‹ L'Europe et la révolution françaiseChapitre 46 sur 93 · L'EUROPE ET LE SI JANVIER · texte numérisé non relu

L'EUROPE ET LE SI JANVIER

les saints, la religion» la patrie. Le clergé a offert dix-huit millions et promis davantage. Les grands, bien que ruinés pour la plupart, sont prêts aux sacrifices. Les communes, les corporations s'y préparent. » Les contrebandiers de la Sierra* Morena fournirent trois cents hommes, et Tarchevéque de Saragosse proposa d'armer les religieux. Ce fut comme un avant-coureur, éphémère, mais significatif, du grand soulèvement de 1808. La cour en fut gagnée. La Reine, qui avait voulu la paix afin d'en jouir avec son amant, devint soudain belliqueuse afin de jeter sur Godoy le prestige d'une entreprise populaire. Ce ministre écrivit à Londres, à Vienne et à Berlin, pour annoncer les intentions de son gouvernement et nouer des alliances. Mais comme il y avait peu de vaisseaux, très peu d'hommes et point d'argent, ce n'étaient que des menaces débiles et de grands gestes sans effet.

La consternation fut grande à Turin; mais tout ce que cette monarchie sut faire, fut de demander du secours à l'Autriche. La reine de Naples appela les Anglais à l'aide ; comme la flotte de Latouche ne paraissait plus redoutable, cette cour commença de sévir atrocement contre les francsmaçons et les jeunes gentilshommes démocrates qui avaient naguère acclamé les Français. Une junte d'État, inquisitoriale et impitoyable, se mit à leur poursuite, et l'on en mena, pour annoncer la répression, trois à la potence, dont Emmanuel de Deo, qui n'avait que vingt ans.

Les quelques agents français qui résidaient encore çà et là en Allemagne écrivirent tous que le séjour, depuis le 21 janvier, leur devenait intolérable. La Diète en était encore à voter définitivement la guerre d'Empire. Elle acheva cette opération compliquée le 22 mars. La guerre votée, il restait à l'entreprendre, ce qui emportait encore des délais. Les États ne s'armaient qu'avec circonspection. Les peuples se montraient hostiles aux voyageurs français; mais les petites cours redoutaient les soi-disant protecteurs du droit monarchique beaucoup plus qu'ils ne craignaient la République. Les monarques ^mlisés étaient tout près, leurs troupes occupaient l'Empire}

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la République était loin, et ses années battaient en retraite. La Bavière, que TAutricbe menaçait de dévorer, ne se sentait pas empressée de soutenir cette puissance. Cependant, à Berlin, Haugwitz, nommé ministre de cabinet, fut appelé à remplacer le comte Schulenbourg tombé en disgr&ce. La vieillesse de Finckenstein et la faiblesse d'Alvensleben lui donnèrent Tinfluence d'un ministre dirigeant; mais il n'en avait ni les vues, ni la suite, ni le caractère. « J'espère , écrivait Mercy, le 13 février, que la furie française nous servira mieux que tous les raisonnements, et je ne vois plus d'autre ressource pour nous. .. » C'est alors que l'Angleterre entra en scène.

Le 1 1 février, un message royal annonça au Parlement l'ouverture des hostilités avec la France. «Si les Français, dit Pitt, nous attaquent, parce que nous aimons notre constitution, c'est une guerre d'extermination qui commence, car c'est seulement quand le courage des Anglais sera anéanti qu'ils cesseront d'être attachés à leur constitution et de la défendre. » Malgré les efforts de Fox, de Sheridan et de Grey, une adresse d'approbation fiit, après ce discours, votée par les Communes, le 13 février. Fox présenta, le 18, une motion pacifique. Il démasqua une fois de plus l'hypocrisie de la coalition et la partialité du cabinet qui menait si grand scandale de l'invasion de la Belgique par les Français, et détournait les yeux de l'invasion de la Pologne par les Russes et les Prussiens, « contre tous les droits des nations, tous les principes de la justice et de l'honneur > . La balance de l'Europe est rompue, dit -il, si la France s'agrandit; elle reprend son équilibre si ce sont les ennemis de la France qui s'accroissent! Les considérations de principe et de justice étaient familières à la rhétorique de Burke; mais elles n'étaient plus de mise. Ce champion du vieux droit public se contenta de répondre que la Hollande était infiniment plus intéressante à l'Angleterre que la Pologne. C'était la réalité des faits, mais non la vérité du droit. La Chambre repoussa la motion de Fox par 170 voix contre 44. L'embargo était mis sur les navires français depuis le 8 février. U fiit interdit aux

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Anglais, comme des crimes de haute trahison, de correspondre avec la France, d'y envoyer de Targent, des approvisionnements et des armes. Le caractère politique de la guerre se manifesta en Angleterre dès les premières occasions qu'eurent les Anglais de se déclarer. Ils étaient cependant, parmi les coalisés, les seuls qui combattissent pour quelques idées; mais c'étaient des idées tout anglaises, et la principale était celle de l'intérêt britannique. « Je crois fermement, écrivait Fersen, que les ministres ne travaillent qu'à la ruine totale de la France, et ne sont pas fort intéressés à la conservation de la famille royale'. »

