‹ L'Europe et la révolution française (volume 4)Chapitre 38 sur 128 · HOLLANDE, BELGIQUE, RHIN. — AN III. 2U · texte numérisé non relu

HOLLANDE, BELGIQUE, RHIN. — AN III. 2U

des choses qui, dès le mois de novembre 1792, avait fait de la conquête de la Hollande une conséquence de la conquête de la Belgique, et de la domination de la Hollande par la France ime condition du système des limites naturelles, s imposait aux esprits. Les paroles de Danton se réveillaient dans les mémoires : « Prenons la Hollande, et Gartbage est à nous ! » — Nous voulons la liberté et la régénération du peuple batave, dit Mathieu ' ; mais « qu'il ne s'étonne point de notre sévérité : la sévérité a quelque chose de mâle et de rassurant. 11 faut que nous sachions si les Hollandais seront vraiment nos alliés, que nous sachions s'ils ont voulu figurer une capitulation ou une neutralité... La Hollande ne peut parfaitement secouer le stathoudérat qu'en brisant tous les ressorts de l'Angleterre... C'est à Amsterdam, à la Haye, qu'il faut que nous commencions à détruire Londres *. » Mathieu avait été à chaque instant interrompu par les applaudissements. Carnot s'efforça, dans la séance du 20 février, de défendre la capitulation : elle ne garantissait, dit-il, que les propriétés privées; celles de l'Etat appartiennent au vainqueur. Sans doute, ajouta-t-il, nos collègues, « entraînés par le sentiment d'une générosité expansive " , ont proclamé " que le peuple batave seul pourrait altérer ou améliorer sa constitution » ; mais cette déclaration ne peut s'appliquer aux partisans de l'Angleterre. La France n'est liée que par le droit de la nature, le droit qu'a tout peuple d'être libre quand il n'attaque pas la liberté d'autrui. Ce grand mot de la nature avait toujours le don d'apaiser la Convention : c'était un mot magnifique, confus et docile'. La Convention l'aimait, parce qu'elle l'interprétait à sa guise et qu'elle y voyait le symbole de son omnipotence. Carnot défendit le Comité du reproche « de n'avoir pas tiré d une aussi brillante expédition tout l'avantage qu'elle semblait promettre » .

• Mathieu, de Mirampal (Oise), journaliste, régicide, thermidorien, — membre des Cintj-Cents et du Tribunal, — directeur des droits réunis dans la Gironde après 1804.

* Cf. t. III, p. 174, 208, .311, 34.3-344, 476-477.

' Cf. t. III, Rapport de Carnot, p. 309; Rapport de CamLon, p. 311, février

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