L'ARMISTICE DE 1>LEIS\V1TZ
pense pas, il ne peut vous échapper qu'il s'arrangerait avec Tempereur Alexandre. Pour que ces deux souverains s'entendent, il faut peu de chose. Qu'est-ce qui importe à la Russie? Le système continental et la Pologne. Nous avons renoncé au système continental pour la Russie; Tltalie, l'Allemagne et l'Espagne, importent bien plus à l'empereur que la Pologne. Vous savez mieux que personne que l'empereur n'a aucune folie en tête, qu'il a toujours regardé la Pologne comme un moyen, mais pas comme une affaire principale. Il ne peut donc échapper à l'Autriche qu'en satisfaisant la Russie sur ce point, nous avons un moyen d'humilier l'Autriche, et même de la réduire à rien, car quelles concessions ne ferait pas l'empereur Alexandre si, pour le tirer d'embarras, on lui cédait la Pologne? Une mission au quartier général partagerait le monde. »
Telles étaient les arrière-pensées de Napoléon, ses conjectures secrètes, ses spéculations illusoires, quand il reçut bubna, le 16 mai ^ Bubna lui remit une lettre de François II datée du 1 1 mai.
Napoléon le laissa développer ses « formes »> et poser ses « bases » ; puis, avec cette incohérence de pensées et d'expressions qui donnait à ses paroles une puissante et sauvage éloquence : « Je ne veux pas de votre médiation armée. Vous ne faites qu'embrouiller la question. Vous dites ne pouvoir rien foire pour moi; vous n'êtes donc forts que contre moi. C'est une subtibilité que je n'admets pas, de dire que tout cela n'altère point votre système d'alliance avec moi; c'est un discours qu'on peut tenir aux femmes qu'on veut séduire.... On n'obtient rien par des coups de bâton d'un Français. Je ne céderai rien, pas un village de tout ce qui est constitutionnellement réuni à la France. Un homme qui, de simple particulier, est parvenu au trône, qui a passé vingt ans sous la mitraille, ne craint pas les balles, ne craint pas les menaces. Je ne fais pas cas de ma vie, aussi peu que de celle des autres*
' Rapport (le Babna, 16 mai 1814^ en français. Okckek.
lîO LA MÉDIATION AUTHICHIENNE. — 1813.
Je ne restime pas plus que celle de cent mille hommes; j'en sacrifierai un million s'il le faut. Vous ne me forcerez que par des victoires multipliées ; je périrai peut-être, et ma dynastie avec moi. Tout cela m'est égal. Vous voulez m'arracher Titalie et TAllemagne, vous voulez me déshonorer, monsieur! L'honneur avant tout! puis la femme, puis l'enfant, puis la dynastie. Nous allons bouleverser le monde et l'ordre des choses qui est établi. L'existence des monarchies deviendra un problème. La meilleure des femmes en sera la victime; elle sera malheureuse. La France sera livrée aux jacobins. L'enfant dans les veines duquel le sang autrichien coule, que deviendra- t-il? Ce qui me tient le plus à cœur, c'est le sort du roi de Rome ; je ne veux pas rendre odieux le sang autrichien à la France ! »
Pesez cette parole, qui monte aux lèvres comme le haut le cœur du génie aux abois; elle dévoile le secret du Grand empire, et cette faiblesse intime qui va sinon offusquer le jugement, au moins ralentir les coups de l'empereur, accroché jusqu'à la fin à cette espérance, qu'à force de battre les Prussiens et les Russes, il obligera l'Autriche à demeurer son alliée, à paraître, au moins, l'avoir aidé. Puis, revenant brusquement aux affaires :
tt J'ai acheté l'illyric avec la perte d'un million d'hommes; vous ne l'aurez pas par la force sans en sacrifier autant. Vous voulez pêcher dans l'eau trouble. On ne gagne pas des provinces avec de l'eau de rose; ce sont des moyens qu'on peut employer pour séduire les femmes. Vous commencez par me demander l'illyrie, puis vous me demanderez le pays de Venise, puis le Milanais, la Toscane, et vous me forcerez à me battre contre vous; il vaut mieux commencer par là. Oui, si vous voulez avoir des provinces, il faut que le sang coule. Repoussé jusqu'à Francfort, je vous aurais dit la même chose; je n'ai qu'une idée là-dessus; ma politique est franche et ouverte. "
Il aurait lu la note que, ce jour-là même, Nesselrode rédigeait et qui devenait la charte préliminaire de la nouvelle
L*AEIMISTIC£ DE PLEISWITZ. — 1813. 121
