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LES ÉTATS ET LES POPULATIONS

(Voir la carte n° 34.)

401. Les territoires. — L’Europe dont la superficie est de 10,176,000 kilomètres carrés, comprend 45 États ; mais quatre sont sans aucune importance politique ou économique (1) ; trois sont subordonnés par le lien d’un tribut à l’Empire ottoman ; vingt-six composent l’Empire d’Allemagne (ils étaient unis, pour la plupart depuis longtemps, par le lien commercial du Zollverein) ; deux, la Suède et la Norvège, ont un même souverain ; ce qui réduit à 16 le nombre des États importants et entièrement distincts.

1° Dans Y Europe occidentale , qui est un peu moins du dixième de l’Europe (9,4 p. 100), on trouve deux grands

Etats : le royaume uni de Grande-Bretagne et d’ Irlande (317,000 kil. carrés) qui occupe la 32° partie de V Europe (3,2 p. 100), et la France (528,000 k. c.) qui en occupe la 19« partie (5,5 p. 100) ; et deux petits : Pays-Bas (35,000 k. c. avec le Luxembourg) qui en sont la 276e partie (0,4 p. 100), et la Belgique (29,000 k. c.) qui en est la 340e partie (0,3 p. 100).

2°. Dans l 'Europe centrale , qui est environ le huitième

1. République d'Andorre, principauté de Monaco, république de Saint-Marin, principauté de Liechtenstein.

de l'Europe (12, 1 p. 100), deux grands États ou groupes d'États : V Allemagne (545,000 k. c.) qui occupe à peu près la 19e partie de l’Europe (5,5 p. 100, 1* Allemagne du Nord occupant 4,2 et l’Allemagne du sud 1,3), et V Autriche (622,000 k. c.), qui en occupe la 16e partie (6,3 p. 100), et un petit État, la Suisse (41,000 k. c.), qui en occupe la 243e partie (0, 4 p. 100).

3° Dans Y Europe méridionale , qui est environ le septième de l’Europe (14,7 p. 100), un grand État dans chaque péninsule, sans compter les tributaires de la Turquie, et deux petits : dans la péninsule ibérique, Y Espagne (499,000 k. c.), environ la 19e partie de l’Europe (5,2 p. 100), et le Portugal (94,000 k. c.), environ la 100e partie (1 p. 100) ; dans la péninsule italique, le royaume ch Italie (296,000 k. c.), la 35e partie (3. p. 100); dans la péninsule hellénique, la Turquie (350,000 k. c.), la 28e partie (3,4. p. 100), et, avec ses tributaires (Roumanie 130,000 k. c.), la 20e partie ; la Grèce (50,000 k. c.), la 195° (0, 5

4° Dans Y Europe orientale , qui est plus de la moitié de l’Europe (56 p. 100), un seul État, la Russie (5,697,000 kil. carrés), qui occupe joins de la moitié et presque les 3/5 de V Europe.

5° Dans Y Europe septentrionale , qui est un peu plus du quatorzième de l’Europe, un grand État, la Suède et Norvège (756,000 k. c.), qui occupe à peu près la 15e qiartie de l’Europe (7,5 p. 100), et un petit État, le Danemark (39,000 k. c., et 143,000 avec l’Islande et les Fœroë), qui occupe la 70e partie (1, 1 p. 100).

