‹ L'Europe et la Russie;Chapitre 108 sur 165 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

restreint chargé du pouvoir exécutif. Voici comment ces 17 voix sont partagées : Autriche, Prusse, Bavière, Saxe, Hanovre, Wurtemberg, Danemark, pour ses duchés allemands; Hollande, pour son grand-duché de Luxembourg; Bade, Hesse-Cassel, Hesse-Darmstadt, une voix chacun. Les six voix restantes sont distribuées ainsi : une aux maisons grand-ducales et ducales de Saxe, une à Brunswick et Nassau, une au Mecklembourg-Schwerin et au duché de Strélitz, une au Oldenbourg et à Anhalt et Schwartzbourg, une aux six petits États suivants : Hohenzollern, Lichenstein, Reuss, Lippe-Schauenbourg, Lippe-Detmold et Waldeck. Les villes libres ont une voix à elles quatre.

Au rebours du plénum, le conseil restreint prend ses décisions à la majorité simple, parce qu'ici les grandes puissances ont intérêt à pouvoir entraîner par l'intimidation les petits États sur lesquels la Russie exerce une influence décisive par ses alliances de famille.

Les apparences d'équité dans la répartition des voix, soit dans le plénum, soit dans le conseil res-

treint, sont donc absolument trompeuses, car dans la diète les princes seuls sont représentés, à l'exclusion des peuples, Cependant, comme il était impossible de refuser à l'Allemagne du Rhin un rudiment au moins d'institutions parlementaires, et que de là devaient naître des conflits entre les peuples et les princes, voici ce que Ton a imaginé pour que la liberté ne sortit pas de ces conflits. Tout prince qui a un différend avec ses États est en droit de soumettre ce différend à un prince dont la décision est sans appel. Cela se nomme, en jargon teutonique, un jugement austrégal. Ajoutez que tout prince a, en outre, le droit d'invoquer un arrêt de la diète contre toute mesure prise par ses chambres et qu'il estime contraire au pacte de 1 8 1 5 ou en opposition avec les obligations fédérales, et dites si jamais peuples ont été joués aussi cruellement que les peuples allemands par leurs gouvernements, qui leur promettaient bonheur et liberté s'ils voulaient tout donner, sang et or, pour abattre la domination française.

Aussi doit-il m'être permis de le dire, sans impliquer par là aucune approbation des exagérations auxquelles les Allemands se sont laissé emporter, quel grand spectacle, et bien consolant pour les Français que leur âge a faits contemporains de nos désastres

Page 1