‹ L'Europe en Armes en 1889Chapitre 29 sur 62 · PREFACE LUI · texte numérisé non relu

PREFACE LUI

géants qui vont s'ouvrir, le devoir pour la France de ne pas être inférieure aux autres pays.

S'il avait besoin d'une justification, ce livre en serait une nouvelle. Il montre l'Europe en armes en exceptant la France sur laquelle la discrétion s'impose, et l'Allemagne, impossible à étudier dans l'espace restreint d'un chapitre. Que les patriotes lisent cet ouvrage, qu'ils en méditent les chiffres et qu'ils se demandent ensuite quelle politique il faut adopter, celle de M. Jules Ferry ou celle du général Boulanger. Quand le pays aura prononcé, il n'y a pas de sentence qui ne s'efface devant son arrêt suprême.

Vive la France ! Vive Boulanger !

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Il convient, pour exactement apprécier la la puissance militaire d'une nation, d'analyser au double point de vue offensif et défensif, la valeur des éléments divers, des facteurs distincts, dont l'ensemble et l'harmonie constituent cette puissance, savoir:

L'organisation de Tarmée et de ses ressources ;

Le terrain et son utilisation défensive.

Le développement du réseau ferré et sa capacité offensive ;

Les moyens économiques.

Tels sont les éléments tangibles, les facteurs primordiaux à soumettre à la discussion.

J'omets quant à présent, comme coefficient échappant à l'estimation mathématique, les efforts nerveux et psychologiques, et je mentionnerai seulement pour mémoire, afin de paraître ne rien négliger, le nervus rerum.

Organisation générale de la puissance militaire. — L'armée active; infanterie, cavalerie, les Cosaques, artillerie, génie, services auxiliaires. — L*armée de réserve; divisions de réserve, troupes de garnisons, dépôts, troupes locales. — L*armée territoriale. — Récapitulation des forces.

Depuis la guerre de 1877-78, Tarmée russe a subi une transformation presque complète. Elle est en majeure partie redevable des progrès qu'elle a accomplis, à la sollicitude de Tempereur Alexandre III, à Tactive et intelligente initiative du Ministre de la guerre, le général Wannowski, et du général Obroiitschew, chef d'état-major général.

Pierre le Grand est le véritable créateur de l'armée nationale russe. Son décret de novembre 1699 est le premier, imposant une conscription régulière. En 1712, son armée comptait 210,000 hommes et 100,000 Cosaques.

Catherine II crée le corps des chasseurs et organise les circonscriptions territoriales.

Alexandre P' appelle pour la première fois la milice nationale (Opoltschenie). Elle lui fournit, en 1812,

320,000 hommes et 80,000 chevaux. Après la campagne de France, le général Araktschejew imagine rétablissement des colonies militaires. L'empereur Nicolas modifie et réduit notablement ces colonies militaires ; il signale son règne par la création du corps des dragons (182S) et par l'organisation du ministère de la guerre (1838).

Au moment de la guerre de Crimée, la Russie disposait d'une armée régulière de 4,150,000 hommes et de 246,000 irréguliers.

En 1862, sous le règne d'Alexandre II, le ministre de la guerre, général Miljutin, soumet l'armée à une organisation, qui a surtout pour but de former une armée permanente, solide, et bien instruite.

Les événements de 1870-1871 montrent que ce principe est de fausse application.

L'armée permanente doit encadrer la nation armée. Le service obligatoire est alors admis.

La Russie subissait cette organisation lorsque éclata la guerre de 1877-1878.

La loi du l*''* janvier 1874 crée une armée active et une milice (opoltschenie), et établit le principe du service obligatoire et personnel (pour la Finlande, loi du 18 décembre 1878) de vingt à quarante ans.

D'après les nouvelles dispositions de la loi de juillet, la durée totale du service dans l'armée active et la réserve a été fixée à 18 ans pour les provinces Européennes; elle est maintenue à 10 ans pour les troupes de la marine, et les levées dans les provinces asiatiques.

La durée du service actif est fixée uniformément

pour toutes les armes à 5 années et à 13 ans dans la réserve.

La rigueur de la loi est tempérée par de nombreuses concessions, faites aux jeunes gens pourvus de diplômes universitaires, et, qui sont en quelque sorte, assimilables aux conditionnels d'un an.

Dans les autres armées, on trouve aussi une autre catégorie d'engagés volontaires pour deux ans ; la loi exige de ces derniers un examen préalable.

Enfin l'ukase comporte des dispositions spéciales, avantageant le rengagement des sous-officiers.

Les équipages de la flotte servent 7 ans. -

Les troupes cosaques sont régies par des dispositions spéciales sur lesquelles nous reviendrons.

Par décret du 2 juin 1882, les Mennomites accomplissent le service légal dans le corps des forestiers.

Le recrutement est régional.

L'empire d'Europe est partagé en 13 gouvernements militaires, scindés en subdivisions, divisées a leur tour en districts de régiments*

A chaque régiment d'infanterie, à l'exception de la garde, correspond un district territoriaL

Plusieurs corps ont deux districts de recrutement : l'un principal^ qui leur fournit à peu près 78 p. 100 de leur contingent, l'autre secondaire.