Les Anglais s'enorgueillissaient de venger la majesté royale outragée et de défendre la foi chrétienne menacée par l'irré^ ligion révolutionnaire ; ils allaient sans cesse affirmant qu'ils ne se mêleraient point des affaires intérieures de la France, qu'ils ne voulaient que se préserver de la contagion qui y régnait et défendre leurs aUiés contre les entreprises conquerantes des républicains; ils insinuaient que tout gouvernement, en France, leur serait bon à faire la paix, pourvu que la propagande cessât, que Tordre régnât à Paris et que la France rentrât dans ses limites; mais ils entendaient bien prendre, du même coup, leur revanche de la guerre d'Amérique, assurer leur suprématie sur les mers, conquérir les Antilles, et réduire les Français pour un demi-sièclè à l'impuissance. Pitt ne s'était lancé dans la guerre qu'à la dernière extrémité : la guerre renversait ses plans de gouvernement. Jugeant cette guerre inévitable, il y apporta, avec acharnement, l'esprit exclusivement anglais, qui formait son génie. Forcé de renoncer aux réformes et aux économies, il continua néanmoins de poursuivre par la guerre l'objet qu'il comptait obtenir par la paix : raffermissement de sa dictature ministérielle, la domination du parti conservateur et l'extension de la puissance anglaise dans l'univers.

Les Anglais renouvelaient ainsi contre la France révolution-

* Journal, 7 mars, après une conversation avec Breteuil qui venait de LondrMi t. II, p. 65

Ul. SI

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naire la lutte nationale ençag^ëe par eux an commencement du siècle <H>Rtre la France cadiolique 4e Louis XIV. Les prétextes de la lutte avaient changé ; les conditions de la rivalité demeuraient identiques. C'étaient, comme alors, la constitution et la religion dn royaume qui semlAaient menacées par les prétentions envahissantes et despotiques d*une doctrine politique et d*un dogme d*État diffSrents ; c'était, comme alon, la puissance angflaise qui était comprouihe par la tendance de la couronne de Prance à la suprématie de l'Europe. Les A.nglais ne voulaient pas plus de la république démocraftiqae, après le 21 janvier 1798, qu^îls n'avaient voulu de Jacques II et de la monardiie -absolue, après 1686; ils ne supportaient pas plus ila propagande jacofbine qu fls n avaient supporté le prosélytisme des Jésuites. Les Pays-Bas retient, comme an temps de la guerre de succession d*Espagne, le champ de bataille et Tobjet matériel de la lutte. De même que du temps de Louis XIV, les Anglais avaienft besoin d'intéresser fBorope à leur querelle, un plutôt de se fiaire Européens pour que TEurope se ftt anglaise. 11 leur Mlaît, en 1793, coaliser tous les ennenus, tous les rivaux, tous les jaloux de la Trance. Ils n'étaient en mesure de les coaliser que par les intérêts : c'^est ce qui fit de Londres le foyer de la guerre, mais c*est aussi ce qui, dans ce foyer même, en abaissa la "flamme et en obscurcit le rayonnement.

L'Angleterre ne pouvait se passer d'une armée confinentade. Marlborough avait eu les Autrichiens à Blenheim; 'Wellington aura les Prussiens à Waterloo. Pitt chercha partout des mercenaires, poitanft à la coalition ce qm lui manquait : de Ténergie et de l'argent. H entama inunédiatement les négociations avec la Sardaigne** et fit armer le Portugal. Lord Saint- Hélène partit pour Madrid ; il vit Godoy le 18 mars, et le 20 il envoyait à Londres un projet de traité : Tun des points de l'allianoe devait être de réduire, lors de la paix, le territoire de la France. Les choses allèrent moins vite à Pétersboui]g.

* BuRGHiy t. II, p. 71^-89.

