CHAPITRE XXX
qu'elle a le droit de revendiquer, car la Belgique était partie intégrante de la France à l'époque du concordat de 1802, des organiques et du concordat de Fontainebleau.
L'espoir de gouverner indéfiniment la Belgique par une bascule portant au pouvoir responsable tantôt le libéralisme, tantôt l'ultramontanisme, sans laisser prendre à l'un ni à l'autre aucun avantage décisif, ne peut germer que dans un esprit blasé par l'abus des formes parlementaires et devenu incapable de prendre parti entre la vérité et l'erreur.
J'ai peu de goût pour les prédictions et ne crois pas aux présages, mais j'ai foi en la logique et ne saurais me défendre de dire à la Belgique de prendre garde aux conséquences de la double alliance de sa maison royale avec la maison d'Autriche. L'Autriche c'est l'ultramontanisme persécuteur, c'est la négation incarnée des droits des peuples. Quant à la France, je le répète, elle est en force contre l'esprit ultramontain, toute la question est si, contre cet esprit, on agira par voie de réforme ou par des moyens plus énergiques. En tout et partout je suis pour les réformes légales, à la condition qu'elles viennent avant que la besogne soit assez grosse pour ne pouvoir plus être faite que par une révolution.