Cette disposition particulière est adoptée en Pologne, en Bessarabie, dans les provinces baltiques, dans les gouvernements de Kasan,Perm,Orembourg, Astrakan, la région du Don, etc., partout enfin où les nationalités sont mêlées.

Les Polonais, les Finnois, les habitants des provinces baltiques sont répartis dans toute l'armée.

8 l'europb en armes

Les armes spéciales et la garde sont recrutées sur Fensembie du territoire,

La classe 1883, pour spéculer sur un exemple, devait fournir 830,074 hommes. 317,810 ont subi le conseil de revision ; le contingent appelé s'est élevé à 31S,463 hommes; sur cechiflre 213,725 ont été incorporés dansTarmée active, et le surplus a été placé dans la réserve. Le nombre des engagés volontaires s'est élevé à 7,980. Celui des jeunes gens ayant obtenu une réduction de service sur la présentation d'un cerr tiQcat d'étude n'a pas dépassé 4,000.

La nouvelle loi organique augmentera le contingent annuel d'environ 18,000.

Nous allons successivement détailler les valeurs composant l'armée active, la réserve et la territoriale.

Armée active. L'armée active comprend les troupes de toutes armes et de divers services appartenant aux diverses catégories :

1" Troupes de campagne; 2*^ de réserve ; 3° de dépôt; 4** troupes locales ; 5* cosaques.

Nous consacrerons à chacune de ces armes un rapide résumé :

Infanterie. — L'armée active comprend les formations suivantes :

Les troupes de campagne comptent :

a) 12 régiments de la garde; les deux plus anciens Préosbaschensk et Semenow (des noms de deux villages voisins de Moscou) datent de 1683; les autres

sont dénommés : Ismaïlow, chasseurs de la garde ; Moscou, grenadiers de la garde; Pawlow, Finlande; Lithuanie, grenadiers ; Kexholm, grenadiers de Pétersbourg; Wolhyme. Plusieurs de ces régiments conservent dans la tenue de parade des souvenirs historiques, rappelant de glorieux faits d'armes; tels les schakos des régiments de Pawlow (bataille de Borodino) ;

b) 16 régiments de grenadiers; les 12 premiers de ces régiments portent un numéro de série, une désignation d'origine et le nom d'un chef honoraire.

Exemple : 8® régiment de grenadiers de Kiew, du roi des Pays-Bas.

Les régiments 13 à 16 forment la 1^ division du \^ corps du Caucase.

c) 164 régiments de ligne.

d) 56 bataillons de chasseurs, 4 de la garde, 20 de la ligne, 8 finnois, les autres aux formations particulières au Caucase, le Turkestan, la Sibérie, etc.

Les 20 bataillons de chasseurs forment S brigades, dont 4 stationnées sur la frontière de l'ouest et une à Odessa. Ces brigades subissent actuellement un dédoublement, les transformant en autant de divisisions, dont les régiments (anciens bataillons) sont provisoirement tenus à 2 bataillons seulement.

Tous les régiments d'infanterie sont à 4 bataillons de 4 compagnies lun ; plus par régiment, une compagnie de non combattants, et un cadre de dépôt.

Le régiment aligne, sur le pied de guerre, en combattants : 79 officiers et 3,874 hommes de troupe, (3,836 fusils).

Le bataillon de chasseurs peut être compté en moyenne à 21 officiers et 960 hommes de troupe.

La compagnie est à reffectif normal et théorique de 3 officiers et 144 hommes. Elle encadre sur le pied de guerre 4 officiers, 243 hommes dont 218 armés.

L'infanterie présente, par suite, un ensemble de 16.400 officiers et 896,000 hommes de troupe.

Elle est armée du fusil Berdan n** 2, modèle 71, et possède une certaine quantité de chargeurs rapides du système Kruka. L'adoption d'une armes à répétition et à calibre réduit que certaines tendances d'une psychologie peut-être trop accentuée avaient fait ajourner, paraît à la veille d'être décidée ^ Chaque compagnie est pourvue de 80 pelles Linnemann et de 20 haches. Le train régimen taire transporte de plus par compagnie, 24 haches, 10 pelles et quelques autres outils. (Instruction du 11 juillet 1881 sur l'emploi de l'outil portatif.) La dotation en cartouches s'élève à 194 dont 84 portées par l'homme, 48 dans le caisson de munitions (8 par régiments), S2 aux sections de munitions et 10 au parc.

Les règlements de l'infanterie ont été révisés en 1881 dans leurs parties essentielles, savoir :

Instruction sur les manœuvres;

Règlement sur l'instruction du tir;

Instruction pour l'emploi des outils portatifs.

La tenue a été réglementée par une décision du 14 novembre 1881.

Coiffure : de service et de campagne, bonnet rond en drap noir avec une cocarde et le numéro du régi-

* On parle actuellement d'expériences avec un fusil Cumin

ment, les officiers ont la visière ; de parade, bonnet rond en astrakan et calotte en drap noir avec cocarde et aigle.

Vêtement : vareuse ample en drap vert foncé sans boutons (agrafes), pattes d'épaule en drap de nuance différente, deux grandes poches sur le devant de la poitrine, manteau roulé en sautoir dans la tenue de campagne. Le pantalon est porté dans les bottes.

