‹ L'Europe et la révolution françaiseChapitre 47 sur 93 · L'INVASIOÎB ©E LU HOL1.AT9DE · texte numérisé non relu

L'INVASIOÎB ©E LU HOL1.AT9DE

ooaifftion. de ne sont point des ^dédamatioBts d'énergumènes : ce 66ttl des îaantemtions d'jbommes d'État, froides et eoBcertées. Elles pand&Baient cdors îbieB firèfi de ae réaliser.

Cammp la plupaort 4es ébrvoçerê, qui voyaient les ^^loses «d« dehors et oanobiaîent d'apvès les précédents, eonme pkis d'un pbiloMiphe sceptique et plus «d'un voué, DuaMmrieE tavait «ii de boaae heure rinstinct que les armées jeweoraîeBt un grand véie dans la Résolution, il aurait pu treu^er, et, dans tous les cas^ il était homune k s'appraprier cette pensée que Rivarol exprimaît dès 1790 : « On ie roi «ara une armée, on i'armée aura uen ïoi... Keus aupoms quelque soldat heuneux, car les réiirodiiiîons périssent toiqoiirs par (le «adve -: SyHa , 'César, Cromwell. » Il aurait pu ajouter-: Ifoncà. C'était, en. 1790, une (conjectare probable : la Révolution n'avait pas dcmné sa meaure; foe iut, «en 17ft9, «une sokftion fsttsAe : la RéYokitkm s'étakidévorée «Ue-méme. fin 1792, 'dans l'élan de Ja guerre d'indépendance, <lans l'eatbomiasme 'de *la guerre de propagande, lorsque l'énngvation semMait «ncore souflenue par ies riliés^ lorsque laioonftre-révolutîon paressait encore possîUe, quand icoi aTÛt k ^araindiie 4tows les périfls, quand on pouvait s'abandonner à toutes (les illusions, avant (pie la Terreur, en flétsisaaat les âmes, le Bîffectoire, ^n avilissant les caractères, eussent plié la France à la -servitude, c'était 'commeth'e une étrange ^méprise «que d'attendre quelque succès d'iin ooup d'État anlitaire.'Geoovp dIÉtat réussit en 1798 parce que tout le mande était ias , paive 'qe» sept ans de ^guenre 'cootinue avaient fait de l'armée ie prindpal i*essoit de l'État , parce qu'on était avide de paix et d'ordre, parce que tout avait été ftnisaé dans les esprits, et, par-^lessus tout, la notion de la liberté ; parce qu^enfin le sucoès de .la Révolution n'était .plus douteux, et qu'en acclamant un général victorieux on croyait

accltuner la Révolution même, confirmée et apaisée. Rien de pareil en 1792. Armée et nation se dérobaient aux complots : Tune et l'autre, confondues alors, avaient Tinstinct profond des nécessités présentes. Quiconque entreprenait alors contre la République se trouvait conduit, par la force des choses, à travailler pour les émigrés et pour les étrangers, sinon à pao tiser avec eux : il travaillait contre la France et contre la Révolution ; il soulevait contre lui non seulement les révolutionnaires, mais toute la France nouvelle, tout ce qui voulait défendre à la fois le territoire national #t les libertés conquises. Dumouriez était incapable de le comprendre. Les événements échappaient à ses calculs. A défaut de boussole, il aurait pu se guider sur les étoiles; mais sa vue était trop courte. Il n'avait ni le cœur assez haut placé, ni le jugement assez droit, ni l'esprit assez ouvert pour se diriger dans la tempête où il se trouvait jeté. II discerna les écueils, et il en évita quelques-uns avec adresse; mais il n'aperçut pas le tourbillon, et il s'y abima.

Il avait reçu l'ordre de marcher. Il quittait, pour se jeter sur la Hollande, la Relgique où le sol était miné. « Je voulais, disait-il ^ pénétrer en Hollande, j'en avais les moyens immanquables; il me fallait sacrifier du monde, et les Hollandais me désiraient. Maître de la Hollande, où j'aurais peut-être permis le pillage, je prenais les troupes de la république sur lesquelles je croyais pouvoir compter, et je les incorporais dans mes troupes de ligne qui commençaient à me manquer. Avec une armée aussi formidable, j'entrais dans la Relgique, je la délivrais de ses nouveaux tyrans conventionnaux ; la nation Belgique m'eût fourni une nouvelle augmentation à mon armée, à Taide de laquelle j'attaquais les Autrichiens, les faisais reculer en Allemagne, pour pouvoir ensuite, à la tête d'une armée innombrable et invincible, entrer en France, la Constitution â

' Convenation avec le comte Starhemberg, à Bnixellet, le 10 arril iT93, Zeissbbro, t. III, p. 4. — DuMOURiBZ, Mémoires, liv. VIII, ch. i. — Gbuqvkt, La trahison de Dumourie*f ch. i, L'expédition de Hollande ; ch. ii, Aix-la Chapelle,

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