V. Baronius, Annales ecclesiastici, a. 879, n° v
2. « IloXiTixoTç l'Trapxs'iv Suvafxevoç », et un peu auparavant « 6 'loiavvYiç...
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APPENDICE
Une pareille sûreté d'information, chez un Byzantin, ne surprendra que ceux qui ignorent avec quelle vigilance Photius se tenait au courant des affaires romaines, combien il avait soin, par des correspondances, par des amitiés habilement choisies, de garder le conlact avec cette Rome pontificale, si forte, en dépit de tout, pour ou contre lui^
Pour nous spécialement, qui avons vu contre quel courant violent d'opposition Jean VIII avait dû lutter, d'abord pour faire accepter ses décisions en faveur du patriarche excommunié, ensuite pour les maintenir, quant au fond, rien ne nous paraît plus naturel que cette admiration de Photius devant une énergie de volonté qui s'était exercée à son profit. Si jamais Photius a dit la vérité — et il faut bien convenir qu'il l'a dite quelquefois — c'est en exaltant le courage viril du pape Jean VIII. L'aurait-il du reste exagéré à dessein, qu'on trouverait toute l'explication de son excès de langage dans le désir de se vanter soi-même tout en ayant l'air de ne vanter que les autres. On n'aurait nul besoin de l'étrange explication imaginée par le cardinal Mai.
Sait-on, en effet, pour quel motif, au dire de l'illustre érudit, Photius a tant célébré la virilité de Jean VIII? Précisément parce que Jean VIII avait la réputation de n'en point avoir, parce que le bruit courait partout que c'était un homme mou, et qu'il importait à Photius de venger la renommée d'un pape qui lui avait été favorable. De là, continue le même auteur, est sortie la fable de la papesse Jeanne-. Baronius se trouve ainsi rejoint par Mai. Puis, comme s'il était dans la destinée du pape Jean VIII de mettre à mal les savants réservés à la pourpre, survient un troisième interprète, le docte Hergenrôther, qui déclare expressément qu'en vertu de Texégèse de Maï la conjecture de Baronius sur la papesse Jeanne acquiert une plus grande probabilité^.
•Tràciav ». Photius, De S, Spiritus mystagogia^ ch. lxxxix (Migne,/*. C, t. Cil, p. 380).
1. V. Lettre de Photius à Anastase le Bibliothécaire [Migne, F. G., t. Cil, ep. Lxvi, p. 877); Lettre à Zacharie, évêque d'Anagni {Hergenrôther, Photius, t. II, p. 556, sqq.).
2. V. Mai, Notx ad Mjstagogiam Photii. (Migne, P. G,, t. Cil, p. 380. )
3. « Negari non potest Baronii conjecturée ex hoc Photii loco probabilita-
Il faut cependant la rejeter cette conjecture, non seulement en raison de son extraordinaire invraisemblance, mais parce qu'elle pèche par la base, parce qu'il n'est pas vrai que Jean VIII ait fait sur ses contemporains l'impression d'un homme lâche et efféminé. C'est le contraire qui est vrai.
A Rome, en Italie^ en France, en Allemagne, on n'avait pas plus mauvaise opinion de Jean YIII que n'en avait Photius. L'Orient, sur ce point, marchait d'accord avec l'Occident; Byzance n'était que l'écho de Rome.
Devant la porte de Saint-Pierre dite du Jugement, sur la pierre tombale de l'énergique pontife^, on lisait, entre autres éloges, que Jean VIII avait joint à une grande habileté, à un grand talent de parole, la force de retrancher souvent l'ivraie de la moisson du Christ 2.
C'est aussi le jugement de Flodoard, qui du reste l'avait puisé à Rome même, durant un voyage qu'il y fît, et dont le Style indique clairement qu'il s'était inspiré de l'épitaphe de la basilique de Saint-Pierre^.
tem majorem accedere » (Migne, ibid.). Plus tard, et mieux informé, Hergenrôther renoncera à faire sortir la fable de la papesse Jeanne de la mauvaise réputation laissée par Jean VIII, mais il ne parviendra pas à se débarrasser de la fausse interprétation donnée par Mai au langage de Photius. V. Hergenrôther, Photius, t. II, p. 395.
1. Nous connaissons par Pierre Mallius l'emplacement exact du tombeau de Jean VIII, ainsi que son épitaphe, mais incomplète. V. De Rossi, Inscriptiones christianœ urbisRomœ, t. II, p . 216, et Duchesne,Zi^. pontif., i.ll, p. 223.