‹ L'Europe et la Russie;Chapitre 66 sur 165 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

garde. Toutes ces troupes étaient disposées de bonne heure à leur poste.

» La division Brunet avait une de ses brigades en avant et à droite de la redoute Brancion (mamelon Vert) ; l'autre, dans la parallèle en arrière et à droite de cette redoute.

» Une disposition analogue avait été prise pour la division d'Autemarre : la brigade Niol, en avant et à gauche de la redoute Brancion ; la brigade Breton, dans la parallèle en arrière.

» Deux batteries d'artillerie, pouvant se manœuvrer à la bricole, étaient placées en arrière de la redoute Brancion, pour être portées sur les positions de l'ennemi, si nous parvenions à nous en emparer.

» La division de la garde impériale, formant la réserve générale des trois attaques, était massée enarrière de la redoute Victoria.

» J'avais choisi, pour poste, la batterie Lancastre; et c'est de là que je devais donner le signal, par des fusées à étoiles, pour le mouvement général. Malgré de grandes difficultés de terrain, malgré les obstacles accumulés par l'ennemi, et quoique les Russes, certainement instruits de nos projets, fussent sur leurs gardes et prêts à repousser l'assaut, il est permis de croire que si l'attaque eût pu être générale et instantanée sur toute l'étendue de la

ligne, s'il y avait eu de la soudaineté et de l'ensemble dans les efforts de nos braves troupes, le but eût été atteint. Malheureusement il n'en fut pas ainsi, et une fatalité inconcevable nous fit échouer.

» J'étais encore à plus de 1,000 mètres du point d'où je devais donner le signal, quand une mousqueterie ardente, entrecoupée de coups de mitraille, m'avertit que l'affaire était violemment engagée vers la droite. En effet, un peu avant trois heures, le général Mayran avait cru voir mon feu de signal dans une bombe à trace fusante, lancée de la redoute Brancion. Vainement il fut averti de son erreur.

» Ce brave et malheureux général donne l'ordre de commencer l'attaque. Les colonnes Saurin et de Failly s'élancèrent aussitôt : le premier élan fut magnifique; mais à peine ces têtes de colonnes furent-elles en marche, qu'une pluie de balles et de mitraille vinrent les assaillir. Cette mitraille accablante partait non-seulement des ouvrages que nous voulions enlever, mais aussi des steamers ennemis, qui accoururent à toute vapeur et manœuvrèrent avec autant de bonheur que d'adresse. Nous dûmes cependant leur faire éprouver quelques avaries. Ce feu prodigieux arrêta l'effort de nos troupes. Il devint impossible à nos soldats de mar-

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