coalition, qu'il n'aurait pas tenu un autre lang^ag^e \ Cependant il se ravisa. Gaulaincourt eut le 17, une conférence avec Bubna, et lui dit : « L'empereur parait disposé à faire quelques avantages à rAutriche, s'ils peuvent servir au rétablissement de la paix; mais il ne veut pas qu'on lui trace le cercle de Popilius. » Quant au fond, il repousse la médiation, mais il consent à la réunion d'un congères dans une ville intermédiaire, avec ou sans l'Ang^Ieterre. Il le notifie dans une lettre à Tempereur François, et il ajoute, dans une autre lettre : « Je suis décidé à mourir, s'il le faut, à la tête de ce que la France a d'hommes généreux, plutôt que de devenir la risée des Anglais et de faire triompher mes ennemis. » Bubna emporta ces lettres pour François, datées du 17 mai. Le lendemain Gaulaincourt écrit à Narbonne : « L'empereur a lu la lettre de son beau-père. Sa Majesté l'a trouvée pleine de protestation, d'assurances et d'un ton très cajoleur. Elle me prescrit de vous mander que, comme de raison, elle ne peut reconnaître aucune médiation armée. II faut que l'Autriche s'explique sur ce qu'elle veut, car depuis le Brabant jusqu'à la Toscane, depuis la Lorraine jusqu'à Venise, on peut lui supposer des vues d'intérêt. Sans doute on pouvait mieux s'entendre. »
Napoléon avait traversé en 1805, en 1806, en 1809 des crises aussi redoutables; mais il y voyait clair, ses combinaisons se formaient comme l'étincelle électrique, immédiates, lumineuses, portant coupa distance. En 1805, il se jette entre les alliés, les déconcerte, fait coin, les sépare. Désormais, c'est eux qui, se rapprochant, le repoussent, ballotté entre leurs camps, il tâtonne dans le brouillard, il s'agite, il s'évertue.
Il ne refuse pas à l'Autriche un pourboire, mais rien de plus, a la bonne main » de l'intermédiaire. H lui répugne d'abandonner l'arbitrage de la paix à Metternich. H se trouve dans le cas qu'il prévoyait avant son entretien avec Bubna, et il se retourne vers Alexandre. Il lui dépêche Gaulaincourt :
' Les Hinitet de rAiitricbe en 1805; l'Italie entièrement «ou^traite a U France. Notes de Nettelrode, 13 et 16 mai, d'accord avec Stadion. — Cf. p. 116.
12t LA MEDIATION AUTRICHIENNE. — 1813.
« Mon intention est de lui faire un pont d'or pour le délivrer des intrigues de Metternicb... Si j'ai des sacrifices à faire, j'aime mieux que ce soit au profit de Tempereur Alexandre, qui me fait une bonne guerre, et du roi de Prusse, auquel la Russie s'intéresse, qu'au profit de rAutriche, qui a trahi l'alliance, et qui, sous le titre de médiateur, veut s'arroger le droit de disposer de tout, après avoir fait la part qui lui convient... Tout l'honneur de cette paix irait donc à l'empereur Alexandre seul... » Gaulaincourt indiquera : la Confédération du Rhin limitée à TOder, une ligne de Glogau à la Bohème : la Prusse y perdrait 1 ,500,000 âmes, qui iraient à la Westphalie; en compensation, elle en recevrait le duché de Varsovie, avec Danzig, toute la Vistule, soit quatre à cinq millions d'habitants. La France et la Russie seraient séparées'. Ce projet anéantirait à jamais la Pologne, u Le fameux ultimatum de 1810, «i le royaume de Pologne ne sera jamais rétabli*» , deviendrait une réalité. Napoléon, du reste, ne s'attachait pas rigoureusement à ces propositions : « Sans vous arrêter à telle ou telle partie des instructions, vous devez chercher à nouer une négociation directe sur cette base (que l'empereur de Russie aurait seul les honneurs de la paix]. Une fois qu'on en sera venu à se parler, on finira toujours par tomber d'accord. >»
En même temps, Napoléon presse les mesures et surtout les démonstrations d'Eugène. » Il importe, lui mande-t-il, que l'Autriche voie le plus tôt possible vos divisions campées et les places armées... Faites dire dans les gazettes de Turin et de Milan, et partout, que vous aurez bientôt 1 50,000 hommes. . . Engagez le roi de Bavière à fortifier dans le Tyrol quelques gorges... et quelques fortins, afin d'être maître des passag^es et de contenir les habitants. » Bref, » prendre de l'ascendant sur l'Autriche; que ce soit moi qui la menace, et non elle... '»
' InttiiicttODS pour Gaulaincourt, 17 mai 1813. — Note» pour Gaulaincourt. Lb^bbyre. Pleins pouvoirs pour Gaulaiacourt en vue d'un armistice, 18 mai 1813. •Voir t. VII, p. 42».
