‹ L'Europe et la Russie;Chapitre 148 sur 165 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

conservé leur nationalité et une quasi-indépendance sous le protectorat des empereurs grecs jusqu'en 1392. A cette époque, Bajazet vainquit les Valaques, mais les Turcs étant jaloux du droit de domination et peu soucieux du droit d'administration, le sultan conclut à Nicopolis, avec les Valaques, une convention dont voici les articles essentiels :

« Nous consentons que la principauté nouvellement soumise se gouverne d'après ses propres lois, et que le prince de Valachie ait le droit de faire la guerre et la paix, et celui de vie et de mort sur ses sujets.

» Les princes chrétiens seront élus par le métropolitain et les boyards.

» Mais à cause de cette haute clémence, et parce que nous avons inscrit ce prince raya sur la liste de nos autres sujets, il sera tenu de payer par an, à notre trésor impérial, trois mille piastres rouges du pays, ou cinq cents piastres d'argent de notre monnaie. »

Il n'est pas nécessaire de faire remarquer en quels termes de supériorité Bajazet s'exprime ici. C'est un octroi qu'il daigne faire aux vaincus, bien plus qu'une convention dans le sens attaché aujourd'hui à ces sortes d'actes. Le waïvode de Valachie se rangea au nombre des sujets rayas du sultan.

Maître de Constantinople, Mahomet II consentit à ratifier, en i 460, la convention signée par son prédécesseur. Il s'engagea, moyennant un tribut annuel de dix mille piastres et la reconnaissance de sa suprématie, à protéger la Valachie, à la défendre contre tout ennemi, et à en respecter l'organisation intérieure.

La Moldavie conservait encore son indépendance. Son waïvode, Etienne le Grand, qui avait glorieusement soutenu la guerre contre les troupes ottomanes, comprenant que l'heure de céder allait sonner, conseilla à Bogdan, son fils, de chercher à obtenir pour les Moldaves un traité semblable à celui qui avait été accordé aux Valaques. Pourvu, disait-il, que nos lois civiles et notre religion soient sauves, la paix sera honorable, ne nous fût-elle accordée qu'à la condition de devenir un fief de l'empire. Bogdan suivit ce conseil et obtint de Sélim II un octroi portant :

Que la Moldavie s'étant décidée de plein gré et sans contrainte à promettre obéissance à l'empire ottoman, la volonté du sultan était que toutes les églises, avec les rites de la religion, seraient inviolables, et que les lois subsisteraient en leur entier;

Que pour la personne du prince, on n'exigeait de lui que l'envoi annuel de quatre mille écus d'or,

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