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montée.
Le terrain et son utilisation défensive. — Le développement du réseau ferré et sa capacité offensive.
Trois théâtres d'opérations intéressent la Russie :
Sur la frontière occidentale, le pays entre le Dnieper et la Vistule;
Sur la frontière méridionale, la Bessarabie et la côte de la mer Noire ;
En Asie Mineure, l'Arménie.
Nous ne voulons nous occuper que des confins austro-allemands.
Le véritable échiquier est compris entre la Vistule et la ligne de la Duna et du Dnieper, que Ton doit considérer comme la véritable base de centralisation et de ravitaillement de l'armée russe, accaparant toutes les ressources pour entretenir et actionner l'armée.
En avant de cette baôe s'étale une ligne à intervalles dessinée par le Niémen, le Bug et le Dniester, que nous définissons base de concentration de l'armée .
Enfin, plus à Tavant encore, les confins de la Vistule, avancée, ou si Ton préfère, première ligne de résistance, pour les troupes de couverture.
C'est cette ligne de première résistance que l'étatmajor russe a eu l'intention de solidement organiser
en établissant au centre le solide camp retranché de Varsovie, et sur ses flancs, Nowo-Georgîewsk et. Ivangorod.
Sur la ligne même de concentration se trouvent :
JCowno, — Qui doit être enlacé de douze forts, mais dont les travaux sont bien moins avancés que ne le prétendent les journaux allemands.
Goniaz, Ossowietz. — Sur la rive droite de la Bober, au point de passage du chemin de fer Konigsberg-Bjelostock, quatre ouvrages sont projetés; leurs abords sont protégés par les marais de la Bober et de la Lyck.
Grodno. — Qui doit être entouré de onze forts dont sept sur la rive gauche du Niémen.
Bjelostock, — Qui a déjà reçu quelques ouvrages en style provisoire, mais que Ton projette d'améliorer.
Brest' Litewsky » — Au confluent du Bug et du Muchawiec. Ancienne citadelle avec caserne défensive, réduit central et lignes de défense dites : front de Kobrine, de Wolhynie et de Terespol; sur la rive gauche, le pont du chemin de fer sur le Bug est couvert par le fort « Comte Berg » ; la place est actuellement transformée en un camp retranché, avec deux forts sur la rive gauche et quatre forts sur la rive droite du Bug.
Varsovie. — A un chapelet de quinze forts détachés, dont onze sur la rive gauche, à une distance moyenne de 6 kilomètres du pont de la Vistule. Ces forts entourent les anciens ouvrages de la place : sur la rive gauche, au nord de la ville, la citadelle Alexandre, avec ses cinq bastions ornés de dehors, et sur la rive droite, formant tête de pont, le fort àeSliwtckL
NowO'Geogiewsk. — S'élève sur un petit plateau entre la Vistule et le Narew ; on y distingue une caserne défensive à l'abri des bombes, et de nombreuses casemates. Actuellement, huit forts détachés se construisent ou s'achèvent autour de la ville ; sur la rive droite de la Vistule à : Pomiechowo, Wymysly et Zakroczym, sur la rive gauche de la Vistule, à Grochale^ Gybulice, Czasnord et Débina; entre le Narew et la Vistule à Janowiec.
Iwangorod. — Montre, sur la rive droite de la Vistule, une enceinte bastionnée et projette sur la rive gauche le fort Gorlschakow. Autour de ce noyau s'étalent, à éloignement moyen de deux kilomètres, six forts, dont deux sur la rive gauche.
Citons encore pour mémoire Kowel^ dont le projet établi par le général Todleben subit quelques modifications, indiquant peut-être une prochaine exécution ; Luszk, RownOj Dubno sur la frontière de Gailicie, où les Russes ont établi quelques travaux de campagne dont la valeur et l'importance sont prodigieusement exagérées par la presse austro-hongroise.
L'inquiète mauvaise foi des feuilles reptiliennes est telle, que tout leur est sujet à conclusion pleine d'alarmes, et que les moindres racontars sont immédiatement honorés d*une reproduction dans toute la presse. Citons comme exemple de cette exploitation : le voyage à Dubno du général Drentelen, fin mars 1888 ; la revision des cantonnements à Berdyerjew et Drugkopol faisant prévoir la prochaine arrivée de troupes; la nouvelle donnée de Varsovie, par la correspondance politique le 15 mai, que l'administration des chemins de fer avait invité la direction
de Varsovie-Granica et celle de Ivangorod-Dabrowna à réunir à bref délai des approvisionnements de charbon, etc., etc.
