‹ L'Europe et la révolution françaiseChapitre 38 sur 93 · LES VOTES EN BELGIQUE ET SUR LE RHIN. S · texte numérisé non relu

LES VOTES EN BELGIQUE ET SUR LE RHIN. S

belges, tremblants eux-mêmes, pussent leur être d'aucun secours ^ » Voilà ce que le décret du 15 décembre avait fait, en un mois, d'un peuple qui avait naguère, pendant plus de deux ans, lutté contre le despotisme d*un prince.

Dumouriez n'avait cessé de prédire ce péril. U en suivait le progrès. U en mesurait Tétendue, au moment d'évacuer ces contrées en révolte, pour se jeter sur la Hollande, tandis que les Autricbiens» se reformant sur le Bhin, menaçaient de le tourner et de couper ses communications. « Ce qui m'engage atout hasarder, écrivait-il au ministre de la guerre, c'est le danger de l'insurrection totale de la Belgique. » Et à un de ses lieutenants : « Si nous n'étonnons pas, si nous ne prévenons pas les Hollandais et les Anglais, tout est perdu au printemps, surtout ce pays-ci étant mal disposé par notre £iiute ; ainsi faisons des choses incroyables, j'ose dire impossibles. » « C'est bien ici qu'il faut dire : Vaincre ou mourir. . • Je regarde notre entreprise comme le seul moyen de sauver la République.*. » « Si nous ne réussissons pas dans notre invasion de la Hollande, n'ayant ni l'amour des Belges que nous avons au coih traire exaspérés contre nous, ni une armée propre pour la défensive, nous serons chassés de la Belgique avec la mémo promptitude que nous nous en sonunes rendus maîtres. Toutes les disgrâces et la consternation suivront cette retraite qui ne pourrait être que désordonnée, et nous aurons bien de la peine ensuite à défendre notre propre pays*. »

Sur la rive gauche du Bhin la guerre s'annonçait aussi alarmante ; mais les mêmes soulèvements n'étaient point à craindre de la part des populations. Les Allemands de ces territoires ne possédaient point le ressort national des Belges ; ils présentaient au plus haut degré cette « inertie expectante * que les conventionnels reprochaient aux Flamands. Us se courbaient sous la conquête» et la propagande coulait sur eux sans

■ 18 janTMT 1793. Aulabd, t. Ih p- l^i.

* Dumouriez à Beurnonville, ministre de U guerre depuis le 4, 15 féyrier 1793 ; Damouriet à Miranda, 8, 11, 15 féTrier 1798. — GaOQOST, Laàmhh&ndê T rîe^ ch. I. — fioiAS» ihramU, p. 49,51, é3.

les pénétrer. En rassemblant les Belges, on aurait concentré la résistance nationale ; en dispersant la propagande en Ailemagne, on risquait de la noyer. Il fallait créer un organe à la Révolution, susciter une sorte d* esprit républicain qui tiendrait la place de Tesprit national. Les partisans de la réunion troay aient tout avantage et ne voyaient aucun inconvénient è former une assemblée nationale. Les démocrates seuls y figureraient, et leurs votes revêtiraient au moins les apparences d*une opinion publique. G*est ainsi que les représentants ea mission à Tarmée du Rhin furent conduits à convoquer une Convention rhénane à Mayence, tandis que leurs collègues refusaient de convoquer à Bruxelles une Convention belge. Mais il était déjà bien tard pour y procéder.

Des vœux préparatoires, émis selon le décret du 19 novembre, avaient eu lieu les 18 et 19 décembre dans une partie du pays. « De Spire jusqu'à Bingen, rapporte Forster, tous les suffrages se sont prononcés unanimement pour Tacceptation de la République française et pour la réunion à la Franco Mais, depuis lors, les Prussiens avaient avancé ; les Français s'étaient repliés devant eux. Les populations, déjà fort tièdes auparavant, ne songeaient plus qu'à se dérober aux instances des Français afin de pouvoir échapper aux châtiments des Prussiens. Â Mayence même, le zèle se ralentissait. Le bruit se répandit que la liste des clubistes avait été livrée au roi de Prusse, et le club commença de se disperser. Une déclaration impériale, datée du 19 décembre, menaça de peines sévères toutes les personnes qui prêteraient le serment à la liberté eti l'égalité, ou qui accepteraient de servir la République.

Custine se voyait menacé d'investissement. U prononça la dissolution de la garde nationale mayençaise, annonça que qui* conque parlerait de capituler serait pendu, et fit dresser quatre potences à titre d'avertissement. Le l*' janvier arrivèrent trois commissaires de la Convention, chargés de procéder à l'exécution du décret du 15 décembre. C'étaient Reubell, de Colmar, Merlin, de Thionville, et Haussmann, de Strasbourg: tous les trois bonmies d'action et portant» tous les troisi i la

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