' A Eugène, 18 mai; cf. iW. 12 mai 1813.
I/AUMISTICE DE PLEISWITZ. — 1813. It3
Le 18 mai, Macdonald fit connaître au général en chef de Tarmée russe que Caulaincourt demandait une audience au tsar. La réponse se fit attendre jusqu'au lendemain, et quand elle revint, copiée sur une minute d'Alexandre, elle portait que cet empereur était en course, que le général en chef ne savait pas quand il pourrait prendre ses ordres. Le con(]^é était sec. Nesselrode Tadoucit légèrement : u Quel que soit le plaisir que Sa Majesté aurait eu à vous exprimer les sentiments qu'elle vous conserve personnellement, elle regrette que les circonstances... s'opposent à ce qu'elle puisse vous admettre à son quartier général. » Et il Tinvita à transmettre ses communications par l'entremise de TAutriche'. La démarche toutefois ne demeura pas sans effet : les Russes en avertirent Melternich, qui ne laissa point de s'en émouvoir et y trouva de plus puissants motifs de se rapprocher des alliés.
Mais Napoléon lui en donnait aussi de ne point précipiter ses mouvements. Le 20 mai, les alliés furent battus à Bautzen. Ce n'était pas la victoire complète qui rend maitre des affaires. Cette victoire-là. Napoléon ne la connaîtra plus. Son armée était lasse. « J'espérais, a-t-il dit plus tard, m'arranger avec l'Autriche'' » . Comme le navire qui, par le gros temps et le vent contraire, prend des ris, gouverne mal, court des bordées et fatigue, il revient encore une fois à l'Autriche, qu'il lui faut nécessairement gagner, puisque les autres se montrent intraitables.
Il ignorait la situation exacte des alliés et leurs perplexités. Forcés d'évacuer Breslau, d'abandonner en partie la Silésie, ils voyaient, sur leurs derrières, Berlin menacé, Hambourg repris. Barclay déclarait que l'état de ses troupes l'obligeait à se retirer vers la Pologne : il demandait six semaines pour se refaire et recommencer en Silésie. L'Autriche en demandait autant pour opérer sa jonction. Séparé des Busses, sans
^ Miloradoyitch au maréchal^ 19 mai. — Net^elfode à Caulaincourt, 20 mai
• G0CBG40D, t. Il, p. 71.
1Î4 LA MEDIATION AUTRICHIENNE. — 1813.
appui des Autrichiens, Frédéric-Guillaume se croyait perdu. Napoléon, écrit Langeron, avait alors 130,000 hommes et nous n'en avions pas 80,000... Nous n'avions plus de munitions... Nous ne pouvions risquer une bataille... 11 ne pouvait éprouver d'échec... S'il eût continué la guerre, il nous eût forcés à nous retirer derrière l'Oder... Ce fut à ce parti que l'on se décida... Nous aurions pu difficilement nous y maintenir... Il aurait pu nous rejeter à la Vistule : alors il eût eu des chances bien avantageuses pour conclure la paix; l'Autriche aurait été dans l'impossibilité de se déclarer contre lui ; le prince royal de Suède n'eût pu ni osé se joindre à nous. »
Un armistice seul pouvait les sauver et l'apparition de Caulaincourt aux avant-postes donnait quelque espoir d'ouvrir une négociation. Dans la nuit qui suivit la bataille, Alexandre fit écrire à François, par Stadion : «Rien ne pourra m'ébranler dans ma persévérance, je compte plus que jamais sur la prompte coopération de l'Autriche. » Le 22, Stadion écrivit à Berthier : a Leurs Majestés ont trouvé dans la relation qu'a Faite M. de Bubna de la conversation avec l'empereur Napoléon, l'opinion qu'il pense qu'un armistice pourrait préparer les voies » à une négociation; elles sont disposées à envoyer aux avant-postes des officiers munis de pouvoirs.