Varsovie. — Avec son annexe Nowo-Georgiewsk, comme Thion ville est celle de Metz, — Ivangorod et Brest-Litewsky forment < un triangle de manœuvre défensive » sur Timportance duquel il conviendra de revenir.
Mais ces places ont besoin d*étre refectionnées. En tenant compte des récents progrès réalisés au profit de Tattaque, leur valeur n'est plus que relative et n'inspire qu'une assez médiocre confiance. Le général Gourko lui-même, et naturellement bien des officiers après lui, mais alors en exagérant, ne cachent pas la piètre estime dans laquelle ils tiennent ces défenses.
Leur réfection, c'est-à-dire principalement l'augmentation du nombre des abris voûtés, le bétonnage et l'installation de coupoles cuirassées coûteraient malheureusement beaucoup, d'argent et plus malheureusement encore l'argent fait défaut en Russie.
J'ai toutefois ouï parler d'un nouveau mode de défense < par organisation de champ de bataille préparé » qu'on aurait l'intention d'appliquer à ces trois places en commençant par celles de Varsovie et d'Ivangorod.
Cette organisation est relativement très économique ; la seule grosse dépense est l'acquisition de tourelles pour grosses pièces, mortiers et mitrailleuses.
Les lignes d'opérations traversant cet échiquier sont au nombre cinq.
i® Pétersbourg, Dunabourg, Wilna, Bjelostoch, Varsovie (deux voies) ;
2** Moscou, Smolensk, Minsk, Baranowitschi.
Brest-Litewsky, Ivangorod (également à double voie);
3"* Orel-Gomel, Pinsk, Brest-Litewsky;
4^ Kiew, Kagatin Rowono, Kowel, Varsovie;
8* Gkarkow, Balta, imerinkia.
Ces lignes d'opérations sont coupées par les transversales :
l*" Dunabourg, Smolensk, Briansk, Orel ;
2^ Wilna, Minsk, Gomel, Bachmatsch, Pultawa.
3** Wilna, Grodno, Rowono.
4^ Bjelystoch-Brest-Litewsky, Rowono.
Enfin, nous définirons d'une façon plus particulière comme aire des manœuvres stratégiques, le quadrilatère Bjelostoch-Kowel-Gholm-Varsovie , à la base duquel se soudent toutes les lignes d'opérations, et qui, en son intérieur, est entre-croisé et tronçonné par des ramifications permettant la manœuvre des masses, face au nord, à l'ouest ou au sud-ouest.
Depuis trois ans, le gouvernement russe a consacré près de 80 millions de roubles à parfaire au point de vue du rendement militaire son réseau ferré. Nous devons reconnaître que beaucoup a été fait, mais il reste encore beaucoup à faire, ce qui ne parait guère possible, pour l'instant tout au moins, les finances russes commençant seulement à se relever.
De plus : 1^ Le nombre des lignes d'opérations aboutissant à Vaire des manœuvres stratégiques est notoirement insuffisant, deux de ces lignes surtout n'étant qu'à simple voie;
2^ L'installation et le service même des lignes sont à
améliorer : augmentation du nombre de voles garrage des quais de débarquement pour le matériel; les prises d'eau sont trop distantes Tune de l'autre pour un service forcé ; le nombre des voilures paraît tout juste suffisant. Il est à craindre surtout que le personnel expérimenté fasse défaut au moment du besoin.
L'ensemble des considérations que nous venons de présenter influe comme une très préjudiciable cause de retardement sur la concentration.
D'autre part :
La très faible densité de la population S
La longueur des distances à franchir ^,
La difficulté, souvent aussi la pénurie des moyens
de communication',
grèvent la mobilisation d'une fatale lenteur.
* Pologne, 58 âmes par kilomètre carré, circonscription de Vilna, 26; circonscription d'Odessa, 29; circonscription de Kiew, 42, etc.
