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CHAPITRE IX

de feux, et, après une attaque de six heures, diririgée avec non moins d'habileté que de bravoure, ces défenses n'avaient reçu aucune atteinte sérieuse. On considérait, par contre, comme une sorte de miracle, que les vaisseaux alliés n'eussent perdu qu'environ 400 hommes et reçu que des avaries réparables pour la plupart à la mer, quoique graves.

Les conclusions qu'on s'était empressé de tirer de la prise de Saint-Jean-d'Ulloa, de la reddition du moderne Saint-Jean-d'Àcre et du châtiment infligé aux Marocains à Mogador, étaient ramenées à leur juste valeur. L'artillerie des vaisseaux culbute les fortifications médiocrement faites et médiocrement défendues ; mais quand la valeur et la science sont à peu près égales de part et d'autre, les fortifications à terre reprennent leur avantage sur les flottes en leur état actuel d'armement et de construction.

Cela est désormais si peu une question que, depuis les campagnes de Crimée et de la Baltique, on a reconnu la nécessité de construire une flotte de siège en outre de la flotte de bataille. Un spécimen de cette flotte de siège a figuré à l'attaque de Kinburn, et l'on se convaincra, quand il sera rendu compte de cette attaque que les Russes ont dû la longue résistance de Sébastopol à la supériorité de leurs moyens de dé-

GO i/europe et la Russie.

fense sur ceux dont nous disposions jusqu'alors.

Dans le premier moment, les motifs qui déterminèrent les Russes à couler leur flotte dans les passes du port de Sébastopol ne furent pas tous suffisamment mis en lumière. Les amiraux alliés se bornèrent à dire que les amiraux russes avaient voulu à tout prix empêcher les escadres française et anglaise de forcer les passes et de venir donner la main aux armées de terre. Ce motif comprend évidemment tous les autres, mais ne dispense pas de les expliquer.

Les Russes avaient besoin d'appliquer les équipages et l'artillerie de leurs vaisseaux à la défense de la place de Sébastopol. De là, pour eux, la nécessité d'éviter tout combat naval, car la victoire fût-elle d'abord demeurée indécise, les alliés pouvaient réparer leurs pertes en hommes et en matériel, et la flotte du czar ne le pouvait pas. Ajoutez que la durée de la résistance de la place dépendait absolument de la liberté de ses communications avec les forts et les plateaux du nord, et que les communications ne pouvaient être assurées que par le port au moyen des vapeurs et plus tard d'un pont de bateaux. Remettre la possession du port aux

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