Napoléon attendait des renforts, des chevaux, des équipages. Il attendait les effets des mesures qu'Eugène allait prendre en Italie, a Je me suis décidé, écrivait-il quelques jours après, pour deux raisons : mon défaut de cavalerie, qui m'empêche de frapper de grands coups, et la position hostile de l'Autriche. Cette cour, sous les couleurs les plus aimables, les plus tendres, je dirais même les plus sentimentales, ne veut rien moins que me forcer, par la crainte de son armée réunie à Prague, à lui restituer la Dalmatie, et l'Istrie, et même au-delà de l'Isonzo. Elle veut de plus la rive gauche de l'inn et le pays de Salzbourg. » « Il faut s'attendre à la guerre avec elle... Ce qui me porte à m'arrêter au cours de mes victoires, ce sont les armements de l'Autriche et le désir de gagner du temps pour que votre armée (celle d'Eugène)
L'AUMISÏICE DE PLEISWITZ. — 1813. Ii5
puisse être campée à Laybach, et avoir deux armées... L'insolence de TAutriche n'a pas de terme... Si on lui cédait ce qu'elle demande maintenant, elle voudrait ensuite l'Italie et l'Allemag^ne; certainement elle n'aura rien de moi *... » Mais autre chose était ne pas céder à l'Autriche, ne pas s'humilier devant elle et lui infliger même une leçon, autre chose la laisser mènera terme son plan, recommencer la lutte et, comme il le disait à Bubna : « Rendre odieux le sang autrichien à la France! » Il espérait tout concilier, les calculs de la politique, les nécessités militaires, en gagnant du temps, en reprenant de l'ascendant.
Ajoutez les nouvelles de Paris. Maret, si courtisan, si précautionneux, lui mandait, après avoir noté la joie de la victoire' : « Si, lors des campagnes qui ont précédé la dernière, on ne cherchait dans un succès que le présage et la garantie d'une gloire nouvelle, aujourd'hui que la confiance est ébranlée^ que des questions si graves doivent être résolues sur le champ de bataille, on ne veut y voir qu'un gage donné par la fortune pour le repos et pour la paix... Les nations ne meurent pas; elles sefatiguentde la nécessité de vaincre toujours. Vous avez vaincu... la modération qui est dans vos résolutions, mais qui aurait pu paraître sans dignité dans les revers, ne portera désormais aucune atteinte à votre gloire, et cette paix, le seul voeu, le besoin pressant de la France... sera toujours une paix glorieuse, w Maret, arrivé le 22 mai, ne pouvait qu'appuyer verbalement ces respectueuses, mais significatives remontrances. Ajoutez encore les murmures des généraux, le manque d'initiative des lieutenants, leurs ménagements, leur découragement aussi ; la « boucherie » de Bautzen, l'acharnement de l'ennemi les troublaient profondément. « Mon ami, disait Duroc à Marmont, vers la fin de la bataille, l'empereur est insatiable de combat; nous y resterons tous, voilà notre destinée*! « Quelques instants après un boulet le tua.
' A Clarke, 2 juin; à Eugène, V et 2 juin 1813. * Maret à Tempereur, 8 mai 1813. EnsiocF ' MiiiiiowT, t. V, lir. XVII.
Enfin et surtout la pensée qui désormais ne le quittait plus, qui s'interposait entre son génie, tout d'action directe, et la réalité des affaires; sa pensée la plus pure sans doute, mais qui, comme Teau la plus transparente, déviait ses regards ^^ déformait les objets, la pensée de son fils *. Le souci d'un autre lui-même, plus précieux, plus tendre, exposé à plus o© hasards, pour lequel il redoutait ce qu'il n'avait jamais redoute pour lui-même, la catastrophe, cet enjeu continuel des batailles. Cette préoccupation de l'avenir, du lendemain cjui n'est à personne, le rendait circonspect, introduisait le s«=5«— timent dans sa politique, qui n'avait connu que les raisorE^^ d'État et la nécessité. La défaite c'était l'abîme : autrefois il n'y arrêtait pas son regard, il passait dessus et perçait au delà; maintenant, il y plonge : il y aperçoit l'image d oi^ enfant en détresse, et la vision lui fait horreur. Il chercHo à ruser, à transiger avec la destinée.