402. Les finances. — L’étendue du territoire n’est qu’un des éléments nécessaires pour juger de la puissance d’un État, et elle est loin d’être le plus important : un vaste territoire peu peuplé est plutôt une cause de faiblesse que de force. Le budget , qui montre à peu près l’ensemble des ressources publiques d’un État, est aussi

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i/europe.

un de ces éléments ; sous ce rapport, la France, F Angleterre et la Russie, avec un budget variant de plus 2 milliards à 1,800 millions, sont au premier rang; au second Y Autriche, Y Allemagne, Y Italie, dont le budget varie de 1,300 millions à 1 milliard ; Y Espagne, avec un budget de 700 millions, peut encore figurer dans cette catégorie. Les autres États ont relativement de petits budgets dont le plus élevé est celui de la Turquie (360 millions), et le plus modeste celui de la Grèce (27 millions). Mais la plupart du temps ces budgets ont été insuffisants, et, dans une circonstance ou dans une autre, tous les États ont contracté des dettes : une lourde dette est une charge et une cause d’affaiblissement. Les plus lourdes, proportionnellement au nombre des habitants, sont celles de Y Angleterre, de la Hollande , de la France , de l’Espagne et de l’Italie ; toutefois, parmi ces États, les trois premiers, appartenant à l’Europe occidentale, sont riches et jouissent d’un bon crédit, c’est-à-dire payent un intérêt modique pour des sommes qui leur ont été prêtées ; l’Espagne au contraire et les autres États de l’Europe méridionale payent, ainsi que l'Autriche, un intérêt élevé. La moyenne des impôts payés par tête est encore un moyen approximatif d’évaluer la charge des citoyens, et, quand 1 imposition n’est pas tyrannique, leur faculté de supporter la charge, c’est-à-dire leur degré de richesse : c’est en Angleterre et en Hollande que cette quotité est la plus forte ; puis en France et en Espagne ; la Scandinavie et la Turquie sont dans les derniers rangs.

403. Les forces militaires. — L’armée et la marine militaire sont aussi des manifestations de la puissance d un Etat. Sous ce rapport, les premiers rangs sont à la hussie , a la France et a Y Allemagne , qui ont, sur le pied de paix, des armées de terre de 500 à 400,000 hommes, et qui sont organisées pour avoir sous les armes, en cas de guerre, au delà d’un million d'hommes chacune, et à

Y Angleterre, qui, inférieure par son armée cîe terre, est la première par son armée navale, tandis que la Russie et surtout l'Allemagne n’ont qu’une marine tout à fait secondaire. Au second rang, l’Italie, qui a fait effort pour élever son effectif au delà de 400,000 homme, l’Autriche avec 240,000 hommes, l’Espagne avec 450,000 hommes, la Turquie avec 100,000. Les autres États ont de 50,000 hommes (Belgique) à 36,000 (Danemark). La Suisse n’a pas d’armée permanente.

404. Les populations. — L’homme étant le créateur de la richesse et de la science et l’agent de toute politique, ce sont les populations qui constituent véritablement la

puissance des Etats. Sous ce rapport la Russie occupe encore le premier rang (72 millions d’habitants) ; mais, tandis qu’elle forme plus de la moitié de l’Europe par l’étendue, elle n’atteint pas môme le quart par le nombre de ses habitants (23, 3 p. 100 du total). Le second rang est partagé entre Y Allemagne (41 millions), la France (36 1/2) et Y Autriche (36), qui sont chacune à peu près un huitième du total (13,1, 13 et 12,2 p. 100); le troisième entre les îles Britanniques (32 millions) et Y Italie (26 millions 1/2), qui forment le dixième ou le douzième du total (10, 3 et 8, 3 p. 100). Dans le midi,

Y Espagne avec 16 millions 1/2, la Turquie avec 11 millions ou, en comprenant ses tributaires, avec 17 millions environ, en forment chacune environ le 18e ou le 27°. La Suède et la Norvège réunies ont lires de 6 millions d’habitants et la Belgique dépasse 5 millions. Les autres États ont moins de 5 millions d’habitants, et sont, par conséquent, à peine le 60e du total: Portugal (4,400,000), Pays- Bas (3,620,000 sans le Luxembourg), Suisse (2,670,000), Danemark (1,790,000), Grèce (1,450,000). Le total de la POPULATION DE L’EUROPE EST D 'ENVIRON 300 MILLIONS ü’iN- DIVIDUS.

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