‹ L'Europe et la révolution françaiseChapitre 37 sur 93 · LES VOTES EN BELGIQUE ET SUR LE HHIN · texte numérisé non relu

LES VOTES EN BELGIQUE ET SUR LE HHIN

s'y rëunirent le 11 février; il fallut cependant que la troupe mtervlnt pour expulser les opposants de rassemblée électorale* Gela fait, le commandant militaire français qui présidait invita ceux qui souhaitaient la réunion à passer à sa droite , ceux qui n*en voulaient point à passer à sa gauche, et la réunion fut déclarée à Tunanimité. Les mêmes mesures, avec les mêmes effets, se succédèrent à Bruxelles, à Bruges, à Louvain, à Namur, à Ostende. Camus et Treilhard, qui parcouraient le pays, écrivaient le 22 février : — A Gourtrai, « Tesprit du peuple a*est pas favorable à la République »; Bruges redoute les assignats ; Ostende, ville de commerce, est indifférente ; Gand Bt plein d'ardeur et a illuminé après les votes de réunion ; is le Tournaisis règne ime « inertie expectante et tacile » : on regrette peut-être le passé, on espère mieux de Tavenir, on n'aime pas le présent; dans les Flandres, la langue oppose de sérieuses difficultés au progrès des idées démo- ELtiques, « surtout lorsqu'il s'agit d'émouvoir des esprits ants et qui, partie par habitude, partie par incertitude, tent de ne vouloir que délibérer sans agir... Les avanconcluaient les représentants, que ce peuple trouve à la^Hplution par la suppression des impôts contre-balancent ces dil^Hdtés. C'est le levier dont on peut se servir pour soulever Ifli^^se des villes et des campagnes ^ »

Mais ii^B fallait point parler des assignats. C'était la pierre d'achoppennt. Bruxelles, Bruges, Tournai, en émettant leur ^n, l'accompagnèrent de réclamations contre l'excès (tion du papier républicain. A Gand, où il ne vint Inquante électeurs, dont un tiers soptait de prison, Idèrent « que le papier monnayé n'eût pas d'effet Liège, la commune la mieux disposée pour la République, leur avait donné l'exemple de cette restriction à leurs votes. Delacroix déclara aux Liégeois « l'inconvenance de pareilles conditions de la part d'un peuple qui veut se réunir à une grande République « • D'accord avec Gossuin,

1 AVLAEO, f. II, p. 178 «i MÛT.

Sg6 LA GUERRB DU CONQUÊTE. — ITVf.

Camus et Merlin, il écrivit au président de la GouTentiott de ne pas permettre que l'expressiou de ces Tœux cooditioanek arrivftt jusqu a l'Assemblée . L*effet ea serait funeste : toutes les villes qui « restent à réunir ne manqueraient pas de s'expliquer conditionnellement » . Les représentants ne se taisaient d'ailleurs et ne laissaient à leurs collègues de Pam aucune illusion sur la valeur des votes auxquels ils présidaient : a II y a» écrivaient-ils , dans l'administration provisoire de Liège deux partis. L'un, composé de patriotes excellents, veut la réunion pure et simple; mais c'est la minorité. L'autre, plus nombreux*., ne veut point de réunion, et c'est lui qui a fait voter la réunion avec des conditions ^ * Ainn rien n'était fait; toute cette contrainte n'avait obtenu de la Belgique que des lambeaux de vote, et ces sufirages forcés ne représentaient que le vœu tunuiliuaire d'une minorité de « sans-culottes n . « Il n'y eut qu'eux qui votèrent, laconte on témoin. » a La réunion n'a pas eu une voix sur mille. » Le Conseil exécutif avait comme invalidé d'avance ces voies opérés par ses agents, lorsque déclarant illégales les premières assemblées formées en Belgique, au mois de novembre, it écrivait, dans ses instructions pour lexécution du décret du 15 décembre : « Elles ont été Cornées irrégulièrement; leurs membres ont été élus par acclamation, espèce d'élection pea propre à donner des suffrages libres et éclairés ^. »

La grande majorité des habitants ae taisait, aeabaiCant Is défaite des Français ou conspirant déjà contre emi* « fii le aiinistre de la guerre ne nous envoie pas à l'instant de grands reaforts, écrivaient les commissaires de la Convention, il fimt nous attendre k de grands mouvements névolutionnaîres. £t que seraitrce si malheureusement nos troupes <|ui &ont en avant essuyaient des échecs qui les forçassent à un «eul pas rétrograde? Très certainement alors les f^ss sicUâmmes sommeT$ieaà. dans toute la Belgique sur les Français, aans que les patriotes

' Les commitsairet en Belgique aa président de la GonTention, 25 féTner i79S. AULAAD, t. II, p. 205.

* AULAAD, t. I, p. 422.

Page 1