Il aurait fallu Austerlitz; Napoléon n'en trouvait ni l'arme^c*, ni l'entrain, ni le plan; il demandait un délai à la fortune, e il se rejetait, pour attendre le coup de génie et Toccasion, sur les combinaisons politiques. Ellesle tentaient parce qu e^ •=• voilaient l'inertie militaire à laquelle il se voyait contrai parce qu'il ne désespérait pas de retenir l'Autriche, <* ^ drir François, de déconcerter Metternich '• ^^ cong offrirait le moyen. Il ne pouvait arriver à c^ co^S "sait
entrant « dans les formes » autrichiennes >ï^^^ ^ v> nneviTS le sacrifice à François, il crut habile dV ^ faV^^ à Alexandre. Voti ttie
Le 25 mai, Caulaincourt écrivit 4 ->^ ^^ ' ve\svv^^^^''
flatte qu'il n'y a plus d'objection à q ^ \± ^' co\\^--- ^ Alexandre m'accorde l'honneur çj^i \ ^^^ ^' i^ ^tyî^^^^^^^ Le 26, Napoléon dicta des instruc^ ^^ fa\<^ ^^ \^^\ ^^^^"^ qui préparerait un congrès. Cet ^i^^^,^ ^^ V\>^ i^^ £\\«^cW£V ^^^' mois, ou au moins tout le temps <J^ ^^^^^^ aC^ ^ * ^tvft^^ ^^^^ '^ tant dans les positions qu'il occut-^ ^^SOo* ^ û j^
* Sur l'obsession de cette pensée. Fréd^w*
mrde * . » ^ ^
Cependant, ■Naï>o\éon déclare la g««''^® ^ ^a S»^<*®' ^^ ^^ upes suédoises ét.atxxt. entrées à Hambourg. C'est une ag*"^^ .^"^^ n qu'il ne pevit toléirer aevanl les confédérés du Rhin et ^ " ^ emandsen insvn-rectioTx. Mais dans toutes ses lettres d' al ^^ ^ ^ •iennent ces mots -. « H n'y a rien à faire qu'à gagner ^ ^ -^ nps... » « Oagnez «ixa texnps, sans indisposer VA.utriche '* ^ ^ vaillezà renovivetler éventuellement l'alliance; «battes ^ ^^ npagrne... A^eut-eîle conserver l'empire ottoman? Vo» ' ^^ Livez sur ce canevas broder deux mois et donner lieu à vioi ^ jrriers '. »
Les comnnissaiires se réunirent près de Liegnitz, le 30 mo » -^ ;taient du côté d^s alliés les g[énéraux Schouvalof et Kleis t .^ côté français Ga.vi.la.incourt.
Depuis ErFurt., le duc de Vicence, passait chez les allié -jr subir l'infltxence de Talleyrand et servir ses desseins -i '^ îtait entré en relations de confiance avec NesseJroJe aj ^
iseiller de l'annbassade de Russie à Paris, et qui ^dress ^ V e correspondance secrète au tsar par ^'"iermédiaire * •ranski. «C'étaient, «-aconle-t-JI, mes entretiens avec 3f ^^ ^ leyrand et quelques «"très personnes opposées à /a c^^ Vv te ambition de ISfipoIéon qui en firent /es /rais ^ ^î \ ^
on s'était rallié 1\£. de Caulaincourt, a/ors aQ^jf, '^""^l^ ^ \ née en Russie. Dans des conversations sg... ,^*^^ \.^ du l'empereur Alexandre attentif a«;t ^ ^^^'' '' Q^ ^^ on de son maître menaçait Ja Russie "ff^*"» ^ont ]> *.^
r„.truetioo» po«r C«olai«oonrt, 26 mai. jj^^^^ P^ ^X
V Mar«t. 1« J-î« 4813. X.KO«»xn.. - F.„, , ^ " Caulaincour., . ^ s^ . ^
de l"-rmi-woe^ 303-30*, 31«, 320. ~ Afe^ ' ^* P^tie. ch. „ * .X
l'année 1810, Tempereur Napoléon mécontent de sa correspondance, Tavait rappelé. . . L'empereur Alexandre, ne voulant pas perdre une source d'informations si précieuses, Vengagea à se servir, à son retour, de mon entremise pour les lui faire parvenir... Tous ces hommes ne croyaient pas trahir leur maître, mais le préserver de la fougue de ses passions en l'empêchant de poursuivre ces guerres perpétuelles qui dépeuplaient la France, l'appauvrissaient et pouvaient finir par d'épouvantables catastrophes ^ » On ne saurait cependant confondre Caulaincourt dans la troupe des partisans de l'empire sans l'empereur *, ni mettre en doute le o loyalisme » de son dévouement personnel à Napoléon tant de fois déclaré et avec tant de chaleur ^.