Par décision du 13 avril 1882, l'infanterie a renoncé au sac. Elle a reçu en échange deux musettes en toile imperméable : Tune contient les vivres, Tautre les effets. Deux poches à cartouches sont attachées au ceinturon.

Les ustensiles de campement, la deuxième paire de bottes (dans un étui), la toile de tente et ses accessoi* res sont fixées sur le manteau.

Cavalerie. — L'arme compte :

12 régiments. \

3 escadrons de Cosaques du Kouban, \ Garde, du Tereck et de l'Oural. ^

46 régiments de dragons. \

108 régiments de Cosaques. \ Ligne.

77 sotnias de Cosaques. j

La garde forme en temps de paix, deux divisions, et trois en temps de guerre :

Divisions des cuirassiers de la garde : chevaliers gardes de F impératrice, gardes du corps, régiments de cuirassiers de l'empereur, régiment de cuirassiers de l'impératrice.

/* division : grenadiers à cheval, uhlans, hussards, cosaques.

11^ (/ivmon; dragons, uhlans, hussards de Grodno, cosaques.

Chaque division est pourvue de deux batteries à cheval.

Au total sur le pied de guerre, y compris les formations de dépôt : 603 officiers, 93 employés assimilés, 17,029 sous-officiers et cavaliers combattants, 1,318 non combattants; 1,283 chevaux d'officiers, 15,744 chevaux de troupe, 2,041 chevaux de trait ou de charge.

Le régiment des chevaliers gardes de Timpératrice a été créé en 1799, celui des gardes du corps en 1721, les cuirassiers de Tempereur en 1702, ceux de Timpéràtrice en 1704. Ces régiments coiffent le casque doré frappé de Tétoile surmonté de l'aigle aux ailes déployées, et revêtent la tunique blanche avec galons et parements jaunes, la culotte bleue à bandes jaunes, enfin la cuirasse d'acier.

Les deux régiments de uhlans (uhlans de la garde, 1803, et uhlans de l'empereur, 1817) portent le czapka rouge, uhlankableue avec parements rouges et le pantalon bleu à bande rouge.

Les hussards se montrent avec Fattila vert à brandebourgs jaunes, la pelisse blanche et la culotte bleue. Le bonnet à poil est orné d'une flamme verte pour les hussards de l'empereur (1775), rouge pour les hussards de Grodno (1824).

Pour le régiment des grenadiers à cheval (1803): casque en cuir bouilli avec garniture en cuivre, chenille noire et flamme rouge ; tunique et pantalon verts; parements et bande rouges.

Pour les régiments de dragons (1814) : bonnet à

poil avec calotte rouge, tunique grise, ceinture rouge lisérée de vert, pantalon gris bleu à bande rouge.

Dans les cosaques du Don, le régiment de Tempereur et celui du grand-duc datent de 1778; l'escorte a été formée par Catherine II.

Les 14 divisions de cavalerie de ligne sont composées à 3 régiments de dragons et un régiment de cosaques.

Les régiments de dragons marchent à 6 escadrons (36 officiers, 6 employés assimilés, 920 sabres, 28 non combattants, 70 chevaux d'officiers, 902 chevaux de troupe, 83 chevaux de trait ou de bat).

Les dragons portent la casquette ornée d'un plumet, la tunique et le pantalon vert sombre, le manteau gris et les bottes éperonnées. Les couleurs distinctives sont indiquées au collet et sur les pattes d'épaule. Le sabre légèrement recourbé, dit schaschka garnissant un fourreau de bois est porté à un baudrier auquel est également fixé la bayonnette. Le fusil est d'un modèle un peu plus court que celui de l'infanterie.

Les régiments de cosaques formés à 6 sotnias comptent 25 officiers, 3 employés assimilés, 889 combattants, 73 non combattants et 1,018 chevaux.

La composition des régiments d'Orembourg et de l'Oural est peu diff*érente.

Les cosaques du Don ont le caftan bleu foncé, ceux d'Orembourg, d'Askrakan et de l'Oural endossent la tunique vert sombre; les cosaques du. Terek et du Kouban portent le caftan rouge et par-dessus la tcherkaska, avec dix étuis à cartouches sur chaque côté de la poitrine. — Armement: sabre des dragons, carabine Berdan et lance (sans flamme) pour le premier rang.

L'i selle très particulière des cosaques est formée par un simple cadre en bois avec coussins ; les cosaques n'ont pas d'éperons mais le fouet dit nagaika.

Les régiments de cosaques 1 à 8, H^ 12, 14 sont attribués aux corps d'armée du numéro correspondant.

Les régiments 9, 10, 13, 15 constituent la division des cosaques du Don.

Les 4 derniers régiments de dragons et les 10 derniers régiments de cosaques forment les 3 divisions de cavalerie stationnées dans le Caucase.

Deux batteries (6 pièces de 8 centimètres) sont adjointes à chaque division.

Nous retrouverons l'emplacement de ces divisions dans le tableau présentant la dislocation des troupes.

Plus encore que dans l'infanterie, il est exceptionnellement rare de trouver groupés les divers escadrons d'un même régiment. J'ai fait à ce sujet, au cours de mes voyages, de singulières constatations : il n'est pas rare de trouver le petit état-major seul, les 6 escadrons étant dispersés. Je prends dans mes notes tout au hasard : dans la 3*^ division, les 7, 8, 9® dragons et le 3® régiment de cosaques sont totalement dispersés. Il en est de même dans la 2^ division, 31, 32, 33® dragons et 11® cosaques.

