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CHAPITRE IX

chances d'une bataille entre les flottes, c'eût été jouer toute la fortune de la guerre sur une seule carte. Le calcul des Russes allait plus loin encore. Défausses idées, assez généralement répan dues sur la puissance relative des flottes et des fortifications à terre, donnaient lieu à l'ennemi d'espérer que les amiraux alliés, ne pouvant prétendre à forcer les passes du port, engageraient avec les forts extérieurs un combat à outrance d'où nos vaisseaux sortiraient glorieux, mais fracassés.

L'affaire du 17 octobre n'a pas eu ce résultat, mais elle pouvait, j'ai presque dit qu'elle devait l'avoir.

Mais laissons les spéculations et les suppositions, pour nous attacher aux faits. Je dois constater que dès le début du siège les Russes n'avaient rien de sérieux à craindre au nord pour leurs défenses maritimes, et qu'ils possédaient du côté de la terre, au sud, la supériorité sous le rapport du nombre et une supériorité bien plus grande sous le rapport du matériel. Pour que leur résistance n'ait pas duré jusqu'à ce que les alliés eussent reçu une quantité suffisante de batteries flottantes, il a fallu que leurs généraux fussent incapables de profiter des fautes des nôtres autrement que par la pelle et la pioche, ce qui du reste va être mis en lumière par les affaires de Balaklava et d'Inkerman.

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