L'EDROPE ET LA RUSSIE
à grands cris des renforts. Liprandi lui avait amené 22,000 hommes, et 40,000 autres étaient attendus. Les Russes avaient donc une supériorité numérique de 30,000 hommes.
Leur général en chef pensa que, sans tarder davantage, il fallait tenter de profiter d'une faute commise par les Anglais, qui avaient armé de batteries insuffisantes les quatre monticules commandant la route de Simféropol. Ces batteries, défendues par 600 conscrits tunisiens, devaient nécessairement être prises. Et si pour les reprendre les alliés quittaient leurs positions, on verrait ce que pourraient dire les chances du combat, secondé par de vigoureuses sorties de la garnison. Programme dont le succès était fondé sur la supposition que les alliés, à une faute de peu d'importance en réalité, en ajouteraient une autre, et des plus graves.
Liprandi, à la tête de 22,000 hommes et de 40 pièces de canon, traversa pendant la nuit les mon • tagnes d'où descend la rivière torrentielle de la Tchernaïa, et s'empara au point du jour des quatre batteries, qui ne furent pas même défendues par les Tunisiens. De bons et fermes soldats auraient compris que le seul parti à suivre était de mourir à leur poste derrière les pièces qu'ils avaient été chargés de soutenir. Les Tunisiens pensèrent que le nombre