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î)a» eigenttidje ïïîiefcngebirge, bie ôftïidje ^ortfefcung beè Sfergebirgeê, 6eftef»t auê jmei parattelen, etma 3 km t>on etnanber eutfernten $àmmen, meldje ein reijenbe» fiftngStïjat, bie fteben ©rùnbe, cinfcfitte^en. 3)er norb = tid)e ober fdjlefifdje fîamm (Dîtefenfamm) trdgt auf feinem breïten, mit 9J?oor= nnefen unb £meï)0Ï3 bebedten Sïûcfen bie bebeutenbfte ©rïjebung ber ganjen b5f)mi[d)cn Ummaïtung, ja gan$ 2)eutfd)ianb§ aufêerfalb ber 2Upen, bie 1600 m îjolje ^dramibe ber ©djneefoppe (SKiefenfoppe).
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trouve page 36 la carte qui la représente et dont on voit ci-dessus la reproduction, on est stupéfait de constater
qu'elle contient, non plus le sud de la Saxe et de la haute Silésie, mais en réalité la partie nord-ouest de la Bohême, c'est-à-dire une fraction importante du territoire autrichien actuel, dont un léger pointillé, très difficilement visible, marque la véritable frontière.
Ici, la mauvaise foi semble évidente, mais un scrupule subsiste encore assez fortement pour que l'on cherche à s'assurer qu'il n'y a aucune erreur. Cette hypothèse bienveillante perd tout fondement car, page 83, commence la description de l'Autriche, et on n'y trouve aucune mention de l'Erz-Gebirge ou Monts Métalliques, qui au nord-ouest de la Bohême constituent cependant un des éléments les plus remarquables du système orographique cisleithan. On est donc bien en présence d'une vérité faussée avec autant d'habileté que de préméditation. Un pareil manuel, écrit par des maîtres officiels, n'a évidemment été répandu dans les écoles qu'avec l'assentiment des autorités et probablement sur leur ordre. Il y a là un fait matériel dont il est difficile de nier l'importance.
L'appui direct que les fonctionnaires de l'empire ont prêté fréquemment à la campagne pangermaniste aggrave encore la portée de cette constatation. Après avoir relevé plusieurs cas précis, où les agents du gouvernement sont intervenus en faveur des amis du Dr Hasse, le Journal de Colmar conclut : « Il serait temps, à notre avis, que les autorités publiques, d'ordinaire si chatouilleuses lorsqu'une loi est violée ou lorsqu'une agitation dangereuse se produit, surveillassent d'un peu plus près les agissements du Pangermanisme. Il ne faudrait pas surtout qu'il se produisît le fait que nous avons signalé, il y a deux ou trois ans à Mulhouse, où un fonctionnaire de la Kreis direction envoyait des lettres de convocation à l'effet de créer une association pangermaniste, et où ce fonctionnaire signait les lettres en question avec les lettres I. V. [in Vertretung) qui engageaient son chef direct. Sans doute, tous les mem-
bres des sociétés pangermanistes ne sont pas des énergumènes comme ceux de la Berliner Deutsche Zeitung ; mais pour le repos public, il est inadmissible que des fonctionnaires aient les moindres rapports avec les chefs d'un parti où l'on se met en révolte ouverte contre la lettre et l'esprit de la Constitution et où on prépare à l'Allemagne les plus graves complications extérieures (1). a
§ 3. — Le choix du consul que le gouvernement de Berlin a envoyé à Prague est encore, dans un ordre différent, une preuve de l'intérêt vif et constant que la chancellerie de la Wilhelmstrasse prend aux affaires d'Autriche.
Le baron de Seckendorf représente l'empereur Guillaume dans la capitale tchèque. De Ticn-Tsin, M. de Seckendorf devint consul à Seraïevo, Bosnie. Un incident digne d'être retenu lui fit quitter ce poste. Il aurait donné en l'honneur de son souverain une fête dont le caractère était tel que l'empereur Guillaume apparaissait comme le maître de la Bosnie. La note fut si excessive que le gouverneur du pays se vit contraint, à ce qu'on assure, de réclamer le déplacement du trop ardent consul. Après cette aventure, M. de Seckendorf fut nommé à Prague. Dès le début, il se fit connaître, dans sa nouvelle résidence, sous un jour tout spécial. Dans les cérémonies et dans les fêtes officielles, le représentant de l'empereur Guillaume parut constamment dans l'uniforme singulier de l'ordre protestant de Saint-Jean de Jérusalem. Avec son justaucorps rouge et son chapeau à large? bords, le baron de Seckendorf a incontestablement fait sensation. Sans doute, les Tchèques le qualifient ironiquement de Der Trompeter (le trompette) von Sàckingen, personnage amusant de je ne sais quelle opérette, mais cette innocente plaisanterie ne l'a point empêché de pénétrer dans les cercles très fermés de l'aristocratie. M. de Seckendorf a eu
(1) Journal de Cofmar, 12 juillet 1900.