'La distance moyenne des centres de production au chemin de ferle plus voisin est : en Belgique, d'environ 3 kilomètres; aux États-Unis, de 6 kilomètres, dansles districsles plus peuplés,de 22 kilomètres pour l'ensemble de la République; en Russie, cette distance moyenne est de 380 kilomètres.
^ La Russie ne possède pas 30,000 kilomètres de chemins de fer. Il lui faudrait pour se mettre dans une situation analogue à celle des États-Unis, en tenant compte de son étendue et de sa population, un réseau développant 400,000 werst.
En Russie, la construction des chemins de fer est très coûteuse ; on l'estime à 50,000 à 70,000 roubles le werst, et le ca^ pital ne peut être acquis par l'État à moins de 6 p. 100, ce qui équivaut à 3,000 roubles verstiques.
L'exploitation est peut-être plus onéreuse encore. Exemple :
1® Ligne de Morchansk à Syzrane (497 w.). Ouverte en octobre 1874 ; frais de construction, 27,482,899 r.; en onze ans la
Ainsi, lente mobilisation et concentration pénible. Il en résulte fatalement un retardement dont la fixation précise est malaisée, impossible même à déterminer, à moins d'être — ce que je ne suis pas, — le confident secret de Tétat-major général.
Des calculs très complets, quelques indices qu'il nous a été possible de recueillir de-ci de-là, nous font croire que dans les conditions actuelles Tarmée russe n'achève sa complète mobiusahon qu'entre le quarantecinquième et le cinquantième jour.
Gomme les deux Etats voisins, dont il doit redouter l'agression, mobilisent et concentrent avec une rapidité beaucoup plus grande, Tétat-major russe a dû chercher par d'autres mesures à compenser les périls de cette situation. Il a réussi : en portant sur la frontière ouest, la majeure partie de ses corps, en facilitant la mobilisation des formations de réserve stationnées dans les provinces occidentales, et en constituant dans cette zone même de grands centres d'approvisionnements.
Toutes ces mesures assez récentes, qui se sont plus spécialement manifestées en novembre 1887, par la poussée à Touest de la 13® division de cavalerie, des
dette d'exploitation monte à 20,731,100 r. ; le prix verstique primitif a donc augmenté de 75 p. 100.
2'» Ligne d'Orcnbourg (507 w.). Ouverte en janvier 1877 ; frais de construction, 36,885,014 r. ; en 9 ans de dette au trésor; chiffre 18,550,280 r., le prix verstique primitif a donc augmenté de 50 p. 100.
Dans ces conditions, étant donné le peu de ressources des finances russes, malgré la confiance que leur sage gestion inspire justement à l'étranger, il n'y a pas lieu de compter, d'ici quelque temps encore, sur une amélioration réelle et importante de ce réseau ferré.
15®, 2® et 19® divisions d*infanterie, ont provoqué dans les organes allemands et austro-hongrois une polémique éhontée dont il serait fâcheux de ne pas garder le souvenir.
Cette polémique mérite bien d'être qualifiée ainsi, car elle débordait de mensonges voulus pour créer, de propos délibéré, une situation pleine d'alarmes. N'estce pas aiiisi que la Post^ la Gazette de Cologne^ la Gazette de Voss^ la Gazette de la Croix ^ le Pester Lloydy etc., etc., ont fait trois fois voyager dans le courant de l'année, la 19® division d'infanterie qui vient tout récemment, seulement de quitter sa garnison de Stawropol dans le Caucase ?
Et que de fois aussi n'est-il pas arrivé à ces grands organes de reproduire, avec une complaisante emphase, les cancans et commérages des feuilles locales : Przeglondde Lemberg, Czas de Cracovie, Nova Reforma^ etc., etc.?
Mais ces articles n'ont pas simplement un caractère militaire, — autant laisser aux prises le Militar- Wochenblatt et Vlnvalide russe^ — ils ont surtout une accentuation politique, s'en prenant au panslavisme. La correspondance de Pétersbourg du 17 janvier 1888, insérée dans la Gazette de Voss du 23 est un modèle du genre.
Nous sommes maintenant conduits à déduire, de l'emplacement des corps d'armée, leur groupement hypothétique.
ÉTAT d'eITPLACEMENT DES CORPS d'aRMÊE