Ainsi le 32® dragons occupe :

Dubno, Verba, Sémédouby, Pogoretzy, Mlynofî, avec deux escadrons à Radgivylofî.

Cette dispersion, qui est motivée par les exigences du cantonnement, a été exploitée par la presse allemande et austro-hongroise pour accréditer la légende d'une accumulation considérable de forces russes sur

la frontière occidentale; là où gîtait un escadron, les reptiles des deux pays dénonçaient mensongèrement la présence de tout un régiment.

L'instruction sur les manœuvres de la cavalerie date du 15 mai 1881. Une attention toute spéciale est attribuée dans la cavalerie russe au combat à pied; cette question y est très étudiée. Qu'il nous suffise de citer Touvrage si remarquable du colonel Baikow : c Emploi et exécution du combat à pied dans la cavalerie, >

Le service des sapeurs n'y est pas non plus négligé ; chaque escadron est pourvu de 16 outils et de 40 cartouches à dynamite. 11 a même été formé dans quelques divisions, notamment dans la 4®, un escadron de sapeurs.

L'instruction télégraphique est également donnée avec soin. Il a été question à diverses reprises de doter les régiments d'un petit appareil portatif; le système Herschelmann paraît définitivement adopté.

La Russie européenne possède environ 15 millions de chevaux dans l'âge de travail ; 20 à 25 p. 100 de cet ensemble se groupe dans les provinces du Volga. Les provinces baltiques sont les plus pauvrement partagées (2 1/2 p. 100)*.

* Plus exactement, d'après le dernier recensement : 19.674.723 chevaux dans la Russie d'Europe, dont 14.835.051 aptes au service militaire ; de cette dernière catégorie :

Gouvernement militaire de Pétersboure 646.879

— de Wilna 1.7i2.389

— de Varsovie 736.505

— de Kiew • . . i.il0.i32

— d'Odessa 1.094 6i6

— de Charkow a.i57.6i3

>- de Moscou 3.063.379

~ deKasan 4.Ï203.528

Proportionnellement à la population, la Russie est au point de vue de la richesse chevaline, beaucoup plus avantageusement pourvue que les autres pays de l'Europe. Il revient sur 1,000 habitants 235 chevaux, alors que la proportion s'établit : 100 en Autriche-Hongrie, 82 en Allemagne et 80 en France.

Mais les conditiotis ne sont plus les mêmes, si nous établissons le rapport par kilomètre carré. On constate alors : Russie 3,5 ; Autriche-Hongrie 5,7 ; Allemagne 6,3 et France 5,3.

L'Etat entretient 6 haras avec 2,710 animaux. Les établissements privés, d'élevage, sont au nombre de 3,430 avec 9,500 étalons et 92,791 juments poulinières.

On trouve en Russie deux races indigènes : la race tartare et la race finnoise. Elles peuvent se répartir en 4 groupes :

Le cheval de montagne de race tartare, dont le plus noble type se localise dans la province de Karabagh ;

Le cheval des steppes qui sert à la remonte des cosaques du Don et des Khirhiz ;

Le cheval des régions boisées de race finnoise dans les gouvernements de Perm, de Kazan et d'Arkan-

gel;

Le cheval des terres noires (gouvernement de Woronesh), bien certainement le plus parfait cheval de travail.

lï n'est pas inutile, avant de passer à un autre sujet, de faire constater combien est insuffisante en temps de paix^ l'utilisation des ressources considérables dont dispose la Russie.

Nous ne constatons pas à proprement parler Texistence de divisions indépendantes; dans la règle chaque corps d'armée est pourvu d'une division, sauf la garde qui en a deux, ainsi que le XIV® corps renforcé par la division de cosaques du Don (Zamost); par contre, quoique les ressources soient disponibles, les XV® XVP et XVIP corps ne sont pas encore pourvues de divisions de cavalerie.

L'opinion publique en Russie se préoccupe de cette situation. Elle réclame l'augmentation de la cavalerie et l'organisation de divisions indépendantes, plus exactement, de gros corps de cavalerie comme il en avait déjà été formé sous Alexandre II. Elle réclame, de plus, l'affectation d'une brigade à chaque corps d'armée.

Ces vœux ont été résumés et brillamment présentés, au mois de février dernier, dans une conférence faite par le général Schuchotin*, qui proposait, entre autres, l'augmentation du nombre des escadrons dans la brigade afin de permettre à la mobilisation le dédoublement des régiments.

J'ai eu soin de faire remarquer que cette pénurie en cavalerie n'affectait que les formations du temps de paix, sachant fort bien que la Russie à prévu pour après la mobilisation^ ce qui lui était largement nécessaire. Il y a inconvénient néanmoins, dans les condi-

* Le général Schuchotin est également l'auteur d'un livre sur les raids, une des questions très discutées et pronées dans la cavalerie russe comme en témoignent toute une série d'études. Celles récentes, de P. Rennenkampf (livraisons de septembre des Wajenny-Sbornik) du cap. Willahoir et les tendances de Skobelew, Pistolkow, Dawydow, prince Galitzin, Dragamirow, Terchow, etc.

lions particulières où se trouve la Russie, de ne pas procéder à une organisation permanente ; c'est le seul point sur lequel il me soit permis d'insister.

