‹ L'Europe et la révolution française Volume 6Chapitre 71 sur 122 · LA RUSSIE KT L'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

LA RUSSIE KT L'ANGLETERRE

Cependant, ce jour-là même, Bonaparte reçut un avertissement sig^nificatif. C'était une note de Markof, sur des instructions qui lui arrivaient de Pétersbourgf. L'Empereur est surpris du ton que prend le premier Consul : « Ce n'est pas celui qui doit exister entre des États indépendants. Sa Majesté ne veut ni commander, ni que personne lui commande. » Puis, cette allusion directe à l'Ég^ypte : «L'Empereur, satisfait du lot que la Providence lui a assig^né, ne song^e à s'ag^randir d'aucun côté : il entend que personne ne s'agrandisse aux dépens de la Turquie. Que le premier Consul rassure sur cet article, la paix avec l'Ang^leterre sera facilitée. » Et, en attendant, la Russie rassure les Anglais. Le chancelier de l'Empire mande à Simon Woronzof, à Londres : a Les intérêts de la Russie et ceux de l'Angleterre ont tant de points communs entre eux que ces deux puissances peuvent se considérer comme alliées sans avoir besoin de l'écrire sur le papier '. »

Les « amis de l'Angleterre » travaillent à semer l'alarme, à montrer la guerre imminente, à en rejeter toute la responsabilité sur Bonaparte; et ils y réussissent. Talleyrand, qui les fait souffler par ses a affidés » , qui ménage Londres, qui cherche surtout à s'insinuer près d'Alexandre, est représenté par eux, comme il se représentera lui-même dans ses Mémoires, comme « un homme d'un très grand esprit... ayant dans la tête le courage que l'on a dans le cœur » ; conseiller sage, mais peu écouté, d'un maître très imprudent ; modérateur de la France en Europe ; déplorant les actes auxquels il collabore, la politique dont il est l'instrument, et insinuant que dans l'intérêt même de la France une résistance de l'Angle-

* Novembre 1802. MiJVTE^s, t. XI.

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