‹ L'Europe et le Saint-SiègeChapitre 139 sur 148 · V. ci-dessus, p. 311, n · texte numérisé non relu

V. ci-dessus, p. 311, n

7. V. Lettre de Jean VIII à Gaideris, du mois de février 879 ou du mois

Naples se montra plus récalcitrante. Après avoir donné au pape les plus belles espérances, Athanase employait à contrarier ses desseins toutes les souplesses d'une intelligence peu commune, et les Sarrasins à sa solde portaient partout le meurtre et l'incendie. 11 fallut l'excommunier i. A la fin pourtant, l'énergie du pape vint à bout de la finesse de l'évéque^ : Jean YIII eut la joie d'apprendre, avant de mourir, que Naples avait congédié ses Sarrasins, et qu'on ne voyait plus de turbans sur le portus œquoreus ^.

Dans une lettre écrite au commencement de son pontificat, Jean VIII disait à l'impératrice Engelberge : « Lorsque viendra le juge suprême, il nous demandera à tous deux si nous avons laissé son Église en meilleur état que nous ne l'avions reçue, plus libre, plus tranquille, plus prospère* ». En résumé, et la part faite aux défaillances de la misère humaine, on peut dire que telle a été la pensée dominante, la véritable ambition du grand pape dont nous avons essayé de comprendre et de retracer l'œuvre.

Malheureusement, avec Jean VIII s'en allait l'unique force morale qui maintint encore un peu d'équilibre dans l'édifice branlant du monde, surtout en Italie. Lui mort, la chute va se précipiter, et de pénible qu'il était déjà, le spectacle devenir effrayant. Par un singulier retour de la fortune, quand

de mars au plus tard ( M igné, ep. cxciv, p. 819); Lettre à l'évêque de Bénévent, Aion (ep. cxcv, p. 819 ) ; Lettre au comte Daufer (ep. cxcvi, p. 820).

1. V. Lettre de Jean VIII aux évêques de Gaëte, de Naples, etc. (Migne, ep. CGCxxi, p. 930). Cf. ep. cci, ccii, cciii, cclxxxvii, cccxviii.

2. V. Lettre de Jean VIII à Athanase (Migne, ep. ccclii, p. 946-947).

3. V. Erchempert, Hist. Lang. henev., c. xliv, p. 251, etc. xLix,.p. 255. La condition mise par Jean YIII à l'absolution d'Athanase paraîtrait cruelle, si l'on ne savait pas de quels assassinats, de quels crimes de toutes sortes ces Sarrasins — des Africains pour la plupart — s'étaient rendus coupables. « Majores Saracenorum, écrivait le pape à l'évêque de Naples, quantos melius potes, quos nominatim quœrimus, cum aliis omnibus ceperis, et jugulatis aliis, eos nobis direxeris » (ep. ccclii, p. 947). Ceux qui seraient tentés de croire que Jean YIII exagérait les maux causés par les Musulmans, n'ont qu'à voir la peinture que nous en a laissée Auxilius, témoin oculaire .Y. Libellus in defensionem Stephani ep.y c. ii (Dùmmler, Auxilius und Vulgarius, p. 97-98).

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