Je me suis contenté en parlant des régiments de cosaques, de l'énoncé d'un simple chiffre; je reviens sur cette organisation qu'il est intéressant d'exposer avec plus de détails.

Un décret organique de 1874 fixe à 20 ans la durée du service pour les populations cosaques :

3 années à la disposition (i8 à 21 ans). } ^^, 42 années de service actif (24 à 33 ans). \ 5 années dans la réserve (33 à 38 ans), j 2® ban. Le cosaque sert ensuite dans Topoltsche- I ^^ , nie jusqu'à l'âge de 50 ans. I

En principe, la durée du service actif est réduite à 3 ou 5 ans. Le cosaque libéré dans ces conditions, n'est plus astreint qu'à une convocation de trois semaines.

Le nombre des cosaques soumis à Tobligalion du service militaire s'élève à environ 320.000 hommes, c'est-à-dire de 27 à 28 p. 100 de la population mâle . Un bon tiers revient aux cosaques du Don.

L'effectif des officiers en service est environ de 2.050.

Les cosaques du Don fournissent en temps de paix : *

2 régiments de la garde à 4 sotnias; 15 régiments de la ligne à 6 sotnias; 8 batteries à 6 pièces, sauf celle de la garde qui n'en attèle que 4.

Augmentations du temps de guerre :

2 escadrons à chacun des régiments de la garde; 1 régiment de service de la garde ; 15 régiments du 2^ ban (16 à 30); 30 sotnias du S*' ban accaparées par l'intendance pour le service des convois ;

15 régiments du 3^ ban (31 à 45) ; 7 batteries du 2*^ ban (8 à 14) ; 7 batteries du 3^ ban (15 à 31).

Chacune de ces batteries est pourvue dès le temps de paix de 3 pièces.

Le régiment compte en moyenne 25 officiers et 770 sabres.

Les cosaques du Kouban lèvent en temps de paix :

2 escadrons de l'escorte de l'empereur; 2 escadrons détachés à Varsovie ; 10 régiments ; 5 batteries à cheval.

En temps de guerre : 20 nouveaux régiments et 10 pièces, pour porter à 6 pièces l'effectif de la batterie.

Les cosaques du Tereck entretiennent en temps de paix :

2 escadrons de l'escorte de l'empereur; 4 régiments; 2 batteries.

Augmentation du temps de guerre : 8 régiments et 4 pièces.

Les cosaques de l'Oural fournissent en temps de paix un escadron de la garde, un escadron d'instruc-

tion et 15 escadrons, — à la mobilisation, formation de 30 nouveaux escadrons.

Les cosaques d'Astrakan n^entretiennent qu'un régiment par ban.

Les cosaques d'Orembourg lèvent en temps de paix 6 régiments et 3 batteries à cheval.

Formation du temps de guerre : 18 régiments et une brigade d'artillerie à 8 pièces.

Nous ne tenons ici, aucun compte des autres formations cosaques inemployables pour une guerre en Europe : cosaques du Kutaïs, du Dagestan, de la Sibérie orientale, de la région transbaïkalienne, etc., etc.

Artillerie. — L'arme de l'artillerie comprend, comme dans toutes les armées européennes, trois subdivisions :

L'artillerie montée ; L'artillerie à cheval ; L'artillerie de forteresse.

L'artillerie montée compte :

3 Brigades de la garde (1 à 3) ; 4Brigades de grenadiers (la 3*^ affectée au Caucase); 41 Brigades de ligne (1 à 41).

Les 48 brigades stationnées dans la Russie d'Europe sont à 6 batteries ; les batteries 1 et 2 sont armées de canons lourds, de 10 *'™' 67 ; les batteries ' 3 et 4 sont légères, de 8 ®™' 69; les batteries 8 et, 6 sont de même calibre sauf dans les brigades 13, 19 20, 21, 38 et 39 où elles sont remplacées par des pièces de montagnes de 7 '^' 62.

La batterie à 8 pièces n'est attelée en temps de paix que dans les brigades établies à proximité de la frontière.

Effectif d'une batterie : 8 officiers, 221 bommes de troupe, 8 pièces et 12 à 16 voitures.

Chaque brigade établit de plus, une batterie de dépôt.

L'artillerie de réserve est constituée dès le temps de paix à 6 brigades de 6 batteries (4 pièces). Elles organisent à la mobilisation 24 brig:ades à 4 batteries affectées aux divisions de réserve.

L'artillerie à cheval compte :

4 Brigade de la garde à '5 batteries. \

Batteries de ligne. . . 23 — î 46 batteries.

Batteries de cosaques. .18 — )

Les batteries doivent toutes atteler 6 pièces.

L'artillerie de forteresse est formée à 48 bataillons, plus 9 compagnies isolées.

Les bataillons portent outre le numéro de série, la dénomination de la place à laquelle ils sont affectés.

Je crois devoir comprendre dans l'artillerie de forteresse les batteries dites de sortie, attribuées aux places de Warsovie, Nowo-Georgiewesk, Brest-Litewski, Ivangorod et Kowno.

