‹ L'Europe et la Russie;Chapitre 57 sur 165 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

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Les divisions d'infanterie étaient uniformément composées de quatre régiments à trois bataillons et d'un bataillon de chasseurs à pied. En comptant les bataillons à 600 hommes, officiers compris, et ceux des chasseurs à 800, on arrive à un effectif de 8,000 hommes par division, fournissant au plus 6,000 combattants, soit 66,000 pour les onze divisions. Les deux divisions et la brigade de réserve de cavalerie, à 400 hommes par régiment, en comptaient 4,400; mais on est certain de ne pas rester en deçà de la vérité, si l'on admet que la cavalerie pouvait mettre en ligne de 3,000 à 3,400 sabres seulement. Il y avait donc devant Sébastopol 70,000 hommes d'infanterie et de cavalerie fournis par la France, auxquels il faut ajouter 10,000 hommes d'artillerie et du génie, plus 2,000 marins débarqués sous les ordres du contre-amiral de Genouilli. En total général, 82,000 combattants. Mais parmi les hommes présents et qualifiés combattants, il se rencontre toujours bon nombre de nonvaleurs passagères, et l'on est en droit de penser que dans le moment de la plus forte concentration de nos troupes, le général Pélissier n'a jamais pu disposer de plus de 66,000 hommes réellement en état de combattre.

Le corps d'armée sarde, composé de deux divi-

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sions d'infanterie et nominalement fort de 15,000 hommes, ne présentait pas plus de 10,000 combattants. Une réserve de 5,000 hommes maintenait à peine ce corps à l'effectif réel qui vient d'être indiqué.

Omer-Pacha était venu devant Sébastopol avec un corps évalué à 25,000 hommes et pouvant présenter de 16 à 18,000 combattants, car ce corps comptait beaucoup de soldats endurcis à la fatigue.

Quant à l'armée anglaise, reliée depuis près de deux mois à Balaklava, son parc de ravitaillement, par un chemin de fer audacieusement construit sous le canon russe, elle comptait vers la fin de mai 44,000 hommes de toutes armes. Sur le papier, elle ne pouvait, éprouvée comme elle l'avait été par les privations et par la maladie, mettre en ligue plus de la moitié de son effectif, soit 22,000 combattants. L'étude attentive des bulletins porte même à croire que depuis la bataille de l'Aima l'armée britannique n'a jamais pu envoyer au feu qu'un nombre de combattants inférieur à 20,000. L'armée française présentait donc à elle seule, devant Sébastopol, une force plus grande que les forces réunies sur ce point par l'Angleterre, la Turquie et la Sardaigne; mais il s'en faut de beaucoup, comme on vient de le voir par les chiffres qui précèdent, que l'effectif disponible

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