L'EUROPE KT LA RUSSIE
matériel contre les défenses maritimes de Sébastopol, pourrait, il est vrai, être suppléée par les armées de terre si elles étaient assez nombreuses et pourvues de transports suffisants pour prolonger un grand mouvement par la droite, s'emparer de la route de Simféropol, et après une bataille gagnée mettre le siège devant les forts du Nord en s'approvisionnant par la baie de Kazatch, que les amiraux anglais et français n'ont peut-être pas d'abord assez patiemment étudiée. Mais nous pouvons être tranquilles à cet égard. On ne transporte pas aisément à 800 lieues 20 à 25,000 chevaux de trait ou mulets. Les alliés les eussent-ils d'ailleurs reçus, ils ne seront jamais en assez grand nombre pour suffire au siège de la ville, et à un grand mouvement comme celui qui vient d'être indiqué. Si un tel mouvement est jamais entrepris, ce ne sera qu'après la chute de Sébastopol. La question, toute la question de la guerre est dans la place dont la défense nous est confiée.
Pour accomplir la noble mission qui nous est échue, il faut savoir renoncer à la prétention de vaincre loin de nos fortifications et de nos sacs à terre. Le raté de Balaklava, — qu'on me pardonne cette expression soldatesque, — a été racheté en apparence par les folies de courage des Anglais, mais