L'artillerie se distingue de l'infanterie et de la cavalerie par un double passe-poil rouge au col. Elle porte le sabre des dragons et le revolver.

Nous avons déjà dit que le matériel d'iartillerie adopté par décision du 28 mai 1878 était pour l'artillerie de campagne du calibre de 10 ^'"' 67 ou

i^ L'EUROPE EN ARMES

8 *™' 69 et de 9 «"^' 62 pour Tartillerie de montagne.

Ces pièces proviennent ou de chez Krupp ou de la fonderie nationale de Obuchoff.

Les deux modèles de pièces de 8 ""• 69 se différencient en pièce longue ou courte; la première fait traîner par cheval 350 kilogr., la seconde 310 kilogr. (sans les servants).

Les affûts sont munis de l'appareil de contre-recul du colonel Rugelhardt.

Les pièces tirent trois sortes de projectils : l'obus, Tobus à balles et la boile à mitraille.

Approvisionnements :

Pièces lourdes : 126 coups dans les coffres, 144 aux sections de munitions.

Pièces légères : 163 coups dans les coffres, 159 aux sections.

Les principaux établissements de Tartillerie sont :

Les trois manufactures d'armes de Sestroriask, Tula et Ishew ;

Les trois fabriques de poudre de Ochta, Kaganet, Michailo-Schostka ;

La cartoucherie de Pétersbourg;

La fonderie de Pétersbourg avec l'ancienne aciérie de Obuchow ;

Les trois arsenaux généraux de Pétersbourg, Briansk et Kiew servent d'atelier de constructions de toutes sortes (forage des pièces, affûts et voitures, arçonnerie.

Enfin l'artillerie organise et dessert en temps de guerre :

Les 48 sections de munitions attribuées aux divisions d'infanterie (2 sections pour Tinfanterie et 2

pour Tartilleçie), organisées par les parcs des brigades d'artillerie.

Les 24 parcs de corps d'armée (plus exactement pour groupe de 2 divisions), formés dans chacune des 18 directions de corps d'armée.

Ces mêmes établissements fournissent aux divisions de réserve, les sections de munitions et les parcs aux corps d'armée à grouper éventuellement avec certaines de ces divisions..

Outre ces éléments mobiles, le service de l'artillerie dans chaque région de corps d'armée (circonscription militaire), organise les parcs ou dépôts sédentaires à raison de 1 pour 2 divisions.

Enfin, notons encore 3 parcs de siège à 400 pièces dont l'un pour l'armée du Gaucause.

Génie. — L'arme du génie comprend ; 17 bataillons de sapeurs, à 5 compagnies (dont 2 de la garde);

8 bataillons de pontonniers ;

4 bataillons de chemin de fer de campagne ;

4 compagnies de torpilleurs ; 17 parcs de télégraphie militaire;

2 parcs de siège ;

6 parcs de campagne.

Ces diverses unités sont organisées en brigades de sapeurs, 5 pour la Russie d'Europe (Pétersbourg, Vilna, Kiew, Varsovie, Odessa) ; et la 6® pour le Caucase. Chacune des 8 premières brigades compte : 3 bataillons de sapeurs, 1 ou 2 bataillons de pontonniers, 1 bataillon d'ouvriers de chemin de fer, 1 parc de campagne, 3 parcs de télégraphie.

Le balaillon de sapeurs est à 4 compagnies actives, plus une de" dépôt. Cette dernière se dédouble à la mobilisation et Ton obtient ainsi 34 compagnies; 16 de ces compagnies sont appelées à un service actif, les 18 autres sont affectées aux places.

Le bataillon compte 26 officiers et 1,000 hommes de troupes. La compagnie est pourvue de 240 outils; le bataillon porte en outre sur ses voitures 576 pelles, 400 haches et 192 pics.

Les pontonniers, dont les deux derniers bataillons datent de janvier 187T, comptent au bataillon, 12 officiers avec un effectif de 360 hommes (et deux compagnies). L'équipage de pont chargé sur 88 voitures, permet d'établir un pont de pontons de 218 à 311 mètres, ou un pont sur chevalets de 47 mètres.

Le premier bataillon d'ouvriers de chemin de fer a été créé en octobre 1876. En 1878, le quatrième était formé.

Deux des compagnies du bataillon sont dites de construction, les deux autres d'exploitation.

Ce sont deux de ces bataillons, spécialement affectés à la région transcaspienne qui ont été chargés de l'établissement de la voie de la Caspienne à Samarcande.

Les 4 compagnies de torpilleurs ont été créées les deux premières en 1878 — pour Kronstadt et Kertsch — les deux dernières en mai 1882. Elles présentent, sur le pied de guerre, un effectif de 44 officiers et 968 hommes de troupe, et sont réparties : Kronstadt, Sweaborg, Odessa, Sébastopol.

En 1876, il n'existait que 6 parcs de télégraphie militaire. Ce nombre a été successivement porté à 17.

(6 officiers, 280 hommes, 124 chevaux et 37 voitures.) Chacun de ces parcs peut établir une ligne de 70 kilomètres.

Les deux parcs de siège à Dunabourg et à Bobrinsk sont servis chacun par 7 officiers, 286 hommes de troupe, 387 chevaux et 116 voitures. Ils entretiennent le matériel et l'approvisionnement nécessaire à un siège régulier.

