filons métalliques ; le Brocken en est la principale éminence (1,113 m.);

4° Au point où commence la forêt de Thuringe, près de la source de la Werra, se détache de la forêt de Franconie une chaîne de hauteurs médiocres qui se dirige vers l’ouest, bordant jusqu'au Rhin la vallée septentrionale du Mein ; on les désigne sous le nom de Hhon allant de la

foret de Franconie jusqu’au delà delà source de la Fulda, de Spessart s’avançant dans un coude du Meîn, de Taunus s’avançant jusqu’au bord du Rhin, et renfermant sur ses dernières pentes (Rheingau) les fameux vignobles du Rhin ; au delà, le massif de plateaux et de collines s’étend vers le nord, entre la vallée du Rhin et celle du Weser, comprenant le Vogels-berg, le Wester-wald, l’Egge-gebirge, le Teutohurger-wald. Cette chaîne n’atteint quq sur un très-petit nombre de points la hauteur de 600 mètres.

C’est au nord de ce massif et de celui des Ardennes, à l’ouest du Harz et des dernières pentes du quadrilatère de Bohème, que s’étend la grande plaine des Pays-Bas et de la Basse-Allemagne , laquelle se lie, sans interruption, à la grande plaine de l’Europe orientale.

groupe britannique a au nord, dans l’Ecosse, son centre montagneux, formé de roches granitiques, volcaniques et de terrains de transition. Ce centre comprend trois massifs, orientés du sud-ouest au nord-est comme les couches géologiques :

1° Le plateau septentrional, granitique et en grande partie stérile, dont la hauteur est d’environ 300 mètres ; les Hébrides avec leurs basaltes, la célèbre grotte de Fingai, merveilleuse caverne dont la mer occupe le fond et dont les parois sont formées de prismes basaltiques ; les Orcades et les Shetland font partie de ce massif;

2° La chaîne des Gram pi aïs s, large massif dans lequel domine le micaschiste et dont la plus haute montagne, qui est en même temps le point culminant des îles Britanniques, est le Ben-Nevis (1,323 m.) ;

3° Les moxts Cueviots et les nombreuses collines qui s’y rattachent.

Entre les Grampians et les Cheviots est Stratlimore, la

principale plaine de l’Ecosse.

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II. Au sud des Gheviots, qui sont sur la frontière écossaise, l’Angleterre proprement dite n’offre plus que des rangées de collines, couvertes de bois et de prairies et quelquefois portant des moissons jusque sur leur faîte. On les désigne sous les noms de :

1° La chaîne Pcnnine , dirigée du nord au sud et comprenant, au nord, les monts du Cumberland : cette chaîne serre de près la côte occidentale et ne donne naissance que sur son versant oriental à des cours d’eau de quelque importance ;

2° La chaîne Dévonienne , traversant, de l’est à l’ouest, du cap Lizard au cap Foreland, tout le sud de l’Angleterre et comprenant les monts granitiques et schisteux du Cornouailles et du Devon , les Down’s-hills, tout calcaires, qui forment les blanches falaises de la côte sud-ouest et ont fait donner àl’île, par les Romains qui l’abordaient de ce côté, le nom d’Albion ;

3° La chaîne galloise ou massif du pays de Galles, qui rappelle par ses roches granitiques et son caractère sauvage les sites de l Eeosse : sa plus grande élévation est vers le nord et sa principale montagne, le Snowdon (1,185 mètres).

Les principales plaines de l’Angleterre, plaine d’York et plaine du sud-ouest, sont situées à l’est des Pennines.

L’Irlande est une plaine basse dans sa partie centrale et n’a de montagnes qu’au nord (monts Mourne et monts Donegal) où se continuent les chaînes basaltiques de l’Écosse, et au sud-ouest (monts de Yiklow, monts de Kerry, etc.) où se trouve la suite du massif gallois ; le plus haut sommet (Carrantuohill) ne dépasse pas 1,000 mètres.

23. Les Alpes Scandinaves. — Les Ali>es Scandinaves forment l’arête de la presqu’île Scandinave et sont en grande partie composées de gneiss et de micas-

chiste ; leur longueur est de 1,700 kilomètres environ et leur plus grande largeur, de 400. Elles présentent, en général, un large dos dont la pente tombe brusquement dans la mer du côté de la Norvège et y dessine des milliers de baies profondément encaissées ; mais elle descend plus lentement vers la Baltique ; les plateaux ont quelquefois 30 ù 40 kilomètres de largeur dans la partie méridionale, sur 1,200 mètres d’élévation, et sont surmontés, de distance en distance, par des pitons coniques et neigeux. Elles se subdivisent en quatre parties :

4° Les monts Langfield , qui forment la pointe méridionale de la Norvège, du cap Lindesness au mont Sognefield (2,468 mètres) ;

2° Les monts Dovrefield ou Dofrines, où la chaîne atteint sa plus grande largeur et sa plus grande hauteur (le Schneehœttan, 2,500 mètres) et qui projettent un long rameau vers la Suède méridionale;

3° Les monts Kœlen , plus étroits et plus sauvages;

4° Les îles Lofoden , qui sont, en réalité, avec le plateau de Laponie, la continuation de la chaîne sur le bord de l’Océan.

