Bibliotheca Casiiiensls, t. I, p. ix
2. Au cours d'une lettre de Clcment IV à la commune de Rome, qui est au bullairc de la basilique Valicanc. M. Levi a, le premier, signalé cette pièce, dans une notice manuscrite que je dois à la complaisance du regretté comte Riant.
3. En ces termes : quidam liber antiquus de livlcra Benevcntana. V. Denifle, Arc/iiv, t. II, p. 87.
4. C'est ce qu'a fait M. de Rossi. V. De origine, Insloria, indicibus scruiii et bibliolhecx Scdis aposl., p. cv. Dissertation qui sert de préface au 1. 1 du catalogue dos manuscrits latins du fonds palatin de la bibliollièquc Yalicane.
bliothèque des papes. Une irréparable catastrophe, dont les circonstances demeurent encore un peu confuses ^, Tavait entièrement dispersée, ou mieux, anéantie, dans les commencements du treizième siècle. Tout avait disparu, même les registres des papes, ceux du moins qui étaient antérieurs à Innocent III (a. 1198-1216)^. Dans le nouveau trésor, laborieusement reconstitué depuis par le Saint-Siège, et qui, dans les premières années du quatorzième siècle, se trouvait à Pérouse, où l'avait amené un changement de résidence pontificale, ce manuscrit, vieux de deux siècles et demi, ce volume qui se donnait pour le registre d'un très ancien pape, constituait un joyau rare, l'unique peut-être en son genre ^. Aussi, dans l'inventaire rédigé à Pérouse, en 1311, le décrit-on avec une précision d'autant plus grande qu'on s'apprête à le faire voyager de nouveau. De Pérouse, l'ancien pensionnaire du Mont-Cassin va se rendre à Assise, et d'Assise à Avignon *. Mais il peut aller où l'on voudra, son signalement est pris.
(( C'est, dit le catalogue pérugin, un très ancien livre, qui a pour titre : JoJianiies episcopus Bosoiii illiistrissinio coniili. Il est écrit sur parchemin en vieux caractères. Le second i'euillet commence par ces mots : connominet per onineSy l'avant-dernier finit ainsi : uiiiverso clero saiicte. Sa couver-
1. M. de Rossi la rattache avec beaucoup de vraisemblance à la défection des Frangipani, gardiens aUitrés de la Turris cliartularia^ oii se trouvait alors conservée une bonne partie des archives pontificales. Elle se sérail produite après la mort d'Honorius III, vers 1227. V. De Rossi, op. cit.,
p. XCVII-XCIX.
2. Sur les causes probables qui auraient arrêté le pillage au registre d'Innocent III, V. de Rossi, op. cit., p. xcviii-xcix.
3 Actuellement encore les archives valicanes ne renferment que deux registres anciens des papes antérieurs à Innocent III, le nôtre et celui de Grégoire VII, rangés sous les n^^ i et ii. II semble même qu'au commencement du quatorzième siècle, le manuscrit du registre de Grégoire YII que possède aujourd'hui le Vatican, ne faisaitpas partie de la bibliothèque pontificale. Du moins il ne figure pas aux inventaires publiés par le P. Ehrle, dans son Historia bibliothecx roman, pontif. tuni Bonifalianse tiim Ai'enionensis, Rome, 1890.
4. V. Denifle-Ehrle, Archiv fur Litteratur und Kirchengeschichte des Mittelallcrs, t. I, p. 324-36i. Ehrlc, flistor ta bibliothecct roman, pontif., tic. y t. I, p. 83, n« 1.
tiire est en planches revêtues de cuir blanc, et en têle de l'ouvrage on lit cette inscription : Liber fratrum Cassiiiensium assignatus per Berardum canonicum basilice principis apostolorum domino pape ^ )>
A part le cuir de la reliure, modifié depuis, et qui, de blanc qu'il était, est devenu rouge avec filets d'or, tout ce minutieux relèvement se réfère point pour point au registre arrivé jusqu'à nous. C'est le même manuscrit. Si vous pénétrez dans la première chambre des archives vaticanes, par la porte qui ouvre sur la grande salle de la bibliothèque, vous le trouverez dans la première armoire de gauche, identique à ce qu'il était au quatorzième siècle, encore qu'un peu plus chargé de vieillesse. Faites le récolement sur l'inventaire de 1311, et vous ne découvrirez qu'un seul écart. Le deuxième feuillet ne commence pas par les mots connomiiiet per om^ lies; c'est cognovimus per omiiia qu'il aurait fallu lire^. Mais de telles erreurs de déchiffrement ne sont le plus souvent qu'un hommage involontaire rendu par les copistes à l'antiquité des manuscrits.
Deux siècles auparavant, le scribe du Mont-Gassin en avait commis bien d'autres dans la confection du volume qu'il nous a légué. Ce sont même ces erreurs ou ces lacunes qui vont nous permettre de faire un pas en avant, et de passer du manuscrit du onzième siècle à celui que copiait le moine du Mont-Cassin, et que, pour plus de clarté, nous appellerons le manuscrit modèle.
Pour quiconque, en effet, a manié de ses mains le codex vénérable du Mont-Cassin, ou qui en a sous les yeux, comme je l'ai en ce moment, un collationnement d'un soin extrême, il est manifeste que, si l'on doit aux religieux de cette abbaye la transcription consciencieuse, au onzième siècle, d'un registre de Jean Vlll, ce n'est pas à eux ni à leur temps que revient l'honneur de l'avoir compilé. Ils l'avaient pris tout fait, dans la forme où il est encore, et leur unique souci a été de le déchiffrer, sans l'abréofer ni l'aucrmenter.
Or, il paraît bien que les choses n'ont pas marché toutes seules. Il sont là trois au moins qui collaborent à l'œuvre : le
1. V. licceitsio Pei usina a. 1311, np. Khrle, op. cil.^ p. 83, cod. i99.