Persuadé qu'une conversation entre l'empereur de Russie et lui pouvait tout remettre en ordre et tout accommoder en quelques heures^; fasciné par Talleyrand, enguirlandé par Alexandre, endoctriné par Metternich; croyant à la magnanimité du tsar, aux vertus du roi de Prusse, aux principes de l'empereur d'Autriche, Caulaincourt parait s'être figuré que a l'Europe u , sympathisant avec la France, ne désirait, comme les Français, que la paix dans les limites de Lunéville, les limites naturelles. Ces limites lui semblaient infranchissables aux armées, immuables dans les traités. Il s'imaginait travailler au bien de l'Europe, au bien de la France au bien de l'empereur en facilitant aux alliés l'exécution de leurs généreuses intentions, en forçant dans la mesure du possible, la main à Napoléon et en l'amenant, au besoin malgré lui-même, à entrer dans des desseins qu'il s'obstinait à méconnaître, en
* Lettres et papiers du chancelier comte de Kesselrode, T. II : Autobiographie. — Cf. t. VII, p. 502, 538.
• Voir t. Vil. p. 469.
' « Mon épée et mon empereur m*ont fait ce que je suis... La génération actuelle ne connaît pas les Bourbons et par conséquent ne s'en occupe pas; les gens â{;és les ont oubliés, et les Vendéens, s'ils se rappellent leurs courageux efforts pour ces princes, n'ont pas perdu le souvenir de leur long abandon et du séjour à Tile Dieu... Je sais aussi et pense tout cela. ■ A Napoléon, 3 mars 1814.
*" « Une mission au quartier général partagerait le monde » , à Marbonne, 14 mai 1813. Ci-dessus p. 110.
»\ Wafda daixs cet.»» ^ tre ^ i^« • "^'«"t' .^ ^^
issie. X^^ ^""^
Le 30, après qi^xe V<on ox]it débattu I^^ ^^'^'^itations, ^^^^^ > Russes prête Tid 0.1 " - --
étendaient rédijàii
Russes preteTidoi^ttt, encolure Hambourg, et la durée, 0^ ^ j^ ^^^ ^aiAir^ à. xjàn mois, profitant d'un momen*^ ^^ ;^^
Prussien Kleist ét.atit. sorti de là chambre, Gaulaincourt ^^^ ^ ^
part Schouvalof , ass^:iré, déclara-t-il que ses confidel^^ ^ î seraient rapport^éos ci\i'au seul empereur Mexandr^ ^^ Tâchons, liai dit^-il, de nous arranger. L'empereur Nap 3n a, je crois, oonsenti à la médiation de VAutricheofitons do rrxorxxerkt., il est bon; nous sommes dans ^ Dînent de fsiibless^ , n.os troupes sont dispersées. Le génér^^ îrtrand est dij. c^otê de Strîegau. Les autres colonnes yo^^^'^^ ésentent le Asix^c^ ^i^ m.£irchant; quand nous avons du succè ^ -^ \ ne peut plias i:^oxxs Foire entendre raison. Vous nous laiss^.2^^ ire, aussi r^os "troupes sont fatiguées; c'est notre mome^:! -^k^ \ faiblesse. Mais r^'oi-ibliez pas ce que je vous dis : il ^^ ^^ ^ndra des rei:^ Forts considérables. Si nous mettons Je nî ^^ ns le duché de A^arsovie, la guerre durera des années ^^^ houvaloF ne xrioncjua point de rapporter au tsar, le ; ^ ème, ces insîi:iuatîons surprenantes : " Et vraiment j/ y ^ :k. qui lui coûteraient la tête, si on le savait „ Serait^e ^^^^ se de guLGrrc "" moyen de s'assurer de k faiblesse ^^K\ iés, de leur in^puissance à attaquer q^^^dlSaf^ n , ^^ XJ^