L'EtlBOP» JBT ïiB 11 JABÏiriEft. ««3

fit tsarwe iprât un demi solenMji : dUk A<y«it ses trassoiis 4'ilU fkQur maaifoster^ fm toute r^etto^piref i$oii «Kerûon du régicide ' . £Ue focea fee Français qui résidaient énas son ««ipire à 0]>j«rer^ <e« £ome, les pxincî^es jaQobîiis, età pnéier sarment de ne pas peitoMraar en Vrmee tant quecdiirïerait la fiéyokition. EUe rompit ie traité de eowm^nee ^'ette aiJ^.«yac Jb France, ^ <^rit «kux Aj»^;lai$ 4^ renouv^l^r eelui xy^'^Jk aurait ««r^c «eux:. £Ue renonça loême taux j^inoipea 4e k imeMlraUtë «noiéje, let pramît 4e «'employer pour oJbteoir dft Danemark «t 4e ia Suéde la n^aBie resmiGÎatMNa. Les Jinglftis annient aimi Ja oiain libre s«r ia iner« «t il leur 4eirieii4nai<; JoisîUe 4'«Mnréter , wéme ^soas fMMrîUe» ji^aulre, les coim^s 4e fayitaUlewBeoits desUoés àia FrAnae. X<ard WbîtnrQ^AeRtairfrâein^ftt4'<>bbewr 4aA^antage^ Il luAsard» 4e Ijwwid^s pb^emlÂens ^iv la bn^imee de TEurope et sur le 4noît fwblic ; A insiniin «qw Ja <e^ite- ^tcof^he 4n 21 jnn^er 4ervt lafl^^^j^or Ae» fnoipfinques 4« Word â .ear4^ fuelfwe «MMwe n^r^ ias P^leiiais; il montra l'^èmbwc9Bwisw^nt ies 'obwiQcdAeiies 4e .concîjÂer Jiee doux entreprises j^arallèles., <ma1w kvs 4aux répiiUiqnas^ .cette 4e Paris et vcelle 4e Varsevie* et ii :SPii£Sn un mot 4e i'impeptiJanttë <qn'4m mmT^^att pailage jetterait en An^gLeterite eur T^Uianee ^v^se. Catherine prît oesAiseoiirs peur ce ifw'il^ ynlniant i^ellementv et in*eo tùAmvfimn fcom^e. £tte ee 4it «que ie« Anglais , e«^agés 4an^in lutte fuir Jaurs intérêts ^ par Wrs passâon^, «e ^acrifieriaiejat ni Jles ^n^ m ies mettes à la i^ns«rvntioo 4e Jn Pologne, i0t eUe passe cmitoa^ Liord WJbitiwrortb 4iibt s'^boeomjne4er à rJUuweur 4e la tsi^ine; ii ^eesaa 4e paiier de la Pologne, et se Unt pow Aatisfaiît 4e si^er^ le £5 mars^ un traita provisoire 4'ainitié. JUas deux puissances ae promettaia<nt 4e s'<aasister mutueUameAt ducant la ^^larre et 4e ne pas faÎEe la paii: avant d'<étre assurées 4e la «PepiHsa 4es ienriiboires .coyoquis par Jbs jFranfwis. £lles s'^engai^enA à £erynar leurs part^ aux «ariras de la Sép^Uiqua^ k sméter, par t0^s fes

> Gf. t I« p. ^9^, Zet ééirôngmtnfs tt Its régkidfiSAu XVÂlt sièfik, Ainii, en 1804, Le grand deuil du duc d^Enghien^ draperie 4e «our «iir i».na<nwtog^e Paul I».

moyens, le commerce de la France, à empêcher tout État de donner, sous prétexte de neutralité, « une protection quelconque au commerce ou à la propriété des Français sur mer ou dans les ports de France » . C'était le premier contrat de la grande ligue du blocus de la République.

Pitt ne comptait sérieusement que sur rAutriche. Les raisons qui avaient si longtemps lié ces deux cours leur comman* daient de renouer leur alliance. L'Angleterre avait besoin d'hommes, T Autriche avait besoin d'argent; l'Angleterre était riche, les États autrichiens étaient très peuplés; les deux gouvernements étaient intéressés à mettre la Belgique hors des prises de la France. Cette affaire de Belgique fiit cependant la principale difficulté de leurs négociations, parce que si elles y apportaient toutes les deux un intérêt très vif, elles y apportaient chacune un intérêt très différent.

Il y avait eu à Vienne, après le 21 janvier, une sorte de monvement loyaliste. Les fidèles sujets envoyèrent à la cour « de: dons patriotiques «, des agrafes d'or, des cœurs d'argent, des bourses et des coupes remplies de ducats, offrandes touchantes, mais qui ne donnaient pas de quoi lever un régiment. Les Magyars montrèrent autant de zèle à combattre la révolution démocratique, qu'ils en avaient mis naguère à revendiquer leurs libertés féodales : ils tenaient à leurs châteaux et à leurs prérogatives que la Révolution menaçait. Toute cette ardeur se dépensait en démonstrations. L'incertitude du gouvernement paralysait les meilleures volontés ^ La rumeur vague d*un partage imminent de la Pologne , tramé à l'insu de TAutriche et à son détriment, commençait à circuler et achevait de troubler l'esprit des faibles conseillers de François II. Ce prince fut averti, vers le milieu de février, que ses aUiës allaient se mettre en possession, et qu'ils lui laisseraient, à titre de compensation, l'espoir de troquer la Bavière contre les Pays-Bas lorsqu'il les aurait repris à la France *. C'était

< Snn., Trad., t. Il, p. SOS. Id., 4* ^tion, t. II, p. 109 et toiv. — Satous, Hùngrie, ch. m. — FsHtsif, t. II, p. 66. * Ottanaaiiii à RatoomoTtky, 27 janvier 1793; Vitbrot, t. II, p, 40it

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une déception. L'Empereur put bientôt en mesurer Tëtendue aux progrès que les Prussiens faisaient en Pologne , et aux nouvelles alarmantes que tous les courriers apportèrent de Varsovie.