La côte de la Baltique, surtout la côte méridionale, présente une plaine assez étendue.

La Finlande, plateau tout granitique, présente de profondes déchirures, qui ne forment pas un système, mais qu’on désigne qnelquefois sous le nom de monts Olonetz et qui se rattachent par leur formation aux Alpes Scandinaves.

24. L’Oural. — L'Oural est une bande, longue et très-étroite, de terrains granitiques et schisteux, mesurant près de 3,000 kilomètres et séparant l’Europe de l’Asie.

Cette chaîne, que les habitants nomment « la ceinture de pierre », n’est dans sa partie septentrionale qu’une suite de plateaux ne dépassant guère 1,500 mètres ; dans

LE RELIEF DU SOL

la partie centrale, quelques sommets ont de 1,500 à 2,600 mètres ; mais la chaîne va s’abaissant, et, à l’endroit où la route de Sibérie la traverse, le sommet du plateau n’ayant plus que 260 mètres au dessus du niveau de la mer, la montée est insensible ; la pente, jamais abrupte, est un peu plus rapide sur le versant européen que sur le versant asiatique.

La chaîne se relève et se divise, dans sa partie méridionale, en trois branches, dont une envoie une rangée de collines jusque sur les bords du Volga.

A l’ouest de la chaîne, mais sans se relier à elle, commence une série de plateaux peu élevés, VUvalli , région pierreuse et à peu près inculte dont le nom signifie « dos de pays » ; le plateau de Waldaï , région marécageuse formant la j)lus haute élévation de la Russie centrale, quoiqu’elle n’atteigne pas 300 mètres, mais donnant cependant naissance à de grands fleuves qui coulent dans des directions diverses.

Ces ondulations du terrain interrompent à peine l’immense plaine cle l’Europe orientale , qui s'étend de l’océan Glacial à la mer Noire et au Caucase, et de l'Oural aux Carpathes.

25. Le Caucase. — Le Caucase est un large massif granitique et surtout calcaire, mesurant 1,100 kilomètres en longueur, de l’est â l’ouest, et 100 à 350 kilomètres en largeur; peu élevé à l’ouest (1,000 à 1,200 mètres), trèsélevé au centre où sont l 'Elbrouz (5,000 mètres) qui dépasse le mont Blanc, le Kasbek (4,710 mètres) qui l’atteint presque; ces deux montagnes, couvertes de neiges éternelles, sont sur la limite de l'Europe et de l’Asie. Le Caucase est sans ramifications sur le versant septentrional. Il s’élève, depuis la steppe jusqu’aux sommets, par une série de gradins tout recouverts de forêts touffues dans la partie moyenne et de beaux pâturages dans la partie supérieure, profondément déchirés, dans la direction du sud au nord,

par d’iimombrables torrents qui ont creusé des ravins abrupts ; sur le versant méridional, il se prolonge et se relie au massif arménien.

Une seule bonne route carrossable, celle du défilé de Dariel (Portes Caucasiennes des anciens), s’ouvre au centre de la chaîne.

Les montagnes du sud de la Crimée, dont le sommet dépasse 1,500 mètres, se rattachent par leur formation au massif caucasien.

3me Section.

LES EAUX DOUCES

(Voir la carte n0 4 et la carte n° 5.)

2G. La direction générale des eaux. — Centre des systèmes montagneux de l’Europe, les Alpes sont aussi le centre d’où rayonnent, au sud, au nord et à l’est les eaux qui courent vers la Méditerranée, vers I’océan Atlantique et vers la mer Noire. En se plaçant au Saint-Gothard (Voir £ 15), ou plus exactement sur le sommet neigeux du mont Adula, et en embrassant, de l’est à l’ouest, un horizon d’une centaine de kilomètres, on voit courir à ses pieds, dans d’étroites vallées, au nord, les torrents qui forment le Rhin naissant et qui vont se perdre dans la mèr du Nord ; vers le sud, les torrents du Tessin et ceux de l’Adda, qui iront grossir le Pô et le bassin postérieur de la Méditerranée; à l’ouest, le Rhône, qui porte ses eaux au bassin antérieur delà même mer, et à l’est, l’Inn, affluent du Danube, le grand tributaire de la mer Noire (Voirie carton de la carte n° 4). Ce sont là, Cil effet, les trois grandes directions des eaux en Europe , le système des eaux de la Caspienne et celui de l’océan Glacial étant sans relation commerciale avec le reste de l’Europe et appartenant aussi bien à l’hydrographie de l’Asie qu’à celle de

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l’Europe. Cependant, on trouve en réalité cinq grands

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