mesure ae los -araser? Schouvaiof /e souo^! !f V^ X
ler en partict^HGr .1
viir
grand échec pour Farinée française afin de conclure la paix au plus vite. » Le lendemain, 1" juin, les propos reprirent. Les renforts n'arrivent point, dit Caulaincourt; si les Russes n'agissent pas, c'est donc qu'ils ne sont pas en mesure; les cosaques agissant sur les derrières de l'armée, pourraient intercepter toute communication *... Et le soir, dans son rapporta Napoléon : a Un aide de camp du duc de Raguse a été pris hier dans une affaire de cavalerie... Je suis au milieu d'une nuée de cosaques. « II ajoute : a M. de Schouvalot m'a dit, devant son collègue, qu'il pouvait m'assurer que l'empereur Alexandre était sans passion dans cette alfaire, qu'il voulait sincèrement la paix, que tout le prouverait et que si nous la voulions aussi sincèrement que lui " ••• nouî^ accepterions l'armistice tel qu'ils le proposent.
Le 2 juin, les commissaires rédigèrent un texte. Gaulai recourt en référa à Napoléon. Puis, reprenant à part Scliou— valof, il lui dit : u Dans deux mois l'armée française sera doublée. Si vous êtes sûrs que l'Autriche agisse avec vous, vous faites bien de ne pas songer à faire la paix avec nous , mais si vous n'en êtes pas sûrs, vous n'avez pas de temps perdre. » Napoléon désire conclure la paix, « sans intiue étrangère » . Puis, après avoir signalé la disp^^^*^"
désarroi de l'armée française. : a Pouranol n'a^'^^'^
, r ^ 9 Savez-vous
soutenu vos prétentions par de fortes atlaavJ^^' \ oo-
que l'armistice est tout à notre avantage ? T.'c^P^ eulc—
léon était si pressé de savoir s'il était coticW ^^^'T^V 'java.Vs ment il m'envoya hier trois courriers s^^'^^ eu..- ''
fini, mais qu'il vint lui-même ^ la ^e e cVvv^»^-» ^"
Est-ce, concluait Schouvalof, u cony- ^^^^ i^^ \ivevvxve ti.e désir que nous agissions avant q^i^^ ^, ^^Oi\ *t^^ commence ses opérations?... » ^^ée ^ ew^^^^^^^
Le projet d'armistice fut envovA x r>^
' Il semble que Napoléon soit demeuré «^^ ^^*éoi^ ;c«*. • *^^
Cases (Af«>morm/) parmi les raUons qui le (i^. * ^^Vi . ^ " ^^ y^ ^*^^^^^T ^ ^
rières éuicnt à découvert et parcouru* p^^^V,*^'*^ J! "^^"^X^t^J^^ t^J^^ h iff^'^'^'
« Il ne pouvait pas dangereux
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4«MC»,\»n'=<»»'^t disait. - „ J? ète* \.e<ih'
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rappel presque <!-— ï>^ré ae.^!uTés. 1> f f "'""^ avait sonné, a M.oi^ ï>ar-ti était pris- ^' * *5»ssi i
î^apoléon dans sa rrxarcl^e en avant et à<t Hxer Alexandre et le roi V-m-étiéric-OuiUaume sur la rés» prendrait l'einpereiiï- m o tx inaitre'. ^ Cet armistice ,
léon souhaitait îxlors i:»our prendre de Vascendam ,
triche, l'AutricUc le so «limitait pour en prendre sur ■ chacun afin d'armer et. de négocLercontre Vautre. M. '
urgent pour Nlet.t.er»:kict* était de tenir, le temps m les alliés en coiiHaixce et. ^^apolèon en suspens. Il déj courrier à Bul>na, lui mandant d'insister près de ISapc la nnédiation, ^t. il cléc:icla l'empereur François à sera}: du quartier {jéiiéi-o.! r».isse.