Les Prussiens s'établissaient en maîtres dans leurs lots. Les confédérés de Targowitz, qui avaient appelé les Russes à soutenir leur faction, s'étaient assez aveuglés pour croire que Catherine, contente de rétablir l'ancien régime en Pologne, leur abandonnerait ensuite la République. Ils invoquèrent le secours de cette impératrice contre la Prusse. Catherine répondit que si les confédérés se mêlaient d'arrêter les Prussiens, ils auraient affaire aux troupes russes. Là-dessus, le ministre de la tsarine, Sievers, arriva à Varsovie. C'était un vieux routier, aux manières caressantes, au langage insinuant, retors et rompu aux manèges polonais. Il avait pour mission de faire élire une diète qui ratifierait le démembrement de la Pologne. Sievers maniait les affaires avec plus d'aisance que les commissaires de la Convention, parce qu'il les maniait depuis plus longtemps. Les conventionnels s'y mirent très vite, et ceux d'entre eux qui devinrent préfets ou conseillers d'État de Napoléon n'eurent plus rien à envier aux agents de Catherine II. L'art de ces manieurs de peuples était le plus simple de tous, à qui est le plus fort : convaincre les gens en leur faisant peur. Les pays conquis en Pologne se soumirent; les habitants prêtèrent serment au roi de Prusse et à la tsarine. Ces monarques jugèrent alors qu'ils pouvaient ratifier leur traité et le notifier à l'Autriche.

La communication fut faite à Vienne, le 23 mars, par l'ambassadeur russe Rasoumovsky^ Le secret gardé sur l'opération, la duplicité de ses alliés, l'étendue de leurs bénéfices, l'ironie avec laquelle ils le renvoyaient conquérir sur la France 868 propres dédommagements, le dépit d'être dupe, la colère d'être exclu du marché, l'envie enfin, jetèrent hors de luimême l'empereur François II. Son irritation retomba sur son

' Sybbl, Trad., t. H, p. 197, SU et saiv.

iié LA TRlHÏÏON ÛE WHtOtffLîtZ. — 1798.

tice-d!ttA06Îf€?f, PWBppe Cobeiïzl, et sur le coflaborateur Je téminiiife moi&vhéj Spretnmim. Létnr iiïfluénde baissait fort d€^i$ laf cMftpagtfe d^ Fraftoer. Le gpmndf itftfttre de la cour, le comte Golloredo, qui avait élevé Tempereur et savait lui ffÈitlet à Foféilté, les cléerécfifait en tdnte occasioû dans son espfif. Il hrip signtflèâit cottittte le sreol' homme capable de rétablir les' âfFaifés^ et de t élever Fâf polffrqtre autffchienne, un agent zélé, répaddu, dclif, tirais qui n*iavaif encore servi qaûn sousctrcffeB ou dans les postés de féfr&n^er, le baron Thugut. Ce dipkifttMte sefrmivnifà Vieiûme. L^empereYxr ordonna à Cobenzl de loi eomi»tafi<qufer'toiïfes les correspondances sous te préteite qu'il «Hait être âttddié ûxx quartier général et qu'il durait k suivre l'ensemble des aflidres. Ce nVtaif qu*un prétexte pour ftéfàfer TaflMWée? de 'Hïtrgirt ettr pt)UTôïr. Le partage de la Pok^igtfe f^rfa le dernier cotrp à Cobeitzf et ouvrit les voies au Aotfteàu ennsettler de rempereror. Le Tt mars, Cobenzl et Spîelmtffttf reçorent leter congé. Tbûgfcrt fat cbargé de la chaneelleri>einfnn<e de eôttt et d^taf, avec fé titre de directeur des affiàires potitiqnes. II ne prit k quailrté de ministre des affaires étraitgèresr qu'en MM I?d4, après la mort de Kaunitïr; en réa- Klé il rempKt le poste dès le mors de mars 1T9S, et il focctipa peiidwtft tmrte la crise dé k Révolutron.

ThôgiiC étdil utt pwrvemjf, et ri arrivait à son heure, qui était celle de k eapidtt^. 11 entr»rt dans sa cfoquaMe- septième année. Fils â'im petit employé de Lfnz, élevé par les Jésuites, il apprit le t&fC^ et fiât envoyé comme drogman à Constantlnople. Raunitz l'en fit revenir et Fattafcha â sa chancellerie ett 1706. Le nMiristère tfstttçais de ce temps-là, c^'était le temps de Ghoiseul, pasfsait pom* fort engoué de TÂutriche, mais sa e<ymplaisance potir cette cour n'aflaft pas jusqu'à la confiance. Il cherchait à se procurera Tienne de bons correspondant^; qui It» révéleraient les secrets de Fintime alKé du roî. Tliugut passait peur avide, besogneux, ambitieux, curieux et dépourvu de scrnpules. Un ageni de Choiseul Tembaucha, et suivant l'euphémisme officiel, » il entra au service du roi en l'année 1767 « . Le roi parut content de ses services, Thugut les

