‹ L'Europe et la Russie remarques sur le siège de Sébastopol et sur la paix de Paris, conséquences probables H. LamarcheChapitre 49 sur 179 · L'EUROPE ET LA MJSSIK · texte numérisé non relu

L'EUROPE ET LA MJSSIK

niblcs pour le combat. Les Ottomans présentaient un effectif de 6,000 hommes, et chacune des flottes avait mis à lerre une brigade de 1,000 marins. C'était un total de 53 à 54,000 combattants.

L'armée russe était exaltée par des prédications religieuses et par la présence des deux plus jeunes fils de l'empereur Nicolas. Le prince Gorlschakoff, destiné à devenir général en chef, était aussi arrivé porteur d'instructions nouvelles. Ces instructions laissaient à Menschikoff une loyale chance de prendre sa revanche de l'Aima ; elles la lui préparaient même, car le plan de la bataille d'Inkerman était rédigé par une main savante, il faut le reconnaître.

Voici quel était ce plan :

L'extrême droite des Anglais à la pointe d'Inkerman, n étant pas couverte par des travaux suffisants, il avait été résolu de l'attaquer et de s'y établir à tout prix. De là les Russes s'élanceraient sur les travaux de siège des alliés, les prenant en flanc pour les culbuter, tandis qu'une grande sortie de la garnison les attaquerait en front. Ce double succès obtenu, les Russes se dirigeraient par les

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plateaux sur Balaklava, attaquée vigoureusement alors par Liprandi, qui eût disputé aux alliés jusqu'à la possibilité de rembarquer leurs débris.

La guerre se compose de stratégie et de tactique, c'est-à-dire de conception et d'exécution. Il ne suffît donc pas qu'un plan soit bon d'une manière générale, il faut qu'il soit conforme à la nature des soldats chargés de l'exécuter. Or, la valeur des Russes est naturellement plus résistante qu'assaillante. Le plan dont s'agit pouvait toutefois réussir, favorisé qu'il était par l'excès de confiance de lord Raglan dans la solidité de ses soldats. Voyant en eux ses fortifications, il ne se préoccupait que de Balaklava toujours exposée à une attaque de Liprandi, et où étaient concentrés tous les approvisionnements de l'armée anglaise. Cet intrépide gentilhomme n'avait donc daigné établir à la pointe d'Inkerman, là précisément où pouvait déboucher une armée russe, qu'une batterie à deux embrasures sans banquettes, pour la fusillade, batterie que le général Lacy-Évans avait refusé d'armer, en déclarant que les deux canons qu'on y mettrait ne seraient qu'un appât de plus pour l'ennemi.

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