L'EUROPE ET LA RCSS1E
vécu assez de temps, et dans un esprit assez progressif pour reconnaître et réparer lui-même ses erreurs. Lord Aberdeenqui n'a pas su dépouiller entièrement le vieil homme n'est-il pas tombé du pouvoir? Nous nous croirions en droit de n'oublier ni l'affaire d'Egypte, ni celle de Pritchard, ni celle du droit de visite, et nous voudrions que. l'Angleterre oubliât qu'en 1852 la pensée d'une descente préoccupait tous les esprits en France? La rancune doitelle donc être érigée en privilège spécial pour notre patrie? On ne se bat et même on ne se brouille plus, Dieu merci, que pour des intérêts plus ou moins conformes à la raison; eh bien I entre la France et l'Angleterre il n'y a plus d'intérêts nécessairement hostiles.
Nous n'avons plus de colonies que l'Angleterre puisse nous envier, si ce n'est l'Algérie que nous sommes en mesure detropbien défendre pour qu'on cherche à nous l'enlever; l'Angleterre a d'ailleurs changé tout son système colonial. Toutes ses possessions d'outre-mer ont reçu la liberté du commerce, et toutes à peu près sont investies du droit de se gouverner sous la suzeraineté bien plus que sous la souveraineté de la métropole. Un nouveau droit maritime des gens met le commerce des faibles à l'abri des vexations du plus fort. L'accord est