‹ L'Europe et la revolution francaise (volume 2)Chapitre 85 sur 103 · LE DUC DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

LE DUC DE RICHELIEU

La Savoie n'avait point fait partie de l'ancienne France; mais les autres places exigées par les alliés y avaient appartenu : Gondé et Gharlemont, par le traité de 1679, rÉcluse en 1602, Marienbourg et Philippeville en 1659, Landau en 1680 et 1714; Sarrelouis avait été fortifié par Yauban en

Jusqu'à ce jour, le gouvernement français ne savait rien du sort que lui réservaient les alliés. Toute la diplomatie de Talleyrand s'était usée à batailler sur l'article des objets d'art. Il avait essuyé des refus bautains et subi les injonctions impérieuses de la Conférence. Le roi, Paris, la France entière, attendaient avec une anxiété qui montait à l'angoisse. Le roi n'entretenait avec les souverains que des relations officielles ^ Tout le train de galas, de dîners, de spectacles de 1814 s'était restreint aux politesses et aux gestes du cérémonial. Les alliés se renfermaient entre eux, faisant le vide autour des Tuileries et des Affaires étrangères. Talleyrand, depuis le retour de Napoléon, avait perdu tout prestige et tout crédit. Louis XYIII, qui ne l'aimait point et, malgré tout l'esprit de ses lettres de Vienne, le goûtait peu, ne lui pardonnait point de s'être imposé en 1814, à Paris, à Gand; froissé, au fond, de la quasi-tutelle d'un personnage qui, malgré toute sa déférence apparente, relevait les prétentions d'un feuda taire de Hugues Gapet par l'orgueil d'un feudataire de Napoléon; trop vieille noblesse, noblesse trop récente. Tune et l'autre également désagréables au roi. Enfin il lui tenait une rancune particulière d'avoir introduit Fouché dans le conseil. Talleyrand importunait le roi, Foucbé le révoltait, et davantage à mesure que

* PaSQUIER. — VlTROLLES.

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