‹ L'Europe et la Russie;Chapitre 2 sur 165 · H. LAM ARCHE · texte numérisé non relu

H. LAM ARCHE

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P. S. Le jugement que j'exprime en deux lignes sur la paix des Pyrénées est le résumé d'une opinion maintenant si générale parmi les hommes politiques quelle peut se passer de considérants. J'ai pourtant éprouvé une vive tentation de détacher d'un ouvrage, — Essai d'organisation de la France selon le suffrage universel, — que j'espère publier dans quelques mois, le chapitre intitulé l'Ancien et le nouveau droit européen, et qui eût servi à faire comprendre quelle a été, selon moi, la part des gouvernements et celle des peuples dans la politique intérieure et extérieure née de la réforme de Luther. Après réflexion, j'ai reconnu que, séparé des éclaircissements et des faits historiques qui en préparent l'intelligence, là où il est placé, ce travail soulèverait des objections auxquelles je ne saurais répondre sans m'écarter trop longtemps de l'objet de l'écrit que je soumets aujourd'hui au public. Il est pourtant quelques points que je crois devoir signaler ici, puisque j'ai repris la plume pour un moment.

François Ier, ne se sentant pas de force à faire entrer la tolérance religieuse en France, lui donna asile dans la diplomatie. Il s'allia aux protestants d'Allemagne et même aux Turcs pour résister à Charles-Quint. Victorieux à la suite de longues

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luttes religieuses, Henri IV donna aux protestants français, par son édit de Nantes, le droit civil et le droit politique. Richelieu n'enleva aux réformés, après la prise de La Rochelle, que des privilèges qui tendaient à les dénationaliser. Ce fut Louis XIV, confessé par les jésuites, qui ramena violemment la France dans les voies exclusivement catholiques et donna à l'Angleterre l'occasion de nouer cette célèbre ligue protestante, dont les succès militaires, industriels, maritimes, faillirent causer notre perte. En 1789, la France rentra dans la politique du grand cardinal , mais elle y rentra sans être suivie par l'Angleterre. J'ai donc obéi à l'impulsion directe de mon sujet en disant que des termes même de l'alliance occidentale, il résulte que la guerre légale à l'intolérance est une conséquence naturelle de la guerre pour la tolérance si vaillamment soutenue par les soldats de la civilisation.

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