L'empereur l*'ra.i:iiçois partit avec son ministre le I" ji route, ils rencorx-trèreïit, !Nesselrode, qui allait trouver. ■ nicha Vienne sx-v^c une copie du projet d'armistice. '' Fi et MetternicH apportaient les réponses aux questions ç». selrode avait, m.a.iiclat de leur poser : « L' Autriche tirera l'épée?... Quelle est l'époque où l'Autriche commencei hostilités? " ]?ïesselrode les accompag^na à Gitscbia, auchdu comte de Trautnnansdorf, où ils arrivérene jg ^ «D'après la courte conversation que j'ai eoeavec ie co Nesselrode, écrit ^fetternich, iJ me parait Aors t/e e/ou» nous quittera satisfait et convaincu que dans a^. ^ ^
n'abandonnerons la cause. .Nos miiitaires so^ ^ « cas i,, j direction militaire que prennent Jes ai/ié^ "^y^"^' <i^ semblerait mieux que toute autre chose se,'.- ^' 9»'" ^^ se serait la conclusion de J armistice. » „ '"Vjr nos inté^^^ '
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finir, de quelq u C5 Fa ç o «^ <1 ue ce fù t , " "« affaire où jj "'*''" *^*
chait au fond ae s'être engagé. I^« * j"*"' 'UandêV?"*"
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accordent le 2 O juillet, il cédera «"'tambour.* '"'
Bre8lau,qu'iloct;taj>e «ït ^^ ue les allié ^ ^*"^®°tlu'iàireér'' *"'
c'est impossible : «. S«». AJ^ujesté, éc*--» •- *«'''hier, me ch*^*"^"^"^'
vous écrire que la. <^ u ess t.1 o« de Brest ** ^ **^ ""« 1"e8tion''dÏ *^*
neur à laquelle on .»e j>eut pag ^^^C ' Et J'empereu, j**""
même : « Cet arnc&i8t.i<:e - - - n'est pas. t^^^o^f^ble pou, ^^. "'*
Des doutes rassiègreM^ t., il ^it écrira ^ ^"^«'ocoun . ^ "
ment ignorez- vo u » , -v^o am » <I"' conna i ««^-^ ^®* ''«'atio„g jg j-T"
triche, si Tarmistice »i'es« pas pou*- mm^*'^ ""e chose fungs.""
vu qu'au moment de !«? «dénoncer, i'^""*'^*'^® '"'erWendra* '^'
reprendra coule VI r"? „ ;Et ^'""^^e part, i^ même jour ; «j^ !^'
fatigué de cette liégoci»'***" qui dure »' ^^'^eietnps, i^^^*'^
d'en finir aujoor*!' K^i . « !*«»« 'a nuit du S «" -*' '^ ordonne a J^
maréchaux de «^ tenir prêts à marcher le '"**"''«** Cau/a,„*
court d'en fiair «1'^;^^^ x»an'ère ou de i'a"''^' ^«'««ad,
1 ennemi ne ^^^^ ^^ ^^^^^^ ^^ ^ Jtfa« /«, ^^j^ J
11 devait s« ^^*f« fixées par 'empereur';. ,
par Schwar;i=e^i^^***"&e<- J"8qu au 20 jui/iet ', date Bxee alor, l'Autriche». C'ét»^^ P*»'^'' ^'achèvement des preparaUf^ j^ dit un mot ni ^^ *^ ^n »cte purement mi/iU»''^ ' '^ "Y était suffit, dit une ^ot- »^éaiation ni du conférés J^ ^^ P"'*' « il jeter un coup a'cte-\"^** rédigée sous les yeux d'A^^*"'**^'^*' ^^Y tous les arn^iatj ** Pour se convaincre combien i' '^'^'^'■^ *^e Parmi les av^^^ * que Napoléon a ^^^^^^^ - ,^u'^ P'^^ent.
•"''*' 'A' '; V"*" î *B^*?,'^°"'-'. i" juin, <J« !,„ . fc^arc. aprè-
' De CtEBCQ, t. , ***«J. ". 2, 3, 4 j^j^ Caulaiocotf* *^
» Sudion à Me, , * I» - 332 r.
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