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CHAPITRE XVII

Karabelnaïa. Nous les avions armés d'une puissante artillerie; les communications et les places d'armes russes avaient été transformées à notre usage ; le terrain et les dispositions de combat étudiées en détail, les armées alliées s'étaient partagé leur tâche. Les Anglais devaient forcer le grand Redan, et nous, nous devions emporter Malakoff, le redan du Carénage et les retranchements qui couvrent cette extrémité du faubourg. Il est surabondant, monsieur le maréchal, de faire ressortir aux yeux de Votre Excellence les conséquences qu'aurait eues la réussite d'une pareille opération. Depuis nos derniers succès, l'attitude de l'ennemi et l'enthousiasme de nos troupes promettaient la victoire. Il n'y avait pas à différer.

« D'accord avec lord Raglan, le 17, nous accablâmes d'un feu écrasant la place de Sébastopol, et surtout les ouvrages que nous avions résolu d'enlever. L'ennemi cessa de bonne heure de répondre de Malakoff et du grand Redan. 77 est probable qu'il chercha à ménager ses batteries et à réserver ses feux, et qu'il ne subit pas, autant que nous étions en droit de le supposer, les effets de notre artillerie.

» Quoi qu'il en soit, la supériorité de notre canon nous confirma dans notre projet d'attaquer le 18 juin ; et dans la nuit précédente nous fîmes toutes les dis-

positions nécessaires pour prononcer notre mouvement général au point du jour.

» Trois divisions devaient prendre part au combat : les divisions Mayran et Brunei, du 2e corps; la division d'Autemarre, du 1er. La division de la garde impériale formait la réserve.

» La division Mayran avait la droite des attaques et devait emporter les retranchements qui s'étendent de la batterie de la pointe au redan du Carénage.

» La division Brunet devait tourner Malakoff parla droite.

» La division d'Autemarre devait manœuvrer par la gauche pour enlever cet ouvrage important.

La mission du général Mayran était difficile. Sa première brigade, commandée par le colonel Saurin, du 3e de zouaves, devait sortir du ravin du Carénage, au point où se trouve l'aqueduc, longer la berge gauche du ravin en se défilant autant que possible des feux de lignes ennemies, et tourner par la gorge la batterie de la pointe.

» La deuxième brigade, aux ordres du général de Failly, devait faire effort sur la droite du redan du Carénage. Elle était pourvue de tous les moyens d'escalade.

» La réserve spéciale de cette division comptait deux bataillons du 1er régiment des voltigeurs de la

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