Les 6 parcs de campagne sont attribuées aux brigades de sapeurs et chaque parc forme dix sections. Chacune d'elles doit emporter la réserve d'outils à l'usage des divisions d'infanterie et des troupes techniques.

Le parc charge au total 10,800 outils.

Les troupes du génie sont habillées comme l'infanterie. Elles sont armées du fusil des dragons, mais sans sabre. Les hommes attachés aux parcs et à la télégraphie ne sont armés que de revolvers.

L'instruction militaire se donne comme dans l'infanterie. L'instruction technique est conforme au règlement du 22 septembre 1881.

Les principaux établissements du génie sont :

L'arsenal principal de Dunabourg, le dépôt central de Bobruisk, les dépôts régionaux de Pétersbourg, Moscou, Dunabourg, Brest-Litewky, Kiew, Tiflis ; les dépôts de places fortesà Varsovie, Ivangorod, Brest- Litewky, Modlin et Bender.

Train *. — Le train des équipages ne se retrouve pas dans l'armée russe comme formation spéciale.

* Création de bataillons-cadres du train. — Un ordre récent vient de prescrire la formation, à la date du 1"" janvier 1889, de cinq bataillons-cadres du train chargés des transports mili-

Les corps de troupe très richement gratifiés, les étatsmajors et les divers services pourvoient à leurs transports. Ainsi, le régiment d*infanterie est doté de 86 voitures et 181 chevaux. Soit 23 voitures au premier et 63 voitures au second échelon. Le régiment de cavalerie a 16 voitures au premier échelon et 26 au second.

Nous avons déjà examiné les trains particuliers de rarlilierie et du génie. Il nous reste à dire deux mots du service hospitalier et de celui de l'intendance :

L'amhulance divisionnaire en deux échelons peut recevoir 600 blessés.

Deux hôpitaux mobiles par division avec 600 places chacun.

Quatre hôpitaux de réserve par division d'infanterie.

taires en temps de guerre. Les bataillons n<» 1, 2, 4 et 5 comprendront chacun 4 compagnies, et le n» 3, 2 compagnies. Les compagnies seront numérotées de 1 à 18 ; chacune d'eJles se subdivisera en 5 sections.

Les bataillons-cadres recevront les prestations en nature et en argent attribuées à Tinfanterie ; chacun d'eux possédera des hangars de voitures avec le harnachement et les accessoires nécessaires, ainsi qu'un approvisionnement de réserve pour le personnel des transports militaires ; certains d'entre eux seront pourvus du matériel nécessaire pour les transports sur bâts.

Les bataillons sont chargés de la conservation et de l'entretien de leur matériel ; ils serviront à instruire les recrues et les jeunes soldats qui leur seront envoyés par les corps de troupes. Ils pourront^ en outre, être appelés à faire le service des transports dans les corps, les directions et les établissements militaires.

En cas de mobilisation, les 18 compagnies se transforment en 18 bataillons de guerre comprenant chacun 5 unités de train. En tout 90 unités.

Le service des vivres est ainsi réparti :

Les hommes portent, dans l'infanterie, trois jours de vivres, deux jours dans la cavalerie et Tartillerie.

Le convoi régimentaire charge dans l'infanterie un jour de vivres, deux jours et demi dans les troupes à cheval.

Le convoi divisionnaire transporte quatre jours de vivres.

Le convoi administratif roule avec 260 voitures, huit jours de vivres pour 8,500 rationnaires, et quatre jours d'avoine pour 1,500 chevaux (2 convois administratifs pour une division d'infanterie e^ 1 pour une division de cavalerie).

Nous venons d'examiner les divers éléments constituant Tarrnée active; passons maintenant aux formations de deuxième ligne ou de réserve, dans laquelle nous introduirons, quoique peut-être pas très correctement, les troupes de dépôt et les troupes locales.

Les troupes de réserves^ appelées à grossir reffectif de l'armée et à pourvoir à divers services spéciaux, existent dès le temps de paix sous forme de bataillons de réserve à 5 compagnies.

1 bataillon pour la garde ;

96 — pour la ligne; 6 — pour le Caucase.

A la mobilisation, chacune de ces compagnies se constitue en un bataillon, et quatre de ces bataillons forment un régiment continuant, pour la ligne, la série de 165 à 260.

76 de ces régiments (63 officiers, 3,845 combat-

28 i'europe en armes

lanls) servent à la formation del9 divisions de réserve (42 à 60) et 42 de ces divisions (42 à 53) paraissent avoir été récemment désaffectées (notamment celles de Pétersbourg et Kronstadt (42 et 43), des formations auxquelles elles étaient primitivement destinées, pour doter d'une troisième division les corps formant l'armée d'opération.

Des mesures ont été prises en même temps pour porter de 32 à 48 pièces, l'artillerie de ces divisions. Les cinquièmes bataillons de ces régiments restent à la disposition des autorités locales.

Les 20 régiments de réserve encore disponibles (non compris celui de la garde) sont formés en régiments à 5 bataillons (78 officiers, 4,788 combattants) pour le service des places fortes ; nous les trouvons :

1 à Sweabog et à Bobruisk. 2

2 à Kronstadt, Dunabourg, lyangorod. 6

3 à Brest-LHewskv. 3

4 à Nowo-Georgiewsk. 4

5 à Varsovie. o

Le Ministre de la guerre s'est, en ces derniers mois, tout spécialement occupé à accroître la valeur et le nombre de ces formations de réserve.

