‹ L'Europe en Armes en 1889Chapitre 57 sur 62 · h., armée d'opérations (active et sa réserve · texte numérisé non relu

h., armée d'opérations (active et sa réserve

136.000 hommes. { 52.000 h. de troupes pour les services sédentaires (2® réserve, hommes instruits).

Enfin, douze classes non instruites de la deuxième réserve, soit 130,950 hommes.

Cette courte étude de l'organisation militaire du Portugal m'est grandement facilitée par un remarquable ouvrage « A Fortificacao dos Estados a adefega de Portugal » par M Sebastt'ano Telles, alors capitaine d'état-major et aide de camp de l'infant don Auguste.

Nous avons le grand avantage de trouver dans ce volume, outre les vues personnelles de l'auteur, l'historique des procédés saivis en Portugal pour la définition de son système défensif : étude très attentive des lignes de Torres-Vedras, d'après les mémoires de J,-T. Jones avec les modifications et perfectionnements du général «/.-Z. Stlva Costa (1852) ; travaux et propositions du comité de défense (1859-66) ; travaux dus à l'initiative privée : Le Portugal et son armée, Silva Bruschy; Etude sur la défense du pays^

par le capitaine Osono de VasconceUos, 1869 ; Essais sur la défense du Portugal^ par le général José de Ckelmicki (1878) ; enfin, les si recommandables Méditations militaires du colonel Cuaha Vianna.

On peut, avec le général Silva Costa , partager géographîquemeni le royaume en trois zones dont la plus importante au point de vue militaire, est la zone centrale, entre le Douro et une ligne tracée psivElvas la Serra d'Ossa et le cours du Sado. Cette zone ren-. ferme Tobjectif essentiel, la capitale.

Trois voies livrent accès à cette zone rendue fameuse par les campagnes de Masséna. Celle d'AJ. meïda-Coïmbre, par la vallée du Mondego (Beira- Aita) ; celle par Castello-Branco (Beira-Baïxa) sur Thomar ou Abrantès, direction suivie par Wellington se rendant au champ de bataille deXalavera; celle de TAlemtejo sur la rive gauche du Tage.

De ces trois directions, la première et la deuxième ont seules une importance relative. Elles conjuguent leur action pour conduire à Lisbonne par les deux rives du Tage.

C'est donc dans la région entre le Mondégo et le Tage, et sur la rive gauche du fleuve, que doit se concentrer toute l'activité de la résistance ; Tarène plus exactement définie conduit son tracé : cours du Mondego^ ligne tracée de Coïmbre par la Serna de Louza, cours du Zagère jusqu'à son confluent, le Tage jusqu'à Santarem, puis une délimitation conventionnelle de Santarem par Palmellaà Sétubal.

Afin de garantir aux divisions concentrées dans la zone ainsi définie, une bonne pratique de \^ défensive offensive il peut être nécessaire de préparer des points

d*appui des positions de recueillement, en arrière des forts d'arrêt obstruant les principales zones d*accès. — Porto, Celarico ou Guarda dans le Beira-Alta, Estremoz ou Evora dans TAlemtejo, semblent être les stations à choisir, pour Tassiette de ces camps retranchés dans le style provisoire. Il ne paraît pas nécessaire d*en établir dans la Beira-Beixa.

Dans la zone de concentration même, Tancos et Santarem sont à fortifier, Coïmbre doit être tout au moins en style provisoire.

Ces places couvrent en effet les approches du camp retranché de Lisbonne, dont Topportunilé est admise sans aucune discussion.

Le tracé général des ouvrages du camp retranché suivra probablement la première ligne de Torrès Vedras, par les cours du Sizandro-PobraletAlhandra pour aboutir à Pova. Sur la rive gauche, le tracé différerait très peu de celui proposé par le colonel Cunha-Vianna de Moita par Palmetla à Setubal,

Lisbonne enfin est armé en réduit central par une ceinture de protection appuyée à gauche au fort Saint-Julli'en, à droite à Sacavem, le centre sur les hauteurs de Cartaxo.

Sur la rive gauche du Tage, les hauteurs d'AIfeite et de Chibata appuient la première ligne de défense.

Telles sont les grandes lignes du système devant assurer au Portugal, si jamais Téventualité se produisait, la défense de son territoire.

Nous n'avons plus que quelques mots à consacrer aux défenses maritimes,

Lisbonne^ Setubal^ Cascaes, Péniche et Porto sont les points qu'il importe le plus de mettre à Tabri

iOO L*EUROrE EN ARMES

de toute tentative de débarquement. On y emploiera les moyens ordinaires de défenses maritimes, sauf peul-ètre pour Porto que sa qualité de seconde ville du royaume, sa grande importance commerciale, font vivement désirer voir plus complètement défendue.

Quelques écrivains, entre autres, le général Chelmick et 080f*io de Vasconeettas, ont préconisé rétablissement à Porto d'un camp retranché ; mais on craint de compromettre par une division des masses, le principe si substanciel de la défense concentrée.

Quant à la marine du royaume, comme on Ta définie avec beaucoup de raison : c Grands souvenirs, faible par le nombre, mais formée par d'excellents et vaillants éléments, > le principal cuirrassé est le Vasco de Gama qui date de 1876. Puis viennent sept corvettes qui s'échelonnent de 1858 (SagroseiB. Diaz) à 1884 (Alphonso de Albuquerque). Ces b&liments, ' sauT le dernier qui file 13 nœuds, ont une vitesse de 10 à 11 nœuds.

Plus 13 canonnières, de construction récente armées d'une grosse pièce Arrostrong.

Enfin, une escadrille spéciale de torpilleurs comprenant avec YEspadarte et la Fulminante, quatre autres bâtiments commandés en Angleterre, est spécialement afl'ectée à la défense de l'estuaire du Tage.

Rappelons àtitrede simple mémoire, que les parties les plus importantes du riche empire colonial que possède le Portugal, entretiennent des forces particulières payées par leur propre budget.

Nous aurons occasion de constater dans un volume qui doit faire suite à celui-ci, combien est considérable et hors de toute proportion avec l'importance

militaire de la mère patrie, la situation politique et économique que le Portugal doit au delà des mers à la prospérité et à Tavenir de ses possessions coloniales.

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