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coaAinua dans la nnssiao. quil enl! à CoBstanttinopfe de 17(^9 à lllft. L'ambiusaliCTir de Lovîs XY, Saint-Pliesl, se louait des renseignements qne Thugntt hn pvoewrait e€ qvi permettaient à la France • de iroîr comme dans nn mircnr » la pot»ti^foe des cours du Nord. Ce qm Ton vit de pins- clair en ee miioir, c'est que la France fut contrumeltenent déçue et jooée par ces ooors^ et (pe toutes le» affaires dont ette se trou^aôt si prccisiénKBfl informée tournaient à Tavantage de VAutrkhe ^. Néanmoins Tbogwt trouva moyen do satisfaire à hk fois W roi cl Vempereur : Tempereur recueillait les arrantages^ et fe roî les novreUe». Tkngnt obtint en France une pension et na beevet de lientenantrcolonel qui ki> rapportaient peu an 13^000 Irrres, et en Autrîche, la qualité d'internonce, le titre de baron et la commanderie de Tordre de Sainth Étienne. Mais il trenbknt d'être découvert. La mort de Louis X¥ le jêAa dams les angoisses. Il eut peur d'être en même temps congédié à Vienne et éconduit à YersaîUes, Il songea à se réfugier en France. LomsXTI montra peu de goàt à Ten^loyer^ et Tkugut trembla longtemps que Marie-Antoinette ne déconvdt à Marie-Thérèse le secret de sa vénalité. La movt de cette impératrice le rassura. Il cessa de « servir le roi » y et fit liquider, en 1780, ses pensions sous la forme d'ime rente viagère équivalente. Nommé conseiller intime de Temperevr &k 17^^ il prit un congé et séjourna quatre ans à Paris, ce qui lai permit de connaître personnellement toutes les edoales et tous les cabaleurs du temps. Il rentra, en 1787, dans la diplomatie et revint i Tienne en 1789. Le désir de garder ses pensions fit qu'il observa une grande réserve dans les premiers temps de la Révolution. La chute de la royauté et la banqueroute générale décidèrent de ses opinions : il se montra dès lors un ardent contre-révolutionnaire, et il fit sa confession à Kamûtz et à Temperenr François, s'il ne l'avait déjà fente auparavant.

Il put démontrer sans beaucoup de peine qu'il n'avait jamais

> Voir Albert Sorbl, La quesêion d'Orient au XYIiF siècle^ 8* éd. , Paris, 1889.

cessé de bien servir TAutriche ; que ses pensions n*ëtaieDt qu'une immunité diplomatique ; qu'il avait tiré, à sa manière, son bénéfice de Falliance de 1756 ; qu'il avait appliqué cette alliance à sa propre fortune, comme Kaunitz l'appliquait à la politique de la monarchie ; qu'on ne pouvait lui en vouloir de s'être fait encourager par la France à défendre les intérêts de son maître ; que la main droite qui signait avec les Turcs les traités d'extension de la frontière autrichienne ^ avait toujours ignoré ce que recevait la main gauche pour ne les point signer ; enfin, que s'il y avait péché, il avait été commis avec toutes les restrictions mentales prescrites par les auteurs; l'intention avait toujours été dirigée par le bon motif, et la faute avait été lavée par de copieuses satisfactions. Il ne manquait point, à la cour de Vienne, de casuistes pour accommoder des affaires de cet ordre. Thugut accommoda fort bien les siennes, car aucune délation, et elles ne manquèrent pas dans la suite, ne put ébranler, même un instant, la confiance que lui avait vouée François II'.

Thugut s'était élevé en rampant, de marche en marche, jusqu'aux portes du cabinet impérial. Il était tout imbu des vieilles raisons d'État. Pour lui, la Révolution était l'œuvre d'une poignée de scélérats qui n'auraient jamais triomphé si la noblesse française eût conservé quelque énergie. Quant aux doctrines, il n'en avait cure : il condamnait celles de la Révolution sans le» croire redoutables ; il défendait celles de l'ancien régime, sans les croire tutélaires. Petit, trapu, laid, brutal, mais sobre, frugal, simple de goûts, infatigable au labeur, il apportait dans la politique autrichienne plus de vigueur, plus d'invention, plus de passion surtout et plus de ressources. Mais ses passions étaient brouillonnes^ ses inventions trop compliquées, ses ressources trop équivoques; son esprit, souple et fertile, manquait d étendue. Tous les moyens lui étaient hoiis. Il était Thomme le moins disposé à comprendre une

* 7 mai 1775, anDexion de la Bukowine ; 18 mai 1776, rectification dei limitei.

* Pour le détail de ces antécédents de Thugut, voir l*étude intitulée : L'Al^ triche et le Comité de salut public, Mevue historique, t. XVII, p. 37 et suiv.

