CHAPITRE XXV
militaires, les bords du Rhin n'ont-ils pas présenté, dès le jour qu'y arriva la nouvelle de notre révolution de février! Le 27, à Manheim, une pétition fut signée pour réclamer du gouvernement de Bade la liberté de la presse, le droit d'association, le jugement par jurés, en un mot la sincérité du gouvernement parlementaire. Cette pétition entrait triomphalement à Carlsruhe le 1er mars, portée par une députation comptant dans ses rangs l'élite intellectuelle du pays. En même temps, dans la Hesse- Darmstadt, M. de Gagern, le futur président de la constituante allemande, était chargé de composer un ministère. Les habitants de Hanau contraignaient le grand-duc de Hesse-Cassel à plier devant la volonté du peuple, et la Bavière, la Saxe et le Wurtemberg, emportés par ce mouvement, y entraînaient la Prusse et même l'Autriche. Déliée tout à coup, comme celle du fils de Crésus, la langue de tous les princes articulait nettement les mots : « Droits des peuples et liberté. » Si bien que, le 5 mars, dix jours après la déclaration de la république en France, 51 citoyens allemands réunis à Heidelberg se trouvaient, de par droit imprescripble du progrès, investis de la mission de pourvoir au moyen de reconstituer l'Allemagne.