d'ailleurs le bon esprit de ne pas être exclusif. Il a cherché à se mettre bien avec tous. On Ta même aperçu dans quelques bals tchèques, ce qui lui a valu les attaques de certains Pangermanistes trop violents pour comprendre les avantages de la souplesse. Cette souplesse, ils l'ont même imputée à crime à l'actif consul, et le 28 février 1899, le ministre des affaires étrangères de l'empire allemand fut interpellé à la tribune du Reichstag sur les coupables condescendances de son agent de Prague envers la race inférieure des Tchèques. M. de Bùlow répondit en lisant le rapport de son subordonné sur l'incident : « Je remarquerai, dit le baron de Seckendorf, que ma présence au bal en question (25 janvier 1899) a été la suite d'une invitation personnelle du comité organisateur. J'ai d'autant plus pensé devoir m'y rendre que depuis mon arrivée à Prague, j'ai fréquenté exclusivement les cercles allemands et qu'au moins huit fois sur dix je me suis rendu à des réjouissances semblables, organisées dans un but strictement nationaliste allemand (nur deutschnationalen Zwecken), sans que, pour cette participation, j'aie été blâmé de l'autre côté. »
Cette réponse pleine de bon sens ne souffrait point de riposte. Le baron de Seckendorf fut maintenu à Prague.
Il a conservé son attitude insinuante et a même assisté à l'installation du Dr Srb, le nouveau maire de Prague. Encore une fois, les Prussophiles fanatiques ont crié à la trahison, car, horreur! le Dr Srb n'a fait qu'un seul discours en tchèque. Ces criailleries sans importance n'émeuvent aucunement la chancellerie berlinoise, qui, avec une constance imperturbable, maintient M. de Seckendorf à Prague. Elle a sans doute pour cela de bonnes raisons. Des gens fort bien informés assurent que le consul allemand, dans la capitale bohème, continue l'œuvre commencée à Seraïevo, et qu'en dépit de sa brouille avec les plus violents, il entretient des relations suivies et très utiles avec les chefs pan-
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germanistes. Dans tous les cas, il est certain que la conduite de M. de Seckendorf reçoit à Berlin une complète approbation. Il a été décoré tout récemment. Cette faveur et cette confiance sont-elles la récompense des progrès faits par le Pangermanisme en Bohême? Il est difficile de le dire, rien ne permettant de déterminer exactement la part qu'a pu y avoir M. de Seckendorf. Ceci importe d'ailleurs assez peu ; l'attitude de son souverain, au même point de vue, offre infiniment plus d'intérêt.
§ 4. — « Que fait donc le loyal Guillaume II? » se demandait M. Alphonse Humbert au moment de l'éclat fait par la lettre de Mommsen. « Son abstention, en la circonstance, est d'autant plus remarquée que, lors de son voyage à Buda-Pesth, il a bien paru vouloir appuyer personnellement la politique violemment pangermaniste. »
En effet, tout indique que les choses d'Autriche intéressent passionnément l'empereur allemand, et l'on comprend mieux à quel degré si l'on se pénètre de la conception très particulière qu'il s'est faite de son rôle de souverain. Une série de faits révélateurs et de paroles précises permettent d'en donner le sentiment avec de grandes chances d'exactitude.