L'ukase de juillet, modifiant la composition organique de l'armée, a augmenté de trois classes (16, 17 et 18) ; la réserve et les manœuvres de 1888 autour de Elisawethgrad * ont montré combien était grande

* 51" division de réserve comprenant les cadres de batâilfons de réserve n**' 54, 61, 67 et 68, appelant les classes 78 et 83. — Et 51* brigade de réserve d'artillerie constituée à Taide de la 3« batterie de la 4« brigade d'artillerie de réserve.

la confiance que méritaient l'instruction et la solidité de ces troupes. *

Dans la cavalerie chacun des 56 régiments fournit un peloton de dépôt dont la réunion par division est dotée d'un cadre, et forme un cadre de brigade de dépôt.

Ces cadres préparent en temps de paix la remonte des régiments, et forment en temps de guerre deux escadrons de dépôt (soit* : 412).

Nous avons déjà dit que l'artillerie de réserve était constituée, dès le temps de paix, de 6 brigades de 6 batteries et qu'elles groupaient à la mobilisation 24 brigades. Les cinquième et sixième batteries de ces 6 brigades de réserve forment à leur tour, 48 batteries de dépôt à 4 pièces Tune.

Les troupes de dépôt fournissent à l'armée de campagne les ressources nécessaires pour tenir les effectifs au complet.

Chaque régiment d'infanterie (garde, grenadiers, ligne) et un groupe de 4 bataillons de chasseurs forment un bataillon de dépôt, soit : 199>bataillons.

58 de ces cadres fournissent des compagnies employées comme troupes locales (ensemble 61, atteignant 5,500 hommes). Les autres servent dans les bureaux de recrutement.

Les troupes locales assurent l'escorte des prisonniers, l'occupation de certains postes, et quelques services sédentaires.

£n Russie d'Europe :

6 bataillons à 4" compagnies;

165 détachements de subdivisions de région.

Au Caucase :

7 bataillons :

30 L*EUROPE Elf ARMES

53 détachements de subdivision de région.

Les troupes locales ont été supprimées en majeure partie en 1881, ce qui fit tomber Teffectif entretenu de 863,000 à 736,000, remplacés par des bataillons de réserve.

h'opoltschenie ou armée territoriale a été appelée pour la première fois, sous le règne d'Alexjandre I"". Elle a été réorganisée par la loi du l*"" janvier 1884 et doit comprendre trois levées, chacune de 150 bataillons (druschine) et 24 sotnias, soit : :200,000 hommes.

L'Invalide russe prétend que l'opoltschenie permet de disposer de deux millions d'hommes. Il convient toutefois de faire observer que cette armée territoriale, commence seulement maintenant, à être Tobjet d'une organisation sérieuse.

Le premier ban, d'après réconomie des plus récentes dispositions, serait complètement organisée et les ressources existent en magasin pour son armement et son équipement.

Récapitulation. — Nous venons de détailler les éléments organiques de la puissance militaire de la Russie; nous pouvons déduire maintenant le coefficient numérique de cette valeur, en nous attachant uniquement à V armée de campagne en Europe, non compris les troupes du Caucase :

62 divisions d'infanterie;

28 divisions de cavalerie.

Soit, en combattants, de 910,000 à 1,040,000, autrement dit un million.

Soit un million, ne faisant entrer en ligne de \

compte que les combattants fusils et sabres, et négligeant même le personnel de Tartillerie.

Négligeant à plqs forte raison les garnisons des places fortes et les troupes retenues à Tintérieur, soit dans les dépôts d'instruction ou pour un service local.

J'ai essentiellement tenu à m'affranchir de toutes les données inutiles, si elles ne sont pas fantaisistes, habituellement usitées pour chiffrer la valeur d'une armée.

Il faut compter, la concentration achevée, le nombre de fusils et de sabres mis en ligne sur Véchiquier de manœuvre et rien de plus.

J'ai à peine besoin de dire que les ressources de l'Empire russe sont autrement considérables.

En 1812, peu de temps avant la campagne, Tarmée russe comptait au total 570,000 hommes (population 42 millions).

En 1828, avant la première guerre contre la Turquie et avant l'insurrection polonaise, l'armée montrait 815,300 hommes (population, 50 millions).

En 1853-56, la Russie, avec une population de 65 millions, mit sur pied de guerre une armée de 1,265,000 hommes.

Aujourd'hui, sa population chiffre 81,725,185 âmes. Son budget de la guerre dépasse 280 millions de roubles et elle disposait au l^"" janvier 1887 d'une armée entretenue, sur l'effectif de paix à 855,417 hommes (30,655 officiers et 824,762 hommes de troupe), effectif qui, depuis 1880, a subi les variations ci-après : (1«^ janvier 1880) 930,808 ; 893,192 ; 843,534 ; 852,210 (l^-- janvier 1883), etc.

D'après Y Invalide russe, la Russie peut mettre sur le pied de guerre :

Armée active. . . .

Réserve

Opoltschenie. . . .

Cosaques

Total ....

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