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coalition de principes, et le mieux fait pour aigrir, par son zèle même, une politique de rivalités, de trocs et d'enchères. Il considérait avec indifférence le sort de la famille royale de France. Il n'avait d'ardeur que pour l'agrandissement territorial de la maison d'Autriche et d'aversion sincère que pour la Prusse. Ces deux sentiments gouvernèrent toute sa diplomatie. Sa constante préoccupation sera que l'Autriche ne sorte pas sans dédommagement « d'une guerre qui agrandira probablement toutes les autres cours ^ » . Ce dédommagement, il le cherchera partout à la fois : en Pologne, aux dépens d'une république amie et coreligionnaire de l'Autriche; en Allemagne, aux dépens de la Bavière, sa confédérée; en Italie, aux dépens de Venise, la plus inofiPensive des puissances neutres; en Orient, aux dépens du sultan, le moins jacobin des potentats ; en France, aux dépens de la monarchie même, que la coalition prétend y restaurer. On verra ce ministre captieux et agité enchevêtrer les trames les plus contraires, « divaguant et flottant au milieu des intrigues de toute l'Europe' » , s'efforçant de s'assurer des bénéfices dans toutes les combiaaisons, des garanties dans toutes les entreprises, un lot dans toutes les loteries, et de ne sacrifier les avantages d'aucun système, sauf de celui du désintéressement.

Ses vues sur la France étaient d'un cynique. Voici ce qu'il en écrivait au comte Colloredo, son protecteur intime, vieil Autrichien de tradition, grave, dévot et roué, auquel il adressait les avis qu'il n'osait pas présenter directement à l'empereur. La lettre est du premier jour d'avril, c'est-à-dire deux mois après l'exécution de Louis XVI, et lorsque Marie- Antoinette, captive au Temple, semblait, si elle n'était délivrée à temps, vouée au même supplice : a Je penserais que les prétentions et les vues des différentes factions peuvent, pour le moment, être assez indifférentes à Sa Majesté ; que ce qui est essentiel pour son service, c'est qu'il y ait des partis en France qui se combattent et s'affaiblissent mutuellement, et

> Mémoire de mar» 1793, Vitehot, t. II, p. 498. * Mot de Bonaparte, Correspondance^ t. IV, p. 41.

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(fo'oo' ftfofite de ce eonttC pcMir tàe&er de se rendre maMre des forteresses et d'osé aonsi gprande étendott depays-qu'o» pewro, fffis de feire la* lei fin pcferti (pii, en dernier résnlUrt, anraf pféyalVy et de Tobliger d'aebetet la frais et ta proleetîoB' de Temperear en lui cédant f eUe partie de ses conquêtes que Sa Majesté jugera de s& convenarce. » — « Le* sevU me^n d'arrirer à ua accord », dis«ff(41, dans te mène teflvp^, an BMistre- de Sardaigne, « ce serait de ecmvenir d^avance dea eonquéfes qne iMus ponrrtms faire en comnmn et de les partager en parties égales ^ 9

Thugnt opinait qne, dans VéMt des c^ses, îA étast Im« de prendre acte, à font ëréneraent, du Blane-^eing; qne la Russie et la Prusse donnaient au tnfe de la Barîère v de pf acer, tantefeès, cette lettre de change dans ba caisse de» réserves et de rejeter dan» le» futur» contnigent» ce troc qui déscMigeait k cabinet anglaîfs ; de se rapprocher de ce giwiverneioegt, de profiter de fa mauraise àumeur ùù le mettait le partage de b Pologne, pour s^aceomrander arec Ini et obtenir âSear» le dédonmragement dû à TAufriehe, en insinuant » que nous ne répugnerions pas d'accéder tm principe tfÊte^ tes indemnités des cours coalisées doivent être obtenues aux dépens de b France • . Ces vues, exposée» dans un mémoire remis par Tbngut èr Temperenr, prévalurent dans un eanseil qm fut tenu le 1 1 mars, et Ton décida qae Mercy serait envoyé extnordinairement à Londres pour les développer*. Telaét»eni les sentiment» de Thugut sur la restauration de la monardûe française. Quant aux émigrés, il les détestait arant d'arrirer an pouvoir; lorsqu'il y fut, il le» ponrcbas»a. Avec eux, dn reste, son scepticisme était de mise, et il se plaçait justement an point de we qu'il feUait pour tes juger.

Les animosités qui déchiraient cette faction ne s'apeiséreflÉ même pas âerBXkî fa majesté de Téchafand royal. « La mort

• VfT««or, Vertraniiche Briefe von Thugut, Vienne, 13751, t. I, p. 13. — Rapport du marquis de Brème, 30 mars 1793; Biaeighi, t. II, p. 99.

* Mémoire de Thugut, 3 mars 1793. rrotocole de la conférence da il i Instruction à Mercy, IS mart, TiTBxror, t. II, p. 498, 499, 568.

