‹ L'Europe et la Russie;Chapitre 140 sur 165 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

les questions de foi, et tous les catholiques doivent se soumettre aveuglément à ses décisions, parce qu'elles sont infaillibles.

» 3° Le pape peut, à lui seul, faire toutes les lois ecclésiastiques qu'il lui plaît, et par des dispenses, même sans causes, placer qui il lui plaît au-dessus de toutes les lois ecclésiastiques existantes.

x> 4° Il dispose absolument de tous les biens ecclésiastiques et ne rend compte de sa conduite qu'à Dieu seul.

» 5° Le pape est le juge de tout le monde; il n'est le justiciable de personne. »

Telles sont les maximes ultramontaines avancées peu à peu depuis la fin du xie siècle, marqué par le pontificat de Grégoire VII. Et qu'on ne dise pas que c'est le protestantisme qui, par un dernier effort, a soufflé la déclaration qui nia si hautement l'autorité de ces maximes en 1682. Nos libertés gallicanes étaient déjà anciennes aux jours de saint Louis, dont la Pragmatique se termine par ces mots où est écrit le devoir de tout gouvernement français monarchique ou républicain :

« Nous louons, approuvons et confirmons par ces présentes les libertés, franchises, immunités, prérogatives, droits, privilèges, accordés aux églises de notre royaume par les lois de nos prédécesseurs, de glorieuse mémoire, ou par nous. »

L'auteur le répète, il ne discute pas la date des actes par lesquels le gouvernement agira pour obtenir à Rome l'exécution des promesses contenues dans la lettre du président Louis-Napoléon Bonaparte au colonel Edgar Ney, et en France la rentrée du clergé dans les limites qui lui sont assignées par les concordats et les organiques qui sont lois de l'État ; il exprime simplement le vœu que l'on veuille bien n'imposer à la Turquie, au nom ou par la conviction de la supériorité d'une religion sur une autre, aucune entrave à la fusion des races, et qu'au contraire on favorise cette fusion par la solidarité de tous les intérêts administratifs et politiques.

J'ose donc demander que l'on accorde quelque attention au projet depuis longtemps mûri dans ma pensée de reconstituer l'Orient par une confédération ottomane qui ferait participer toutes les populations de l'empire aux bienfaits de la civilisation en les obligeant à s'aider les unes les autres, et rendrait superflues les anciennes capitulations dont la suppression, en l'état actuel des choses, deviendra

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