‹ L'Europe et la Russie remarques sur le siège de Sébastopol et sur la paix de Paris, conséquences probables H. LamarcheChapitre 54 sur 179 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

travaux, depuis près de dix semaines, et les poussent avec une vigueur croissante ; le moment me semble donc propice à dresser le bilan de nos affaires et des leurs.

Amis et ennemis, nous savons tous maintenant que la place n'a rien à craindre du côté de la mer, à moins qu'on n'invente et ne construise un matériel naval de siège, qui ne pourrait en tout cas être prêt avant que la diplomatie, s'appuyant sur des sentiments et une opinion qu'il serait superflu de qualifier ici, soit en mesure d'empêcher la continuation de la guerre. Les flottes alliées nous feront beaucoup de mal. Leur seule présence dans la mer Noire y a renversé notre prestige. Elles iront culbuter toutes les défenses que nous avons élevées sur les côtes d'Asie. Leurs vapeurs peuvent pénétrer dans la mer d'Azoff, ils y pénétreront, et par là notre puissance morale recevra un notable échec, il va sans dire que les flottes alliées amèneront incessamment devant Sébastopol des renforts en hommes et en artillerie, et que les approvisionnements de toute nature, un moment compromis du côté des Anglais, ne manqueront plus à l'avenir. Mais le fait que la place n'a rien à craindre du côté de la mer n'en reste pas moins constant.

L'impuissance des flottes, en l'état actuel de leur

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