L'EUllO^t rr Lfi 5M JANTl^fell. 331

ÔB m, écfit Perses n'a pa» tmt fftBmd effet sur les émigrés"; ik< s€ eoiMoleBt avec la Tégeaeêr de Wa&sietir. Omlcfses^ffis^ ootméoieélté an sfeetaiele etao Mneaart^. » Leconsee^ I^)»- Ycaee pM eofitt se déebrer régi»! sons qae p^FSonmr le e»a* trariàt; il fit le comte d'Artois lieutenant général, et Ton catH tittoa de cabale» autoar d'eux eoatre taf reîse (pw était en prison^ et centre ke c<nistiiloCi«iLiiels qui étaîeat eti exil, de déaoflcer le da«gcr des deux Ghambrie», de céMyrer la magiÊna mmité de la Bussiay de signaler le péril de rîmOuettce «atrichienne et d'affirmer la nécesisîté de revexnr k la TérMable cMistit«lîon de la mMiareliie. Cette ceastîtetio» était «m iBystère (pie personne ne pecnrail péaétrer; amsi, faute de pouveîr rexphqvef , oa éxceamoimiait eeux qui prétendaient y dénéler quelcfoe cboM, Les émigré» s'épuraient avec achanemeiit, • dhiaque seetioar du parti aaatlvénMitiaant toute» celles qtn ae ee reneontraient pasf sur sa ligne géefoétrique d opinione* * . Le tabkau que fant Maltet dv Pau de ces disputes by^antineBf seaabie la centre-partie àe celui qu'André Cliémer traçait uaguère des^ iuquisitious subtiles de9 Jaeo^ bins. Lca émigrés se dispntateut daas te désert. Il n^y arrart de réel dan» leur» aflùrea que leur inintelligence des choses, leurs riTalités iDcurablee et leur misère profonde. Poui^ ^iris sur la réqmsitioii d'en créancier, è Aix-la-Ghapelte, et (ayant deyant les Français, tes^ princes s*étateflt séparés. Le conte d'Artois s'en fiât à Maëstricht, oà il feiBit être arrêté pour dettes. 11 passa en Angleterre, projetant de se rendre en Espagne. Le coaate de Provence se retira à Hamm, oà il rassembla sa petite cour de naufragés fidèles et son petit goufemement de proscrits oistfs^et agité&. Le meilleur homnte qui s*y tromràt, le due de Sérent, s'épuisait à concilier les vues

' FCTOM, Journal, S fémer 1799, t. Il, p. «3. O» ècrrnit de Btrse à Bank^ t^nty, le 30 janvier : • On ett tnrprii de voir la lé|;èreté avec lacpielle les émigrés rrançaii qui sonf ici ont pris révénement du 21. ÏU disent communément qu'ils ^ p««vent fc||rctt6r \m roi ^ a ttcriiié Iié noblesse. • Papiers dt Becrthél^mjr,

* MiOABT vo Paît, GoMÎdérafiMW rar 1« Révolution française, 8 mars 1793 Satooi, 1. 1, p. »0.

des deux frères qui ne s'entendaient sur rien; et le plus dévoué confident du comte de Provence, d'Avaray, borné, mais honnête, suivait avec aveuglement les conseils de l'envoyé de Catherine, Roumantsof, qui était Toracle de ce monde désorienté.

La tsarine restait seule à les encourager. Elle leur envoyait, disait le comte d'Artois, «d'excellents courriers »; elle leur donna, en décembre, deux cent cinquante mille roubles S soutint leur politique de réaction à outrance et reconnut la régence de Monsieur. Elle était le seul souverain qui n'eût point de vues directes sur le territoire de la France ; elle ne se faisait point scrupule d'inciter, sous main, ses alliés à d/membrer cet État, mais elle n'avait point de gène à afficher en public son propre désintéressement. Ses alliés, moins roués ou moins cyniques, projetaient de conquérir en France, et ne voulaient point s'engager avec la royauté en reconnaissant à Monsieur le titre de régent de France et la qualité d'allié de la coalition, a Gela changerait totalement le caractère de la guerre « , répondit le roi de Prusse lorsque Catherine le fit pressentir sur cet article*. L'armée des princes était licenciée. Il ne restait plus que le petit corps de Gondé. Thugut aurait voulu le disperser également. La tsarine pensa un moment à recueillir ces émigrés et à en former une colonie, à l'imitatioD de celle que Frédéric^Guillaume avait formée avec les réformés proscrits par Louis XIV. A part l'exil, il n'y avait, comme le remarquait un judicieux Anglais, aucun rapport entre les proscrits de la révocation, les plus laborieux, les plus instruits des Français, riches d'industrie, d'inventions, de traditions sociales, pénétrés de ces fortes mœurs qui avaient été le ciment de l'ancienne France, et cette troupe de nobles indisciplinés, qui n'avaient rien su conserver, rien su défendre, et ne portaient à l'étranger que les ferments, toujours actilîs en eux, de la dissolution de la monarchie. L'affaire n'aboutit point, malgré le duc de Richelieu, qui la négocia. Cathe-

* PinOAOO, Correspondance intime de Vaudreuil, t. II, p. 113. Paris, 1899. ■ Frédério-Guillaome à Goltz, 0 février 1793. Hbbimahh, p. 357.

