CHAPITRE III
LA PAIX AVEC l'eSPAGXE
Les conférences entre Barthélémy et Yriarte avaient commencé le 15 mai'. Yriarte demanda un armistice, qu'il n obtint pas, et se lamenta sur les cessions de territoire qu'exigeait le Comité. « Est-il possible, dit-il à Barthélémy, que ce soit la France qui veuille soumettre l'Espagne à de pareils sacrifices? Que ferait de plus l'Angleterre? ^ Il s'était bercé de l'espoir que l'on traiterait sur le pied du statu quo ante, que l'on scellerait une réconciliation sincère et que la paix amènerait une alliance contre l'ennemie commune. Barthélémy disputa et céda sur le Guipuzcoa et sur Saint-Domingue ; mais il déclara que le Comité ne fléchirait point sur la Louisiane. Yriarte insinua que sa Cour désirait se faire médiatrice de la paix de l'Italie; puis il en vint au point délicat : les enfants détenus au Temple. Barthélémy, après de longs raisonnements, reconnut que si la paix ne tenait qu'à cet article, on parviendrait à s'entendre, et il accepta la conversation sur une peiision qui pourrait être servie au fils de Louis XVI.
Le Comité de salut public, dans son empressement à négocier, avait laissé d'abord à Barthélémy une grande latitude pour traiter. La négociation engagée, les opinions se modifièrent à Paris. Le Comité avait déjà réclamé la vallée d'Aran; il écarta
• Revue historiijue, t. XIII, p. 51-63, et ci-dessus, p. 321-322.