A l'avènement de Guillaume II, les innombrables fonctionnaires allemands de tous ordres portaient sur leur casquette d'uniforme une cocarde aux couleurs de leur Etat respectif. Cet insigne fédéral offusqua le jeune empereur, qui ordonna de le faire surmonter d'une autre cocarde aux couleurs de l'empire. Les événements de Chine lui ont permis de réaliser un nouveau progrès. Les troupes allemandes d'Extrême-Orient ont été dotées d'une tenue spéciale qui comporte un chapeau à larges bords dont l'un des côtés est crânement relevé à la façon des Boërs. Sur cette partie plane une énorme cocarde impériale domine une cocarde fédérale presque imperceptible qu'une occasion prochaine
sans doute permettra de faire disparaître (1). Cette gradation dans l'emploi des petits moyens, Guillaume II l'applique constamment. A la fin de 1899, il a voulu remplacer par sa propre effigie l'aigle des timbres-poste de l'empire. Les princes confédérés, choqués de cette intention par trop contraire à l'esprit de la Constitution, ont protesté discrètement, mais résolument. Guillaume II a dû s'incliner, mais il s'est à demi satisfait en adoptant pour vignette une Germania dont les traits sont inspirés de ceux de l'impératrice sa femme. Enfin, tout récemment, il vient de choisir comme devise d'un nouveau timbre : « Seulement unis, unis, unis. » « Nur einig, einig, einig. » Sans doute, ce ne sont là que des détails, mais ils témoignent suffisamment que la place occupée par les États allemands semble encore trop grande à Guillaume II. Il ne voudrait plus voir dans leurs princes qu'un brillant état-major; le titre d'empereur fédéral lui paraît mesquin, et très certainement le mot de « Germanie » sonne plus doucement à ses oreilles que celui d'Allemagne.
On conçoit donc facilement que son souvenir s'en aille volontiers vers les Germains d'Autriche et surtout vers leur armée. Colonel honoraire d'un régiment de hussards hongrois, il profitait chaque année de la fête de ce corps pour venir à Vienne passer une inspection militaire. Celle-ci était si sérieuse que la sollicitude de l'empereur a fini par froisser la cour et l'état-major autrichiens. Brusquement, le régiment de hussards fut envoyé au fond de la Hongrie, et, pour la première fois en 1898, Guillaume II n'a pas fait à Vienne son voyage traditionnel.
Depuis, il est vrai, tout s'est arrangé. En mai 1900, François-Joseph est venu à Berlin excuser la digne attitude du comte Thun, et il a poussé la faiblesse jusqu'à conférer
(1) V. les uniformes de l'expédition allemande en Chine reproduits en couleurs, dans Unsere Truppen in Ost-Asien. M. Ruhl, Leipzig, 1900.
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à l'empereur allemand le grade le plus élevé de toute l'armée autrichienne.
Les discours de l'empereur donnent la véritable valeur de ces indices généraux. La suite de leurs dates établit la progression rapide des ambitions qu'ils révèlent. Dès les premières années de son règne, la Fortune comble le jeune empereur allemand. Celui qui était destiné à être son plus redoutable adversaire, Alexandre III, meurt. La puissance allemande grandit sur tous les points du monde. Aussi, au début de 1896, Guillaume II peut-il à bon droit pousser ce cri de triomphe : « L'empire allemand est devenu un empire universel (1). » Il ne s'illusionne pas. Il sait que seule la force permet de soutenir et de développer un tel empire. Il le proclame : « Appuyé sur l'armée et confiant en notre Dieu puissant, j'ai entrepris ma lourde tâche, sachant bien que l'armée était le soutien principal de mon pays et la plus solide colonne du trône prussien (2) . » La préparation de la guerre devient sa constante préoccupation. Sans jamais hésiter, il engage les dépenses militaires les plus considérables. On a calculé que, dans les huit premières années de son règne, Guillaume II a dépensé pour l'armée et pour la marine 5,926 millions de marks, alors que son grand-père, le vainqueur de Sedan, dans les huit dernières années de sa vie, n'en a dépensé que 4,114, ce qui fait un excédent de 1,812 millions de marks motivé pour la plus grande partie par la seule personnalité de l'empereur actuel. A partir de 1898, on observe que le mot de Germanie remplace généralement celui d'Allemagne dans les discours impériaux, qui, par leur intempérance même, commencent à dévoiler les idées fondamentales de Guillaume II. Le 28 août 1898, répondant au discours du bourgmestre de Mayence, il déclare vouloir maintenir intact l'héritage que
(1) « Aus dem Deutschen Reiche ist ein Weltreich fjeworden. » Toast porté par Guillaume II à Berlin, le 18 janvier 1896.