L'EUROPE ET LE Si JA^VIER. 333

rine, loin d*y perdre, y gagna encore : elle n*eut point à héberger les Gondéens, et elle garda à son service le duc de Richelieu, qui valait, à lui seul, plus que toute Témigration réunie ^ Sur les instances de Timpératrice et du roi de Prusse, François II consentit à employer le corps de Gondé.

Le projet des émigrés de faire rétablir la monarchie par rSurope sans payer ce service en terres françaises n*était ni dans les habitudes ni dans le goût des souverains alliés ; mais^ sur le procédé à employer pour subjuguer les Français, Témigration et les cours ne pouvaient que s'accorder. Ge procédé était celui que la Gonvention employait pour vaincre les coalisés : la ruine et la peur. La Gonvention cherchait dans les conquêtes un moyen d'écouler les assignats ; les émigrés proposèrent, pour affamer la République, d'inonder la France d'assignats faux*. Avant que le tribunal révolutionnaire fût organisé à Paris, la Terreur était à l'ordre du jour dans les conciliabules de l'émigration et dans les conseils des coalisés^ Il n'y a qu'un moyen, écrit un officier émigré au maréchal Lacy, en janvier 1793, c*est de marcher sur Paris « en jetant partout la terreur et le désordre » . Mercy répète le mot dans toutes ses lettres, a II faut toujours en venir à cette vérité : ft On ne peut écraser la Révolution que par « la terreur » . — « Ce ne seront ni une ni plusieurs batailles gagnées qui réduiront une nation, laquelle ne peut être domptée qu'autant que Ton en exterminera une grande portion de la partie active et la presque totalité de la partie dirigeante. Faire main basse sur les clubs, désarmer le peuple, détruire cette superbe capitale, foyer de tous les crimes, de toutes les horreurs, produire la famine et la misère, voilà les déplorables données de l'entreprise à remplir. » Voilà les mesures « dignes du conseil de Néron et de Galigula » que jugeait a indispensables » cet

' Whitworth k GrenWlle, S5 décembre 1792, Hbrrmaiiii, p. 829. Voir les papiers de Richelieu, Publieaiions de la Société tThistoire de Russie, p. 22, 204, etc.

' Mémoire de Bretenil, lettre de Gobenil à Tempereiir, de Schulenbonrg à Cobenzl, décembre 1792; Vitbnot, t. II, p. 487-444. Cf. Papiers de Barthé* kmy, U II, pa$$im, table analytique, article Assignais,

aaeiea ambassadeur de Mam-Tluérèse , eotifident très esâmé de la pkis pieuse des souveraines, Vun des p4us cultii^s, des plus ff hufuaifis « et des plus « sensibles » , à ooup sûr, parmi les diplomates de l'ancien régime. Voici les conseils que i'oa attribue, à ta même époque, à un g^entiHiomme très affiaé par 'le xckofkàt^ b6ie aîmalbte des pbolosopbes et commensal exquis des cours, 4e prince de Ligne : a fl ne reste qu'une seule manière d agir -contre la démocratie : c*est de réduire la France et de 4'affafSbIîf {usqif^ 9' extinction des fbrœs... Il s'agit de ruiner complétemetït les FrançMS et de ne répondre à toutes leurs damenrs pb^iosophiques que par le sîl^ice et le poids de la force. . . » 11 -faut démembrer la République de tcSe façon que, « quelique soit son gouremement et ses principes, eHe ne puisse devenir un sujet d'inquiétude pour les natioDs effrayées de la chute éeae colosse; pour que ses restes, célèbres par des (Crimes «t des malheurs, qui senrîront longtemps d'exemples, ne puissent pflus sortir de l^obéissance où la force des armes les aura réduits^' « .

Le démembrement de la France, même avec la restaunitioa de la monarcSiie, Tanéantissement de la puissance française, quel que fM le gouvernement de la République, la destniodoo de Paris, l'extermination des répvMicains, l'assujettissement de la nation entière, tel e^ le sort que les coalisés résenraient à la France aux mois de février et de naars 1 T'dS. Les émigrés se proposaient .d'ajotfter à tous ces excès le rétablissement par la violence de tous les abus de l'ancien régime et la satisfaction de leurs vengeances. Et voilà «ce qui se disait, non dam des mamifestes destinés à servir <d*épouvantail, mais dans des lettres infimes et des nortes secrètes de (âiancellerie. La Convention y opposa .des mesures terribles ; mais les plus forcenés des conventionnels n'ont jamais menacé l'Europe de desseins plus ef&royables gue cemx qu'agitaient alors^ dans leurs convser^atiana polies et ile«p$ iattres an «tyle ooMble, ie» éigentsdela

-^ Mercy à Stai'hemberg, H février et 18 janvier 1793, TiinjiH£i|i, p. 36, 45; id.y p. 30. — Mémoire attribué au prince de Ligne, V' février t79S; VnixoXf t. II, p. 470.

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