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H09 chevaux ou mulets

GRÈCE 179

La mobilisation de l'armée active peut fournir, — sans compter les volontaires — 115.000 hommes; les 10 classes de Tarmée territoriale (32 à 41 ans) donneraient en chiffre rond 100.000; toutefois, cette armée de seconde ligne n'a pu être organisée, faute de cadres.

Enfin notons, mais pour mémoire seulement, la réserve de Tarmée territoriale (hommes de 42 à 81 ans).

L'armée grecque, par les aptitudes natives du soldat, l'excellence de son cadre de sous-officiers, la valeur et la capacité professionnelle de ses officiers est, malgré la durée restreinte du service et la gêne des considérations économiques, un excellent instrument de guerre.

Nous avons dit que la mobilisation de 1885 lui avait permis de mettre sur pied 72.000 hommes. Il est assez probable que, dans les conditions actuelles, une mobilisation générale, complétée par une levée de volontaires, lui permettrait facilement de former une armée de campagne de 180.000 hommes.

Je ne voudrais certainement en rien, même en apparence, paraître déprécier les généraux, hommes de valeur qui ont été ministres de la guerre, tels MM. Valtinos, Sarouzaki, Karalskaky, Mouromischalis; tous ont patriotiquement contribué à l'organisation de l'armée. Je ne puis cependant m'interdire de faire valoir combien la Grèce a eu à se louer de son essai d'un ministre civil de la guerre.

L'armée reste redevable à M. Tricoupis de sa complète régénération, sans négliger, d'importantes améliorations : écoles, cours d'instruction par les officiers de réserve, etc.

Je viens de citer les noms de quelques anciens ministres de la guerre qui ont exercé ou exercent encore des commandements; je dois ajouter à ces officiers généraux, le général Zimbrakati\ un ancien et brillant élève de Técole de Metz, sorti second de sa promotion, et le général Grivas, le représentant du dritl dans Tarmée grecque, dont l'énergie a eu si promptement raison du brigandage en Thessalie, mais dont le rôle politique, un peu bruyant, le fait tenir, pour Tinstant, doucement à Técart.

De la brillante phalange des colonels, quelque regret que je puisse avoir, je n'en citerai qu'un seul le colonel Kolokotroni, le fils du Vieux de la Moréè^ qui fut aide de camp du roi, commandant de Técole militaire et auquel doivent revenir, de Tavis de beaucoup, les fonctions de chef de Tétat-major général de l'armée.

Deux mots maintenant consacrés à une personnalité qui appartient à l'histoire de demain et dont la prochaine alliance avec la famille des Ilohenzollern, a provoqué certaines inquiétudes.

Constantin, duc de Sparte, tient de sa mère, cette gracieuse reine Olga, si respectueusement adorée de tout son peuple, fille du grand-duc Constantin, et cousine du tzar. Grand, blond, beau, mais la tète un peu grosse, le prince représente bien le type slave. Le sérieux et le solide, la fougue du soldat de race, joints à la douceur du tempérament, forment le fond de son caractère.

Georges, frère de Constantin, taillé dans le bois dont fut fait le maréchal de Saxe, tient au moral beaucoup plus de son père.

ANGLETERRE 2l7

En 1878 le gouverneur des Indes n'a pu réunir que 36,000 hommes en quatre mois, et il a dû se contenter de bien piètres résultats.

La campagne d'Egypte n'a pu être faite qu'avec 28,000 hommes.

80,000 hommes, on le sait, seraient un effort prodigieux, si prodigieux qu'il motiverait le déplacement de près de 200,000 valets et suivants d'armée, et près de 300,000 animaux de charge, chiffre qui n'a rien d'exagéré, si l'on veut bien se rappeler que les 34,700 combattants de 1879, en Afghanistan, traînaient à leur suite 47,000 personnes et que les 12,000 combattants du corps expéditionnaire en Abyssinie en avaient 28,000.

Il est tout au moins permis de douter que Tempire britannique soit capable de ce colossal effort.

Et, c'est ce que je me permets.

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