‹ L'Europe et la Russie remarques sur le siège de Sébastopol et sur la paix de Paris, conséquences probables H. LamarcheChapitre 44 sur 179 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

des assaillants les autorisait à prendre la fuite, oubliant qu'en fuyant il faudrait traverser une plaine où ils seraient infailliblement sabrés par la cavalerie, et qu'ils perdraient ainsi la vie, plus l'honneur. Par une injustice qu'expliquent les conséquences possibles d'un manque d'énergie ou de présence d'esprit dans une telle guerre, la faiblesse des 600 Tunisiens a rejailli sur l'armée turque tout entière, qui n'a pas obtenu de donner depuis une seule fois en première ligne.

Dans cette situation, il y avait à laisser venir les Russes au pied des positions que l'on voulait et pouvait défendre, et à tenir la cavalerie sous la main pour les reconduire au moment de la retraite. Mais les Russes avaient pris sept à huit canons fournis par la flotte anglaise, mais on avait exprimé le regret de n'avoir pas eu des chasseurs d'Afrique à l'Aima, et précisément un régiment de ces redoutés chasseurs venait d'arriver. L'amour-propre s'en mêla. Lord Lucan, avec 600 hommes de grosse cavalerie, engage contre une cavalerie russe triple en nombre une charge qui ne pouvait produire que des hauts laits personnels. Il fallait, pour atteindre l'ennemi,

GG

Page 1