CHAPITRE XI
Le général Liprandi, ne voyant pas venir le succès qui devait servir de signal à une attaque sérieuse sur Balaklava, s'en tint aune canonnade à peu près hors de portée.
Dans cette campagne, et durant tout le reste de la guerre de Crimée, ce général, doué d'une remarquable habileté dans le cabinet, n'a donné aucune preuve de talent d'exécution. Cette supériorité d'un côté et cette insuffisance de l'autre se rencontrent assez souvent parmi les militaires, et le maréchal Marmont en a été chez nous un frappant exemple. Personne ne sut la guerre sur le papier mieux que lui qui manqua toujours la victoire sur le terrain. Celui qui ne se sent pas plus fertile et plus fort à la tribune qu'assis à son banc, n'est pas un orateur; celui qui n'a pas plus de ressources dans l'esprit sur le champ de bataille que devant une carte, n'est pas un capitaine.