(2) Guillaume II à la garde, juin 1898.
lui a légué son grand-père : «Mais, ajoute-t-il, je ne pourrai y parvenir que si notre autorité se maintient ferme à l'égard de nos voisins. Dans ce but, l'unité et La coopération de toutes les tribus germaniques est nécessaire (l). »
« Tribus germaniques, » l'expression est singulière! Ne ressemble-t-elle pas étrangement à celle du Dr Hasse lorsqu'il parle de la nécessité de réaliser « l'union de toutes les tribus germaniques» (2). Certes, l'identité de termes ne serait pas suffisante pour permettre d'affirmer que par « tribus germaniques» Guillaume II a voulu désigner les Allemands d'Autriche, si, dans d'autres circonstances, il n'avait été plus explicite.
Le 3 février 1899, dans son discours fait au Landtag de la province de Brandebourg, il déclare : « Nous voulons faire en sorte que nous autres Germains nous soyons au moins réunis en un bloc solide. . . Sur ce rocher de bronze du peuple allemand, au loin sur la mer, et chez nous en Europe, viendra se briser toute vague menaçante pour la paix (3). » Cette finale pacifique n'a trompé personne en Allemagne.
Seule l'allusion à l'union des Germains fut remarquée. Aussi, peu après, l'organe du Dr Hasse commentait ce discours avec une joie profonde : « L'empereur ne tient pas l'empire pour terminé... 11 veut voir croître encore le chêne de l'empire allemand... Comme ses ancêtres, son point de vue est celui de la raison d'État. D'abord la Marche, ensuite la Prusse, après l'empire allemand. Et quoi encore ? S' il parle de la totalité des Germains, — et peutêtre pense-t-il ainsi aux Anglo-Saxons [le discours de Bar-
(1) « Dazu bedarf es der Einigkeit und Mitvvirkung aller deutschen Stàmme. »
(2i « ... die Gemeinschaft aller deutschen Stàmme. » V. la couverture de Y Alldeutscher Atlas, Paul Langhans. Justus Perthes, Gotha, 1900.
(3) « Desvvegen wollen wir trachten, dass wir Germanen wenigstens zusammenhalten wie ein fester Block. An diesem rocher de bronze des deutschen Volkes, draussen weit uber die Meere und bei uns zu Haus in Europa moge sich jede den Frieden bedrohende Welle brechen ! »
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men (^voir page 275) prouve que cette supposition était fondée], il lui est impossible de sauter par-dessus le degré intermédiaire de la plus grande Allemagne, qui opère la réunion de tous les Allemands... De l'empereur allemand sortira un empereur des Allemands (1) . » Le raisonnement est logique. Les actes ultérieurs de l'empereur en ont vérifié la justesse. Ce qui est certain, c'est que Guillaume II a un plan politique; il y fait de constantes allusions. « Je n'ai aucune crainte de l'avenir; je suis convaincu que mon plan réussira (2). » «J'ai en moi la volonté indomptable de marcher d'un pas ferme, en dépit de toutes les résistances, dans la voie que j'ai une fois reconnue pour la bonne (3). » Cette voie, en quelle compagnie l'empereur compte-t-il la parcourir? Avec l'armée sans aucun doute. « Si, dans le monde, on veut décider de quelque chose, la plume n'est puissante que soutenue de la force du glaive (4). » Quand l'empereur voudra « décider de quelque chose par la force du glaive, » ne sera-ce point aux dépens de l'Autriche? Bien des indices inclinent aie croire.
En août 1900, la bénédiction des drapeaux destinés aux régiments de Chine avait lieu à l'arsenal de Berlin. Guillaume II portait, pour cette circonstance et pour la première fois, un bâton de maréchal qu'il s'était octroyé à la prière de ses généraux. C'était une sorte de canne longue d'un mètre environ, recouverte d'un étoffe de soie jaune,
(1) « Der Kaiser hait den Ausbau des Reiches nicht fur beendet. Er will
die deutsche Reichseiche noch wachsen selien Wie seine Vàter steht er
auf dem Boden des Staatsbewusstseins. Erst die Mark, dann Preussen, dann das Deutsche Reich. Und wass dann ? Wenn er von der Gemeinsamkeit der Germanen spricht und hierbei vielleicht an die An^olsacnsen denkt, so kann er unmop,lich die Zwischenstufe des « grbsseren Deutscblands » , die Zusammenfassung aller Deutschen, Uberspringen wollen... Aus dem « deutschen Kaiser » aber wird ein Kaiser des Deutschen ! » Alldeutsche Blatter, 1899, p. 53.
(2) Discours de Stettin, septembre 1900.
(3) Discours de Bielefield, juillet 1899.
(4) Discours a la Garde, janvier 1900.